Pauline: voilà la suite ! ^^


Sanji avait peur de ce que le bretteur voulait dire. Luffy était là ? Derrière lui ? Depuis quand il était là ? Il n'osa pas se retourner pour vérifier.

"Tu étais là…Luffy ?" demanda-t-il.

"Ouais." Répondit le capitaine.

"De…depuis quand ?"

"On est là depuis environ quelques secondes. Luffy insistait pour te voir. Je crois que ta cuisine lui manque déjà." Répondit Nami.

Et merde. Nami-san est là aussi ? Ça y est, je suis bon pour le renvoi à coups de pieds au cul.

"Je devrais peut-être te chasser de l'équipage, Sanji."

"Luffy ? Ça va pas non ?" s'insurgea Nami.

"Laisse, Nami. Il a raison." Lui dit Sanji qui entendit les pas de Luffy se rapprocher.

"Sanji."

"Luffy." Imita le cook toujours sans regarder le chapeau de paille.

"Je te croyais plus futé que ça." Dit celui-ci

Hein ? Ça veut dire quoi, ça ? Se demanda le blond. Le capitaine le serra alors dans ses bras élastiques.

"Je devrais te virer pour avoir cru que j'allais te virer !" s'écria-t-il.

Après avoir laissé le cook fondre en larmes sur l'épaule de Luffy, Nami s'approcha à son tour.

"Sanji-kun ?"

"Na…Nami-san ?" Sanji releva alors la tête.

"Qu'est-ce tu as au visage ? Tu t'es cogné ?"

Luffy regarda la navigatrice d'un air perplexe puis se retourna vers Sanji.

"Ah oui ! C'était pas là avant, ça ! On dirait que tu t'es pris un coup d'pelle ! Depuis quand Chopper a une pelle ? Pourquoi tu t'es frappé avec une pelle, Sanji ?" dit le capitaine sur un ton de reproche.

Un bretteur plutôt embarrassé regarda ailleurs comme si de rien n'était. C'est alors que Nami en déduisit que ladite pelle avait un penchant pour la boisson et une pelouse en guise de cheveux. Zoro ressentit un frisson glacé lui parcourir la colonne vertébrale comme si la Mort incarnée le menaçait en ce moment-même.

"Zoro…" commença Nami dont le visage s'était dangereusement assombri. "Regarde-moi dans les yeux, Zoro…" continua-t-elle d'une voix qui terrorisait les trois virils pirates. Comme promis, elle donna une puissante paire de claques au bretteur qui broncha à peine.


Le dîner passé, Zoro qui était de corvée de vaisselle, en grande partie à cause des menaces d'une navigatrice colérique, était également interdit d'approcher le cook convalescent par cette même navigatrice.

Tch ! De quoi elle se mêle cette sorcière ? Elle a pas d'ordres à me donner ! Je donne des pains à qui j'veux ! Est-ce qu'elle sait seulement que je pourrais lui décrocher la mâchoire aussi facilement que love- cook casse un œuf ?

Un souvenir tout particulier revint alors à l'esprit du bretteur fulminant. Ils n'avaient pas encore rejoint Grand Line et lui et kuso-cook se connaissaient à peine. Peut-être était-ce pour ça qu'ils pouvaient encore faire la vaisselle ensemble ET calmement. Ça fait maintenant des lustres qu'ils se lancent des assiettes à la figure en s'insultant mutuellement quand cet événement rarissime arrive.

Zoro se rappelait surtout de ce que love-cook avait fait. Il lui passait les assiettes propres en répétant à chaque fois son prénom. Il ne disait rien d'autre que "Tiens, Zoro.", "Zoro.", "Zo—ro." (1)…etc, parfois même en chantonnant. Est-ce c'était pour l'énerver ou bien…?

Zoro laissa échapper une assiette qui se brisa sur le plancher.

Nom de dieu ! (qui n'existe pas !) Est-ce que love-cook…? Non, impossible ! Est-ce que… Est-ce qu'il l'aimait depuis TOUT ce temps ? Depuis tout ce putain de temps il n'avait rien dit ? A personne ? Mais quel…Quel abruti ! Le bretteur abandonna son poste pour se précipiter vers la pièce interdite. Au diable les représailles de la sorcière rousse !

Robin ouvrit la porte de l'infirmerie et entra. Elle vit que Sanji, bien que dans le noir, était toujours éveillé.

"Cook-san ?" appela-t-elle. Le blond se redressa en un instant.

"Robin-chan ?"

"Je t'en prie. Ne te lève pas pour moi. Ce serait dommage de compliquer la tâche à notre médecin. Je suis simplement venue discuter."

"De…de quoi veux-tu que l'on parle ?" interrogea Sanji, un peu déboussolé.

"De ton obsession de mourir par exemple." Répondit-elle avec un sourire en apparence radieux mais qui disait clairement 'je vais t'arracher les yeux et m'en faire un potage'. Sanji était sans voix.

"Que..comment…comment tu…" balbutia-t-il.

"Comment le sais-je ? Tu as la mémoire courte." Elle fit apparaître un œil et une oreille sur le mur de bois. Sanji poussa un soupir de résignation.

"Je vois…" dit-il. "On ne peut décidément rien te cacher."

Robin se jeta alors sur le cuistot pour l'enlacer. Normalement il aurait été au paradis mais en vérité, il était complètement décontenancé. Robin qui le câlinait, lui ? Il devait rêver, et cette fois c'était sûr !

"Je t'interdis de te croire dans un rêve !" ordonna l'archéologue.

Très bien. Il ne rêvait pas. Tout de même, toutes ces embrassades en l'espace d'une journée, c'était incroyable. Lui qui avait été élevé plutôt à coups de pieds et d'insultes…

"Tu n'es pas un fardeau, Sanji ! Tu n'as rien à te reprocher !" s'écria Robin.

Le cook mit un certain temps à comprendre. Puis il se rendit compte de ce que Robin-chan voulait dire. Ses mellorines étaient merveilleuses, sublimes, parfaites ! Pourquoi se compliquer la vie à tomber amoureux d'un rustre alcolo au QI d'huître ?

"Robin-chan…"

"Tes nakama t'aiment ! Jamais ils ne t'abandonneront ! Même si tu leur demandes !" poursuivit la brune qui finit par sangloter. "Tu étais le premier à ne pas m'écouter quand j'ai voulu quitter l'équipage ! Alors s'il te plaît, ne fais pas la même erreur que moi !" le pria-t-elle.

A son tour, Sanji la serra contre lui. "Robin-chan…je…"

Zoro arriva enfin, essoufflé, à cette damnée porte. Bordel ! Pourquoi les portes de ce putain de navire changent tout le temps de place ? Il ouvrit.

"Je t'aime !" s'exclama le cook blond.


(1): One Piece, épisode 57.