Warning : Violence, non-con/viol/incest, Crossover avec Harry Potter
Disclaimer : Les seuls personnages qui m'appartiennent sont Seigneur Johas Holdworth, Dame Kathereen Holdworth et leurs enfants Henry, Thomas, Malory, Lucy Holdworth. Ainsi que Erwin et Oris Serpentard, Gendric, Clamaens Oakenburgh l'Inébranlable et Elidas Merdoc. Je vous prie de ne pas utiliser mes personnages dans vos fictions. Tous les autres personnages sont issus du monde de Merlin par BBC et du monde Harry Potter par J.K Rowling.
Partie 3
La Survie
Chapitre 3
Vivre sous l'occupation
Comme tous les soirs, Guenièvre était au puit. Comme tous les soirs, elle regardait la fenêtre de la chambre d'Arthur. Comme tous les soirs, elle y jeta un coup d'œil à deux reprises, croyant y voir son amour.
Guenièvre fronça les sourcils de peine et posa une main sur son ventre qui s'arrondissait. Son enfant et l'enfant d'Arthur dont il ne connaissait pas l'existence prenait discrètement forme. Un bâtard d'un prince déchu.
Morgane n'avait encore exécuté aucun membre de la famille royal, semblant attendre quelque chose qui n'était pas près d'arriver. Elle s'était accrochée à plusieurs reprises avec sa tante à ce sujet. La Reine Morgause n'attendait qu'une chose de voir la tête de Uther Pandragon sur un pique. Guenièvre souleva son sceau d'eau et se dirigea vers sa maison où Elyan venait de s'attabler avec William dans la fraicheur du soir.
« Je n'arrive pas à m'imaginer ce qu'il vit dans ces cachots. Il est d'un grand âge. Il ne pourra pas rester longtemps en bas. Gaius n'a jamais rien fait à personne. Il soigne les malades, c'est totalement injuste qu'elle l'ait enfermé comme les autres conseillers. » Déclara William frustré, les larmes aux yeux.
Guenièvre posa son sceau dans un coin de la pièce.
« C'est ça qu'elle lui reproche. De n'avoir rien fait.
- Qu'aurait-il pu faire ?! C'est un vieux sorcier à qui on a mis le bracelet ! C'est facile pour elle de juger Gaius, c'est une jeune magicienne et elle a toujours eu accès à ses pouvoirs ! Elle ne sait pas ce que ça fait d'en être privé… Merlin lui… Parfois, il ne tenait même pas sur ses jambes… Certain soirs, alors qu'il fermait les yeux, je pensais que ce serait la dernière fois que les verraient ouverts… »
Guenièvre vint prendre son ami par les épaules et remarqua à quel point elles étaient tendues. Elle les massa doucement.
« Tu es exténué, William. Tu devrais aller te coucher. »
Le garçon hocha doucement de la tête.
« Laisses-moi jeter un dernier coup d'œil à ton père et je m'en irais. » La jeune fille acquiesça et Elyan retourna à son atelier pour ranger les commandes du lendemain. Wiliam se leva et passa derrière le rideau pour s'approcher du lit où dormait le père de Guenièvre et Elyan.
William reprit sa température et bien qu'elle avait baissée, son visage de se détendit pas pour autant, la chaleur de cet été plus la fièvre le déshydratait et ne faisait qu'empirer sa condition. Guenièvre l'observait faire, inquiète pour son père, inquiète pour William.
Le garçon se redressa et souffla. « Si seulement Gaius était là. Je ne suis même pas sûr de bien faire les choses. »
La jeune fille vint lui prendre la main. « J'ai confiance en toi, William. »
Le garçon posa un regard sur elle doux et plein de douleur. « Tu peux tout me dire, Guenièvre. Je garderais le secret. »
La jeune fille ne s'entendit plus respirer. Peut-être qu'elle ne respirait plus.
« J'étudie la médecine au côté de Gaius depuis des années. Je sais reconnaitre les signes. »
Guenièvre lâcha un souffle chaud. Il savait. Il voulait seulement l'entendre d'elle.
« Je suis enceinte. Il est d'Arthur. »
Il lui caressa doucement la main du pouce.
« Est-ce qu'Elle le sait ?
- Lancelot s'est fait passer pour le père pour me protéger. » Annonça la douce voix de la jeune fille.
William put voir un sourire affectueux se désigner sur ses lèvres. Il ne le releva pas. Il lâcha la main de la jeune fille pour récupérer les flacons posés sur la table de chevet du patient et les ranger dans sa besace.
« Est-ce qu'Il le sait ? »
Il eut un silence. « Je ne l'ai pas vu depuis. Et quand bien même cet enfant est le sien, il n'est pas de la princesse Mithian. Il ne sera qu'un bâtard. Il vaut mieux pour lui que tout le monde croit qu'il soit de Lancelot. Au moins, les gens pensent que tout sommes ensemble. Morgane pense que nous sommes ensemble. Lancelot donne l'impression d'être un père présent. Il ne sera pas un bâtard avec lui. »
William releva la tête.
« Mais tu ne l'aimes pas. Et ce n'est pas son enfant. »
Guenièvre ne répondit pas, elle caressa doucement son ventre. William mit sa besace sur son épaule et alla pour quitter la pièce. William salua Elyan qui s'apprêter à se coucher dans le lit dans la cuisine et Guenièvre le raccompagna jusqu'à la sortie.
Alors qu'elle aller pour refermer la porte derrière lui, elle lui demanda timidement :
« Il m'aime, n'est-ce pas suffisant ? » William sourit doucement à son amie dont les larmes s'apprêter à couler. Il lui caressa doucement la joue.
« Je ne suis pas sûr, Gwen. »
« Bonne nuit. » Lui répondit-il avec un baiser sur le front et il repartit vers le château.
Guenièvre referma la porte et souffla un bon coup. Elle alla se coucher le cœur gros. Le lendemain matin elle se leva aux aurores. Depuis le retour de Morgane, elle avait repris sa place de servante de la princesse, enfin de la reine maintenant. Morgane avait insisté. Guenièvre ne pouvait pas refuser.
Elle monta dans la chambre princière. Morgane avait refusé de dormir dans la chambre d'Uther. Quand elle ouvrit la porte, elle vit que la pièce était vide de tout occupant. Guenièvre referma la porte et se dirigea vers l'ancienne chambre de Merlin où Morgane se réfugiait régulièrement. Elle ouvrit la porte pour voir Sa Majesté accroupit à terre devant l'armoire les portes grandes ouvert.
« Vôtre Majesté ? » Demanda la jeune servante, ce demandant si sa maitresse se sentait bien. La jeune fille lui lança un sourire tendre avant de lui montrer l'intérieur de l'armoire.
Dedans se trouvait comme un petit autel ou trônait des petites bougies éteintes et des poupées en pailles semblable aux poupées utilisées pour la sorcellerie. Au centre de l'autel, il y avait un espace vide.
Morgane attrapa l'une des poupées. « C'est un autel druidique avec ses offrandes. » Elle caressa du pouce la petite poupée. « Merlin les a fait à la main. »
Guenièvre l'observa sans rien dire. Que pouvait-elle dire ? Elle ne comprenait plus Morgane. Peut-être ne l'avait-elle jamais comprise ? Elle pensait qu'elle haïssait ses frères. Mais ce fin sourire sur ses lèvres en disait long. Elle avait encore de l'affection pour son plus jeune frère. Lui en restait-il pour Arthur ?
« Même prisonnier d'Uther, Merlin continuait à vénérer les dieux de l'ancienne religion. » Constata Morgane. Guenièvre leva un sourcil au mot « prisonnier ».
« Qu'est-il arrivé à mon frère ? » Morgane lui posait cette question tous les jours depuis trois mois. Comment pouvait-elle lui répondre ? Etait-elle sure ? Après ce qu'elle avait fait à Gaius comment savoir ? Guenièvre ne répondit pas.
« Allons, pourquoi ne vous levez-vous pas de ce parterre poussiéreux et retournez à vos chambres pour vous changer ? Bientôt vous devrez rejoindre vos conseillers. »
Morgane hocha de la tête doucement et replaça la petite poupée sur l'autel avant de se relever. Guenièvre ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était fatiguée. Etait-ce le fait de régner ? Ou ses cauchemars comme avant ? Ou était-ce la disparition de Merlin qui la touchait à ce point ?
Guenièvre la ramena à sa chambre et la changea en tenue. Morgane préférer porter le pantalon dans la journée. Le trouvant plus commode pour se déplacer. Elle avait donc toute un nouvelle garde robes de pantalon souple et de tunique féminine brodées de fleurs. Elle portait aujourd'hui, un pantalon blanc et une tunique bordeaux aux broderies fines et dorée. Guenièvre lui attacha les cheveux pour qu'elle ne lui vienne pas devant les yeux mais les laissa tomber sur ses épaules lui rendant un peu de féminité. Elle lui mit ensuite son épée à la hanche et un diadème sur la tête.
Elle maquilla légèrement la reine et sourit au résultat de son travail. Morgane était belle et émanée d'elle un pouvoir qu'elle ne lui connaissait pas.
Elle suivit sa maitresse jusqu'à la salle du conseil où, elle s'installa trois pas derrière la chaise de Morgane, une cruche d'eau à disposition sur la petite table à côté d'elle. Ils parlaient beaucoup durant ces conseils et ils leur arrivaient souvent d'avoir soif et tout cela sans parler des fortes de chaleurs de cet été. William parlait d'une canicule, et passaient beaucoup de temps en ville à soigner les plus âgés et les enfants des maux liés à la chaleur. Guenièvre profitât que le conseil n'ait pas commencé pour se rattacher les cheveux. Elle pouvait sentir la sueur couler sur sa nuque. Il n'était que quelques heures avant que le soleil ne soit haut et pourtant l'on pouvait déjà sentir la chaleur s'infiltrer au travers des murs épais du château.
Morgane la regarda se recoiffer. « Je devrais trouver un sort pour garder le château au frais… Ce serait moins fatiguant pour tout le monde. »
Guenièvre ne répondit pas. Il était vrai que la magie pouvait avoir des bons. Est-ce que Morgane l'utiliserait pour prendre soin des autres. Serait-elle une meilleure régente que ne l'était Uther ?
Diverse conseillers s'étaient attablé autour de la Reine et Morgane s'était penché sur une carte d'Albion. Son oncle Agravaine entra accompagné des cousins de la maison Luaithre. Morgane leva un sourcil en voyant Gauvain fermer la porte.
« Pas de Morgause aujourd'hui ? » Demanda-t-elle nonchalamment en tournant une page.
« Mère est rentrée à Essetir. Je l'ai renvoyé, je ne fais pas confiance à Mordred et ses 10 ans pour gouverner seul Essetir. » Annonça Cendred.
« 11 ans. Souligna Gauvain alors que Cendred lui lançait un regard sombre. Quoi ?! Il a eu 11 ans en Mai dernier ! »
Guenièvre remarqua que Morgane avait l'air bien heureuse de savoir sa tante partie.
« Commençons. Quelles sont les nouvelles ? »
« Odin a perdu la face à l'armée de Rodor. Il est redescendu défendre les frontières de Deorham. Rodor a pris control de toute cette partie sud de Camelot. Mais Thor et son bâtard de frère remonte à Camelot avec plusieurs bastions pour nous aider. Avec les hommes de Woden, ceux d'Essetir et ceux de Camelot sans parler de la magie, l'armée de Rodor ne tiendra pas. »
Morgane resta silencieuse à regarder la carte alors que Cendred parlait.
« Camelot est à nous, il n'a aucune chance de la récupérer. Finit Cendred.
- Ce n'est pas Camelot que Rodor veut récupérer. »
Guenièvre remarqua comme une lumière passait dans le regard de sa maitresse.
« Nous n'avons pas besoin de nous battre. Nous pouvons faire la paix avec Rodor et lui demander de nous rendre les terres du sud. Il n'a qu'une fille et nous l'avons ici dans nos cachots.
Je ne peux de tout façon envoyer les hommes de Camelots se battre, ils ne me respectent pas, ils seraient bien capable de tous me déserter. Je dois d'abord renforcer mon droit au trône pour cela. »
Guenièvre sentit un frisson la parcourir. Arthur…
« Thor ne vient pas seul. Seigneur Henry Holworth et ses hommes remonte de la bataille pour venir ici. Ils espèrent récupérer les corps des membres de leur famille exécutés par Uther.
- Ils les auront, évidement. Faites que les corps soient reconstitués et lavé pour leur arrivée. »
Morgane se mordit la lèvre inférieure en jetant un regard à Agravaine.
« Quand est-il de mon frère ? Avez-vous des nouvelles de Merlin ?
- Aucun de mes espions ne sait où il est, il s'est comme envolé. »
Guenièvre sourit au choix du mot employé. Effectivement Merlin s'était bien envolé, seulement sur le dos d'un dragon. Guenièvre perdit son sourire. Elle espérait qu'il allait bien. Elle sentit soudain un regard sur elle alors qu'Agravaine reprenait la parole pour parler d'Odin et des plans. Morgane la fixait étrangement le regard un peu vide comme réfléchissant à quelque chose.
Quand Guenièvre croisa son regard la Reine plissa des yeux. Elle savait. Elle savait qu'elle s'avait. Guenièvre détourna le regard. Peut-être que Morgane pensait que Merlin était comme elle, opprimé par Uther, peut-être ne lui voulait-elle pas de mal. Mais elle ne pouvait pas pendre le risque, pas avec Arthur et Gaius dans les cachots, leur emprisonnement prouvait la noirceur et l'aveuglement de la Reine, ils étaient innocents. Uther était le seul coupable et elle ne l'avait pas encore tué. Qu'attendait-elle ?
Quand le conseil eut finit, Guenièvre suivit sa maitresse silencieusement, fronçant les sourcils en voyant qu'elles se dirigeaient vers les appartements de Gaius, ou plutôt ceux de William. Morgane ouvrit la porte en grand la claquant contre le mur.
« Très bien. Je veux des réponses. » Déclara Morgane faisant sursauter William penchait sur ses concoctions. « Tu n'es prêt à laisser pourrir Gaius dans les cachots pour ne pas avoir à me dire où est Merlin ? Comme Uther n'est plus au pouvoir j'en conclu que tu sais que tu ne cours plus aucun danger de sa part, j'en conclu qu'il n'est pas la cause de la disparition de Merlin, mais vous ! Elle montra les deux servants du doigt. Vous savez où il est. Vous le protéger. »
Les deux servants ne répondirent pas et William éteignit le feu sous ses concoctions bouillantes. Morgane s'approcha de Guenièvre et lui prit la main, sa servante ne put s'empêcher de se crisper.
« Je ne vous veux aucun mal. Je ne lui veux aucun mal. » Morgane souffla comme désemparer et les deux servants se regardèrent dans les yeux. « J'ai pris mon mal en patience, j'ai pris soin de vous, j'ai proposé de libérer Gaius contre des réponses, j'ai donné ma protection pour ton enfant… Mais rien. Toujours rien, vous vous lancez toujours ces regards de connivence et ne me dîtes rien ! C'est fini. Je ne joue plus. »
Guenièvre pris peur et se rapprocha de William.
Morgane tendit une main vers William et Guenièvre cacha son visage dans le cou du garçon.
« Legimens ! »
Guenièvre entendit William retenir son souffle et gémir. Il se mit à trembler. Guenièvre se détacha du garçon et courut pousser la magicienne concentré sur son sort. Morgane tomba à terre sortant de sa transe comme surprise. Guenièvre se retourna vers William qui avait les yeux humides.
Le visage pâle de Morgane blanchit encore plus avant de devenir encore plus froid que d'habitude. Elle fronça les sourcils et Guenièvre sursauta un instant. Son regard était semblable à celui d'Uther.
Elle se leva d'un coup et partit en trombe dans le couloir. Guenièvre accourut auprès de William.
« ça va ?! Elle ne t'as pas fait mal ? Qu'est-ce qu'elle t'as fait ? »
William passa une main sur son visage, une grimace le barrant.
« Je crois… qu'elle a vu mes souvenirs. J'ai vu… J'ai vu Uther abuser Merlin comme je l'avais vu le soir où j'ai tout découvert… et ensuite j'ai vu Merlin partir avec Kilgharrah… »
Guenièvre comprenant que maintenant Morgane savait partit en courant dans le couloir pour rattraper sa maitresse. Les servants et gardes la dirigèrent quand elle demanda ou était passé la Reine, elle se retrouva bientôt dans le couloir où elle accèderait à l'escalier qui descendait au cachot. Par chance, Morgane n'était pas encore descendu. Elle courut la rejoindre.
« Morgane ! » Cria-t-elle en oubliant la politesse.
La Reine ne dit rien, elle ne la regarda même pas mais lui attrapa le bras quand elle fut à portée de main avant de l'emmener dans les cachots avec elle.
Il faisait sombre, la seule lumière des torches éclairait le couloir. Elles avancèrent passant devant des cachots vides avant de passer devant celui de Mithian qui resta assise sur sa couchette regardant curieusement passer la jeune Reine. Elle était sale et décoiffée, mais elle gardait cet air noble des hautes dames malgré tout. Elle était toujours aussi belle sous la saleté et Guenièvre reconnue qu'elle était une vraie princesse semblable à Morgane toujours aussi belle qu'importait les circonstances.
Elles passèrent devant la cellule d'Arthur, ce dernier s'était levé à l'entente du bruit et s'était accroché aux grilles.
« Elle nous rend enfin une visite. » Dit-il sarcastiquement. Guenièvre remarqua qu'il était sale, mais en bonne santé, Morgane s'était surement assuré qu'il mange à sa faim. Arthur la vit enfin.
« Guenièvre ?! » Le prince s'accrocha d'autant plus aux grilles et tenta de les démonter.
« Que vas-tu faire à Gwen !? Relâche-la immédiatement !
- Tu n'as pas d'ordre à me donner petit-frère ! » S'énerva Morgane s'arrêtant devant lui pour lui balancer Guenièvre sur la grille. La jeune fille gémit de douleur.
« Tiens ! Garde-là si tu veux ! Garde ton petit joujou, si ça peut te faire taire ! Je ne suis pas là pour te parler ! Je suis là pour notre très cher papa… »
Alors que Morgane passait devant la cellule du chevalier Léon pour entrer dans celle d'Uther, Guenièvre se redressa avec l'aide de la grille. Arthur caressa doucement ses cheveux à travers les barreaux en s'assurant qu'elle ne s'était pas fait mal. Mithian l'observa faire sans rien dire. Arthur attrapa le poignet un peu rougissant de son amante pour voir si elle était blessée avant de lancer un regard noir dans la direction de Morgane.
Les cris d'Uther se firent soudain entendre insultant Morgane de tous les noms.
« CRUCIO ! » Cria Morgane soudainement le faisant taire avant que les cris de souffrance du roi déchu ne résonnent contre les parois du château. Elle lança son incantation trois fois de plus, le faisant crier trois fois de plus.
Arthur, Mithian et Léon s'étaient agrippés aux grilles et Guenièvre n'osait pas quitter Arthur. Le prince se mit à hurler et ordonner Morgane d'arrêter de torturer son père et ne recevant pas de réponse, il se mit à supplier :
« Arrêtes Morgane…Je t'en supplie… Arrête, donne lui une mort décente si tu veux mais ne fait pas ça… » Il eut un silence dans le cachot d'Uther et Morgane sortit le pas rapide avant de s'arrêter devant la cellule d'Arthur et de le prendre par le col.
« De la décence ?! Tu me parles de décence en me parlant de ce-ce MONTRE ?!
- Morgane… Je sais qu'au fond de toi, il y encore du bon, tu es ma sœur…
- Et notre petit frère ?! Merlin ? Tu l'as oublié ? Tu me parle de fratrie, de décence alors que tu as laissé ton père violer Merlin ?!
- Morgane… Commença Arthur. Qu-quoi ?!
- Toutes les nuits… Parfois même le jour… » Dit-elle sombrement en s'approchant des barreaux. « Et tu n'as rien fait. »
Arthur la dévisagea, le visage pâle, le cœur battant dans la tempe.
« Quel grand frère es-tu… » Dit-elle avec amertume avant de le repousser. Elle se retourna vers Guenièvre qui avait le souffle court et fixait son amour avec inquiétude. Morgane eut un pincement au cœur en voyant son amie si déboussolée.
« Je suis désolé, Guenièvre. » Elle tenta de la toucher mais cette dernière sursauta. « Ma colère a pris le dessus. »
Morgane ferma douloureusement les yeux et d'un geste de la main referma la porte du cachot d'Uther à clé. Elle fit un pas pour repartir mais la voix neutre d'Arthur l'arrêta.
« Si ce que tu dis est vrai… Quelle sœur es-tu pour l'avoir laisser derrière le jour de ton anniversaire ? »
Morgane ne répondit pas qu'elle ne savait pas encore à ce moment-là, car quand bien même, son frère était tout aussi prisonnier d'Uther que ne l'était la communauté magique enchainée sous le bracelet de bronze. Elle était jeune, stupide, une fille stupide, en colère et jalouse…
Elle attrapa Guenièvre par le bras et elles quittèrent les cachots. Morgane et Guenièvre n'échangèrent plus aucunes paroles de la journée. La reine se contenta de plonger la tête dans les papiers, lois et plan de bataille pour le reste de la journée. Un peu avant le couché du soleil, elle congédia sa servante, ne supportant plus son lourd silence plein de reproche et de jugement.
Au soir Guenièvre descendit aux anciens appartements de Gaius pour y voir William et s'assurer qu'il allait bien.
Elle toqua à la porte et entra en entendant la réponse de William.
« C'est ton père ? » Demanda-t-il posant le livre qu'il lisait sur la table. La jeune fille secoua doucement de la tête avant de fermer la porte. « Je suis descendu dans les cachots avec Morgane aujourd'hui. »
William ne répondit pas et lui fit signe de s'assoir.
« As-tu vu Gaius ? » La jeune fille secoua de nouveau de la tête. « Mais j'ai vu Arthur… Il était sale, mais avais l'air en bonne santé. »
William se mordit la lèvre inférieure fronçant les sourcils alors qu'il fixait le bois de la table. William leva les yeux pour les poser sur le visage de son amie. Ils étaient durs et inébranlables.
« J'ai pris une décision. »
Guenièvre retient son souffle. Elle avait eu raison de suivre son instinct et de venir ce soir-là voir William.
« Je pars cette nuit. Avec Gaius. » La jeune fille fronça les sourcils sentant que son ami s'engageait dans une de ces aventures à sens unique, seule la réussite était possible, si il se faisait prendre.
« Je veux que tu viennes avec nous. » Il posa un regard sur le ventre de la jeune fille. « Toi et le bébé n'êtes pas en sécurité ici. Morgane peut découvrir l'identité du père à tout moment ou elle peut tout simplement changer d'avis et ne pas prendre le risque qu'il soit d'Arthur. »
Guenièvre se mit à taper frénétiquement du pied sous la table.
« Mon père est malade, il va mieux mais…. Je ne peux pas l'abandonner et Elyan… Et Arthur ?! »
William ne répondit pas semblant réfléchir.
« Gaius et moi-même pouvons-nous occuper de ton père sur la route, et Elyan et ses talents en épée ne sera pas de trop pour le voyage… »
Guenièvre le regarda fixement attendant la suite qui ne venait pas.
« Et pour Arthur ?
- Ce n'est pas à des servants de prendre ce genre de décision. Il est prince… un prince déchu mais…
- Tu l'as bien fait pour Merlin. » Remarqua Guenièvre, le ton un peu énervé. Elle posa une main sur le bras de son ami. « Elle le tuera. »
William réfléchit. « Si l'on fait sortir Arthur des cachots, il voudra partir avec la princesse Mithian, le chevalier Léon et son père… Je ne ferais pas sortir Uther. »
« Quatre personnes des cachots, mon père qui est malade et seulement Elyan qui n'est pas chevalier pour se battre… C'est impossible William. »
Le garçon se mit à taper du pied à son tour.
« Et Lancelot ? Le garde qui t'aide avec l'enfant ? Ne peut-il pas… »
Guenièvre lâcha son bras. « Je ne peux pas l'utiliser encore plus que je ne le fais. J'ai l'impression d'être une femme horrible. »
William se leva d'un coup.
« Très bien. Je crois que tout est clair. Je partirai avec Gaius cette nuit comme prévu. Nous partirons seuls. » Guenièvre fronça les sourcils et croisa les bras.
« Tu m'abandonnerais ?!
William la regarda un instant.
« Gaius est en prison, n'importe quel jour peut être son dernier et toi ! Toi tu es sous la protection de la Reine pour je ne sais quelle raison qu'elle a trouvé ! Et tu veux que je choisisse entre lui et toi ?! Tu ne trouves pas que la situation est quelque peu déséquilibré pour t'offenser, Gwen ?! »
La jeune fille ne dit plus rien mais son visage ne s'adoucit pas plus autant.
« Ecoutes… Va pour Lancelot, William. Je vais parler avec lui. Laisse-moi juste deux jours de plus, je lui parle demain et je parle à Elyan, si les réponses sont positives nous aurons encore une journée pour établir un plan « d'évasion ». »
William se rassit sur sa chaise, les épaules lourdes avant de cacher son visage derrière ses mains.
« Merci… Guenièvre… Je m'en serais voulu de ne pas partir avec toi, mais Gaius… »
La jeune fille ne répondit pas. Elle pouvait comprendre Gaius était comme un père pour le garçon. Elle non-plus ne pourrait pas laisser son père au fond d'un cachot. Mais cela ne changeait rien à cette blessure qu'elle pouvait sentir dans sa poitrine à l'idée que William aurait pu la laisser derrière.
Convaincre Lancelot ne fut pas difficile et Guenièvre remarqua avec peine que le jeune homme l'aurait suivi jusqu'au bout du monde. Elle lui donna rendez-vous avec Elyan et William chez elle, le soir même et il acquiesça un fin sourire sur les lèvres, tendre et confiant. Elle ne put s'empêcher de sentir une chaleur douce dans sa poitrine. Si seulement, elle l'avait rencontré avant Arthur. Maintenant tout était compliqué.
Le soir même Elyan, William et Genièvre accueillirent le garde dans la modeste maison du centre-ville. William s'était assuré d'avoir une charrette à disposition pour y mettre le malade, officiellement, William accompagné d'Elyan et Guenièvre quittait Camelot pour que leur père reçoive des soins approprié. Guenièvre en avait touché deux mots à une Morgane un peu distraite qui lui avait donné ses congés. Lancelot accompagnerait Guenièvre entant que « petit ami », il avait demandé lui aussi des congés pour des raisons de famille, heureusement pour lui le commandant de la garde était Gauvain. Ce dernier se fichait pas mal de connaitre les raisons de son absence.
Sortir de la ville ne serait donc pas un problème, mais cacher trois personnes dans le chariot s'avèrera plus difficile.
« On ne peut pas cacher trois personnes dans le chariot, c'est tout bonnement impossible. Nous allons nous faire prendre. » Annonça Elyan, très pessimiste.
« Si seulement on avait encore le dragon… »
Un vacarme d'outils qui tombent à terre se fit entendre dans l'atelier et les trois hommes se relevèrent d'un coup, sur leur garde. Elyan attrapa l'une de ses épées qu'il polissait dans le salon avant d'entrer dans l'atelier.
Un drôle de rire, mou et voilé de mot dénué de sens se fait entendre.
Il posa alors les yeux sur un jeune homme aux cheveux long et brun, écroulé à terre au milieu de ses outils de travail. Elyan tapa de son épée contre le pied de table pour attirer l'attention de l'homme qui ne s'arrêtait pas de rire.
« Shhh ! » Lui répondit ce dernier en posant un doigt sur ses lèvres.
Lancelot rejoint Elyan dans la pièce et posa le regard sur l'intrus, de toute évidence, alcoolisé.
« Gauvain Luaithre ?! » S'exclama le garde.
« Oh, nan ! Pas cool, j'étais in-co-ni-to ! » Le jeune prince se releva difficilement en se tenant à l'établi et Elyan baissa légèrement son épée.
« Lancelot ! » S'exclama-t-il semblant poser les yeux pour la première fois sur le garde, il vint l'attraper par les épaules et les tapoter amicalement. Il vacilla légèrement et posa les yeux sur Elyan, avant de plisse les yeux.
« Je ne savais pas que tu étais de l'autre bord… » Elyan fronça les sourcils et Lancelot en perdit ses mots. William entre à son tour dans la pièce.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Gauvain éclata de rire. « Oh, mon dieu ! Vous êtes combien ici, c'est un bordel ?! » Il se mit à rire de nouveau.
SLAP.
Il rouvrit les yeux sur Guenièvre, les joues rouges. « Je vous prie de respecter ma maison, vôtre altesse. »
Terriblement honteux, Gauvain ne répondit pas et chancela de nouveau sur ses jambes. « Si vous n'êtes pas… Si ce n'est pas… Qu'est-ce que vous faite encore dehors après le couvre-feu ? »
« On prépare le voyage du père de …. » Commença William, un peu sur la défense, tandis qu'Elyan empoigné son épée plus fortement et Lancelot repéré les armes proches de lui.
Gauvain avait peut-être bu quelques verres, ou amphores, mais ses yeux étaient toujours aussi perçants.
« Vous complotez quelque chose. » Remarqua-t-il en chancelant. Il regarda les visages de chaque personne présente dans la pièce. Avant de poser le regard sur la jeune fille qui tenait son ventre arrondi. Son expression s'adoucit.
« Ce n'est pas un coup d'état. » Remarqua-t-il. Aucun ne répondit. Il posa les yeux sur William. « C'est Gaius, c'est ça ? »
William fit un pas en avant.
« Il est innocent. »
Gauvain observa la position de défiance du garçon avant de parler.
« Arthur aussi. » Remarqua-t-il. Personne ne répondit.
« Vous allez sortir, aussi, Arthur des cachots… »
Il eut un silence puis Gauvain claqua des mains faisant sursauter tout le monde.
« Comment on fait ça ?!
- On ? » S'exclama Elyan.
« Arthur est mon cousin préféré, il a été plus un frère pour moi que ne l'a jamais été Cendred. Je ne pardonnerai jamais Morgane si elle l'exécute mais…. Je n'aurais peut-être jamais à le faire… Enfin vous voyez ce que je veux dire… »
Il tapota de nouveau l'épaule de Lancelot. « On va sortir le cousin et sa princesse des cachots. »
William fronça les sourcils. « Tu trahirais les tiens. »
« Ma mère nous a trahi le jour où elle a empoisonné mon père. »
Le silence retomba dans la pièce, tous semblèrent réfléchir et personne ne demanda à Gauvain comment il avait appris pour la mort de son père.
« Tu es le commandant de la garde, remarqua Lancelot. Tu connais toutes les sorties de secours. »
Gauvain sourit d'un de ses sourires de connivence.
Arthur sursauta dans son sommeil à l'entente du changement de garde.
« Ce n'est pas toi d'habitude.
- Je prends congé demain alors pour se venger le commandant ma placé ici pour mes dernière heures de travail. »
Le précédent garde n'en demanda pas plus, fatigué de son tour, il quitta vite les cachots pour chez lui. Arthur referma les yeux pour reprendre son sommeil. Il n'y avait que ça à faire ici, de toute façon quand soudain il entendit le bruit de clés dans les serrures. Il se redressa d'un coup sur sa couchette pour voir le garde ouvrir la cellule de Mithian.
« Princesse ? » Demanda le garde. Arthur se leva près à défendre sa femme. Le garde ne la toucherait pas, même si des grilles la séparaient de lui, il se démènera comme un diable pour l'en empêcher.
La jeune fille sursauta et se leva à son tour.
« Je vais vous faire sortir de là. » Annonça le garçon. Arthur réalisa soudain que ce garde était leur porte de sortit. Le peuple était encore prêt à défendre le digne héritier.
Le garde ouvrit alors sa cellule à son tour et se dirigea vers celle de Léon.
« Qui es-tu ? » Demanda Arthur.
« Lancelot, et je ne suis pas seul. » Annonça-t-il avant de se diriger vers la cellule de Gaius fermée d'une porte en fer semblable à celle qui enfermait son père.
Des pas rapides se firent entendre descendant les escaliers et tous sursautèrent à l'exception de Lancelot. William l'apprenti de Gaius arriva transportant dans ses bras des capuchons.
« Mettez-ça sur vous pour cacher vos visages. »
Lancelot ouvrit enfin la porte de Gaius et le jeune Will entra d'office à l'intérieur. Il eut des éclats de joie et des promesses chuchotées entre le maitre et son apprenti tandis que les prisonniers en cavale se couvraient le visage.
Alors que William aidé le vieil homme à se couvrir, Mithian jeta un coup d'œil à la porte qui enfermait le roi. Arthur hésita lui aussi instant en remarquant aucun de leur sauveur ne montra d'intention de libérer le roi légitime.
« Et Uther ? » Demanda le chevalier Léon.
« Je ne ferais pas sortir ce monstre des cachots, cracha William avec furie. Qu'il y pourrisse ! » Léon regarda Arthur attendant une réponse de sa part.
« Je savais que mon père faisait quelque chose à Merlin, je n'aurais jamais imaginé…. Je ne peux pas le faire sortir pas en sachant ce qu'il a fait. »
Le chevalier hocha de la tête comprenant parfaitement.
Cachés sous leur capuchons et accompagné de William qui répondait à tout le monde de ne pas s'approché de ces malades contagieux, ils traversèrent le couloir sans encombre avant d'être rejoint par Gauvain et Perceval surprenant tout le monde.
« Tu ne croyais pas que t'allais te faire la mal, sans moi, princesse ? » Annonça Gauvain à son cousin.
Mithian leva un sourcil mais ne releva pas le titre utilisé. Ils passèrent par les douves. Arrivés devant les grilles qui donnaient vers l'extérieur, Gauvain sortit un trousseau de clé. Une fois la dernière barrière les séparant de la liberté ouverte, le groupe se faufila dans la nuit à l'extérieure du château.
Ils coururent jusqu'à l'orée du bois où attendait, Guenièvre et sa famille. Elle descendit de la charrette et accourut auprès de son prince.
« Arthur ! » Ils s'enlacèrent fortement et Arthur sentit le doux parfum de son aimée, se rassurant de sa présence, avec elle à ses côtés, il pouvait quitter Camelot. Il jeta un regard en arrière sur son royaume.
Plus morne et austère que jamais, le château blanc de Camelot, aux murs assombris par la fumée des buchers de sorcières et sorciers et la nuit estivale qui tombait doucement, se dressait, large et robuste, tel un énorme rocher, incassable. Il sera encore là quand il reviendrait. S'il revenait.
« Vous reviendrez, vôtre altesse et vous reprendrez votre couronne, j'en suis certaine. » Annonça Mithian avec douceur à son mari, le regard peiné.
A suivre ...
Bon, je ne sais pas ce qui m'a pris aujourd'hui j'étais censé avancer dans les trads pour les cours, mais comme mon disque dur fait des siennes, je me suis dit qu'en attendant je pouvais me repencher sur Les enfants du Roi fou, je sais que beaucoup de ceux qui suivent mes histoires me réclament des nouveaux chapitres de la Girouette, mais je n'ai pas l'inspiration ni le temps d'en trouver pour l'instant, donc c'est horrible et j'ai horreur de dire ça, mais il va falloir attendre encore. Mais je vais y penser sérieusement. Comme vous pouvais le voir ce chapitre n'est pas concentré réellement sur Arthur mais sur Guenièvre qui m'a paru plus adéquate pour suivre tout ce qui se passait dans le château... Voilà Camelot définitivement entre les mains de Morgane, plus de Morgause et plus d'Arthur dans le pattes mais la fratrie est séparée, que se passera-t-il ensuite ?!
