Partie 3 ^^


Je me pose sur mon siège et mes yeux sont fixes. Je le regarde trotter, lancer la balle, s'échauffer les épaules. C'est pas la première fois que je le regarde jouer mais c'est la première fois que l'envie de dévaler les travées est aussi forte. 10 jours que je l'ai pas vu. Et là après toutes mes petites découvertes, après son message, je fragilise à fond !

- Respire dans 1h environ tu pourras le serrer contre toi ; chuchote Emmanuelle à mon oreille

- Je sais ; je halète presque

- Vous êtes trop mignon ; Ariane échange un regard avec son homme

- Hey il est au courant ?

- Ouaip ! C'est lui qui a eu l'idée. Vinz pensait que pour la demi…

- Qui d'autre ? ; je demande

- C'est le seul. En général on fait ça pour la demi, pas avant ; Laurence hausse les épaules

- C'est pour ça qu'on est si loin, qu'ils nous voient pas ?

- Pour pas gâcher la surprise

- Roh Jeoffrey ; râle Jenny quand elle voit son homme avec sa barbe ; Pourrait au moins se l'a tailler parce que là… On dirait un homme des bois…

Moi je regarde simplement Derek se frotter les mains, remonter sa genouillère gauche, genou qui claque le plus, sautiller. Puis le buzz sonne et ils disparaissent dans le vestiaire.

Je ronge mon frein. Je n'ai même pas véritablement conscience du score. Je regarde mon mari sauter, tomber, se prendre des coups… Quand il se fait agripper le short au niveau des fesses je serre les poings. La main de Mme Diaw se pose sur mon poing gauche et sur mon poing droit celle de Mme Batum. Je les desserre et frotte mes doigts contre les leurs. Un sourire complice et hop retour à l'action.

Coup de sifflet final. Les 2000 français présents hurlent « on est demi ». Je lâche un très long souffle et me lève pour applaudir. Les gars sautillent en rond, ils touchent leur rêve du doigt. L'arbitre de la table de marque demande le silence et donne les stats. Ariane me fait lever et me mettre debout en bout de travée.

- Quoi ? ; je m'essuie les mains sur le pantalon

- Tais toi et écoute ; elle rigole

- Mais…

- Meilleur joueur français, Derek Hale ; il s'avance la main tendue vers l'arbitre mais celui-ci secoue la tête et montre le public du doigt

Un spot se pose sur les marches devant moi. Je déglutis et Der' se retourne, en fronçant les sourcils. Il comprend rien. Il s'attendait à avoir une montre ou un truc dans le genre…

- Lance toi ; chuchote, enfin crie Laurence

- Mais où ?

- Vers lui ; rigole encore Ariane en me poussant du bout des doigts

Le spot se pose sur le bout de ma chaussure et je comprends… Surprise de taille. Je commence à descendre et Derek parle avec ses coéquipiers. Qui ne comprennent pas plus. Boris soupire et le pousse par les épaules vers le bord du terrain. Il grommelle et lève les yeux. Les gens se tournent vers moi, ils comprennent et me font un chemin vers lui. Les spots illuminent les marches les unes après les autres. Der' lève les yeux et… Vert sur ambre. Il ouvre la bouche et ses jambes se mettent en mouvement avant qu'il ne pense à la refermer. Je descends un peu plus vite. Il saute par dessus les panneaux publicitaires. J'entends des gens siffler. Mais pas de manière colérique, plutôt… Comme on siffle deux amoureux qui s'embrassent en public. Je dévale les dernières marches et je touche le bout de ses doigts. Collant de fixant pour ballon. Je retrouve mon souffle, mon air, mon tout. Il me tire à lui et me fait voler dans les airs.

- Stiles, Stiles, Stiles… ; il égrène à mon oreille

- Félicitations. Tu préférais une montre ? ; je me mords les lèvres

- Tu vaux plus que toutes les Rolex du monde ; il m'immobilise le visage et m'embrasse

Au milieu d'un stade de qataries, devant 35 000 personnes, et autant de personne devant leur télé, il m'embrasse. Comme si c'était le premier baiser, le dernier. Il a un goût d'infini. De bonjour, d'adieu, de retrouvaille. De tout ça à la fois. Quand on se sépare, enfin quand on sépare nos lèvres, le bruit revient. Je pose mon front contre le sien et je sens son souffle heurter mes joues.

- Stiles ; il sourit, les yeux brillants

- Salut

- Bordel t'es là

- Ouais… Jusqu'à la final bébé. A toi de nous y porter.

- On va faire ça alors

Il me tire par le bras et on redescend. Il m'emmène sur le terrain. Je passe dans les bras virils de ses coéquipiers. Je ne suis pas habitué à eux.

- J'suis pas seul hein les gars

- Ah bon ? ; Jeoffrey se frotte la barbe

- Ouais tu ressembles à un homme des bois elle a dit

- Qui elle ? ; il se penche vers moi

- Elle ; je montre du doigt Jenny qui trépigne en haut des marches

- CHATOUNE

Toutes les femmes descendent et sautent dans les bras de leurs hommes. Même les Qataries applaudissent. Parce que ça fait chaud au cœur. C'est tendre et mignon. Je me colle un peu plus contre Derek.

- T'es trempé ; je râle

- Désolé. J'ai un tout petit peu transpiré ; une goutte de sueur coule encore le long de son nez, on dirait qu'il est passé sous la douche

- Je t'aime

- Pas autant que moi

On a un peu de mal à rejoindre le lit. L'ascenseur, où on était seul heureusement, est resté longtemps bloqué à notre étage. Les portes bloqués par sa chaussure pour qu'on redescende pas. Une fois la porte de la chambre claquée il me colle contre.

- Ta peau m'a manqué ; il souffle chaudement contre mon cou

- Juste ma peau ? ; je griffe la peau de son dos gentiment, évitons les marques

- Ta bouche aussi ; il rigole avant de m'embrasser

- Et tu la veux où ma bouche ?

- Stiles ; il se colle encore plus à moi

- Quoi ? J'énonce simplement une vérité…

- Tout de toi m'a manqué. Ta peau, ta bouche, tes grains de beautés, ton souffle, ta voix, tes yeux, ta douceur. Toi en entier

- Ravi de l'entendre. Si on arrivait à se transférer dans le lit… Toi je sais pas mais moi je connais quelqu'un qui va devoir se lever à 7h demain…

- On est pas encore demain

- Je vais pas t'épuiser quand même… Pense à la demi…

- Là je pense à toi, à moi et à ce lit ; il grogne, animal

Il me soulève sous les cuisses et je m'enroule autour de lui. Il nous pose sur le lit. Recouvrant mon corps du sien. Je fais voler 2 oreillers dans la chambre. La peluche apparaît. Je la prend et lui met sous le nez.

- C'est quoi ça ?

- C'est bébé Zébra

- Il a un nom ?

- Yep

- Et tu…

- Le garde précieusement à chaque déplacement… Mon porte bonheur quand mon mari n'est pas là. Ce soir j'ai pas besoin de lui

Il ouvre précautionneusement la table de chevet et le pose dedans. On s'embrasse doucement maintenant. On se retrouve après nos 10 premiers jours de séparation. Je caresse son visage que j'ai l'impression de connaître par cœur mais que j'aime redécouvrir. Il tire la chaîne où pend son alliance. Il passe à moitié son doigt dedans.

- Un jour j'aimerais la porter tous les jours, ne plus l'enlever

- Vis ton rêve en bleu et après on verra.

- Tu m'attendrais ?

- Sans hésitation

- Je t'aime petit cœur

- Je t'aime amour

Son maillot vole, le mien vole, les fringues s'éparpillent. Quand il se fond en moi je me retiens de hurler. Mon plaisir. Et aussi cette émotion qui me prend le cœur.

Je m'étire paresseusement. Tapote le lit. Il n'est plus là. Je me redresse sur un coude et entend l'eau de la douche. Je me rallonge. Je me sens épuisé. J'espère que lui non… Je me rendors et je me réveille quand des gouttes d'eau froide s'échouent sur la peau de mon dos.

- Der' ; je râle

- J'ai faim ; il grogne la voix grave du matin, que je l'aime cette voix

- Alors on va devoir aller déjeuner ; je me tourne pour lui faire face et comme s'il n'avait attendu que ça il s'allonge de tout son long contre moi

- Bonjour M. Hale

- Bonjour à toi Monsieur Hale ; je passe mes mains dans se tignasse trempée ; Joli bleu ; j'appuie sur son épaule

- Joli suçon ; il appuie sur mon cou

- Joli morsure ; je caresse la rondeur d'une épaule

- Ça , ça craint ; il la regarde ; Sera caché par le maillot. Joli maillot hier

- Je les ai tous ; je souris

- Tous ?

- Même le premier

- Le tout premier ?

- Oui monsieur

- Tu vas le mettre ? Ce soir ?

- Tu veux que je fasse la groupie ?

- J'adorerais

- Alors je le ferais…

- T'imagine si on avait un petit modèle… Pour un petit modèle aux yeux d'or

- Derek tu sais que…

- On peut adopter ; il se mord les lèvres, les yeux brillants

- Tu as envie ?

- Tellement. Et t'es génial avec les enfants

- C'est un véritable calvaire les procédures…

- Peut-être moins si je joue de ma célébrité montante

- Der' on ne trichera pas…

- Pas tricher juste… Accélérer. Mh ? Tu veux ? Tu veux un petit Hale avec moi ? ; à chaque question il pose un baiser sur mes lèvres

- Ramène moi déjà l'or. Si tu me ramènes l'or on va y réfléchir