Ginny avait l'impression de tourner en rond. Elle ne supportait pas cela. Des fois elle se demandait si sa quête avait vraiment un sens, au final. Et s'ils étaient tous condamnés ? Et si elle ne trouvait rien ? S'ils mourraient tous ?

Évidemment, dans ce cas, plus rien n'aurait d'importance puisqu'ils seraient tous dans un autre monde, bien moins cruel. Mais ce n'était pas le cas, alors, il fallait continuer de se battre. Non pas seulement pour sa vie mais aussi pour celle des autres. Pour celle de ses amis, de sa famille.

Pour celle des survivants.

Alors elle continuait de toquer de porte en porte, répétait le même discours dépourvus de sens aux yeux de certains. Continuait de mendier pour trois bouts de pains et une bouteille d'eau. Mais elle ne baissait pas les bras. La faiblesse la répugnait, la dégoûtait.

Mais il vint un jour où Ginny eut de la chance et toqua à la bonne porte. Il suffit d'une seconde, un sourire et elle se sentit planer complètement dans ce monde qui menait à la victoire.

« Bonjours je …

-Je sais ce que vous cherchez. »L'interrompit une voix d'homme.

Ginny fronça les sourcils et releva la tête vers la personne qui venait de lui ouvrir la porte de sa chaumière. C'était un homme robuste, aux cheveux crasseux bonds, mi-longs qui lui tombaient sur ses épaules. Il avait ce visage qui émanait à la fois de la violence et de l'amusement. Un visage d'homme qui venait de se vider trois bouteilles de bière-au-beurre.

« Je... Pardon ?

-Je sais ce que tu cherches, ma poupée.

-Ah bon ?

-Tu cherches les descendants c'est ça ? »

La jolie rouquine sursauta et écarquilla les yeux. Jamais personne ne lui avait répondu de cette manière. C'est à peine si les gens comprenaient ce qu'elle cherchait, habituellement.

« Comment vous … ?

-Je suis devin. » Il explosa se rire et but plusieurs gorgée d'une bouteille à l'odeur suspecte qu'il tenait dans sa main droite.

« Vous êtes soul.

-Non, tu sais ce qu'on dit, poupée, je suis pas soul, je répare mes blessures internes.

-Ce n'est pas bon pour la santé.

-Vivre n'est pas bon pour la santé.

-Pas faux. »

Un silence s'installa durant lequel la jeune Weasley fixait intensément l'homme, cherchant à savoir s'il lui mentait ou non. Il semblait différent. Déjà, il arborait un physique européen, ce qui était rare dans la région où ils se trouvaient. Puis il avait l'air de savoir énormément de choses.

« Vous pouvez m'aider ? Demanda-t-elle, pleine d'espoir.

-Je peux... Je peux... Mais je ne suis pas sûr de vouloir, maugréa-t-il.

-Pourquoi ?

-Parce que, vois-tu, ma chérie, chaque seconde de ma triste existence est rythmée par cette douleur que tu ne peux comprendre.

-Pourquoi je ne pourrais pas comprendre ?

-Parce que tu ne l'endures pas ! » Il était soudainement agressif et menaçant. Elle recula, apeurée et il explosa de rire, amusée de voir la peur qu'il inspirait à la jeune femme.

« Alors comme ça, tu t'es mise à la recherche des descendants ma chérie ? Mais qu'est ce qui a bien pu se passer dans ta petite tête de rousse ?

-Comment ça ?

-Ils pourraient remplir un asile à eux tous ! » Il marqua une pause et rit de plus belle, comme si tout ça était évident et idiot à ses yeux. « Un très grand asile, même, entre la sociopathe des neiges, le schizophrène du vent et la dépressive de la douleur ! » Il repartit dans ses délires, hilare.

Ginny perdit tout sourire. Les descendants étaient-ils fous ?

« Et oui, poupée... Ta quête risque d'être courte si tu tentes d'en approcher un …

-Et vous qui êtes vous ? »

Il sourit de toutes ses dents jaunies par l'alcool et lui tendit la main, qu'elle se refusa de serrer en grimaçant puis il annonça : « Je suis Roland Volonta.

-Moi c'est Ginny Weasley.

-Oh... Une Weasley...

-Vous connaissez ma famille ?! s'étonna-t-elle.

-Connaître est un bien grand mot... Disons que j'en ai entendu parler..

-Oh... Vous êtes un descendant ? »

Il repris une gorgée du liquide douteux et soupira avec toute la tristesse du mot : « Un des fiers descendants de Serdaigle. Ah elle serait contente, hein, mamie Rowena de nous voir comme ça ! » Il leva un poing au ciel, presque énervé sur le moment puis se calma et fixa à nouveau celle qui lui faisait face.

« Vous, vous n'êtes pas fou, fit-elle remarquer.

-Disons... Qu'à coté des autres... Je suis à peu près équilibré.

-Vous devriez arrêter de boire.

-Arrêter ? Pourquoi ?

-Parce que vous avez une lignée extraordinaire et vous pourriez faire des choses magnifiques...

-Des choses magnifiques... Des choses magnifiques... marmonna-t-il. »

Il posa sa bouteille et tendit le bras vers un majestueux arbre planté au milieu de son jardin. Doucement, l'arbre sembla fondre littéralement puis explosa, recouvrant la cour d'un liquide visqueux et peu appétissant en première vue.

« Comment .. ?!

-Ma jolie, est-ce que tu as déjà entendu parlé de la malédiction de Salazar ? »