Warning : Violence, non-con/viol/incest, Crossover avec Harry Potter
Disclaimer : Les seuls personnages qui m'appartiennent sont Seigneur Johas Holdworth, Dame Kathereen Holdworth et leurs enfants Henry, Thomas, Malory, Lucy Holdworth. Ainsi que Erwin et Oris Serpentard, Gendric, Clamaens Oakenburgh l'Inébranlable et Elidas Merdoc. Je vous prie de ne pas utiliser mes personnages dans vos fictions. Tous les autres personnages sont issus du monde de Merlin par BBC et du monde Harry Potter par J.K Rowling
Partie 2
Secrets de famille
Chapitre 2
La Reine Sorcière
Le cavalier blanc galopait à toute allure sous la pluie printanière froide du petit matin. Son but était d'atteindre la capitale d'Essetir. La forteresse des Luaithre sombre et menaçante trônait dans toute sa splendeur terrifiante au milieu des pleines vertes du nord d'Albion.
Dans une des tours derrière un rideau tout aussi dénué de couleur que le reste du château, se trouvait une jeune princesse, aux cheveux ébène et aux yeux clairs, qui n'appartenait pas à ces terres. Non loin de la par-dessus la frontière, se trouvait les premiers villages de son royaume, Camelot.
La princesse Morgane, traitre à la famille royale Pandragon, fixait le point blanc se déplacer dans l'horizon. Elle resserra sa cape autour de son cou. Bien que le printemps arrivait à sa fin, les étés d'Essetir n'avaient rien avoir avec les étés ensoleillés de Cornwall auxquels elle s'était habituée pendant toutes ces années dans le sud. Voyant le cavalier arriver au portes de la forteresse et disparaitre derrière les murailles, elle se détourna brusquement de la fenêtre pour quitter sa chambre manquant de se cogner avec sa camériste Sefa.
« Princesse ?! » S'étonna la rouquine. Sefa était la fille du Druide et médecin de la cour d'Essetir, Ruadan. Elle était elle-même dotée de magie mais ne pouvait cependant pas apprendre la médecine qui était une science destiné au sexe masculin. Morgane trouvait cet argument particulièrement absurde, étant persuadée que Sefa ferait un parfait médecin. La jeune fille était vive d'esprit, intelligente et bienveillante, trois qualités indispensables pour faire un bon apprenti en la matière. De plus avec un père déjà médecin de la cour, elle baignait dans ce domaine depuis son plus jeune âge, elle était prédestinée à ce métier. Mais voilà que sa condition de femme l'en empêchait. A Camelot, certaines femmes pratiquaient la médecine et bien que rares, elles n'en étaient pas moins respectées, tout comme les hommes. Cependant à Camelot Sefa serait exécutée pour sa magie et Cendred avait été bien clément de lui donner une place d'importance au sein de la cour en la faisant camériste de Morgane, pupille de la reine. Cela n'empêchait que cette dernière ressentait comme un étrange goût amer dans la bouche en pensant à cette injustice à chaque fois qu'elle voyait Sefa aider son père avec un malade ou un blessé.
Leur regard se croisa et si son cœur battant se calme quelque peu à l'apparition de la jeune fille, elle ne le laissa pas voir.
« Je descends voir ma tante. » Répondit Morgane le visage froid et sérieux à sa camériste.
Elle traversa les couloirs sombres du château pour descendre de nombreuses marches en pierres froides et arriver dans la salle du trône où se trouvait sa tante bien-aimée avec son plus jeune cousin, Mordred, sur les genoux.
Un chevalier vêtu d'une armure au blason étrange qu'elle ne connaissait pas se tenait devant le trône, à quelques mètres de la Reine Morgause qui le surplombait de toute sa hauteur. Ce chevalier était surement quelqu'un issue de la petite noblesse, un banneret des Luaithre.
Cela doit être le cavalier au cheval blanc. Un messager. Conclut Morgane.
Sa tante remarqua sa présence et prit la lettre que lui tendait le messager.
« Ah, Morgane, entre, n'ai pas peur. Tu es la bienvenue. »
La jeune fille s'avança d'un pas élégant pour passer légèrement devant le cavalier et se permettant une discrète révérence de la tête en direction de sa tante.
« Avez-vous des nouvelles de votre fils ? Avez-vous des nouvelles de la guerre ? » S'empressa de demander Morgane.
« Cendred a traversé la frontière. Il est à quelques semaines de Camelot, cependant les attaques des seigneurs alentour ralentissent sa marche, mais ce n'est pas bien grave. Que peuvent-ils faire contre l'armée d'un roi ? »
Un servant prit la lettre des mains de la reine et alla la mettre à l'écart.
« Et les Woden ? Demanda Morgane inquiète pour la famille qui l'avait élevé.
Un champ de bataille se prépare à la frontière sud de Camelot. Le Roi fou a quitté Camelot pour négocier une alliance avec Rodor, cela fait maintenant près d'un mois qu'il y est, il ne va pas tarder à revenir à Camelot. Comme Odin et ses hommes viennent de passer la frontière avec Dyrham, il y a une grande probabilité qu'il y ait une bataille. Malheureusement pour Uther, il n'est pas avec son armé, ce taré est parti avec seulement 200 hommes. »
Morgause fit signe à un servant de lui apporter du vin. Un jeune garçon d'une douzaine d'année s'avança avec une cruche et une coupe et servit un verre à la reine qui la prit et but aussitôt.
Morgane jeta un coup d'œil au cavalier qui ne se dérangeait pas pour la lorgner de bas en haut. Morgause fit claquer ses lèvres et se pencha un peu sur son trône pour parler à sa nièce.
« Une famille Camelotienne vient de rejoindre les rangs d'Odin. Les Holdworth, est-ce que tu les connais ? »
Morgane fronça les sourcils. Elle avait vu Merlin danser avec l'une des filles Holdworth à son anniversaire. Malory était une jeune fille très appréciée à la cour. Dame Marjory, Dame Kathereen et Dame Sansa, les trois membres du fan club d'Arthur l'admirait de cette façon malsaine qu'elles avaient d'aborder n'importe quel ragot de la cour et cela en particulier grâce à ses talents en couture. Il était dit qu'elle créait de magnifiques robes et ces dernières faisaient jaser, rendaient jalouse et lançaient des modes. Oui Dame Malory était une courtisane qu'on ne pouvait manquer.
« Personnellement non. Mais les Holdworth sont riches et l'on toujours était, il est dit que la nature de leur nom de famille y est pour quelque chose. Ils ont six bannerets qui leur sont fidèles.
Des alliés intéressants alors. » Remarqua Morgause en rendant la coupe au servant.
Elle fit signe au messager de partir. Il fit une révérence et quitta la salle pour aller se ravitailler et prendre son repos mérité. Il eut un silence et Morgause échangea un regard avec sa nièce tout en caressant les cheveux de son fils.
« Dis-moi Morgane, te plait-tu ici ? »
La jeune fille baissa les yeux. « J'aurais voulu vous avoir rendu visite dans d'autres circonstances, ma tante. Je n'arrive pas à me plaire au château en sachant que mes cousins, mes amis se battent contre mon royaume. »
Morgause demanda à Mordred de descendre et se leva pour rejoindre sa nièce. Elle lui attrapa les mains.
« Mon enfant. Nous ne nous battons pas contre Camelot mais contre les Pendragon.
Je suis une Pendragon.
Morgause fronça les sourcils devant les yeux luisants de sa nièce.
Seulement de nom. Tu es la fille de ma sœur. Tu es une magicienne. Tu es une Du Bois. Nous nous battons pour venger ta mère et ton oncle Tristan et sa fiancée Nimueh. Nous nous battons contre ce royaume qui tue par centaine des gens dotés de dons prodigieux. Nous nous battons pour la liberté. Ce n'est pas une simple guerre, c'est une rébellion. »
Morgause vint passer une mèche de cheveux ébène derrière l'oreille de Morgane. Elle sourit face à la beauté froide de sa nièce.
« Quand nous aurons récupéré Camelot. C'est toi qui t'assoiras sur le trône en tant qu'héritière. Le peuple ne pourra pas te refuser, tu es la fille du roi.
Pour cela il faudrait que mes frères meurent.
C'est un sacrifice inévitable, malheureusement. » Annonça Morgause nonchalamment.
Morgane fronça les sourcils. Elle n'avait jamais pensé à la mort de ses frères. Elle en avait rêvé dans ses cauchemars mais elle n'avait jamais pensé un seul instant tuer Arthur et Merlin pour obtenir Camelot. Elle n'avait les yeux rivés que sur Uther. Uther sur son trône. Uther qui tue.
Il était certain qu'elle ne les appréciait pas trop et peut-être pas à leur juste valeur. Elle avait toujours était si jalouse de ses frères qui avaient eu droit à tout ce qu'on lui avait interdit. Arthur était l'hérité celui qui lui avait pris sa place d'ainée dans la fratrie parce qu'il était né avec un organe plus imposant entre les jambes qu'elle. Il avait eu le droit de rester à Camelot, lui, on ne l'avait pas enlevé de sa maison sans prévenir pour l'envoyer à l'autre bout d'Albion, lui. On lui avait enseigné l'art de la guerre et comment manier une épée, alors que elle, on lui avait enseigné comment jouer de la harpe et l'art de manier les mots. Petite, elle ne comprenait pas pourquoi ils faisaient une telle différence entre elle et Arthur. Après tout, ils avaient le même âge. Et Merlin ! Comment ne pas être jalouse d'un être aussi adorablement parfait ! Et puis il avait eu la chance d'avoir une mère qui l'aimait et qui était là pour lui, alors qu'elle passait toutes ses journées, seule, mise à l'écart de sa famille avant qu'on ne se débarrasse d'elle pour de bon. Et l'admiration qu'Uther avait toujours porté à son plus jeune avant qu'il ne se mette à détester la magie ! Il avait fait entrainer Merlin par Nimueh dès son plus jeune âge, l'acceptant dans sa bizarrerie. Et même quand la Grande Purge commença, il garda Merlin près de lui comme un étrange verre en cristal que tout le monde convoiter. Pourquoi les ennemis d'Uther s'en prendraient-ils plus à Merlin qu'à ses autres enfants ? Morgane y avait souvent réfléchit. Evidement que la magie de Merlin était en compte mais aussi cette obsession maladive d'Uther pour son dernier fils était une faiblesse. Tout ennemis de Camelot s'avait que s'en prendre au dernier Pandragon affaiblirait le Roi. Mais tout ça c'est parce qu'Uther leur a montré à quel point Merlin était important pour lui en le surprotégeant ! C'était une cible à la portée de tous et Uther était trop aveugle pour voir ses propres erreurs. Morgane fronça les sourcils. Mais de là à tuer ses frères.
Arthur était un idiot manipulé par leur père aveuglé par l'envie de faire plaisir au roi mais il n'était pas mauvais, c'était un bon garçon et son inquiétude pour sa sœur était réelle. Merlin était juste soumis, fragile, tourmenté, traumatisé par ce qui était arrivé à sa mère, facilement manipulable. Ils ne méritaient pas ça. Elle n'arrivait pas à voir comment cela pouvait être possible. Elle, Morgane Pendragon, assise sur le trône de Camelot.
Morgane habillée de noir se tenait sur le trône. Le cadavre du prince héritier mort à ses pieds, son corps coupé en deux et ses entrailles éparpillé sur le sol. Sa tante Reine Luaithre, dans sa beauté fracassante se dressait à ses côtés alors que le Roi Fou était mis à genoux afin d'être exécuté devant la population. Le dernier Prince de Camelot agenouillé aux côtés du Roi, la nuque offerte à la hache du bourreau, releva la tête dévoilant ses beaux yeux couleur ciel humides et brillants.
Morgane frissonna. Son regard croisa celui de sa tante et elle changea de sujet.
« Je me marierais avec Thor, mais alors qui gouvernera quoi ?
Tu uniras Cornwall et Camelot sous une seule bannière.
Ce nouveau pays dont tu parles sera séparé par les terres de Deorham. Comment allons-nous contrôler les frontières et les marchandises. Connaissant l'appétit d'Alined pour l'or il est certain qu'il fera augmenter les taxes de passage sur ses terres pour en tirer profit.
Alined est un idiot. Nous nous occuperons de lui une fois qu'il ne nous sera plus utile. »
Morgane fronça les sourcils à la remarque de sa tante. Morgause se détourna de sa nièce pour revenir au trône.
« Quand est-il de l'alliance avec Deorham ?
Alined aime la guerre, persuadé de s'enrichir avec. Cependant il y a une chose qu'il ne sait pas. Seuls les gagnants s'enrichissent et la guerre coûte. Tu seras sur le trône avec Thor, vous aurez gagné, à vous deux, deux royaumes, deux royaumes qui l'entourent prêts à l'écraser. Dans quelques années vous possèderez le plus grand royaume d'Albion.
Morgane se mordit les lèvres. Elle ne voulait pas le plus grand royaume d'Albion. Elle voulait que Camelot soit libéré du règne d'Uther.
« Si mes frères meurent, je serais la seule héritière, mais je ne serais pas le souverain, Thor le sera. Et Camelot tombera entre les mains des Woden. De plus, en voyant Thor roi de Camelot peut-être que les frères et sœurs légitimes de Thor voudront récupérer Cornwall. Ou alors peut-être que Odin donnera Camelot au premier frère de Thror, Tyr et que Thor restera roi de Cornwall et alors je perdrai pour de bon Camelot. » Paniqua un peu Morgane légèrement perdue par les alliances que sa tante avait faite en son nom.
« Ne t'inquiète pas pour ça. Tout est prévu.»
Morgane fronça les sourcils.
« Qu'est-ce qui est prévu, Morgause ? »
Sa tante ne répondit pas la fixant étrangement. Et Morgane réalisa quelque chose. Morgause ne pensait pas seulement à faire tomber Uther. Non. Elle voyait plus grand. Plus loin que ça.
« Connais-tu la prophétie du Roi Présent et Avenir ? »
Morgane secoua la tête ne comprenant pas où voulait en venir sa tante.
« Il est dit qu'un Roi unira les terres d'Albion et qu'il sera le Roi Présent et Avenir, qu'il libérera la magie et apportera la paix en unifiant les royaumes sous une même bannière. Ce roi sera aidé par un jeune magicien. Le plus grand des magiciens. Un magicien puissant qui possède une magie instinctive, un peu comme toi. Tous deux ils uniront les terres d'Albion pour ne faire qu'un seul est même pays.
Qu'est-ce que ça à avoir avec tout ça ? »
Mordred s'était mis dans un coin de la pièce pour jouer à faire voler un dragon magique entre ses doigts.
« Le temps de la prophétie est là. Et qui est roi avec un jeune magicien très puissant à ses côtés, Morgane ? »
La jeune fille regarda parterre en réfléchissant.
« Cendred ? Cendred est roi et Mordred est un jeune magicien à la magie instinctive et puissante et nous partons en guerre pour libérer la magie. »
Morgane releva ses yeux brillants sur sa tante.
« Cendred est le Roi Présent et Avenir ! »
Morgause sourit.
« Tu comprends maintenant que tout ce qui est prévu pour l'année à venir n'est que provisoire, tout cela n'est qu'une infime partie de la montée de mon fils sur le trône d'Albion. »
« Provisoire ? »
« Ton mariage avec Thor, nous sera bien utile mais comme notre alliance avec Allined, il aura sa fin pour laisser place à un autre temps, à un autre roi. Ne t'attache pas trop.
Que voulez-vous dire ? »
Mordred vint prendre la main de sa cousine coupant la conversation et sauvant Morgause de lui donner une réponse. « Allons, Morgane vient jouer avec moi, je vais te montrer un nouveau sort que j'ai appris. »
Morgause observa les deux enfants quitter la pièce main dans la main. Elle fronça les sourcils en remarquant les épaules tendues de Morgane. La princesse ressemblait énormément à Uther mais elle espérait qu'elle n'avait hérité aucun trait propre à Ygraine, que ce soit sa bienfaisance maladive ou sa couardise. Cendred sera le nouveau roi d'Albion et si Morgane n'était pas capable d'assumer son rôle, elle aurait vite fait l'évincer de son plan.
Alors que Morgane suivait Mordred elle ne put s'empêcher de penser que sa tante ne lui disait pas tout. Pire, elle ne put s'empêcher de se sentir, elle aussi, comme l'un de ces alliés que Morgause serait prête à jeter si cela pouvait lui permettre de gagner la partie.
Deux jours passèrent sans que Morgane de parla à sa tante de politique, elle se concentra sur ses études de la magie avec Ruadan qui était l'instructeur de magie du jeune prince Mordred depuis sa plus tendre enfance.
« Reine Morgause m'a dit que vous faisiez des cauchemars. » Démarra Ruadan un après-midi.
« Oui, elle m'a donné un bracelet pour les contrer.
Oui, c'est mieux pour le moment. Mais voyez-vous nous pensons que ces cauchemars n'en sont pas. Nous pensons que vous êtes une voyante. »
Morgane fronça les sourcils. « Comme ces vieilles femmes dans les rues qui nous proposent de lire dans le creux de nos mains ?
Ce sont des charlatans, la voyance est un art qui n'apporte rien si l'on croit s'enrichir avec dans la rue. Non, c'est un art qui recommande de la subtilité et une grande sagesse. Savoir ce qui va se passer avant même que ce soit arrivé est un immense pouvoir qui peut renverser des royaumes.
Morgane passa le doigt sur le coin de page du livre de magie sous ses yeux.
« Est-ce pour renverser un royaume que nous abordons ce sujet aujourd'hui ? » Demanda-t-elle niaisement.
Ruadan sourit en voyant se regard bleu vif et pénétrant se poser sur lui. C'était une enfant intelligente.
« C'est pour vous aider avec vos cauchemars qui semblent vous affecter beaucoup, princesse. Vous savez, si vous n'arrivez pas à contrôler ce don, il peut devenir dangereux pour vous et pour votre entourage. »
Morgane se souvint du feu dans sa chambre à Camelot l'hiver dernier. « Très bien, je vous écoute. »
« Il vous faut comprendre que la divination n'est pas un art précis comme toutes les autres branches de la magie, beaucoup trop de facteurs entrent en compte ce qui peut altérer l'avenir. Une vision peut aussi être trompeuse parce que sortie de son contexte, elle n'a pas le même sens. »
Morgane hocha de la tête comprenant.
« Quelqu'un qui a un don de voyance a un esprit ouvert. C'est très dangereux car il est plus fragile face aux attaques psychiques. »
Morgause se mordit la lèvre inférieure inquiète.
« Les attaques psychiques ?
Je suppose que vous ne connaissez pas non-plus la legilimancie et l'occlumancie ?
Je suis une novice en matière de magie. Dois-je vous rappelé qui est mon père ?
Vous avez passé votre enfance auprès des Woden qui comme les Du Bois ont une grande lignée magique.
Il est vrai qu'Odin, Freya et Loki sont magiques mais je n'en ai jamais vraiment parlé avec eux… » Dit-elle avec amertume au souvenir de Cornwall.
« La légimencie est l'art de pénétrer dans l'esprit de quelqu'un. Cela permet à la fois de voir ce qui se passe dans cet esprit ou de le manipuler en y installant de nouveaux souvenirs ou des émotions qui n'étaient pas là avant. L'occlumencie est l'art de défendre son esprit face à l'attaque de légimencie. Un bon legimen n'est pas spécialement un bon oclumen et vice versa. Mais il est important pour une voyante de travailler son oclumentie pour fermer son esprit et notamment dans votre cas empêcher les visions. Savoir ouvrir ou fermer votre esprit vous permettra de contrôler quand est-ce que vous voulez une vision ou non. Une fois ceci fait nous nous concentrerons sur la précision de ces visions c'est-à-dire la divination. Est-ce que tout est clair ? »
Morgane hocha de la tête et inspira un bon coup se préparant pour la leçon.
La porte de la chambre princière craqua en s'ouvrant. Une ombre s'approcha du lit. Un garçon aux cheveux sombre était sur le ventre, les bras sous l'oreiller, une épaule dénudée dévoilant une peau blanche comme la neige. L'ombre posa une main sur son épaule nue. Caressant la peau doucement, elle descendit jusqu'au bassin faisant glisser la couverture du corps endormi. La silhouette de l'intrus s'installa sur le lit, embrassant le cou tendre sous ses lèvres. Le garçon ne fit aucun mouvement.
L'homme releva la robe du garçon passant une main entre ses cuisses. Ce dernier lâcha un faible gémissement dans son sommeil.
Quand il estima qu'il était près, il leva sa propre robe et attrapant les hanches du garçon entama un mouvement de bassin lent. La petite main de l'enfant s'agrippa à l'oreiller. Ses sourcils se froncèrent. Et Morgana put reconnaitre le visage si tendre de son petit frère amochit par la grimace de douleur.
Merlin laissa échapper d'une exclamation en sentant une sensation l'électrifiait. Il tenta de repousser l'intrus balançant son bras en arrière. L'homme, toujours le visage dans l'ombre, frappa son poignet pour l'envoyer baladé et lui bloqua la bouche, le cambrant alors qu'il le pilonnait.
Leurs deux visages côte à côte, leurs souffles haletants se frôlant. Morgane reconnu celui que l'on appelait le Roi Fou, celui qu'ils avaient appelaient Père.
La jeune princesse se redressa dans son lit le souffle haletant, l'étrange sensation que l'on avait abusée d'elle. Elle tira sur sa couette pour mieux se couvrir. Elle remarqua qu'elle portait toujours le bracelet de sa tante contre les cauchemars. Elle laissa un soupire tremblant s'échapper de ses lèvres. Qu'est-ce qu'elle avait vu ?
Elle resta ainsi le souffle haletant dans la chambre fraiche du printemps, la lumière de la lune couvrant son lit d'une blancheur éclatante, illuminant son visage ruisselant de sueur. Elle ne sut pas se rendormir de la nuit et Sefa la trouva le lendemain assise au bord de la fenêtre toujours en robe de chambre.
« C'était étrange… J'ai vu quelque chose que mon esprit n'aurait jamais pu imaginer. » Elle frissonna sous le regard de Ruadan. « Je n'aurais jamais pu imaginer ça… » Lui rapporta-t-elle plusieurs jours après le premier cours d'occlumencie.
« C'était surement une vision. »
« Future ? »
« Comment savoir… Dit-il en haussant les épaules. Vous ne maitrisez pas assez vos pouvoirs pour diriger vos visions. »
« Si ce n'est pas une vision future alors… alors ça s'est déjà passé. » Dit-elle toute retournée à l'idée.
« Qu'avez-vous vu, Princesse ? »
Il eut un silence durant lequel Morgane imagina son petit frère si loin d'elle enfermé dans ce château avec ce monstre.
« Quelque chose d'horrible. » Chuchota-t-elle les yeux grands.
« Quoi comme chose horrible ? »
Elle ferma les yeux et le visage de Merlin faible et malade ballotté entre les mains de leur père apparut sous ses paupières. Elle fronça les sourcils alors qu'elle reposait ses yeux sur le bois sombre de la table d'étude.
« Quelque chose d'horrible. »
Le soir même elle ne put dormir. Elle avait peur d'avoir de nouveau une vision. Mais elle ne pouvait pas non-plus s'empêcher d'y penser. Imaginer ce que Merlin avait peut-être toujours souffert de la main d'Uther sous leur nez à tous. Elle était remontée. Comment Uther pouvait-il faire ça à son propre fils ? D'après ce qu'on disait Merlin ressemblait étrangement à sa mère mais de là à transposer le désir qu'il éprouvait pour Dame Hunith au prince Merlin… C'était un exemple de plus qui confirmer la folie d'Uther Pandragon. Et Merlin, le pauvre Merlin. Ce n'était qu'un garçon. Il était si petit, si faible de par sa maladie, si doux et gentil, il ne méritait pas ça. Personne ne méritait ça. Uther était un monstre. Il fallait l'anéantir et libéré son frère. Mais Morgause voulait tuer son frère pour lui donner le trône. Elle ne pouvait pas faire ça. Pas en sachant qu'il était captif d'Uther. Uther le retenait. Il était prisonnier. Il était innocent. Elle laisserait la vie sauve à Merlin et elle parlerait avec lui, il lui donnerait le trône et il n'y aura aucune raison pour Morgause de vouloir le tuer. Et elle aurait Merlin à ses côtés comme quand elle était petite.
Elle vit passer sous ses yeux le souvenir du sourire innocent de Merlin à ses trois ans. Son adorable petit-frère. Son pauvre petit frère. Où était partie toute cette affection qu'elle éprouvait pour son frère ? La jalousie et la rancœur l'avait aveuglé. Et elle avait laissé son adorable petit frère souffrir du deuil de sa mère et des mains de leur père seul. Elle rectifierait ses erreurs. C'était une promesse qu'elle se faisait à elle-même et à Merlin.
Les cornes de la citadelle retentirent dans la cours et Morgane se redressa en alerte se demandant ce qui pouvait bien se passer. Elle quitta la table de travail dans un grincement de chaise insupportable et se dirigea vers la fenêtre.
Un groupe de personnes en haillon entraient par la grande porte de la ville. Les grades s'étaient écartés pour les laisser passer. Ils étaient une petite vingtaine, majoritairement des adultes mais elle put voir quelques femmes et hommes porter des enfants.
« Des réfugiés de la Purge. » Annonça la voix de Ruadan à ses côté lui aussi regardant par la fenêtre.
« Que leur est-il arrivé ? »
- Uther leur est arrivé. »
Morgane se mordit la mâchoire fortement au nom de son horrible père et se retourna prestement avant de partir en courant de la pièce. Ruanda n'empêcha pas son élève de partir et continua de regarder les réfugiés avancer dans la cours d'Essetir.
Morgane descendit les escaliers prestement et arriva dans l'entrée de château, elle passa les portes sans qu'aucun des gardes n'eut le temps de l'en empêcher et elle dévala les marches de pas de la porte pour poser les pieds sur les pavés secs de la cours.
Certain réfugiés s'étaient assis à terre des larmes de soulagement coulant sur leur joues d'être arrivé en sécurité et d'autre resté bras ballant le regard vide et fatigué. Morgane attrapa un enfant des bras d'une mère qui ne semblait plus tenir debout. La femme d'un certain âge la remercia dans un chuchotement sifflant.
Morgane se retourna toujours l'enfant dans les bras vers les gens de la cours et gardes et s'entasser pour regarder ce qui se tramer. Elle vit quatre serviteurs derrière des coiffes de gente dame et s'adressa à eux.
« Qu'est-ce que vous attendez ?! S'énerva-t-elle. Qu'on apporte de l'eau, du pain et des couvertures ! » »
Elle resserra son étreinte sur le petit garçon qu'elle avait dans ses bras et alla le poser sur un tonneau de vin à l'entrée d'une de ses échoppes. Un serviteur arriva avec deux seaux d'eau et un autre les bras remplis de gourdes vide, ils se mirent à les remplir et les distribuer parmi les réfugiés.
Le prince Gauvain aussi Chevalier de la garde descendit les marches prestement dans un fracas d'armure pour rejoindre sa cousine.
« Morgane ? Qu'est-ce que tu fais ? » Lui dit-il avec cette intonation arrogante et je-m'en-foutiste qui lui était propre.
« Je prends en main l'accueil des réfugiés de mon royaume, qu'est-ce que tu crois que je fais ? » Lui dit-elle encore énervée. Elle se tourna vers la mère du garçon.
« D'où venait-vous ? Que s'est-il passé ? » Elle allait répondre quand un homme chauve mais bien trop jeune pour l'être s'avança vers elle.
« Le prince de Camelot et ses chevalier ont attaqué notre campement ! Ils ont tué tout le monde ! Femmes, enfants et vieillards ! » Dit-il le ton triste et souffrant.
Un autre homme aux cheveux longs et mordorés et aux yeux doux et verts plein de bienfaisance vint poser une main sur l'épaule de l'homme désespéré.
« Salazar… Dit-il pour le calmer. Ma Dame. Il s'inclina légèrement face à Morgane. Seigneur, dit-il en se tournant vers Gauvain. Nous sommes les rescapés du campement Poudelard, un campement principalement peuplé de Druide à l'écart de toutes villes dans l'Est de Camelot. Nous avons été attaqués par les chevaliers de Camelot.
Ce n'était pas seulement les chevaliers de Camelot, j'ai très bien reconnu le Prince Arthur. »
Morgane fronça les sourcils en entendant le nom de son frère. Arthur aurait massacré des druides connus pour leur pacifisme ? Il n'aurait pas été jusque-là, si ?
« Je vous assure mon ami que votre vengeance sera faite. » Claqua la voix fracassante de Morgause derrière elle. Toutes les personnes présentes dans la cours se retournèrent pour observer la fameuse Reine Sorcière.
« Je suis la Reine Mère, Morgause Luaithre, en l'absence de mon fils, ce dernier m'a désigné comme intendante. » Elle descendit quelques marches mais resta en hauteur pour surplomber les réfugiés.
« Je parle au nom du Roi Cendred, et je peux vous assurer que nous prendrons soin de vous. Tout sorcier et ses proches cherchant asile ici à Essetir sera accueillis chaleureusement. Vous et moi, nous sommes frères et sœurs d'une chose bien plus puissante que les liens du sang, vous êtes ici chez vous. »
Un sentiment de soulagement passa sur les visages fatigués des réfugiés.
Morgane sourit à la mère du petit garçon qui venait de lui apporter de l'eau dans une gourde. Morgause lui fit signe de la rejoindre. Morgane attrapa le bas de sa robe pour qu'elle ne traine pas dans la terre et la rejoint suivit de près pas son cousin Gauvain.
Morgause attrapa la jeune fille par l'épaule.
« Mes amis. » Claqua la voix de Morgause dans l'assemblée regagnant l'attention de tous. « Je vous présente Morgane Pandragon, première enfant de Uther Pandragon, magicienne et notre sœur. »
Des chuchotements se firent parmi les druides et magiciens épuisés.
« Princesse Morgane a peut-être quitté Camelot pour l'instant mais avec l'aide de mon fils, le Roi Cendred, elle reprendra le trône de son père et libérera Camelot du joug de ce fou. »
Certaine personne hochèrent de la tête, d'autres paraissaient sceptique en regardant Morgane de la tête aux pieds et d'autre comme Salazar transparaissait la méfiance.
Morgane ne se laissa pas toucher par cette réaction timide et sourit aux camelotiens, son peuple.
« Je ne peux pas vous rendre vos morts, tout comme je ne peux pas vous rendre vos années de liberté perdue, mais je peux vous rendre vos terres, vos villages, vos maisons. Vous retournerez chez vous sans crainte ni peur d'être persécuter, vous rentrerez chez vous, vous y retrouverez une vie paisible où la magie sera libre de nouveau. Je vous en fais la promesse. »
Il eut un silence durant lequel les réfugiés laissèrent ses mots les imprégner d'espoir avant de l'applaudirent et crier de joie, se tapant les épaules amicalement. L'un d'entre eux cria par-dessus tout le monde.
« Vive la Reine Morgane ! Vive notre Reine ! »
Et tous reprirent cette devise pour la crier à tue-tête.
La chaleur de Morgane ressentit face à l'adoration de ses sujets se résonna en elle toute la journée durant et son écho revint par soubresauts alors qu'elle se préparait à partir avec Gauvain et rejoindre Cendred sur les terres de Camelot.
« Ceci et un porte-loin. » Annonça Morgause en montrant une coupe dorée sur la table ronde alors que Morganne, Gwaine et deux chevaliers se trouvaient avec elle dans une des hautes tours de château.
« Il vous emmènera à Cendred. Là-bas tu marcheras en retrait des terres déjà conquise par mon fils pour venir prendre le trône qui te revient de droit au moment opportun. »
Morgana hocha de la tête et Gauvain, annonça le compte à rebours avant que tous ne pose une main sur le coupe. Tout se mit à basculer autour d'eux et il s'envolèrent dans les airs brusquement pour tournoyer à une vitesse telle qu'il était impossible de voir quoi que ce soit, toutes les couleurs, toutes les formes se mélangeaient dans une peinture floue et dénuée de sens. Morgane dut s'agripper sur la coupe ayant l'impression qu'elle allait partir valdinguer dans les décors. Elle serra les dents et ferma les yeux alors que son estomac se retournait sur lui-même.
Soudain son souffle se coupa alors qu'elle sentit son dos se heurter à quelque chose de dur. Elle ouvrit les yeux sur le ciel gris d'Albion.
Des tentes noires se dressaient tout autour d'elle par centaine. Elle vit le visage de son cousin dans le coin de son champs de vision, un rictus sur les lèvres alors qu'il lui tendait sa main pour l'aider. Elle la prit encore étourdie par les évènements.
Debout sur ses deux jambes elle put constater l'ampleur du camp de l'armée de Cendred et l'étendue verte de l'horizon devant elle. Camelot. Ses terres. Elle l'allait reconquérir son royaume.
A suivre...
Note de l'auteur:Bonjour à tous ! Je sais que ça fait longtemps que je n'avais pas publié, j'ai bien bossé cependant, si si, je vous assure. Figurez-vous, je suis tellement tombée amoureuse de cet univers assaisonné à ma façon de Merlin que j'ai décidé d'allonger la fiction, j'avais tellement d'idées et d'envies que je me suis alors dit : pourquoi pas faire plus de trois parties et plus de neuf chapitres et mettre ce à quoi je viens de penser? Alors j'ai amélioré mon brouillon et nous voilà avec une nouvelle table des matières : 6 parties – 18 chapitres. J'espère que ça vous plait. J'ai même des idées pour une future séquelle :p Pour ceux qui ce demande pour quoi des parties, je vous rappel que chaque chapitre est concentré sur l'un ou l'une des frères et soeurs et que le passage d'une partie à une autre signifie qu'on redémarre la boucle. Voili voilou!
