« Gregory... » murmura un faible voix de femme.
Il faisait noir. Goyle n'y voyait pas grand chose à travers les débris de la boutique. Il y avait de la fumée qui alourdissait l'air autour de lui. Il parvint à détacher son regard du corps sans vie du vendeur de baguettes magiques et chercha sa copine.
Il souleva plusieurs débris avant de trouver Pansy, toussant et blessée au visage. Elle le vit et écarquilla les yeux, heureuse de voir la carrure imposante du jeune homme. Elle sourit faiblement.
Ce sourire était la dernière trace de son passé qui semblait bien lointain. Elle avait été serpentard. Elle avait été méchante, voir cruelle. Elle avait été assouvie.
Mais elle n'était plus tout ça. Elle avait bien changé. Tout comme son compagnon. Elle lui avait appris à penser par lui-même, ce qu'il n'avait jamais su faire à cause de Drago qui lui indiquait toujours ce qu'il devait faire, dire, et croire. En échange, Gregory avait lui avait appris à aimer.
Il lui avait appris la douceur d'une caresse, la chaleur d'un baiser.
L'ancien serpentard la souleva avec délicatesse et la regarda de ses yeux qui ne trompaient personne. Il y a trois ans il avait tout perdu. Parce qu'il avait refusé de suivre Drago.
Il y a trois ans, Crabbe était mort. Et ça, ce fut le déclic pour lui.
Parce que Crabbe était son meilleur ami, le frère qu'il n'avait jamais eu. Et Crabbe avait été tué durant l'un des nombreux combats. Gregory ne pardonnerait jamais aux mangemorts qui avaient refusé de l'aider. Parce que sinon son camarade serait encore en vie. Il aurait juste suffit d'éloigner le corps du champs de bataille. Juste ça. Et Crabbe n'aurait pas subi une explosion qui l'acheva.
Mais c'était du passé.
C'est mauvais de ressasser le passé. Ressasser le passé, c'est s'y enfermer et brûler tout espoir pour le futur. Le jeune Goyle voulait croire en ce futur idyllique qui n'existerait certainement jamais.
Il voulait fonder une famille avec la femme de sa vie. Il voulait un jour voir le visage taquin d'un de ses enfants lui sourire à pleines dents. Il voulait à jamais voir sa dulcinée danser à travers les flammes.
Mais ce n'était qu'un rêve.
Le monde n'était plus qu'un âcre mélange de sang et de décombres, de corps inertes et de fumée. La paix semblait hors de portée, disparue, totalement aspirée par la spirale infernale de la défaite. Le soleil semblait éteint. La pluie tardait à tomber de ces nuages bien trop sombres pour être bénins.
Le jeune homme sourit en retour à sa compagne. Elle n'était pas extrêmement jolie comme avait pu l'être Daphné. Elle n'était pas puissante comme Bellatrix. Elle n'était pas intelligente comme Hermione Granger. Elle était juste elle-même. Juste une femme comme une autre, que la guerre démontait peu à peu comme on démonte un meuble usagé pour le jeter aux encombrants.
Et ça, Gregory le savait. Elle s'affaiblissait de jour en jour, de minute en minute. Chaque seconde, Pansy perdait un souffle d'espoir.
Il ferait tout pour que cela cesse. Mais tout ne suffisait pas.
Soudainement pris d'affection, il la serra tout contre son cœur, comme espérant qu'elle absorbe sa force mentale et physique. Elle le regarda amoureusement et susurra : « Tu es la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivé. »
Gregory rougit imperceptiblement et se redressa, prêts à quitter ce lieu sombre. Ce n'était pas bon, de traîner ici. Il fallait qu'il s'éloigne du chemin de traverse qui ressemblait maintenant plus à un champs de bataille qu'à la rue remplie de jeunes sorciers et leurs familles joyeux et bruyants comme il l'avait été à l'époque.
A cette vision, les yeux du jeune homme se remplirent de larmes. Il y avait des cratères de partout, des façades de magasins écroulées, des débris, des corps calcinés traînaient même à certains endroits. Au fur et à mesure que le temps passait, de plus en plus d'aurors et de mangemorts s'étaient affrontés en ce lieu mythique.
Goyle continua son chemin jusqu'à leur « planque ». Leur « planque » c'était la cabane hurlante. Pourquoi avoir choisi cet endroit ? Parce qu'il y avait non loin des passages secrets permettant de mener un peu partout dans le monde sorcier. Ainsi Gregory et Pansy pouvaient se rendre à pied sur l'ancien chemin de traverse, à Poudlard maintenant en ruine, à Pré-Au-Lard qui était couramment un repère de junkies.
Beau, le paysage, pensa Gregory en entrant dans la cabane. Ils avaient aménagé un minimum, avec une cuisine dans un coin, une petite salle de bain et la seule tâche de couleur dans l'atmosphère sombre : Un lit aux couvertures vertes serpentard.
Il déposa doucement la jeune brune sur l'épais matelas et s'apprêta à partir préparer de quoi la soigner quand un vieil hibou toqua à la fenêtre. Intrigué, il ouvrit la lettre que tenait l'animal dans son bec.
« Mr. Goyle et Miss Parkinson.
Nous avons appris par des sources sûres que vous cherchiez à nous contacter depuis plusieurs mois pour nous rejoindre.
Après de longuement réfléchi et décidons que nous acceptons de vous voir à un point de rendez-vous précis. Nous espérons sincèrement que nous pourrons vous accepter parmi les nôtres.
Veuillez s'il vous plaît répondre dans les plus brefs délais en délivrant une lettre contenant le lieu et la date de rendez-vous au hibou qui vous a amené ce courrier,
Avec toute mon amitié,
Pénélope Dauclair. »
Gregory sourit et se tourna vers Pansy qui se réveillait en grimaçant.
« Qu'est ce qu'il se passe?
-On va enfin avoir une chance de survivre. »
Voilà j'en suis déjà au cinquième chapitre de ce qui devait être une suite de 10 One-shot. Donc en fait je n'ai pas vraiment suivi les One-Shot puisque les différents textes sont cohérents et se suivent. J'ai donc décidé d'en faire une histoire concrète, une fiction longue avec plus de dix chapitres. La question est : Me suivriez vous si je continue ainsi ?
Merci pour vos review qui donnent la motivation pour continuer :)
