Seamus avait affronté beaucoup de ses peurs. Vraiment beaucoup durant ces dernières années. Il se souvenait avoir beaucoup souffert aussi, évidemment, parce que le mot « peur » rimait avec « douleur ».

Il regrettait chacun de ses gestes, chacune des choses qu'il avait dites. Il regrettait de s'être disputé avec ses parents avant de partir à la bataille de Poudlard. Parce que ses parents, après il ne les avait jamais revus. Ses parents, après, ils avaient été brûlés vivants dans leurs maisons par les mangemorts. Seamus regrettait aussi d'avoir insulté Dean avant qu'il ne parte à la mission qui lui fut fatale. Il regrettait de ne pas avoir pris la mission à la place de Hermione. Il regrettait tout.

Il n'était pas très positif non plus. Il ne croyait plus en l'avenir comme nombreux d'entre ses amis à la seule différence que lui, il ne voulait plus y croire.

Comment continuer à vivre quand on lui avait enlevé toute raison de sourire, de rire ? Comment apprécier chaque secondes délicieuses quand on ne connaît rien au bonheur ? Comment ?

Seamus ne connaissait rien à l'amour non plus. Il n'avait jamais pu apprécier la chaleur d'un corps étranger contre le sien. Il n'avait jamais compris le plaisirs qu'éprouvaient les autres à échanger langoureusement leurs salives en un baiser coupable. Mais au fond de lui, il aurait peut-être aimé qu'une femme soit à ses cotés pour sécher ses larmes quand il allait mal et partager son sourire quand le bonheur reprenait le dessus.

Mais ce n'était qu'un rêve profondément enfoui dans les méandres de son âme torturée.

Ce jour-là, il était en mission dans un vieil entrepôt désaffecté au sud de l' Irlande. L'Irlande aussi avait été victime de l'invasion de mangemorts et de l'expansion du pouvoir de Voldemort. En vérité, presque l'entière totalité des Royaumes Unis avaient été dévastés par la terrible guerre.

Si Seamus devait se rendre à cet endroit-là, c'est que le groupe avait reçu des témoignages attestant d'une présence sorcière dans les lieux. C'était fréquent et Seamus ne s'attendait à y trouver quelque chose. Il baissa ses gardes au bout de dix minutes et continua de faire le tour du bâtiment en marchant tranquillement, détaché.

Soudainement, il sentit une présence derrière lui et une lame se glisser sous sa gorge. Il s'immobilisa, terrifié. « Qui est-ce ? Bégaya-t-il.

-Toi d'abord. Tu réponds ou je te tue, murmura une voix de femme en insistant sur sa pression sur le cou du jeune homme.

-Seamus... Finnigan. Et vous ? Vous êtes une mangemorte ? »

La mystérieuse personne explosa d'un rire fou qui devint cristallin, presque apaisant. Seamus frissonna de tout son corps. Qu'allait-elle lui faire ?

« Non. Je suis le pire cauchemar des mangemorts.

-Alors on peut s'entendre.

-N'en sois pas si sûr. Dis moi Finnigan... Tu es venu seul ici ?

-O-Oui...

-Ne tiens-tu donc pas à la vie ?

-Non. »

Un silence qui sembla durer une éternité s'installa et la femme recula. Il pu se retourner et la fixa. Il ne voyait pas son visage caché par un épais capuchon rabaissé.

« Tu ne dégaines pas ta baguette ? S'étonna-t-elle.

-Non.

-Pourquoi ?

-Si tu avais voulu me tuer, tu l'aurais déjà fait. Puis j'ai vu pire, comme mort, que de se faire tuer par une jolie demoiselle comme toi.

-Tu n'as pas vu mon visage. Tu ne peux juger ma beauté.

-Je le sais. »

Elle se tut et il reprit la parole : « Et toi tu n'as pas ta baguette ?

-Non... Il me l'a brisée.

-Qui ça « il » ?

-Voldy Voldy Voldy Chou. »

Le jeune homme trembla à nouveau. La manière avec laquelle elle avait parlé du seigneur des ténèbres était tellement... terrifiante. Ce ton était si léger, rieur. Fou.

« Pourquoi a-t-il fait ça ?

-Parce qu'il a peur de moi.

-Il est invincible. Il n'a peur de personne.

-Tu te trompe. »

La discussion semblait si surréaliste, si puérile. Leurs réponses étaient brèves. Ils parlaient sans se parler, Seamus tentant de cerner la personnalité en face de lui.

« Où est Ginny Weasley ? » Seamus fronça les sourcils, troublé par la spontanéité de la question puis ouvrit plusieurs fois la bouche avant de répondre : « Elle a disparu. Pourquoi la cherches-tu ?

-Elle veut réunir les descendants.

-Les descendants ?

-Oui. » La jeune femme abaissa son capuchon pour dévoiler son visage.

« Daphné ?! »