Warning : Violence, non-con/viol/incest, Crossover avec Harry Potter
Disclaimer : Les seuls personnages qui m'appartiennent sont Seigneur Johas Holdworth, Dame Kathereen Holdworth et leurs enfants Henry, Thomas, Malory, Lucy Holdworth. Ainsi que Erwin et Oris Serpentard, Gendric, Clamaens Oakenburgh l'Inébranlable et Elidas Merdoc. Je vous prie de ne pas utiliser mes personnages dans vos fictions. Tous les autres personnages sont issus du monde de Merlin par BBC et du monde Harry Potter par J.K Rowling
Partie 2
Secrets de famille
Chapitre 3
Le devoir d'un Prince
Arthur n'avait jamais paru autant à sa place qu'en ce jour d'Avril, assis comme il l'était sur le trône de Camelot dans le grand hall. En l'absence de son père partit aux frontières sudistes pour y celer l'alliance avec Nemeth et les fiançailles avec la Princesse Mithian, il régnait sur le royaume en tant qu'intendant. Ce n'était pas chose facile, mais il pouvait sentir la confiance que lui portaient ses sujets, une confiance qui manquait grandement au règne de son père. Alors que le dernier homme de la matinée venu pour une doléance quittait la pièce, son petit frère assis sur le plus petit trône à ses côtés, se leva pour s'étirer.
« Tu as réglé ce problème de grains avec brio. » déclara Merlin les joues rouges comme à son habitude avant de se rassoir sur le trône.
« Tu te préoccupe des petits gens. Tu feras un bon roi. » Ajouta-t-il un sourire pincé sur les lèvres, une étrange rancœur dans le ton de sa voix.
Arthur se leva observant ses yeux humides et posa une main sur la tête bouillante de son petit frère. De la fièvre. Rien d'étonnant avec Merlin. Mais inquiétant tout de même. Ils allaient manger et il enverrait Merlin au lit avant d'appeler Gaius pour s'occuper de lui. Merlin lui lança un regard surprit face au geste et Arthur secoua ses cheveux tendrement. Le jeune Pandragon fronça les sourcils mais un sourire ému se dessina sur son visage.
« Viens, allons manger dans ta chambre nous serrons plus tranquille et tu pourras te mettre au lit. Tu as de la fièvre. »
Merlin ne dit rien et laissa son grand frère prendre soin de lui. Il le suivit, eux-mêmes suivit par leur fidèles serviteurs, William et George. Alors qu'Arthur aidait Merlin à s'installer sur son siège parce que ses jambes s'étaient mises à trembler, George mit la table alors que William était partit chercher les assiettes en cuisine. Son petit frère balançait dangereusement sur son siège et Arthur lui attrapa doucement les épaules pour le placer sur le dossier.
« Ça va ? »
« Foutu bracelet. » Râlât Merlin en se grattant l'avant-bras. Arthur observa l'objet en question. L'origine de tous les malheurs de son frère.
« Quand je serais roi, tu n'auras plus à porter ça. » Annonça Arthur nonchalamment alors que William entrait avec les assiettes.
Une expression de surprise apparut sur le visage de Merlin pendant quelques secondes avant qu'il ne remercie William et n'entame son assiette.
« Je serais un hors-la-loi alors. Tu ne peux pas me laisser sans bracelet et demander au reste de la population magique de le porter. C'est injuste. Peut-être encore plus qu'aujourd'hui. Ce serait même hypocrite. 'Je suis contre la magie, mais pas celle de mon frère.' »
Arthur mangea silencieusement semblant réfléchir. Merlin claqua sa fourchette brusquement dans son assiette avant de tourner rapidement la tête en direction de son frère.
« Je suis désolé, Arthur mais, voilà. On n'en a jamais vraiment parlé. Mais est-ce que tu trouves ça juste ? Tu crois vraiment que la magie est un fléau ? »
Arthur ne répondit pas tout de suite semblant chercher la réponse dans le regard larmoyant de son frère.
« Parce que si c'est un fléau alors j'en fais partie et si vraiment il faut éradiquer toutes les créatures magiques nuisibles à nos terres alors j'en fais partie. Pourquoi est-ce qu'on ne m'exécute pas ? Pourquoi est-ce qu'on ne me tue pas ? »
Arthur posa sa fourchette pour attraper la main chaude de son frère. Merlin retira sa main aussitôt.
« Tu ne sais pas ce que ça fait que de voir tous ses gens mourir. De ce dire que je devrais être celui sur le bucher. De ce dire que je devrais faire quelque chose. De ce dire que je devrais faire quelque chose mais de ne pas en avoir la force physique. D'être captif dans sa propre maison. »
« Tu veux qu'on aille faire un tour en forêt ? Prendre l'air…»
Merlin éclata de rire.
« Tu es bête ou tu le fait exprès. » S'énerva-t-il après coup.
Arthur fronça les sourcils
« Merlin. » Reprocha-t-il.
« Oh non ! Oh non ! Tu n'as pas le droit ! Je t'interdis ! Tu n'as pas le droit de parler comme lui. »
Arthur ordonna à George d'aller chercher Gaius et demanda à William de mettre Merlin dans son lit.
« NE ME TOUCHE PAS ! » Cria Merlin le visage rouge à son servant.
Tous s'arrêtèrent de bouger alors que Merlin semblait avoir du mal à reprendre sa respiration.
« Tu es fiévreux Merlin, il faut te reposer. »
« J'en ai marre de me reposer ! »
Il se mit à trembler et cacha son visage derrière son avant-bras. Soudain un sanglot douloureux et profond s'échappa de derrière sa manche. William alla pour le prendre dans ses bras en lui chuchotant de se clamer que tout allait bien.
Arthur resta les bras ballants à observer William mettre son petit frère pleurant au lit. Et bien qu'il se dise que tout ce drame était causé par la fière. Arthur ne put s'empêcher de sentir que cette douleur atroce qui faisait trembler tout le petit corps de Merlin était bien réelle. C'était peut-être la première fois depuis longtemps qu'Arthur se rendit compte que Merlin n'avait peut-être pas était si dorloté que ça. Peut-être qu'il avait raison. Son père le séquestrait. Après tout quel autre mot pouvait désigner ce qui se passait dans ce château. Merlin ne voyait plus personne excepté la famille, il n'avait pas vu seul courtisant depuis des lustres, il ne venait plus à la cour, il était simplement consigné dans sa chambre. Le deuxième fils d'Uther en était devenu un mystère pour les courtisans et un mythe pour les populations éloignées.
Arthur vint caresser le front humide de Merlin alors que ce dernier continuait de sangloter. Gaius entra dans la pièce et se précipita au près du patient, il posa à son tour une main sur la tête du malade.
« La fièvre est dangereusement haute. Je vous prie de bien vouloir nous laisser seul un instant, Vôtre Altesse. »
Arthur hocha de la tête encore tout retourné par les paroles de son frère et quitta la chambre de ce dernier sans même avoir fini son assiette.
Chevalier Léon qui s'était précipité en entendant des cris dans la chambre princière arriva en courant dans le couloir.
« Que se passe-t-il, Vôtre Altesse ? »
Arthur attrapa son plus fidèle chevalier par l'épaule.
« Ecoutes, je vais te demander quelque chose qui risque de te paraitre étrange. »
Léon fronça les sourcils, il y avait quelque chose curieux dans le regard de son souverain. Comme de l'inquiétude, de l'incertitude mais aussi une force.
« Je te désigne protecteur de mon frère dès aujourd'hui. Tu le protège par tous les moyens et contre n'importe qui. Même de mon père.
De votre père, Sire ?
Il y quelque chose d'étrange qui se trame ici avec mon frère. Quelque chose de grave.
Comme quoi ?
Tu as déjà vu comment mon père peut être violant envers Merlin ? »
Léon se souvint de la nuit de l'incendie dans la chambre de Morgane. Uther avait poussé violement son fils à terre et l'avait consigné dans sa chambre menaçant quiconque lui ouvrirait.
Léon fronça les sourcils. Il était vrai que son Roi avait des réactions brusques voir hystériques.
« Vous pensez qu'il bat le jeune prince, Sire ? »
Arthur se pinça les lèvres semblant réfléchir. Il passa une main dans ses cheveux, et le connaissant bien, Léon put constater qu'Arthur était inquiet voir même honteux.
« Réfléchis Léon. Merlin est son plus jeune fils issue d'une relation avec la femme qu'il aimait plus que tout au monde, il aime Merlin plus que tout au monde, il ne pourrait jamais l'exécuter…
Alors pourquoi ?
Il représente tout ce qu'il déteste en ce monde. Il est magique. La magie est ce qui a tenté de prendre son amour.
Vous ne pensez vraiment pas que votre père… »
Arthur lança un regard sérieux à Léon.
« Je le crois capable de tout. »
Arthur croyait ce qu'il disait. Léon hocha de la tête.
« Je veux que tu restes auprès de mon frère, n'éveille pas ses soupçons, je ne veux pas qu'il croit être mis sous surveillance plus qu'il ne l'est. Cette mission c'est moi qui te l'ai ordonné, tu me feras tes rapports à moi et à moi seulement, c'est clair ? C'est moi qui déciderai si je dois informer mon père de quoique ce soit. »
Léon hocha de la tête de nouveau, comprenant. Ils se quittèrent sur ses paroles lourdes. Léon osa jeter un coup d'œil dans la chambre princière par la porte entrouverte. Gaius tentait vainement de calmer le jeune prince prit par ce qui semblait être une crise de panique. Il aurait voulu faire quelque chose pour aider mais il n'était pas médecin. Il resta à la porte, à surveiller l'état du jeune prince qui finit pas s'endormir grâce aux bons soins de Gaius.
Arthur retourna auprès de ses chevalier pour l'entrainement puis il dû passer la fin de l'après-midi que tard dans la nuit au conseil à parler batailles et armement. Bientôt, il partirait sur le champ de bataille pour aider ses bannerets à la frontière avec Essetir. Une fois que son père sera de retour et qu'il ne sera plus intendant.
« Une lettre vient d'arriver, Prince, Annonça Agravaine. De la part du Roi. » Son oncle lui donna la lettre.
Arthur prit la lettre et la lu avant de se rassoir à la table du conseil.
« Rodor accepte notre alliance. Il veut que la princesse Mathian et moi-même soyons mariés avant la fin du mois. Il ne veut pas mettre en danger la princesse. Je dois me déplacer pour le mariage et elle reviendra avec notre armée plus une partie des bannerets du Roi Rodor pour nous soutenir contre Cendred. Le gros de son armée restera pour garder les frontières au sud. »
Arthur referma la lettre les sourcils légèrement froncés. Son frère sera intendant pendant son absence. Il posa la lettre sur la table. Dans exactement trois jours il sera marié à une parfaite inconnue.
« C'est une bonne nouvelle. » Annonça Agravaine, un fin sourire sur les lèvres alors qu'il ouvrait une autre missive.
Arthur ne répondit pas. Son esprit était préoccupé par les yeux tendres d'une jeune servante qu'il aimait tant.
Il allait se coucher le cœur lourd tard dans la nuit quand il vit la porte de la chambre de Merlin ouverte. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur et put voir Léon endormit sur une chaise William somnolant au pied du lit et Merlin les yeux grands ouverts, un livre entre les mains et des cernes lui barrant le visage. Son petit frère leva le regard en apercevant sa silhouette dans l'embrasure de la porte.
« Tu ne dors pas ? » Demanda Arthur inquiet.
Depuis qu'Uther était parti et qu'il était devenu maitre de la maison, il s'était rendu compte de l'état de santé terrible dans lequel était son frère. Son frère était terriblement malade. Mais il était fort. Si Arthur n'avait eu ne serait-ce dix pourcent de la maladie de Merlin à supporter pour une semaine, il n'aurait jamais tenu. En tout cas pas comme son frère le faisait. Ce dernier continuait de suivre ses cours et de l'accompagner au repas et dans le hall. Arthur avait catégoriquement refusé que Merlin ne participe au conseil, il fallait qu'il dorme, qu'il se repose. Mais ce dernier n'avait pas l'air de vouloir obéir à son frère ainé.
Merlin secoua la tête, fatigué cependant.
« Je fais des cauchemars. »
Arthur vint s'assoir sur le bord du lit à côté de son frère.
« A propos de quoi ? »
Merlin regarda ailleurs et son épaule se leva légèrement comme si il chercher à se protéger. Il se mordit la lèvre avant de lâcher durement.
« Je ne m'en souviens plus. »
Arthur l'observa sous toutes les coutures mais se rendit vite compte qu'il n'était pas un grand détecteur de mensonge et qu'il ne pouvait rien lire sur le visage de Merlin qui l'aiderait à savoir ce qui pouvait bien se passer dans cette petite tête aux cheveux ébène.
Cela lui faisait mal de voir qu'ils n'avaient plus cette complicité de quand ils étaient petits. Tout avait changé à ses treize ans, quand il avait passé l'âge de maturité et qu'il avait dû endosser son rôle d'héritier. Ils ne se voyaient plus et son père était sens arrêt sur son dos à lui donner sans cesse des ordres et des obligations qui l'angoissaient. Arthur s'était éloigné de son frère, il était devenu sérieux, nerveux et envoyait le jeune Merlin baladé sans arrêt. Mais à l'époque ce n'était pas gênant pour Merlin quo ne s'en offusqué pas, il était un jeune garçon particulièrement vivant et optimiste, il se faisait des amis partout où il allait et il pouvait bien s'amuser sans son grand frère. A la mort d'Hunith, Merlin s'est renfermé sur lui-même et avec le bracelet, il était tout le temps fatigué, il ne jouait plus et passait la plus part de son temps dans sa chambre à lire. Et Arthur était resté sérieux et nerveux et n'avait jamais pris un peu de temps pour son frère.
« Je sais que je n'ai pas été le grand frère idéal, commença Arthur timidement en regardant ses chaussures. Mais sache que … » Il posa une main sur l'épaule de Merlin qui sursauta légèrement.
« Je t'aime. »
Merlin recroquevillé sur lui-même ferma un instant les yeux une grimace sur le visage.
« Tu es mon petit frère, je serais toujours là pour toi. Je veux que tu le saches. »
Merlin lui lança un regard de biais. Et Arthur en fut plus certain que jamais, Merlin avait peur. Assis comme cela, les bras l'entourant dans le coin de son lit, il ressemblait à un petit animal traqué.
« Tu peux tout me dire, Merlin. »
Le garçon se mit à secouer la tête.
« Je n'ai rien à te dire, Arthur. Je ne vois pas de quoi tu parles. » Arthur observa encore un instant son frère remarquant qu'un léger tremblement le prenait. Arthur lâcha un soupire et se leva pour venir baiser le front de son frère.
« Non, bien entendu. » Il lui secoua les cheveux.
« Essaie de dormir. »
Avant de fermer la porte, Arthur remarqua que son frère lui avait obéit et avait éteint sa bougie. C'est avec une douce chaleur dans la poitrine parce qu'il avait rempli son devoir de frère qu'il allait se coucher ce soir-là.
En entrant dans sa chambre, il n'alla pas à la fenêtre pour observer comme à l'accoutumé mais parti se coucher directement. Guenièvre non loin de là qui avait pour habitude de venir chercher de l'eau au puit le soir après avoir rendu ses derniers services au château sentit une pointe d'inquiétude en ne voyant pas le prince à sa fenêtre. Elle ramassa son sceau et rentra chez elle les pieds trainants quelque peu et ses yeux se baladant d'avant en arrière, regardant par instant devant elle et par autre à la fenêtre du prince Arthur.
Le lendemain, Arthur envoya son serviteur préparer ses affaires pour son voyage, il ordonna plusieurs chevaliers de se préparer et à Sir Agravaine de préparer les trois bannerets et leurs hommes qui partiraient avec lui. En tout deux mille hommes des alentours partiraient avec lui au sud pour chercher la fiancée du prince et le Roi de Camelot aux frontières du Sud. Le reste des forces de Camelot, 8 mille hommes, seront divisées. La moitié partira à la rencontre des autres bannerets dans le Nord pour les soutenir contre l'armée de Cendred. L'autre moitié restera à Camelot pour protéger la citée.
Son frère aidé d'Agravaine, de Gaius et de Léon, ses plus loyaux conseillers gouvernera Camelot en son absence et celle de son père.
Arthur était confiant. Il savait que son frère était capable de gouverner. C'était un bon garçon, plein de bon sens et possédant une grande force de caractère. Non ce n'était pas le fait de laisser Camelot aux mains de son jeune frère qu'il redoutait aujourd'hui. Ce qu'il redoutait en courant dans les couloirs du château une heure avant le départ était les beaux yeux d'une servante.
Il aperçut Guenièvre dans un couloir un pot de fleurs entre les mains semblant se disputer avec le serviteur de Merlin.
« Je ne t'évite pas, William. Je suis préoccupée en ce moment c'est tout… Et puis avec Dame Morgane partie, je dois travailler plus pour subvenir au besoin de mon père… Tu sais bien qu'il est malade. »
Arthur se retourna et fit face à une fenêtre. Son cœur battait à la chamade et une boule s'était coincé dans sa gorge.
« Je suis désolé, Guenièvre… C'est juste que… je dois te parler. C'est très important… »
Arthur prit une grande inspiration et se détourna de la fenêtre pour marcher à grands pas à leur rencontre.
« Guenièvre ! »
La jeune fille sursauta et manqua de lâcher le vase. Leurs regards se croisèrent et la servante resserra son étreinte sur le vase.
« Excuses-moi, William… Nous parlerons, promis… Juste… Pas aujourd'hui… »
Voyant les yeux humides de la servante et la tension dans les épaules du prince, il hocha de la tête et les laissa seuls mais pas sans laisser paraitre une expression d'agacement sur son visage.
Arthur ne daigna pas quitter des yeux sa bien-aimée et vint la prendre par les épaules pour l'entrainer dans la première pièce venue. Une chambre d'invité.
« Arthur… » Souffla Guenièvre. Se yeux pleins d'amour.
Le prince ne put se retenir et l'embrassa fougueusement. Le vase tomba à terre et Guenièvre passa les bras au cou de son amour. Arthur l'enlaça fortement la rapprochant encore plus de lui. Il la guida vers le lit et quitta ses lèvres douces pour l'inciter à s'assoir avec lui.
« Guenièvre… » Elle s'assit sans quitter des yeux son prince.
« Je dois partir dans une heure. Je suis désolé, Guenièvre. Je ne veux pas que tu m'attendes, comme nous nous l'étions promis… Je veux que tu sois heureuse. » Dit-il en lui caressant le visage, nerveux et pressé de lui dire ce qu'il pensait devoir lui dire.
« Arthur… Sil-te-plais… Ne l'épouse pas… »
Arthur passa un doigt sur ses lèvres en fronçant les sourcils.
« Ne me demande pas ça… Tu sais que je ne peux pas. »
La servante détourna le visage une grimace de tristesse et de douleur sur le visage.
« Ne réagis pas comme ça, Guenièvre. Tu savais que ça arriverais tôt ou tard. Remarqua Arthur un peu plus froidement ne voulant pas avoir à faire aux pleurs de la jeune fille.
Je vous attendrai, c'est ce que je vous ai dit. » Lâcha-t-elle dans un gémissement.
Arthur sentit un pincement au cœur au vouvoiement employé. Elle prenait ses distances. C'était pour le mieux. Ils ne pouvaient pas continuer ainsi. Ce n'était pas possible.
« Le futur du royaume passe avant mon cœur. » Il voulait qu'elle comprenne qu'il l'aimait, qu'il ne voulait pas non-plus de ce mariage, que ce n'était pas parce qu'il ne l'aimait pas, bien au contraire.
« C'est votre père qui parle. » Remarqua-t-elle avec rancœur, les larmes aux yeux. Elle posa une main sur celle d'Arthur avant de le regarder dans les yeux.
« Regardez ce qu'un Roi est capable de faire quand il a oublié son cœur… Quand Dame Hunith était encore là… »
Arthur fronça les sourcils. Il sentit un agacement soudain l'envahir face l'entêtement de la jeune roturière. Evidemment, elle ne pouvait pas comprendre. On lui avait appris que le mariage c'était pour l'amour, Arthur, lui on lui avait appris que le mariage c'était pour les alliances. Il s'en voulait de lui avoir fait croire que quoique ce soit était possible entre eux et il lui en voulait qu'elle lui ait fait croire que quoique ce soit était possible entre eux.
« Nous n'aurions jamais dû s'imaginer aller quelque part avec cette histoire. La guerre est là, elle est réelle. Il nous faut des alliés. »
Guenièvre se leva d'un coup du lit, les yeux toujours aussi humides, la voix criarde.
« Et nous ? Ce qu'on ressent quand nous sommes l'un avec l'autre, ce n'est pas réel peut-être ? » Sa voix chavira à la fin de son exclamation avant que des larmes de coulent sur ses douce joues rebondies.
Arthur se leva et fin l'enlacer tendrement et laisser un baiser sur sa tempe.
Guenièvre tenta le tout pour le tout et le prit par le visage et l'embrassa. Arthur adorait ses lèvres. Il adorait son odeur et pendant un instant, il n'y avait plus qu'eux dans le monde. Ils restèrent un instant front contre front leurs regards tristes ne se quittant pas.
« Demain tu te maris mais aujourd'hui est encore à moi. » Lui dit-elle un fin sourire sur les lèvres.
Une chaleur et une tristesse poignantes s'installèrent dans sa poitrine alors que leurs lèvres se retrouvèrent de nouveau. Leurs mains se baladèrent tendrement et douloureusement sur leur corps à la recherche des pièces de leurs cœurs brisés. Et pris du feu torride qui possède les jeunes amants, leurs vêtements tombèrent à terre et ils se retrouvèrent dans le lit à partager leur passion l'un pour l'autre.
Arthur baisa son cou avec amour alors que la jeune servante se cambrait légèrement, sa poitrine rebondie venant à sa rencontre. Il la prépara en prenant soin d'elle et ils échangèrent un nouveau baisé. Elle lâcha une plainte douce et langoureuse entre leurs lèvres. Arthur mordilla avec délicatesse sa lèvre inférieure. Il se plaça entre ses cuisses halées pour la pénétrer tout en surveillant son visage, veillant à ne lui faire aucun mal.
Elle s'accrocha à ses épaules en fermant les yeux un instant, savourant cet instant durant lequel elle ne faisait qu'un avec son amour. Elle se redressa pour venir le prendre par la nuque. Il se baissa pour l'embrasser. Il commença par des mouvements lents.
Mais il fut vite pris par le désir. Et comme les jeunes amants qu'ils étaient-ils s'emballèrent et eurent fini bien trop tôt. Arthur arriva à sa fin bien avant la jeune servante mais cette dernière était concentrée sur le front de son amant où des mèches blondes s'étaient placardées par la sueur. Avec son doigt fin elle vint les détacher de son visage.
Les deux mains de chaque côté de sa tête, ses hanches toujours entre ses cuisses, Arthur observa la belle jeune fille en dessous de lui, les cheveux éparpillés sur les coussins soyeux, les rayons du soleil passant par la fenêtre caressant sa peau sombre. Elle était magnifique.
Les sourcils froncés de peine, il l'embrassa de nouveau.
« Je t'aime, Arthur. Je t'ai toujours aimé. »
Le prince ne sut quoi répondre alors il l'embrassa de nouveau, son cœur se brisant encore plus. Ils restèrent le reste de l'heure à deux se prélassant dans le lit. Arthur s'était levé pour fermer la porte à clé s'assurant que personne n'entrerait.
Guenièvre s'était allongée sur le torse de son amant. Et ils ne s'adressèrent pas la parole. Aucun mot ne pouvait être ajouté à ce qui avait déjà était dit, ils leur faillaient profiter pleinement de la présence de l'autre à leurs côtés et oublier le départ d'Arthur. Mais quand l'heure vint, ils durent se séparer.
Tristes et gênés, ils se rhabillèrent silencieusement. Et Alors que Guenièvre regardait sans le voir le vase brisé à terre, ses cheveux détachés et ondulant sur ses belles épaules halées, Arthur quitta la pièce sans un regard pour elle, refermant la lourde porte derrière lui. Il resta un instant perdu dans le couloir à ne pas trop savoir quoi faire.
Il n'avait jamais ressenti ça pour qui conque. Il avait toujours cru qu'un jour Guenièvre et lui finiraient ensemble. C'était la femme de sa vie, il le savait. Il l'aimait temps. Elle l'aimait temps. Comment en aurait-il pu en être autrement ?
C'est Sir Agravaine qui vint le chercher prestement. Il était en retard. Il alla dans la cours où ses plus fidèles chevaliers l'attendaient et son petit frère accompagné de son fidèle servant et de Léon.
Il vint prendre Merlin par l'épaule la gorge encore nouée par ses adieux avec Guenièvre. Il ne lui dit rien de plus et serra légèrement sa poigne sur la petite épaule. Merlin, tout comme Arthur, était gêné et ne savait pas quoi dire.
« Je prendrais soin du royaume… Commença-t-il. Je te rendrai fier…
J'en suis certain. » Sourit Arthur.
Il hésita un instant. Quelque chose lui disait de ne pas laisser Merlin seul au château. Mais Merlin était un grand garçon. A quatorze, il était tout à fait capable de prendre soin du château durant son absence. Il ne sera pas long, il épousera la Princesse Mithian aussitôt qu'il aura mis un pied au campement et reviendra aussi vite. C'était l'affaire de quelque jours tout au plus.
Arthur fit un signe de tête au chevalier Léon qui lui répondit comprenant qu'il devait prendre soin du jeune prince. Arthur relâcha son emprise sur Merlin et descendit les marches pour rejoindre son destrier.
Avant de donner l'ordre de partir, il chercha le visage de Guenièvre parmi les serviteurs qui disaient au revoir au prince héritier. Elle n'était pas venue.
Il donna un coup à son cheval et le convoi se mit en marche.
Il leur fallut deux jours pour rejoindre le campement du roi Rodor à la frontière avec Nemeth. Le drapeau vert décoré du taureau de Nemeth se mélangeait avec ceux de ses nombreux bannerets. Et l'arrivée du convoi au drapeau rouge ne passa pas inaperçu parmi les tentes tristes en couleur. Quelqu'un sonna d'un instrument à vent et Arthur s'arrêta de galoper devant la tente de commandement.
Il descendit de son cheval et deux gardes lui ouvrir le passage. Il entra dans la tente et tomba sur le roi Rodor, les grands seigneurs de Nemeth et son père autour d'une table.
« Ah Arthur ! Tu es arrivé ! » S'exclama Uther.
« Nous allons pouvoir organiser le mariage ! » Déclara-t-il en se levant pour prendre son fils par l'épaule. Le Roi Rodor se leva dans toute sa splendeur un fin sourire sur les lèvres.
« Allons, Uther, pas d'empressement. Prince Arthur vient seulement d'arriver de son voyage. Sans compter qu'il faut laisser ma fille se préparer pour le mariage. Vous connaissez les femmes ! »
Toute la petite assemblée se mit à rire et le Roi Rodor vint serrer la main de son futur gendre.
« Ce soir nous dinerons ensemble. » Annonça-t-il.
Arthur passa le début de l'après-midi autour de la table avec les deux souverains et les seigneurs à se mettre à jour sur les batailles, les pertes et les avancées et à mettre en place de nouvelles stratégies. On lui laissa deux heures dans l'après-midi pour lui, afin qu'il aille se reposer avant de venir diner. Bien qu'il fût inquiet de rencontrer sa promise, il trouva le sommeil poussé par la fatigue du long voyage.
Il fut réveillé une demi-heure avant le repas par son fidèle serviteur, le pointilleux George, qu'il emmenait partout, et d'autant plus à son mariage bien que ce fut sur un champ de bataille.
Une fois habillé, il se dirigea vers la tente royale où aurait lieu le repas. Son père était déjà avec le Roi Rodor et il put voir une jeune femme de dos qui parlait avec eux.
A son entrée, elle se retourna et il put admirer un joli minois qui lui sourit timidement.
Elle lui fit une petite révérence à son approche et comme le voulais la traditionnelle courtoisie, il lui prit la main pour la baiser. Elle avait le visage pâle des dames de hauts rangs, de jolies crolles sombres qui encadraient son visage et de beaux yeux noisette pétillants à la lumière des bougies. Son visage reflétait sa grande lignée de seigneurs, elle avait le menton fin et légèrement levé, les sourcils parfaitement dessinés et le profil des grandes dames. Il n'y avait aucun doute là-dessus. Mithian était une future reine.
« Prince Arthur.
Princesse Mithian. Heureux de vous rencontrer
De même. Vous êtes plus bel homme que ce que j'ai entendu dire.»
Surpris par le compliment et quelque peu gêné, Arthur ne sut quoi dire et de manière très éloquente il hésita :
« Euh… Mmm… »
Pour le soulager de devoir répondre, la princesse sourit narquoisement et répondit :
« Allons-nous rester debout toute la soirée ? » Elle retira sa main de celle d'Arthur.
« Oh, excusez-moi. » Balbutia Arthur avant de l'aider à s'assoir pour manger.
Les deux alliés s'installèrent l'un en face de l'autre et les deux fiancés l'un à côté de l'autre. Arthur se plut à observer sa future femme. Elle portait une magnifique robe dorée digne d'une princesse et son élégant bustier laissé paraitre une petite poitrine pâle. Elle était très jolie. Et Arthur se rendit compte qu'il aurait été très heureux s'il n'avait pas connu Guenièvre avant. Une boule revint s'installer dans sa gorge et il resserra son étreinte sur le gobelet qu'il avait en main.
« A votre union ! » Annonça le Roi Rodor en levant son verre. Et tous portèrent un toast à leur mariage. Princesse Mithian lui lança un sourire radieux et Arthur s'en voulu d'en aimer une autre.
Ils passèrent une soirée des plus agréables, aussi agréable qu'elle pouvait l'être en compagnie du Roi Fou. A plusieurs reprises, Uther cria des injures en parlant de ses ennemis ou encore des sorciers. Il alla même jusqu'à insulter sa propre fille de catin pour avoir rejoint Cendred. Arthur était terriblement honteux de voir son père agir de la sorte devant sa promise et tenta en vain de se cacher derrière son gobelet. Mithian posa une main sur la sienne et lui fit un tendre sourire tentant de le réconforter. Arthur lui répondit, peiné.
Ils se séparèrent devant la tente. Arthur baisa la main de sa fiancée et reparti avec son père. Après s'être assuré que ce dernier était bien couché, il alla se coucher à son tour. Cette fois-ci il ne trouva pas le sommeil, trop préoccupé par le mariage qui aurait lieu le lendemain.
Le lendemain George était encore plus pointilleux méticuleux que d'habitude et n'arrêter pas de vérifier les plis de la tenue d'Arthur. Le prince posa une main sur l'épaule de son serviteur.
« George, ce n'est pas toi qui te marie que je sache… » Remarqua Arthur un petit sourire moqueur sur les lèvres. George rougit mais continua de déplier un pli inexistant sur la chemise son prince et Artur leva les yeux au ciel.
Il rejoignit l'assemblée et alla se mettre à la place du marié. Son père à quelques pas de lui sourit avec fierté mais Arthur ne se sentit pas d'humeur à lui répondre. Au bout de l'allée de soldats, le Roi Rodor tenait sa fille par le bras. Une fois que George s'était assuré que la robe de la mariée était bien placée, le père et la fille commencèrent à descendre l'allée.
Dans la lumière d'une fin de matinée printanière, Arthur ne put s'empêcher de remarquer que sa mariée était splendide dans sa robe crème ses cheveux couverts d'un court voile en dentelle. Elle rejoignit son fiancé et le Roi Rodor s'éloigna. Mithian sourit à Arthur qui se sentit obliger de lui répondre avant de se tourner vers le grand prêtre de Nemeth.
Et c'est au milieu d'un campement armé jusqu'aux dents à quelques kilomètres de l'armée ennemie qu'Arthur Pendragon se maria à Mithian de Nemeth.
Selon la coutume, le grand prêtre unit leurs poignet d'un ruban et Arthur et Mithian entrecroisèrent leur doigts avant de se retourner l'un face à l'autre et de finaliser leur union sacrée par un chaste baiser.
Arthur les sourcils froncés, se sentit coupable d'apprécier les lèvres roses de la jeune fille.
Uther lança un regard à son premier fils, fier de lui. Arthur remplissait son devoir pour le royaume.
Le prince en question sentit un pincement puissant lui percer le cœur alors qu'il réalisait soudain, que son histoire avec Guenièvre devrait rester un secret pour toujours. Et peut-être même que cette histoire se transformerait en un souvenir lointain et intouchable auquel il n'aurait jamais plus accès. Et un jour ce souvenir, deviendra un rêve. Un rêve impossible, dans lequel, il ne se maria jamais à Mithian et à la place de la Princess de Nemeth se trouvait une jeune femme à la peau halée et aux yeux plein d'amour.
Les mariés regardèrent dans les yeux avant de se tourner vers les soldats assistants à l'union qui applaudissaient. Arthur jeta un coup d'œil à sa jolie femme qui saluait la foule comme-ci elle était née pour faire ça. Elle le remarqua.
Et Mithian Pendragon lui sourit.
A suivre...
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Cela fait un bout de temps que je n'ai pas publié, mais c'est parce que j'étais en période d'exam, j'ai encore un oral d'admission Vendredi (souhaitez-moi bonne chance !). Mais voilà, ce chapitre est fini et j'ai déjà commencé le prochain, donc je publie. J'espère que vous l'apprécierez bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'action.
