Warning : Violence, non-con/viol/incest, Crossover avec Harry Potter
Disclaimer : Les seuls personnages qui m'appartiennent sont Seigneur Johas Holdworth, Dame Kathereen Holdworth et leurs enfants Henry, Thomas, Malory, Lucy Holdworth. Ainsi que Erwin et Oris Serpentard, Gendric, Clamaens Oakenburgh l'Inébranlable etElidas Merdoc. Je vous prie de ne pas utiliser mes personnages dans vos fictions. Tous les autres personnages sont issus du monde de Merlin par BBC et du monde Harry Potter par J.K Rowling.
Précédemment dans Les enfants du Roi Fou Partie 2 : Secrets de famille
Lors d'une forte fièvre Merlin entend une voix l'appeler, terriblement malade et déboussolé, il demande à William de dormir dans l'antichambre pour être près de lui. Dans la nuit, le Roi Uther vient rendre visite à Merlin et William découvre ce qui se passe entre le Roi et Merlin depuis plusieurs mois.
La nuit suivante, William et Merlin suive la voix qui appelle ce dernier jusque dans les grottes sous le château. Ils rencontrent Kilgharrah, un dragon enfermé depuis deux ans sous le château. Merlin apprend alors qu'Uther n'est pas son père et que son vrai père est Balinor, un seigneur de dragon et frère de Kilgharrah. Balinor est le « sorcier » qui a tenté d'enlever Merlin et Hunith, il y a deux ans à dos de dragon. Il a été exécuté par Uther et Kilgarrah a été fait prisonnier.
Kilgarrah fait part à Merlin d'une prophétie qui prédit qu'Arthur est le Roi Présent et Avenir qui unifiera Albion et que Merlin est le magicien qui l'aidera à accomplir cet exploit et à libérer la magie. Merlin est sceptique et ne croit pas qu'Arthur libèrera la magie un jour. Merlin confie à Kilgarrah ce qu'Uther lui fait. Il le supplie de l'emmener loin d'ici. Kilgarrah promet de l'emmener s'il brise ses chaines.
Morgane est à Essetir et étudie la magie. Elle discute avec sa Tante Morgause qui s'avère être une grande manipulatrice mais Morgane n'est pas dupe et se méfie. Morgause est certaine que le Roi Présent et Avenir est son fils Cendred et que le magicien qui doit l'aider à unifier/conquérir Albion est Mordred.
Morgane souffre toujours de visions et son professeur et Sorcier de la cours d'Essetir, Ruadan décide de lui enseigner l'occlumancie et la legimentie. Une nuit elle reçoit une vision étrange et effrayante d'Uther et Merlin. Elle découvre que Merlin souffre de la main d'Uther et cela peut-être depuis très longtemps.
Des réfugiés magiques de Camelot arrivent à Essetir, parmi eux Godrick et Salazar, aidé de Morgause, Morgane devient un symbole d'espoir pour ce peuple opprimé et d'un futur meilleur à Camelot. Morgane rejoint alors Cendred pour envahir Camelot à ses côtés, bien décidée à libérer son peuple et Merlin du joug de son père.
Arthur règne en tant qu'intendant pendant l'absence de son père et semble découvrir l'état de santé de Merlin, ceci éveille en lui un sentiment fraternel qui était longtemps resté enfouie en lui à l'encontre de Merlin. Il remarque alors la peur qui semble habiter son frère et demande à Léon son plus fidèle chevalier de garder un œil sur le plus jeune prince.
Avant de partir pour se marier à la Princesse Mithian à la frontière avec Nemeth, il fait ses adieux à Guenièvre en lui faisant l'amour.
Il arrive au campement de Rodor et se marie à Mithian qui est très jolie mais dont Arthur n'est décidément pas amoureux.
Partie 3
La Survie
Chapitre 1
Fuir.
« Il n'y aura jamais meilleur moment pour partir, Merlin. » Tonna la voix fracassante de William dans sa tête douloureuse.
Merlin posa une main sur son front pour le masser. Il était terriblement fatigué. Plus que d'habitude tout du moins. Il avait passé la semaine précédente à diriger les conseils et à entendre les doléances de la population et en plus de cela il avait eu une très forte fièvre trois jours de cela dont il ne s'était toujours pas remis.
« Est-ce que tu as pu parler à Guenièvre ? » Demanda le prince de sa faible voix.
William secoua la tête en l'aidant à se déshabiller.
« Non, elle est introuvable. Elle n'est pas venue travailler depuis le départ d'Arthur et son frère dit de la laisser tranquille, qu'elle s'occupe de leur père. Il est gravement malade. »
- C'est si grave que ça ? »
William ferma les yeux et ses épaules s'affaissèrent.
« Gaius dit qu'il ne lui reste que quelque semaines… »
Merlin fit une grimace. Il était terriblement gêné de demander de l'aide à Guenièvre alors qu'elle avait tant de problèmes. Elle n'avait pas besoin qu'il y ajoute les siens.
Il leva les bras en l'air pour que William lui enfile sa chemise de nuit. Quand sa petite tête fut sortie du tissu, il se retrouva face à son servant nez à nez. Ils s'observèrent longtemps ainsi écoutant simplement la respiration de l'autre.
« Je ne t'ai jamais remercié… » Avoua Merlin en posant le regard sur les lèvres de son ami.
« Tu as toujours était là pour moi… »
William lui sourit tendrement.
« Ah… Pourquoi sont faits les amis à ton avis ? » Il lui replaça les cheveux avec douceur une chaleur envahissant sa poitrine.
Merlin lui attrapa le poignet et le força à baisser le bras.
Il se mit sur la pointe des pieds et déposa un chaste baisé sur les lèvres de son servant.
William sursauta surpris et recula d'un pas.
Devant la réaction de son servant, Merlin sentit ses yeux s'humidifier.
« Pardon… Je n'aurais pas dû… » Sa respiration se bloqua dans sa gorge et des larmes perlèrent sur ses joues.
William attrapa le jeune prince par les épaules et l'enlaça.
« Shhh… Shhh… Ce n'est rien… »
Quand Merlin fut pris de sanglots, William le sera encore plus fort en fermant les yeux de douleur pour son ami. Merlin ne savait plus comment exprimer son affection. Une colère destructrice l'envahit à l'idée qu'Uther avait détruit son fils.
Il s'écarta du jeune prince et lui prit le visage entre les mains.
« Je ne t'aime pas de cette façon, Merlin. Tu le sais… Tu es comme un frère pour moi. »
Merlin hocha de la tête sachant pertinemment que William aimait Mary plus que tout. Il lui sourit entre ses larmes. « Je suis désolé… Je ne sais pas ce qui m'a pris… »
William le serra de nouveau dans ses bras. « Tout va bien, Merlin. Je vais parler à Guenièvre, demain. Pas après-demain, pas la semaine prochaine. Demain. On va te sortir de là. »
Quelqu'un toqua à la porte. Merlin souffla exténué ne voulant pas retourner faire son devoir d'intendant.
William ouvrit la porte sur Léon.
« Nous avons besoin de votre jugement prince. »
Merlin fronça les sourcils et croisa les bras pour s'étreindre.
« Cela ne peut pas attendre demain, je suis sur le point de me coucher ?
- C'est que c'est une accusation de sorcellerie, votre altesse. »
William se retourna vers son prince, les yeux écarquillés, terriblement inquiet. Merlin saura-t-il le faire ?
En entendant le mot sorcellerie Merlin se mordit la joue et se rappela de la pauvre famille Holdworth.
« Parfait, je passerais mon jugement ce soir. William rhabilles moi. »
Il lui tendit ses bras et son serviteur se mit au travail, le prince Merlin fut rhabillé en moins de deux. Accompagné du chevalier Léon et de William, il descendit les longs couloirs de Camelot prestement. Avant même d'entrer dans la salle du trône où sera passé le jugement l'oncle d'Arthur, Sir Agravaine qui semblait l'attendre à l'entrée s'approcha de lui. Il sembla hésiter un moment. Sir Agravaine ne avait jamais adressé la parole, ils n'étaient pas de la même famille. Et il était seulement le second fils illégitime d'Uther. Agravaine semblait un peu troublé par la situation.
« Votre Altesse… » Il hésita et Merlin lui lança un regard pétillant espérant que l'oncle d'Arthur et de Morgane, frère de la Reine Sorcière Morgause mais aussi fidèle à Camelot trouverait les mots pour le conseiller. Il fut déçu de voir dans le regard de Sir Agravaine un doute certain. L'oncle d'Arthur semblait chercher quelque chose chez le garçon qu'il ne pouvait voir.
« L'homme a été vu usant da la magie pour faire sortir sa fille tombée dans un puit. » Annonça-t-il alors au prince pour qu'il soit au courant de la situation.
Merlin hocha de la tête et resserra son étreinte sur lui-même. Alors que Léon allait ouvrit la porte de la salle du trône. William lui attrapa le poignet et Agravaine agrippa le pommeau de son épée en voyant l'action. Léon lui lança un regard lui intimant de laisser faire.
« Merlin… » William lança un regard aux nobles présents autour d'eux.
« Votre Altesse. N'oubliez pas qui vous êtes.
- Jamais. » Lui répondit Merlin le regard dur.
Le chevalier Léon ouvrit la porte à son prince suivit de lui-même et de Sir Agravaine avant que William de referme la porte et ne les suivent.
Il n'y avait pas grand monde dans la grande salle à cette heure-ci. Seuls quelques chevaliers, gardes, conseillers du roi, Gaius et le prisonnier et sa fille et une femme au centre de la pièce.
Un chevalier tenait la petite fille par le bras la secouant brutalement.
« Dis-nous. Dis-nous que tu as vu ton père utiliser de la magie ! »
Le père en question hurlait qu'on laisse sa fille tranquille mais se garder de faire ses confessions. La petite fille de quatre ans au moins pleurait mais garder la bouche délibérément fermée voulant protéger son père.
Merlin choqué par la violence du chevalier qui lui rappelait celle d'Uther s'arrêta à la hauteur de ce remue-ménage plutôt que de marcher jusqu'au trône.
« Lâchez immédiatement la petite, Sir Kareth. » Ordonna Merlin.
Sa voix était lourde, celle d'un monarque, une voix que la plus part dans cette pièce ne lui connaissait pas. William lança un regard à Gaius qui lui répondit d'un hochement de tête. Il connaissait bien Merlin, tout irait bien.
Le chevalier surprit obéit à l'ordre de son souverain et lâcha la petite qui en profita pour accourir auprès de son père. Merlin remarqua le maudit bracelet au tour des mains du père mais aussi de l'enfant, les chevaliers avaient pris leur précaution.
« Que s'est-il passé ? » Demanda Merlin sombrement.
Une femme cachait derrière l'imposante musculature d'un chevalier s'approcha pour parler.
« J'ai vu cette homme faire de la magie, mon bon prince. » Elle fit ce qu'elle crut être une révérence plutôt convenable et Merlin lui répondit avec un haussement de sourcils.
« Et ? Qu'a-t-il fait ? »
La femme pâlit fasse à la nonchalance du prince surprit de devoir donner plus d'information que ce qui était demander d'habitude.
« La gamine était près de l'eau avec son cousin, je crois, et ils se sont chamailler, il l'a poussé alors qu'elle s'était mise sur le puit pour être grande comme lui et elle est tombée. Le gamin a couru chercher monsieur là que vous voyez et il a fait sortir la gamine du puit en la faisant voler. »
Merlin hocha de la tête.
« Je comprends, oui, mais j'ai une question pour vous : Où étiez-vous et que faisiez-vous quand tout cela s'est passé ? Je suis persuadé qu'en voyant une innocente petite fille tomber dans un puit vous avez à accourut à son aide ? »
La dame fit une grimace.
« La petite est une sorcière le simple fait qu'elle est survécue le prouve tout le monde sait qu'un corps coule comme une pierre, elle aurait dû déjà être au fond du puit plutôt que de hurler à la mort comme un chat blessé ! »
Merlin se mit à rire.
Tout le monde se regarda l'un l'autre se demandant ce qui lui prenait.
« Voilà un bel exemple d'ignorance ! » Dit-il à l'assemblée. La femme rougit.
« Gaius, veuillez expliquer à Madame…
- Nora, mon bon prince.
- A Madame Nora, sil-vous plait. »
Gaius quoi que quelque peu surpris s'approcha de son prince et de la roturière.
« Toute personne ayant encore de l'air dans les poumons flotte. Quand la personne est à cour d'air, elle coule. Une personne vivante flottera. Un cadavre coulera. C'est parce que nous flottons que nous pouvons apprendre à nager. »Tenta-t-il d'expliquer le plus simplement à la femme.
« Votre argument ne constitue aucune preuve que la petite soit une sorcière.» Claqua la voix de Merlin quand Gaius eu fini. La femme rougit de plus belle.
Le prince se tourna vers le père et sa fille.
« A vous. Monsieur…
- Pierrick, Vôtre Altesse. »
Merlin sourit.
« En voilà un qui connait les règles de l'étiquette. » Remarqua Merlin et Nora baissa le regard pour fixer ses chaussures, la honte pesant sur ses épaules.
« Monsieur Pierrick, expliquez-vous. »
L'homme sembla hésiter. Avant d'annoncer :
« Je ne sais pas ce qu'elle raconte, Votre Altesse, j'ai demandé à Mary d'attraper le sceau après avoir tenté de la calmer et je l'ai remonté avec la corde.
- Il ment ! » Cria la femme encore plus rouge.
Merlin était d'accord avec Nora, Pierrick mentait c'était évident, il n'était pas dupe.
« Aaaah, voilà que vous me mettez tous deux dans une position fâcheuse. De versions contradictoires… Que faire ? » Joua Merlin d'un air badin.
Pierrick et Nora regardèrent le prince inquiet de la suite des évènements.
« Pierrick, pourquoi Nora mentirait-elle ? Ne fait-elle pas son bon devoir de citoyenne ?
Elle veut l'argent de la récompense évidement. Lança Pierrick, du venin dans chaque mot. Tout le monde sait qu'accuser quelqu'un de sorcellerie est un bon moyen d'obtenir l'argent pour payer les impôts en fin de mois. »
Le chevalier Kareth fit un pas pour parler au prince un peu énervé. Merlin leva une main dans sa direction pour l'arrêter, il lui fit un sourire pincé.
« Veuillez rester en dehors de tout ça, Sir Kareth.
- Votre Altesse, vous ne pouvez pas croire la langue fourchue d'un sorcier ! »
Gaius, derrière Merlin, grimaça et Léon voulut se claquer la tête contre le mur devant la stupidité des mots de son frère d'arme.
« Ais-je la langue fourchue, Sir Kareth ? » Demanda Merlin un fin sourire sur les lèvres marchant tel un serpent vers le chevalier. Il posa une main sur le col du chevalier et prononça d'une voix sensuelle :
« Peut-être aimeriez-vous vérifier par vous-même ? »
William choqué voulut s'approcher de son maitre pour l'éloigner de se répugnant chevalier. Gaius lui attrapa le bras pour l'en empêcher.
« Je ne pense pas, non. » Remarqua Merlin en voyant le chevalier prêt à se retirer.
« Je crois que seul le roi saura la réponse à cette question ! » Annonça-t-il la voix enjouée en se détournant de Kareth.
Léon tendit l'oreille encore plus à l'entente de Merlin évoquant le Roi Uther.
« J'ai un homme qui clame l'innocence et qui a sauver la vie de sa fille. Et une femme qui me dérange au beau milieu de la nuit dans l'espoir de recevoir une récompense et qui n'a pas aider cette petite fille ci-présente à sortir du puit alors qu'elle était sur le point de se noyer dedans. Sur qui tombera le joug du Prince Merlin, à votre avis ?
- Je dis la vérité, j'ai fait mon devoir, si le Roi était là… ! » S'exclama Nora le visage empourpré.
« Mais le roi n'est pas là. » Remarqua Merlin calmement.
Le silence se fit dans la pièce.
« Evidement une parole contre une autre, ne vaut pas plus que l'autre, n'est-ce pas ? Mais deux paroles contre une en revanche… » Merlin s'accroupit soudainement se mettant à la hauteur de la petite fille accrochée à la jambe de son père.
« Mary, mon ange… Tu dois me dire si papa dit la vérité… Si oui ton papa sera sauvé… »
La petite hésita et Merlin eu peur que son plan ne marche pas, après tout, ne disons-nous pas que la vérité sort toujours de la bouche des enfants ?
« Papa dit la vérité, je suis sortie avec le sceau. » Annonça la petite voix de l'enfant. Merlin se releva d'un coup et claqua des mains.
« Voilà qui est réglé. Sir Léon. » Il fit signe à Léon de retirer les menottes et les bracelets au père et à sa fille.
« Vous ne pouvez pas faire ça ! Ce n'est pas comment la loi fonctionne ! » S'écria le chevalier Kareth encore plus énervé. Plusieurs exclamations se firent entendre parmi les personnes présentes dans le hall créant un brouhaha assourdissant.
Merlin leva la main en l'air pour les faire taire.
« En l'absence du Roi et de mon frère, je suis la loi. »
Un chevalier pesta dans un coin.
« Je vous prie donc de mesurer vos paroles, Sir Loras. Je ne serai peut-être pas si clément pour le reste de la nuit. »
La menace pesa sur toute l'assemblée et le silence se fit.
Agravaine sourit au prince. Il y avait quelque chose chez lui. Il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Mais il aimait ce prince dur et convaincu.
« Bien maintenant, tout le monde au lit. Gardes, veuillez raccompagner ces messieurs dames à l'entrée. »
Merlin quitta la pièce ignorant le regard lourd de Sir Loras et Kareth dans sa nuque. William le coucha et retourna chez Gaius pour la nuit. Merlin quant à lui ne trouva pas tout de suite le sommeil, une certaine nervosité envahissant son être.
Il ignora la porte qui grinça alors que le chevalier Léon jetait un coup d'œil dans la pièce comme il le faisait tous les soirs. C'était étrange, voir gênant, mais aussi rassurant de savoir que quelqu'un veillait à ce que personne ne lui fasse de mal même dans ses quartiers privés.
Le lendemain, Merlin avait pris une décision. Il ne pouvait pas attendre le retour d'Uther mais il ne pouvait pas laisser Camelot, son royaume sans régent en temps de guerre.
Quand William vint pour lui donner son petit-déjeuner, Merlin lui fit part de sa pensée.
« Que veux-tu faire, alors ? » Demanda William.
Merlin avait un regard décidé sur son visage très semblable à celui de la veille qui plut tout de suite à William.
« Il faut que tout soit prêt. L'instant même où mon père met un pied dans la citadelle, je dois partir. » William hocha de la tête et le prince Merlin du faire sans son fidèle serviteur pour le reste de la matinée.
William marchait d'un pas rapide dans les rues de la citadelle pour atteindre l'atelier du forgeron.
Le fils du forgeron, Elyan, était en train de forger une épée. Il s'arrêta derrière lui et jeta un coup d'œil à l'intérieur. En se retournant avec la lame bouillante en main, Elyan le remarqua.
« Tu cherches ? Demanda le garçon, un peu bougon.
- Guenièvre ? Demanda William.
- Derrière avec mon père. »
Le serviteur le remercia et suivit la direction indiquée par Elyan.
William entra dans une pièce sombre, la salle à vivre de la famille de Guenièvre. William alla derrière le drap qui séparé, la partie pour cuisiner et manger de l'espace pour dormir. Il trouva Guenièvre assise sur une chaise à recoudre ce qui semblait être des draps du château au chevet de son père allongé dans le lit. L'homme en question semblait tout simplement dormir, il n'avait pas l'air mal en point. Gaius était surement passé par-là pour le soulager.
Elle leva le regard dans sa direction.
« William ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je ne t'ai pas vu ces derniers jours, je suis désolé de venir comme ça, avec ton père malade. Mais il faut vraiment que je te parle. C'est très important.
Je suis désolée, William. Avec mon père j'avais totalement oublié. Cela doit être vraiment important pour que tu quittes le prince Merlin pour venir ici. Mais, ici, c'est comme-ci le temps s'était arrêté… »
Elle se leva et posa son travail sur la chaise avant de poser une main sur le front de son père. William l'observa faire. Elle frotta un instant sa robe pour faire disparaître les plis et fit signe à William de l'accompagner dans l'espace cuisine.
Elle l'intima de s'asseoir et en fit de même.
« Bon, tu as toute mon attention. Je t'écoute. »
William ne sut pas trop par où commencer.
« C'est au sujet de Merlin, en réalité… »
Guenièvre sembla surprise. « Du prince, que… qu'est-ce qui se passe ?
William inspira un bon coup. « Tu dois comprendre que ce que je vais te dire dois rester entre nous, c'est confidentiel. Si tu le répètes à quiconque cela pourrait avoir de graves conséquences pour Merlin. »
La jeune fille inquiète et piquée de curiosité hocha de la tête.
« C'est promis. » Jura-t-elle à son ami.
William passa une main dans ses cheveux et Guenièvre remarqua qu'il avait les épaules tendues.
« … Euh… Il y a un peu moins d'un moi, j'ai dormi dans l'antichambre à côté de celle de Merlin parce qu'il avait une très forte fièvre. »
Guenièvre lui sourit en voyant son regard la scruter pour avoir si il pouvait vraiment lui dire. William pouvait tout lui dire, Guenièvre serait muette comme une tombe.
« Cette nuit-là j'ai découvert qu'Uther… qu'Uther viole Merlin. »
Les yeux de la jeune fille devinrent ronds de surprise avant que son visage ne perde toute couleur.
« William… Tu…
- Je te promets que c'est vrai ! S'empressa d'ajouter le servant.
- C'est très grave ce que tu dis William, on pourrait t'exécuter pour ça…
- Tu crois que je ne le sais pas ! Pourquoi crois-tu que je n'ai rien dit à personne jusque-là. Même pas à Gaius… » Dit-il peiné.
Guenièvre lui attrapa la main sur la table et la serra tendrement.
« Je te crois William. C'est juste que… C'est horrible… » Elle caressa du pouce le dos de sa main et son regard partit dans le vide.
« Pauvre Merlin…
- Nous avons découvert un dragon sous le château. C'est celui qui avait aidé ce sorcier à s'enfuir avec Dame Hunith et Prince Merlin.
- Un dragon ?! » S'exclama Guenièvre.
William sourit face à son expression.
« C'est de Merlin dont on parle, il lui arrive toujours des choses extraordinairement magique. »
Guenièvre sourit à son ami malgré le sujet de la discussion.
« Le dragon a promis d'emmener Merlin chez lui où il sera protégé d'Uther. Il faut que Merlin parte avant qu'Uther ne revienne. »
William s'agrippa à la main de la jeune fille.
« On a besoin de ton aide. »
Guenièvre plissa des yeux, ne comprenant pas.
« Comment ? »
« Nous devons briser les chaines du dragon pour qu'il puisse partir avec Merlin. »
Le visage de la jeune fille s'éclaira alors qu'elle comprenait ce qu'on attendait d'elle.
« Très bien, nous allons déjà faire rentrer des outils dans la grotte et voir lesquels pourront briser la chaîne… » Commença-t-elle réfléchissant déjà à quels outils elle emmènerait.
« Tu n'iras pas seule. » Tonna une voix lourde de l'atelier.
Elyan entra dans la pièce. William fronça les sourcils, ayant oublié qu'Elyan pouvait surement tout entendre de l'atelier.
« Je ne veux pas être celui qui annoncera à papa comment sa fille s'est retrouvée carbonisée par un dragon dans les sous-sols du château. »
Elyan s'approcha de la table et posa deux mains dessus.
« Je viendrais avec vous. Et si ce dragon n'est pas dangereux. Nous libérons Prince Merlin. »
Les deux servants attablés acquiescèrent.
Le soir même William accompagné d'Elyan et de Guenièvre entrèrent dans le palais avec des outils. Ils utilisèrent les expériences de Gaius comme excuse pour faire entrer tout le barda et les gardes pas le moindrement surpris par les excentricités du médecin, les laissèrent passer.
Merlin les rejoignit comme prévu avant de manger pour les emmener dans la grotte. Il tenait être là pour rassurer le dragon.
Merlin attrapa une torche et fit signe aux trois autres de ne pas faire de bruit alors qu'ils descendaient les nombreuses marches pour atteindre la grotte. Une fois arrivés en bas, ils purent admirer le grand et majestueux dragon qui somnolait sur son rocher.
Elyan et Guenièvre avait les yeux ronds et remplis d'émerveillement et William ne put s'empêcher d'esquisser un rictus en les voyants. Le dragon sursauta dans son sommeil mais se reprit en s'agrippant à son rocher.
« Oh Merlin ! » Sourit-il chaleureusement au garçon en voyant son petit seigneur devant lui. Une étincelle apparut dans ses yeux en voyant les trois autres poser à terre toutes sortes d'outils.
« Kilgharrah… » Lui répondit Merlin, un sourire aux lèvres, il y avait quelque chose dans l'intonation du garçon, comme de la tendresse.
Le dragon avança son museau et son souffle souleva les mèches ébène du garçon. Merlin ferma les yeux de plaisir à la sensation familière de chaleur qui s'immisçait en lui. Il posa une main entre les deux narines de la créature. Elyan toujours émerveillé reconnut que le dragon n'était pas un danger pour eux.
« Bien. Annonça le fils du forgeron. Regardons cette chaîne. »
Merlin hocha de la tête et aidé de Kilgharrah, il descendit un peu plus bas pour aller voir la patte enchaînée du dragon. Elyan le suivit tandis que les deux autres restèrent sur le premier plateau. Le fils du forgeron s'agenouilla et attrapa la chaîne sous le regard attentif du dragon. Elle était lourde et épaisse remarqua-t-il en la soupesant. Il fronça les sourcils en la voyant briller d'une drôle de façon.
« Vôtre Altesse, approchez… » Demanda-t-il. Merlin s'agenouilla à côté de lui pour regarder la chaîne en question. Il caressa doucement ce qui semblait être des écritures.
« Des runes. » Annonça Merlin énervé qu'Uther utilise encore et toujours des objets magiques contre des êtres magiques.
« Je ne peux pas briser le sort sans mes pouvoirs… » Remarqua Merlin en se relevant. « Et les runes rendent la chaîne incassable… » Merlin lâcha un souffle de frustration. Le dragon l'observa silencieusement alors qu'Elyan reposait la chaîne.
« Il y a peut-être une solution. » Merlin releva la tête avec espoir vers Kilgharrah.
« Le feu de dragon est très puissant, c'est l'une des plus vielle magie sur terre. Elle peut renforcer n'importe qu'elle arme blanche. A Castle-de-Shimmerhost nous utilisons le feu de dragon pour renforcer les armes de nos dragonniers. Ils en deviennent presque invincibles. »
Merlin regarda en arrière, William et Guenièvre. « Il y a une épée dans le tas ? »
Guenièvre ramassa quelque chose et brandit une épée de là où elle était.
« Tends là bien en hauteur, jeune fille. » Demanda le dragon. Guenièvre obéit et la bête se prépara à cracher du feu.
« STOP ! » Cria Elyan à côté du dragon. Ce dernier ravala sa flamme.
« Je vais le faire. »
Elyan remonta sur le plateau et attrapa l'épée en poussant légèrement sa sœur hors de porter. Il souleva la flamme plus haute que ne l'aurait fait sa sœur et le dragon prépara de nouveau sa flamme. Il chauffa doucement la lame de l'épée de son feu doux et la lame devint rouge. Quand le dragon estima qu'il y avait assez de magie sur l'épée, il arrêta. Elyan s'approcha du bord sur plateau et remit l'épée au prince faisant attention de ne pas se brûler. Merlin empoigna l'épée.
« J'espère que ça va marcher… » Chuchota le garçon en brandissant l'épée au-dessus de la chaîne. Il inspira un bon coup et la fit tomber, l'épée traversa la chaîne comme du pain et le dragon fut libéré. Le silence se fit alors que la chaîne partait en éclats et le dragon ne put que secouer sa patte n'en croyant pas ses yeux.
« Je suis libre… » Merlin laissa échapper un rire de bonheur, le dragon tourna sa tête brusquement vers lui. « Merlin… Comment te remercier ? » La chaleur du dragon s'installa de nouveau dans la poitrine du garçon. « En m'attendant ? Je ne peux pas quitter Camelot et la laisser sans souverain en temps de guerre, ce serait aller à l'encontre de ma mission en tant que prince et intendant…
Et en tant que face cachée de la pièce. » Ajouta le dragon de sa voix énigmatique.
« Je veux partir au dernier moment. Pourrais-tu m'attendre ? »
« Je t'attendrai, jeune magicien. Et je t'emmènerai loin de cet homme. » Le garçon laissa un sourit reconnaissant passer sur ses lèvres et aider de William et Elyan remonta sur le premier plateau. Ils rangèrent tout et suivant les conseils du dragon, il emporta l'épée pour la cacher dans sa chambre.
Avant de se retirer dans sa chambre Guenièvre l'enlaça fortement terriblement triste à cause de toute cette histoire et du départ de son prince et Elyan lui tapota gentiment l'épaule.
Merlin continua sa semaine en silence, avec un petit changement dans son emploi du temps habituel. Il avait décidé de descendre voir le dragon tous les soirs. Ne serait-ce que pour s'assurer qu'il ne parte pas sans lui. Mais aussi par curiosité. Tous les soirs, Kilgharrah lui parlait de leur futur voyage et de Castle.
Alors que Merlin était assis en tailleur devant le dragon énigmatique, William était assis un peu plus loin, dos contre les parois de la cave, un livre que Gaius lui avait donné à étudier entre les mains. Gaius allait surement lui poser des questions sur le sujet mais il ne pouvait pas se concentrer, trop tenté d'écouter la conversation entre Merlin et le dragon.
« Il y a quelque chose qui me perturbe depuis un moment. Tu as dit que Balinor était ton frère… Que veux-tu dire par là ? » Demanda Merlin traçant un dessin aux doigts dans la terre.
« Balinor était mon frère dragonnier, et moi son frère dragon. Nous sommes nés du même astre.
- Même astre ?
- Le même jour.
- Et cela fait de vous des frères ? » Répondit Merlin un peu sceptique en relevant le visage vers le dragon.
« Tu dois comprendre que le seigneur de dragon a un lien très particulier avec les siens, mais un dragonnier à un lien très particulier avec un seul dragon. Ce lien, il est plus fort que la race, il est plus fort que le sang, il est plus fort que les âmes sœurs… C'est ce lien qui unit le premier dragon et la première dragonnière c'est pour cela que nos races sont si proches. C'est un peu comme le lien que des jumeaux peuvent avoir renforcé par la magie qui les unit. Un dragon peut sentir la présence de son dragonnier, il peut aussi sentir sa douleur et partager ses pensées sur de très longue distance. A la mort de Balinor j'ai ressenti comme-ci l'on m'avait retiré quelque chose de moi, comme-ci une partie de moi avait disparu. J'ai senti la lame couper juste au-dessus de mes épaules et une douleur lancinante au cœur de mon âme, c'était comme-ci tout mon être explosait. »
Merlin respecta un moment de silence alors que le dragon se remémoré la mort de son dragonnier. Son regard était douloureux et lointain, plongé dans le souvenir.
« Tous ceux de notre peuple ont un frère dragon ?
- Je n'ai jamais connu un dragon qui n'avait pas de frère ou sœur des astres.
- Il y a donc quelqu'un qui m'attend à Castle, j'ai un frère dragon qui m'attend depuis toujours… ? » S'émerveilla Merlin et William ne fit plus semblant de lire à l'entente de l'émotion dans la voix du prince.
« C'est une possibilité.
- J'ai une famille… Je ne suis pas tout seul. »
Le dragon sourit aux yeux pétillants du jeune seigneur.
« Techniquement, je suis aussi ta famille. »
Merlin rit et se leva pour enlacer le museau du dragon. « C'est vrai, dit-il tout contre les narines chaudes de la créature. Tu es un peu mon oncle. »
Le dragon laissa échapper un rire étrange venant du fond de sa gorge bouillonnante.
« Allons, vas donc te coucher, petit chenapan ! Tu dois bien dormir au vu de ta journée d'intendant demain. »
Merlin sourit de plus belle et obéit à son aîné. William suivit le prince mais pas s'en faire une petite révérence pour dire bonne nuit au dragon avant de quitter la cave.
Quelques jours plus tard, la voix du dragon résonna dans la tête de Merlin en plein cours d'histoire.
« Il est rentré. » Eu-t-il seulement entendu cela que les trompètes de la ville sonnèrent et Merlin bondit de sa chaise pour aller regarder par la fenêtre.
Le roi, son fils et sa belle-fille accompagnés de chevaliers entrèrent au galop dans la cour. Merlin ne prit pas le temps d'observer sa nouvelle belle-sœur, belle comme le jour car son attention était rivée sur quelqu'un d'autre.
Un chevalier aida le Roi Uther à descendre de cheval. Il était blessé.
Merlin se sentit paniquer en voyant son violeur rentré à la maison. Geoffrey rangeait son cours d'histoire pour laisser le prince rejoindre sa famille et William était rentré en trombe dans la pièce pour attraper le sac déjà prêt de Merlin, caché dans le coin entre le mur et la penderie.
Geoffrey jeta un regard surpris au servant face à sa précipitation et sa nervosité.
« Nous allons, voir le roi, n'est-ce pas Merlin ? » Annonça William, la peur au ventre de ne pas réussir l'escapade de son ami.
« Ou-oui. Geoffrey, je ne veux pas vous mettre dehors, mais je vais me changer avant de descendre.
- Oui, Vôtre Altesse. » Le vieil homme quitta la pièce un peu précipitamment, sentant l'empressement des deux autres. Le Prince avait peut-être quelque chose d'urgent à annoncer au Roi.
Une fois la porte fermée, William attrapa Merlin par les épaules pour le calmer.
« C'est maintenant. » Dit-il avant d'embrasser le front de son meilleur ami. Il alla prendre l'épée forgée par Kilgharrah cachée sous le lit avant de revenir vers Merlin. Elle était enveloppée dans un tissu. Il attrapa la main de Merlin et se dirigea vers la porte.
« Attends. » Demanda Merlin avant de courir vers son armoire. Il s'accroupit dedans pour récupérer la statuette du dieu Dagda qu'il serra contre sa poitrine. Dagda ne l'avait pas abandonné, il lui avait envoyé Kilgharrah et bientôt il le ferait sortir de cet enfer.
William reprit la main de son ami et l'entraîna dans les couloirs.
Alors qu'ils disparaissaient dans l'angle du couloir, le chevalier Léon qui remontait pour prévenir Prince Merlin de l'arrivé du Roi et du Prince Arthur, débarqua à l'autre bout du couloir. Il eut le temps de voir disparaitre la silhouette du jeune prince au bout du couloir, s'enfonçant encore plus dans le château. Il n'allait pas pour rejoindre son père et son frère. Il allait dans la direction opposée. Léon fronça les sourcils et les suivit.
« Mais où est William quand j'ai besoin de lui ». Râla-Gaius, alors qu'Arthur aidait son père à s'allonger sur le lit du patient dans la chambre du médecin de la cour.
« Nous avons été attaqués en quittant le camp de Rodor. » Expliqua-t-il. Il eut un silence et Uther laissa échapper une plainte. « Par des hommes des Holdworth et de Odin. » Annonça amèrement le prince.
Une fois installé, le Roi regarda autour de lui et put remarquer que le Seigneur Agravaine était là. Mais quelqu'un manqué à l'appel. Quelque chose d'étrange d'immisça dans sa poitrine.
« Où est Merlin ? » Demanda le Roi. « Où est mon fils ? »
Hubert, le serviteur du Roi fit une révérence et quitta la pièce. Le Roi tenta de se relever mais Arthur l'en empêcha.
« Allons, ce n'est pas le moment. Laissez-Gaius s'occuper de vous et vous verrez Merlin après. »
Arthur regretta tout de suite d'avoir ordonné son père de se coucher, car celui-ci devint rouge avant d'éclater :
« TU OSES ME DONNER UN ORDRE ? QUI EST LE ROI ICI, HEIN ?! QUI EST LE ROI ?! »
Le silence se fit alors qu'Uther reprenait sa respiration.
« Je ne vous ordonnais pas père, c'est un conseil. C'est pour votre bien et celui de Merlin. Vous revenez de bataille vous êtes à cran, il ne serait pas judicieux de voir Merlin dans votre état, contenu de sa santé… » Dit Arthur un peu mielleusement. Uther fit une grimace mais consentit qu'Arthur avait raison, alors il s'allongea sans un mot de plus.
Gaius commença les soins et Uther tenta de se calmer bien que le nombre de personne autour de lui et l'absence de son jeune fils l'énervait.
Hubert ouvrit la porte pour y passer la tête, essoufflé.
« Prince Merlin n'est pas dans sa chambre, il est introuvable. »
Uther se redressa d'un coup et repoussa les mains du médecin. « Où est-il ? Où est mon fils ? »
Uther se souvint alors des nombreux regards haineux que pouvait lui lancer Merlin. Il adorait ce regard, seuls Merlin et Hunith étaient capables de lui lancer ce regard qui lui retournait le cœur dans un soubresaut. Il fronça les sourcils sachant pertinemment ce qui se passait dans le petit crâne de son fils.
« Il se fait la malle. Ce petit con se fait la malle. »
Arthur avec l'aide d'Agravaine tenta de nouveau de coucher le patient mais celui-ci avait décidé de se lever.
« Je suis en droit de demander où est mon fils et de le réclamer. Fouillez moi ce putain de château et qu'on me retrouve cette putain de Merlin. » Surpris par ces termes les chevaliers hésitèrent à obéir. Agravaine fronça les sourcils et poussa d'autant plus le roi dans son lit. « JE VOUS AI DONNE UN ORDRE ? JE SUIS ROI ! PAS CE PETIT VAURIEN ICI ! ALORS QU'ON M'OBEISSE ! ». Devant la colère du roi, les chevaliers et Arthur sortirent aussi vite.
Guenièvre au coin du couloir qui avait entendu les dires du roi, se colla contre le mur. Elle fixait le sol, ses pensées se bousculant dans sa tête. Il fallait qu'elle gagne du temps pour William et Merlin. Elle jeta un regard à l'autre bout du couloir où se trouvait la porte vers la grande salle. La porte était gardée ce soir par un jeune homme très tendre qui lui faisait la cour depuis le début de l'année. Elle s'en voulait d'utiliser ses atouts de femme, mais l'heure n'était pas à l'hésitation et Lancelot ferait tout pour elle.
Elle courut dans l'autre couloir.
Arthur et ses chevaliers entendirent soudain le bruit d'une armure bousculée contre les pierres d'un mur résonnant dans le couloir à leur gauche. Ils partirent dans cette direction. Des éclats de voix se firent entendre avant même qu'ils n'atteignent le couloir qui menait au grand hall.
« Tu m'avais promis ! Tu m'avais promis ! » Arthur sentit un froid glacial le pénétrait en reconnaissant la voix.
Les chevaliers et Arthur tournèrent dans le couloir pour y voir une scène étrange et qui semblait privée entre un garde et une servante. Cette dernière était en colère et le pauvre garde ne savait pas quoi lui répondre alors que son collègue de l'autre côté de la porte ne bougeait pas, toujours à son poste, tentant d'ignorer la scène de ménage.
« Guenièvre ?! Mais je ne comprends pas, je … ! »
Soudain les lèvres de la jeune fille se posèrent sur les siennes.
Arthur n'en cru pas ses yeux.
« Ne me refais plus jamais ça, Lancelot. » Dit la jeune fille tout contre les lèvres du garde. Lancelot ne comprenant pas ce que racontait la jeune fille, profita de la situation et la prit par les hanches pour la rapprocher de lui et l'embrasser de nouveau.
Agravaine toussa doucement pour rappeler Prince Arthur ce pourquoi ils étaient là.
« AU GARDE A VOUS ! » Cria soudain Arthur libéré de la surprise.
Lancelot s'écarta de la jeune fille pour obéir et Guenièvre remit son jupon, les joues rouges et n'osant pas poser les yeux sur Arthur. Ce dernier la dévisageait. Il lança alors un regard au garde.
« Nous en reparlerons. » Avant de suivre Agravaine et les autres à la recherche de son frère.
En voyant Arthur partir, Guenièvre sentit deux sentiments contradictoires s'immiscer en elle. La fierté et la honte. Elle avait honte de ce qu'elle avait montré à Arthur et aux autres chevaliers. Mais elle était fière parce que sa diversion avait fonctionné. Ils avaient bien perdu une quinzaine de minutes ce qu'il fallait pour Merlin et William afin atteindre les caves en dessous du château.
« Arthur ! » Cria la voix de Léon à l'autre bout d'un couloir. Le prince se tourna vers son fidèle chevalier. « Votre frère est descendu dans les grottes sous le château, j'ai croisé le Roi Uther et son serviteur, je les ai prévenu et votre père a insulté un dragon…
Un dragon ?
Oui, il s'est mis à parler d'un dragon et puis soudain il est parti à la poursuite du Prince Merlin, on aurait dit qu'il était prêt à tuer quelqu'un. »
Arthur se souvint de la fois où son père avait bousculé Merlin à terre lors du feu dans la chambre de Morgane. Il savait être violent envers Merlin. Qu'importe si son frère était innocent ou non de ce que son père l'accuserait, il en payerait le prix. Si son père était prêt à tuer, il ne mesurerait pas ses gestes. Arthur partit en courant avec Léon vers l'entrée des grottes.
William attrapa un flambeau au passage et suivit Merlin qui descendait déjà dans la profondeur de la grotte. Une fois arrivés sur le plateau, William put voir que Kilgharrah était déjà prêt pour le départ. Il s'était posé sur le plateau et s'était abaissé de façon à ce que Merlin puisse monter sur son dos.
William posa le flambeau à terre qui ne s'éteignit pas sur le coup ainsi que le sac et l'épée. Il prit la statue des mains de son ami pour la ranger dans le sac. Merlin s'agrippait déjà sur les écailles les plus solides du dragon tentant de se soulever. William accourut pour l'aider. Il joignit ses mains et Merlin posa un pied dessus. Grâce à l'effort donné par William, Merlin sut se mettre à cheval sur le dragon qui se sentit soulager d'avoir son seigneur sur lui.
William attrapa le sac et l'épée pour les donner au prince. Merlin mit le sac sur ses épaules et l'attacha du mieux qu'il put en le laçant autour de sa taille avant de prendre l'épée qu'il attacha devant lui sur ses genoux. Quand il eut finit, il tendit sa main à son meilleur ami pour l'aider à monter derrière lui.
William sourit au prince mais recula d'un pas.
« Will ?
- Je ne peux pas abandonner Gaius. Il est toute ma famille, tout ce que j'ai. J'ai rempli ma promesse. Tu es avec les tiens maintenant. Kilgharrah prendra soin de toi. Je lui fais confiance.
- Merci, William. » Dit le dragon, reconnaissant.
Merlin laissa échapper un souffle tremblant, les yeux humides alors qu'il fixait avec douleur son meilleur ami, son pilier.
Le bruit d'armures se fit entendre en haut de l'escalier, ainsi que la voix d'Uther jurant et insultant le dragon et Merlin résonna sur les parois de la grotte.
« Remonte par cette autre voix, ils l'utilisent pour me balancer de la nourriture. » Ordonna Kilgharrah précipitamment au servant. William suivit du regard la direction que lui avait montré le dragon et voyant une sortie se retourna vers Merlin dont les larmes coulaient sur ses joues froides.
Le prince lui sourit pour lui donner courage.
« Dans l'espoir de se revoir, mon ami. » Dit-il en hochant légèrement de la tête se redressant sur le dragon.
William répondit de la même façon. « Dans l'espoir de se revoir. » Le servant posa alors les yeux sur le dragon pour s'adresser à lui.
« Prenez soin de lui pour moi.
- Je le ferais. » Lui promis Kilgharrah.
Le bruit de pas se fit plus proche et William partit en courant dans l'autre couloir.
« MERLIN ! » Hurla Uther en débarquant dans la grotte. « Descends de cette bête ! » N'attendant pas de réponse du garçon, il se tourna vers son serviteur, seule personne avec lui pour le moment. « Qu'on me le fasse descendre IMMEDIATEMENT ! »
Hubert sursauta et la peur pour son monarque étant plus importante que la peur qu'il éprouvait pour cette créature, il courut vers la bête et agrippa la cheville du garçon. Merlin empoigna les écailles du dragon et se colla à ses épaules résistant à l'emprise du serviteur.
D'autres personnes arrivèrent dans la grotte, guidées par le Chevalier Léon. Kilgharrah agacé par la vermine qui tentait de faire tomber son seigneur de son dos, lui rappelant durement la mort de Hunith, la mère du petit, envoya valser Hubert d'un grand coup de patte. Le serviteur alla s'écraser tout contre les parois de la grotte dans un craquement monstrueux. Les chevaliers prirent une posture de combat et Arthur vint auprès de son père.
« Tu ne récupérera jamais la clé ! » S'exclama Uther soudainement. Il posa une main sur l'épaule d'Arthur pour le faire reculer et passer devant lui.
« Tu ne récupérera jamais ta magie. » Dit-il d'une voix sombre.
Merlin se redressa pour regarder Uther dans les yeux. Kilgharrah en fit de même déployant ses ailes montrant toute son ampleur.
« Au moins je serais libre. » Annonça Merlin.
Uther avança alors et Kilgharrah allongea son cou préparant une boule de feu dans le fond de sa gorge.
Tu n'as peut-être pas ta magie, Merlin mais tu restes un seigneur de dragon et je suis là. Tu es armé.
Merlin sentit une haine l'envahir, alors que Uther faisait un pas de plus vers lui en cherchant sous sa tunique la clé maudite. Son père était à sa merci. Il mourrait ce jour-même.
Il hocha de la tête et Kilgharrah lança son feu.
Arthur attrapa son père par le col et le tira en arrière roulant avec lui sur la droite. Le feu ne l'avait pas touché d'un cheveu.
Arthur à cheval sur son père vérifia que celui-ci n'était pas blessé. Uther cracha sur le côté de la poussière qui était entrée dans sa bouche, le visage rouge.
Kilgharrah prépara une nouvelle boule de feu.
Stop. Je ne veux pas blesser Arthur.
Kilgharrah ravala son feu.
Un chevalier se prépara à lancer son épée sur la bête mais Léon posa une main sur son bras pour l'arrêter. « Vous pourriez blesser le prince. » Le chevalier baissa son épée.
Arthur restant sur son père pour le protéger, lança un regard rempli d'incompréhension et de douleur à son frère.
« Merlin ? »
Ce dernier, les larmes aux yeux en lisant la trahison sur le visage d'Arthur, détourna son regard et tapota gentiment l'épaule de Kilgharrah pour l'intimer de partir dans les airs.
Le dragon décolla et Merlin enlaça son cou. Il ferma les yeux et les larmes glissèrent doucement sur ses joues. « Je suis désolé, Arthur, mais je ne peux plus vivre ainsi. » Chuchota-t-il tout contre les écailles du dragon alors qu'ils sortaient de la grotte.
Merlin resserra son étreinte en voyant la terre de Camelot défiler en dessous de lui.
C'était fini.
Ce cauchemar était derrière lui.
A suivre...
Bonjour à tous, j'ai encore une fois bien travaillé je trouve :p Je cherche un(e) Beta pour cette fic, pour la correction des fautes de français et aussi pour me conseiller sur mon brouillon. J'ai cherché et envoyé des messages à des Betas, mais rien n'a été concluant, donc je laisse un petit message ici, pour ceux ou celles qui connaissent déjà la fanfic et qui seraient interessé(e)s. Bonne soirée à tous :)
