Qu'est-ce que ce salaud baragouine encore ? Il ne me lâchera jamais ? Donc il continuera à gâcher ma vie et jouer avec mes sentiments jusqu'à la fin de mes jours ? Raison de plus d'en finir. Pensa Sanji.
"Pas question d'être séparé de toi encore une fois !" s'écria Zoro qui serrait son cook de plus en plus fort contre lui.
Quoi ?
Le bretteur, à l'instar de Robin, laissa couler librement ses larmes sur ses joues.
"Tu…tu m'as tellement manqué…kuso-cook… j'ai été con…de t'faire croire l'inverse…"
"Zoro…" fit l'archéologue. Jamais elle n'aurait cru qu'il pouvait ouvrir son cœur aussi sincèrement.
"Je…j'ai pensé à toi tous les jours…de ces deux foutues années…" continua-t-il, "Tu sais pourquoi…je suis arrivé le premier…à Shabondy,…pourquoi j'ai pas arrêté…de t'balancer ça…à la figure ?"
Ne le dis pas. Nom de dieu, ne le dis pas. Pria Sanji. Il sentait qu'il allait mourir noyé très bientôt. Mais pas dans l'océan.
"J'avais hâte…tellement hâte…de te retrouver…" avoua le bretteur qui se sentait décidément très con de ne pas avoir dit tout ça à son cook plus tôt en plus de lui avoir fait quelques instants auparavant une énième crise de jalousie totalement stupide. Regarde c'que t'as fait, abruti. A cause de tes conneries, love-cook croit que tu le détestes et que c'est de sa faute en plus. Au point de vouloir se foutre en l'air !
"Je sais…que la romance, c'est pas mon truc…et que j'peux être un vrai connard parfois…" poursuiva-t-il sans avoir l'air de vouloir s'arrêter.
Ferme-la. Ferme-la, mon marimo d'amour. Je t'en supplie, ferme-la.
"…que je peux vraiment…être lourd avec mes scènes débiles de jalousie…je sais…qu'être un gros dragueur…c'est dans tes gènes… mais… ça me rend fou…chaque fois… que tu fais de l'œil aux femmes…"
Zoro repensa à Sanji quand il avait perdu des litres de sang par le nez après avoir été cerné par les jolies sirènes de l'île des hommes-poissons et leurs poitrines rondes. Putain…il avait été davantage énervé par cette nouvelle preuve de la perversité du blond qu'inquiet pour sa survie. Il avait presque envie d'aller réveiller Nami et qu'elle le bastonne allègrement.
"Kuso..." lâcha-t-il avant de se mordre la lèvre inférieure. Il voulait réveiller seulement Nami, pas tout le bateau. "C'est jamais sérieux…je le sais…c'est juste moi…qui suis con comme la lune… et possessif…comme pas permis…"
Sanji serra enfin son marimo contre lui. La dernière fois qu'il l'avait trouvé aussi adorable, c'était quand ?
"Tu n'es pas à moi, Sanji. Mais…est-ce que…je peux être à toi ?"
Robin étouffa un cri. Ses larmes grossirent. Rien ne semblait émouvoir "l'enfant-démon" sauf une chose: l'amour. Elle se souvint alors des sentiments contradictoires qu'elle avait eus quand Franky lui avait dit que vivre n'était pas un crime: surprise, déni, résignation, joie, frustration… Tomber amoureuse juste avant d'être condamnée…quoi de plus ironique ? Le destin avait décidé de s'acharner sur elle jusqu'au bout. Puis en avait décidé autrement.
Maintenant qu'elle y pensait, Zoro et Franky avaient un peu le même caractère: amoureux à en crever les yeux mais en déni total à moins qu'on les "pousse" un peu. Le bretteur était tout de même plus obstiné; alors qu'il avait suffi de jouer avec "maracas" du cyborg, il fallait être en état de dépression avancée ou aux portes de la mort pour avoir ne serait-ce qu'un mot gentil du viril samurai.
Parfois Robin se demandait comment il avait été élevé; avait-il eu des parents, des amis ? Quelqu'un sur qui compter ? Elle avait plutôt le sentiment que Zoro s'était élevé plus ou moins tout seul comme elle. D'où ses difficultés à se comporter de façon civilisée…ou d'oser montrer que lui aussi a un cœur sous sa carapace de tsundere de compétition.
De son côté, Sanji ne répondait rien et faisait de son mieux pour ne pas littéralement fondre jusqu'à l'état de flaque d'eau. Que pouvait-il répondre de toute façon ? Jamais, au grand jamais, il n'avait vu son marimo dans un état aussi vulnérable. Même lors de ses phases "inerte et couvert de sang" ! C'est pour ça qu'il se comporte de cette façon si bizarre ? Parce qu'il a perdu je ne sais combien de litres de sang au cours de sa vie ?
Le cuistot finit par répondre:
"Baka…t'as toujours été à moi, kuso yaro !" hurla-t-il avant de s'emparer des lèvres du bretteur qui se laissa faire.
