Partie numéro 2

Amicalement vôtre, Sam


Je tourne en rond au milieu de mes élèves. J'arrive pas à me concentrer des tonnes. Je sais que ce soir ils jouent leur place pour le quart de final. J'ai déjà envie de rentrer. Je corrige la position du crayon dans la main de la petite Mélodie et redresse la tête à l'entente d'un petit claquement sur la porte de ma classe.

- Entrez

- Bonjour Mr Hale ? ; me demande une grande femme black, jolie, avec un super sourire

- Oui je lui tends la main et elle me la serre

- Ariane Diaw

- Diaw comme…

- Boris Diaw oui ; elle rigole face à ma mine ; On m'a dit que vous êtes l'époux de Derek

- On vous voulez dire…

- Vincent oui ; elle sourit encore de son sourire éblouissant ; On va faire une surprise à nos hommes et nous pointer pour le quart

- Mais de un j'ai pas eu de congé, et de deux… On est pas un couple…

- J'ai ici une lettre de l'ambassadeur du Qatar qui précise que vous n'êtes pas des ressortissants qataries donc vous n'êtes pas soumis à la règle de la Charia.

- Et mes congés ?

- Ça je peux y faire quelque chose ; elle sourit énigmatique ; Je peux vous appelez ce soir ?

- Je… Vous avez…

- J'ai les coordonnées de toutes les personnes proches de nos champions. A ce soir Stiles. Je peux vous appelez Stiles ?

- Evidemment. Et me dire tu aussi

- Alors ça sera le même traitement. A ce soir Stiles

- A ce soir Ariane

Je suis en train de hurler devant la télé parce que mon homme est couché au sol, se tenant le ventre à la suite d'un coup de genoux alors qu'il shootait quand mon portable sonne.

- Allô ? ; je grogne

- Stiles?

- Ah oui… Ariane… ; je me radoucie

- Il va s'en remettre. Il a surtout besoin de souffler ; elle rigole et je baisse le son ; Fais ta valise on vient te chercher demain à 14h30

- Vraiment ? ; je me redresse d'un bond dans le canapé

- Oui vraiment. A demain

- A demain. Merci mille fois

- Tu remercieras Vinz!

Je coupe ma musique et abaisse le casque. Je regarde par le hublot. Je suis tellement impatient de le retrouver, de le serrer contre moi, de l'embrasser, de sentir sa peau… Je frissonne et crispe mes mains sur mes cuisses. J'ai emmené très peu de choses. Quelques t-shirts, des pantalons et surtout ces différents maillots. Laurence, la femme de Edwin se penche vers moi. Elle me sourit. Elle a tellement l'habitude elle. Son mari est un champion parmi les champions : il est champion olympique, européen… Les voyages en avion elle connaît. A l'embarquement elle me disait que pour avoir un enfant faut presque le faire dans l'avion. J'ai ri… Et mon cœur s'est serré. Jamais d'enfant pour nous. J'inspire à fond et me ressaisis.

- Plus que 7h de vol ; elle me tapote la cuisse

- Comment vous faites toutes pour être aussi sereines ?

- On a l'habitude

- On sait ce qui nous attend quand on sera posé

- On se contient mieux

Les réponses fusent. Me faisant rire. Je les aime bien ces femmes de joueur. Je les regarde. Toutes différentes. Mais toutes cette lueur au fond des yeux. Cette lueur qui dit je suis la femme d'un bleu… Je souris parce que moi aussi je dois l'avoir cette lueur. Je retourne à ma contemplation du hublot. Je tourne et retourne l'alliance à mon doigt, ou celle de mon cou. Je me mords les lèvres. Est-ce qu'il sera content de me voir ?

L'avion se pose et je ne peux retenir un souffle de soulagement. 18h d'avion c'est beaucoup trop pour moi. Je détache ma ceinture et m'engage dans l'allée. Je rigole avec Charlène Diot quand j'atteins la porte, l'air chaud et saturé d'humidité me colle au sol. Je tangue un peu et en rigolant l'hôtesse me souhaite la bienvenue sur le sol Qatarien. Tu parles… Le trajet jusqu'à l'hôtel est calme. Comme si on était tous anesthésiés.

- Les filles… Merde pardon Stiles ; Ariane se mord la lèvre et je ne peux m'empêcher de sourire

- Ça me dérange pas. Je suis le stéréotype du gay qui lit closer et vous envie vos robes alors ; j'hausse les épaules et elles éclatent de rire, je suis embrassé par toutes et je suis ravi, je viens de me faire une bande de copine, moi qui ai toujours été solitaire !

- Donc… On va se glisser dans une salle de réception le temps qu'ils sortent et après on pose les affaires dans les chambres. Chacune… Chacun ; elle rougit et je fronce le nez en rigolant encore ; Avec son homme cette nuit.

- Ça va chauffer ; elles gloussent et je ne peux que tirer sur mon t-shirt pour avoir un peu plus d'air

On s'agglutine tous dans cette microscopique salle et on laisse la porte entrouverte. Jenny se tend quand elle entend la voix de son Jeoffrey. Je me raidis quand j'entends à mon tour son rire. Grave, chaud et bas. On se regarde toutes, ouais j'ai envie de dire toutes, parce que là je suis rien de moins qu'une femme qui bave sur son mec. On se colle à la porte vitrée et je vois Derek se figer. Froncer les sourcils et respirer à plein poumon.

- Hey Rek qu'est ce qui t'arrive, tu as avalé de travers ? ; rigole Nicolas Batum

- Non juste… ; il tourne la tête à gauche et à droite et nous on se cache derrière les portes

- Juste quoi ? ; demande Ruddy Nelhomme en lui passant le bras autour des épaules

- Ça sent… Enfin… Le parfum de Stiles quoi ; il rougit et baisse la tête avant de se passer nerveusement la main dans les cheveux

- Oh merde il nous fait une hallucination olfactive. Mais tu vas le revoir ton boy ; explose de rire Charles Lombahe- Kahudi

- Ça ira mon amour, ça ira pour toujours ; chantonne Evan Fournier avant de le tirer avec lui

Ils se mettent tous à chanter et Der' baisse la tête, se retournant une dernière fois. Je lâche un long souffle quand ils passent les portes pour aller dans le bus. On attend encore que celui-ci démarre et enfin on pousse les portes. Gaëlle s'approche de moi et me snif.

- Pas très capiteux pourtant

- Il a du nez ; ajoute Emmanuelle

- On est failli se faire griller ; souffle Géraldine

- Nous ils nous sentent même plus ; rigolent Ariane et Laurence

Elles se chamaillent gentiment et moi mon cœur bat beaucoup trop fort. Beaucoup trop vite. Il m'a senti. Il a senti mon parfum dans le hall d'un hôtel. Je me retiens de lever les bras au ciel et de danser la samba. Ariane m'indique que la chambre de Der', avec Fournier, est la 18. Comme Evan a personne on le déplace lui vers la chambre qu'on m'avait attribué. Je pose mes affaires et Laurence récupère celle du joueur. Elle me demande de ne pas ressortir de la pièce avant qu'elle ne m'appelle. On a 2h de repos avant le début du match. Donc douche et un petit somme. Je ferme la porte et me jette sur le lit de Derek. Je sais que c'est le sien pour la simple et bonne raison qu'il a 4 oreillers. Je passe mes mains sous les coussins et mes doigts heurtent quelque chose de pelucheux et de mou. Je tire et manque de pleurer. Le petit zèbre que j'ai gagné à la loterie lors de notre 5ème rendez vous. Il est tout usé. Une oreille pendouille. Je ne savais même pas qu'il l'avait gardé. J'ouvre le tiroir de la table de chevet et sourit une fois encore. Notre photo de mariage. Pliée. Pour qu'il n'y ait que moi qui apparaisse. Putain qu'est ce que je l'aime ! Je passe à la salle de bain et fait le tri parmi les produits. Je sors et souris encore plus fort. J'ai l'impression de sentir lui ! De retrouver mon ombre, ma place. Je passe un jeans, son préféré et son maillot de l'équipe de France. Quelques coups à la porte.

- Stiles?

- J'arrive Laurence ; je range la peluche et passe mes vans

- Dis voir…

- Mh ? ; je ferme la porte et me tourne vers elle

- Derek est vraiment orphelin ?

- Ouais. Mais il a préféré le taire. A cause de la pitié mal placée et…

- Oh… J'comprends !

- Et moi donc... Mais à la longue ça n'empêche rien. J'nous vois bien avec des gosses qui auront de vieux prénoms ! Ça a du charme les vieux prénoms ; j'hausse les épaules, sans savoir pourquoi je parle de ça

- Et toi c'est vraiment Stiles ?

- Nop. Mais mon prénom est imprononçable alors j'ai préféré avoir un surnom. C'est pour ça j'veux des beaux prénoms, pleins d'histoire et de cachet.

- Le gang des vieux prénoms ; ajoute Ariane en nous rejoignant

- C'est cute ; Laurence m'ébouriffe les cheveux et me passe un bras autour des hanches ; Vous vous êtes rencontré comment ?

- Hey attends pour les histoires ; crie Jenny de loin

On ne fait que papoter dans le mini-car. On se vanne, on se chamaille, comme une vrai bande de fille. Mon portable vibre. Je le sors et sourit tendrement.

De : Der' « Hey p'tit cœur. Je sais pas quel heure il est en France… Désolé si je te réveille. En route pour le quart… Je flippe… Tu me manques tellement fort que tout à l'heure j'ai cru sentir ton odeur dans le hall de l'hôtel. Autant te dire que les gars m'ont pas loupé ^^ Je t'aime tellement fort. Je te ramènerais l'or pour te le montrer. Je t'aime. M'oublie pas. Je t'aime. Tu me manques. Bisous. J't'aime et tu me manques »

- Oh que c'est MI-GNON !

- 4 fois je t'aime dans le même message

- On a pas épousé les bons

- On craque sur Deeerrrreeeekkk

Je rougis, tente de me cacher le visage entre les mains et la voix de Gaëlle lance « ça ira mon amour ». Elles suivent toutes. Ce ne sont pas des femmes de champions pour rien celles-là.


J'avoue avoir fait des recherches sur les joueurs de l'équipe de France, pas sur leurs compagnes ^^