Daphné Greengrass traînait dans le vaste château de son père. C'était noël, aujourd'hui et la jeune femme aurait bien aimé le fêter comme dans une famille normale. Mais elle ne faisait pas partie d'une famille normale.

Son père, la main gauche du Lord noir avait décidé de fêter cette journée en tuant le plus de moldus possible. De là où elle était, la jeune femme entendait les hurlements stridents des pauvres victimes. De là où elle était, elle ressentait ce trop plein de douleurs et de haine. C'était frustrant, c'était mauvais.

Dans bon nombre de ses rêve, Daphné voyait Voldemort mourir face à Harry et pas l'inverse... Elle se souvenait encore de ce terrible jour. Le jour où on lui annonça la mort du héros. Ce jour là, elle savait que tout était perdu. Elle avait lancé un regard éloquent à Blaise qui grimaça à la nouvelle.

Blaise... l'évocation du jeune homme la brisait toujours un peu plus.

Blaise était mort, lui aussi.

Lui aussi était mort en se battant.

Il était mort en défendant sa mère moldue.

C'était certain, les hurlement du jeune Zabini hanteraient à jamais la conscience de Daphné. Elle n'oublierait jamais ce visage plein de sagesse et d'intelligence qu'il avait. Elle n'oublierait jamais la manière avec laquelle il la traiter. Tout en douceur et en calme. Jamais personne ne l'avait traitée comme ça auparavant et personne ne l'avait à nouveau traitée ainsi par la suite.

Ses yeux s'emplirent de larmes. Il n'était pas le seul à avoir laissé sa vie en se retournant contre le terrible mage noir... Ils étaient si nombreux à avoir dit « non ». Et tout autant nombreux à en être décédé.

« Daphné tu devrais être dans le salon. »

La voix de Drago la fit sursauter. Elle se retourna vers lui. « Je crois que je vais faire une bêtise » lui confia-t-elle. Il la regarda, dépité puis la supplia : « S'il te plaît... T'as pas le droit de me laisser seul dans ce merdier.

-Tu n'as qu'à me suivre.

-Non.

-Pourquoi ?

-J'ai peur de mourir. »

Elle le fixa quelque secondes puis haussa les épaules. A quoi bon vivre dans un tel monde ? Elle se dirigea vers le salon et entra sans toquer, s'affala dans un des canapés. « Yo Voldy, coucou papa . Ça va ?! »

Elle eut un sourire déterminé en voyant le regard réprobateur que lui lança son paternel. « Daphné ?! Qu'est ce que tu fais ?! S'énerva-t-il.

-Pfff … C'est un peu sombre ici, pour noël. » Elle rit bruyamment et d'un coup de baguette, la pièce se retrouva décorée de fond en comble aux couleurs de noël. Les quelques moldus encore en vie eurent durant l'instant d'une seconde le regard plein d'étoiles avant de revenir à la dure réalité. Parmi ces moldus, elle vit un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de cinq ans et qui pleurait, terrifié. Elle soupira, accablée de constater à nouveau la cruauté de son entourage puis s'approcha de l'enfant et lui demanda d'une voix douce : « Tu avais demandé quoi à noël ? » L'enfant hésita, fixant Voldemort qui bouillonnait de rage puis répondit d'une toute petite voix : « Un nounours. »

Daphné sourit malicieusement et fit apparaître un ours en peluche tout doux qu'elle prit bien soin de ne pas toucher. La peluche atterrit au sol et elle invita l'enfant à le l'attraper. Quand l'enfant attrapa le jouet, il fut transporté loin du manoir. Elle venait de lui sauver la vie en créant un portoloin à utilisation unique. Voldemort s'enragea.

« JEUNE INSOLENTE ! »

Daphné eut à peine le temps de se retourner qu'elle se plia de douleurs. Puis tandis qu'il continuait à lancer des doloris, elle se releva doucement, un sourire mauvais accroché au visage et regarda avec haine le « maître ». Elle explosa de rire, ne ressentant pas l'effet des sorts de Voldemort.

Ce dernier écarquilla les yeux, surpris par la puissance de la jeune prodige. Elle eut un rictus méprisant puis parla d'une voix mielleuse en s'adressant aux autres mangemorts : « Vous ne pensez pas qu'il manque quelque chose ? »

Même son père frissonna tandis que Drago la fixait, bouche bée.

En un mouvement de baguette, Voldemort se retrouva affublé d'un bonnet de père noël. Il fulminait de rage sans ne pouvoir rien faire. Les autres mangemorts n'osaient même pas s'approcher tant l'aura magique de la jeune femme avait pris une teinte noire.

Voldemort tenta en vain à nouveau de lancer des sorts de douleurs en tout genre mais sans que personne ne s'y attende, c'est Daphné qui leva sa baguette et lança un doloris à son tour.

Pour la première fois de sa vie, ce fut Voldemort, qui tomba à genoux, totalement terrassé. Elle continua tandis que le monstre ordonnait à ses hommes de l'éloigner. Mais personne ne fit rien.

Elle était presque possédée par la haine, possédée par la tristesse. Ses yeux étaient empreints d'une folie qui lui était inconnue.

Puis soudain, Lucius Malfoy lança un sort que tous ne connaissaient que trop bien. Drago écarquilla les yeux et se jeta devant le sort.

Daphné cessa.

Le corps sans vie du beau blond s'étala au sol, telle une poupée désarticulée.

C'en était fini pour le jeune Malfoy. Lucius hurla, horrifié de ce qu'il venait de faire et Narcissa se précipita vers le cadavre de son fils.

Daphné était ailleurs. Elle venait de perdre son dernier ami. Elle sentit un sentiment sans nom l'envahir. Tant de morts, tant de blessés … Tous ses souvenirs défilaient devant ses yeux et elle explosa en sanglots.

Alors, un craquement se fit entendre. Narcissa gisait au sol, près de son fils. Morte.