Pansy était très lunatique depuis la défaite des aurors. Elle se sentait constamment en tort pour tout. Chacune de ses respirations, de ses clignements d'yeux lui inspirait la plus grande culpabilité de l'univers. Parce que elle, elle avait survécu et pas les autres.
Parce que, elle, elle avait été du mauvais coté et qu'elle vivait alors que les « gentils » était morts.
Durant longtemps, son assouvissement avait été considéré comme de la pure lâcheté. Sa cruauté lui avait donné une réputation de folle. Son amitié avait Drago lui avait attiré des rumeurs indécentes et dérangeantes.
Il y eut une époque où tous ces inconvénients lui plaisaient mais eu fil des années, elle vivait de plus en plus mal les railleries de ses camarades. Elle se sentait monstrueuse et personne ne lui disait l'inverse. Être serpentard, qui plus est de sang pur pouvait des fois mener à la folie, et Bellatrix Lestrange n'était certainement pas le seul exemple.
Les « gentils héros » ne comprenaient pas à quel point c'est éprouvant d'être lâche. Ils ne comprenaient pas pourquoi les serpentards suivaient la plupart du temps Voldemort. Ils ne comprenaient pas parce qu'ils n'étaient que des gamins, pas assez ouverts d'esprit pour comprendre.
Et lorsque l'être humain n'arrive pas à comprendre quelque chose, il le déteste, il s'en moque.
Ainsi Pansy fut affublée du très adorable surnom « Bouledogue » par les amis de Potter. C'est certainement ça qui la mena à l'anorexie quelques années plus tard. Et le seul qui l'avait soutenue c'était Drago. Parce que l'égoïsme n'appartenait pas qu'aux serpentards.
Ah ça oui ! De l'altruisme, ils en avaient à revendre, les poufsouffle et les gryffondors ! Mais évidemment quand il s'agir d'aider un serpentard, ils étaient plus réticents.
Pansy se souvenait de tout, comme dans un vieux film dramatique et révoltant, lors de ses nuits de cauchemars, ses souvenirs défilaient, toujours un peu plus vite, plus bruyamment, plus violemment, les images se cognaient dans les parois de sa tête et créent un sinistre feu d'artifice.
Les frères Weasley qui s'arrangeaient pour viser uniquement les serpentards dans leurs mauvaises blagues, les professeurs qui lançaient des regards suspicieux aux serpentards lors de l'histoire de la chambre des secrets, puis quand ils étaient moqués... Elle se rappelait de tout.
Souvent, elle pleurait à cause de ça. Elle se demandait si au final, ils n'avaient pas raison. Oui, ils étaient les méchants ! Les serpentards sont toujours méchants c'est connu !
Elle se disait que tous ces morts, c'était une partie de sa faute, qu'elle n'avait rien fait pour que le carnage cesse.
Mais seulement la chaleur des bras de Gregory savait la calmer. Seulement sa douce voix aux intonations protectrices savait trouver les mots pour la faire sourire à nouveau. Et c'était à cet instant-là qu'elle se disait qu'elle avait bien de la chance de l'avoir avec elle.
Il n'était pas le plus courageux, ni le plus beau. Pas le plus puissant ni le plus intelligent. Il était juste celui qui savait l'aimer avec passion et elle ne demandait rien de plus.
« Greg ? T'es sûr de ce qu'on fait là ?
-Oui ne t'inquiètes pas... »
Ils avançaient avec difficulté dans la forêt interdite, vers la direction du lieu de rendez-vous. Il y avait une lueur inquiète dans les yeux du jeune Goyle quand il voyait sa copine ralentir au fur et à mesure qu'ils avançaient.
Il n'aimait pas la voir faible, mais malheureusement elle semblait s'affaiblir au fil des jours.
Il avait peur qu'un jour elle s'endorme pour ne plus jamais se réveiller. Ce jour-là, il la rejoindrait, il se l'était promis.
Parce que vivre sans elle revenait vivre sans oxygène.
Alors il se contentait de la regarder toujours un peu plus succomber à la tristesse, aux larmes. Il la consolait quand il pouvait mais au fond il savait que ça ne suffirait pas.
« Il sont là, murmura-t-il en montrant une clairière pleine d'herbes mortes et d'arbres calcinés.
-Oui... »
Il s'avancèrent, doucement, prudents.
« Miss Parkinson ? Mr. Goyle ? S'enquit Zacharias en prenant une voix solennelle qui lui allait très mal.
-C'est nous.
-Approchez-vous. »
Ils se rapprochèrent, plus confiant, mais leurs baguettes toujours en main.
« Je me présente. Je suis le grand sorcier, premier du nom, Zacharias Smith. »
Les deux autres se regardèrent en se mordant la lèvre, s'empêchant de rire et la jolie brune confia : « On t'avait reconnu Zach.
-Appelez-moi mr. Smith ! Je suis le chef du groupe de résistance donc vous allez devoir me respecter.
-Zacharias t'as pas fini avec tes conneries ? » S'énerva une voix d'homme venant de la forêt. Dennis Crivey s'avança, un sourire séducteur accroché aux lèvres.
Le couple dut cligner plusieurs fois des yeux pour reconnaître le jeune homme. La dernière fois qu'ils l'avaient vu il avait quoi ? Quatorze ou quinze ans ? Ils ne se souvenaient pas exactement mais le garçonnet qu'il était autrefois avait bien changé et laissé place au grand blond au visage parfaitement symétrique qu'il était devenu.
« Crivey ? S'étonna le jeune Goyle.
-Ouais c'est moi. Pas Colin hein ! Parce que Colin il est mort y'a trois ans ! Nan moi c'est Dennis ! Répondit-il, gêné. Et lui c'est Zacharias et c'est certainement pas le chef du groupe ! »
