Troisième chapitre, on avance dans l'histoire. Plus de dialogues ! Pas de Taki mais elle sera bientôt de retour Dites moi ce que vous en pensez ! Bonne lecture !


3. Sans toi

- Gaara, tu crois que ce sera un garçon ou une fille ?

- … Tu me demandes de deviner ?

- Moui.

- …

- …

- …Tu vas attendre jusqu'à ce que je réponde ?

- Moui !

- …

- Et tu sais que je peux attendre des heures en te regardant. T'es trop sexy quand t'es en panique.

- …

- Et encore plus quand tu es embarrassé.

- …

- Et quand tu as envie de m'étrangler.

- Je n'ai jamais envie de t'étrangler.

- Même maintenant ?

- Même maintenant.

- Même alors que je suis boursouflée, émotive et pleine de questions idiotes qui cherchent à disséquer ton cerveau ?

- Même.

- Oh...

- … Tu sais que tu es sexy quand tu es embarrassée?

- La ferme.

- …

- …

- Je t'aime.

- …Pareil.

oOo

Je ne me rappelle pas combien de temps cela a duré. Tout ce que je sais c'est que j'ai passé des heures, des journées, des semaines entières à tester mes nouvelles capacités. J'étais un maitre de la terre médiocre et un maitre de l'eau pire encore. Ce n'était pas le bon ordre d'apprentissage, voilà ce que disaient mes professeurs. Il fallait commencer par le feu. Mais je ne voulais pas. Je voulais être médiocre. Je voulais qu'ils abandonnent. Pour que je puisse rentrer chez moi. J'étais partie depuis trop longtemps.

Confessions, par l'Avatar Taki

oOo

Konoha. Un village saturé, grouillant et bruyant. Et pourtant, il avait du mal à le trouver désagréable. La bête en lui était agitée, plus que de coutume. Il savait pourquoi. Le combat contre ce ninja au pyjama vert l'avait ébranlée. Elle pensait Gaara impossible à blesser. Et voilà qu'il avait saigné. Comme toujours lorsque la bête était énervée, il lui avait laissé le contrôle, ne voulant pas épuiser ses forces à essayer de la contrôler. Il avait appris il y avait longtemps de ça que c'était trop fatigant. De plus, il n'avait que faire du fait qu'elle tue quelques incapables pour rassasier sa soif de sang. Après tout, il n'y avait personne à qui il tenait vraiment, plus depuis longtemps. Ceux qu'il aimait l'avaient abandonné, un à un. Alors il s'était retiré, en silence, et avait laissé la bête prendre le dessus, restant spectateur. Il ressentait bien entendu sa frustration, sa colère, et l'incompréhension. La barrière de sable de Gaara n'avait pas été suffisante. Ca n'était jamais arrivé.

Et voilà qu'aujourd'hui il devait affronter un autre des ninjas de Konoha. Un garçon aux cheveux jais qui lui avait parut désagréable. Un autre avait attiré son attention. Pour une raison bien différente. Il lui avait fait penser à elle. Il s'agissait d'un garçon blond de son âge qui avait passé son temps à sourire niaisement, à hurler à tout va et à faire du bruit. Tout d'abord, Gaara l'avait trouvé irritant. Puis il s'était mis à l'observer. Il y avait quelque chose de…familier en lui. Il avait commencé à écouter les commentaires des gens autour de lui, ce qu'ils disaient sur ce garçon, parfois même lorsque ce dernier était à portée. Et à chaque fois, il avait vu le garçon sourire de ce sourire qu'il connaissait bien. Pour masquer son chagrin. Sans y penser, il porta la main à son cou. Pour la première fois en six ans, il cherchait le contact de la pierre. Avant de se rappeler qu'après de long mois passés à attendre en vain, il l'avait jetée dans le désert de colère et de chagrin. Il serra le poing, se maudissant intérieurement pour son geste stupide. Il lui restait encore un match. Un match et il pourrait rentrer, loin de ce village bruyant, loin de cet endroit qui agitait la bête. Loin de ce garçon qui avait son reflet. Loin de ses pensées qui l'agitaient, lui, pour la première fois depuis bien longtemps.

oOo

Lorsqu'il revit les murs de Suna, toute trace d'agitation avait disparu. A la place, une terrible angoisse le dévorait. Il avait perdu. Complètement et irrémédiablement perdu face au ninja blond. Uzumaki Naruto lui avait passé la trempe de sa vie. Même la bête était réduite au silence. Elle avait pris le contrôle total, absolu de son corps et il l'avait laissée faire, comme de coutume, désintéressé. Puis la douleur était venue. Encore et encore. La bête avait paniqué. Et s'était retirée. Gaara s'était retrouvé confronté à ce garçon, avait encaissé des coups plus que jamais et son esprit n'avait pas compris pourquoi. A part qu'on essayait de lui faire du mal. Encore. Il s'était allié avec la bête alors, pendant un court instant. Et ils avaient perdu. Uzumaki Naruto avait remporté la victoire. Pas seulement pour gagner. Mais pour protéger. Protéger des personnes à qui il tenait. Ses amis.

Cela l'avait troublé, bien plus qu'il ne l'aurait pensé. La bête terrassée, il avait eu pour la première fois l'occasion de penser par lui-même, sans les chuchotements permanents dans son crâne. Et ses émotions étaient revenues au galop lorsque son frère et sa sœur, ces inconnus jusqu'alors, avaient pris sa défense. Mais aussi quand il avait appris qu'un autre que lui portait une bête en son ventre. Qu'il avait maintenant des amis à défendre. Tout ça, en suivant la même voie qu'elle. La voie qu'il aurait pu prendre si elle était restée à ses côtés. Si elle était revenue. S'il ne l'avait pas laissée partir.

A peine rentré, et malgré les protestations timides de Temari, Gaara quitta Suna pour s'enfoncer dans le désert. Il sentait la présence de son frère et de sa sœur dans son dos et cela continua d'ajouter à son trouble. Ils avaient encore peur de lui, il le savait, mais quelque chose avait changé en eux aussi. Parfois il y avait dans leurs regards de…l'inquiétude pour sa personne. Uzumaki Naruto leur avait montré la voie à eux aussi. Peut être qu'elle aurait pu le faire elle aussi s'il les avait présentés à l'époque, s'il avait été moins égoïste en la gardant pour lui tout seul. C'était de sa faute. Tout était de sa faute. Il fallait qu'il la retrouve. Il lui avait promis.

Pendant des jours et des jours, il chercha la pierre. Temari et Kankuro l'aidèrent. Ils ne comprenaient pas vraiment son obsession pour retrouver un petit caillou dans des dunes de sable, en grande partie parce qu'il ne leur avait pas expliqué la provenance de la pierre ni son importance à ses yeux. Il était encore trop tôt pour leur dévoiler tout ça, il ne se sentait pas prêt à leur en parler. Mais étonnamment ils saisirent l'occasion pour apprendre à le connaître. Après les jours brûlants à retourner le sable, ils passèrent tous trois de longues soirées à la belle étoile, Kankuro remplissant souvent le silence par des histoires, utilisant même parfois ses marionnettes. Temari était moins loquace mais Gaara sentait son regard sur lui en permanence. Elle le jaugeait, se demandant surement si ce qu'ils faisaient était une bonne idée. Ou craignait peut être que la bête ne revienne à la surface. Mais Gaara avait la situation sous contrôle. Il avait l'esprit clair, bien qu'il soit ballotté dans tous les sens par ses émotions. Il ne voulait plus donner le contrôle de son corps à la bête. Il étoufferait les chuchotements si nécessaires. Aussi, au fil des soirées passées à veiller, il s'apaisa sans même s'en rendre compte. Parlant toujours aussi peu, il se surprit parfois à répondre à des questions ou même sourire légèrement aux histoires de son frère. Il vit le changement s'opérer, comme par magie. Plus il interagissait, plus son frère et sa sœur se détendaient à son égard. Bientôt, il en vint à être le seul de garde alors qu'ils dormaient. Ils ne craignaient plus pour leur vie lorsqu'il était le seul éveillé. Ils lui faisaient confiance. Et Gaara se rendit compte qu'en écrasant les murmures de la bête, il pouvait lui aussi s'imaginer leur faire confiance un jour. Ca prendrait du temps. Mais il y arriverait. Il voulait être capable de réparer ses fautes envers elle. Il voulait voir le sourire sur son visage quand il la retrouverait.

oOo

Il ne retrouva pas la pierre. Quelques jours plus tard, des shinobi de l'ANBU de Suna vinrent les chercher. Le Troizième Kazekage avait été découvert mort dans le désert, juste après l'invasion ratée de Konoha par un dénommé Orochimaru. Il était vital que ses trois enfants soient mis en sécurité, en particulier Gaara. Tout le monde avait beau avoir peur de lui, être terrifié de sa puissance, il restait néanmoins la carte maîtresse de Suna. Peu importait que l'attaque n'ait pas été orchestrée par le vrai Kazekage originellement, le conseil de Suna redoutait que les autres villages leur déclarent la guerre. Il fallait dissiper le malentendu, mais cela risquait de prendre du temps. Les jours passèrent, puis les semaines. Bientôt un mois. Et un autre. Gaara se mit à tourner en rond comme un lion en cage. Lui que son frère et sa sœur avaient toujours vu d'apparence mou et apathique, voilà qu'il passait son temps à parcourir les couloirs de leur demeure comme une âme en peine, ne cessant de tourner son regard turquoise vers le désert, crispant ses mains dans ses cheveux rouges. Il perdait du temps. Rester ici par la volonté de vieux croulants le rendait dingue. Et les chuchotements de la bête devenaient plus durs à repousser. Il avait toujours très peu dormi, de peur que la bête ne prenne le contrôle lorsqu'il était assoupi. Lui donner le contrôle de temps à autre en bataille lui convenait, mais pas en permanence. Depuis son retour de Konoha, il la repoussait sans cesse et il sentait sa frustration augmenter. Hors de question de ne serait-ce que fermer l'œil. La méditation devenait de plus en plus difficile car il ne cessait de penser à cette pierre, enfouie sous des tonnes de sable par sa bêtise. « Si elle est avec toi, je suis sure de toujours te retrouver. Et si je n'y arrive pas, avec ma pierre magique et ton super pouvoir du sable, c'est toi qui viendras me chercher. Hein Gaara ? Promis ? ». Il avait acquiescé. Il avait promis. Peut être qu'elle tentait de le joindre depuis des mois, qui sait, des années, mais elle n'y arrivait pas. Elle lui avait dit qu'elle devait quitter sa maison pour quelques temps. Elle n'avait sans doute pas pu revenir. Ou alors, elle était bloquée quelque part. Et lui, comme un imbécile, parce qu'il souffrait de son côté, pour lui faire payer le fait qu'elle ne soit pas là, il avait jeté la seule chose qui aurait pu lui permettre de la trouver. Alors qu'elle devait sans doute souffrir autant que lui. Il l'avait lu dans ses yeux caramels. Elle avait été terrifiée. Et elle lui avait fait confiance pour venir la chercher en cas de problème. Mais il ne pouvait pas. Par sa bêtise il ne pouvait pas !

Poussant un hurlement de rage, il frappa du poing contre le mur du couloir. Celui-ci explosa sous la violence du choc, faisant hurler de terreur les servantes qui passaient là. La tête baissée, le souffle rauque et erratique, il essayait de reprendre ses esprits, d'ignorer le sang battant violemment dans ses tempes. Sa peau le picotait, des frissons parcouraient sa colonne vertébrale alors que la sueur commençait à perler sur tout son corps. Lorsqu'une main se posa sur son épaule, le sable jaillit vivement pour se dresser entre lui et son attaquant. D'autres cris de frayeur plus loin dans le couloir. Lorsqu'il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, les yeux injectés de sang, il rencontra le regard vert d'eau de sa sœur. Le poignet immobilisé dans le sable de Gaara, les doigts crispés par la pression de la prise, elle avait réussi à garder un visage extraordinairement calme au vu de la situation. Les yeux de Temari étaient braqués sur lui, inquisiteurs, un brin effrayés mais aussi…concernés.

- Gaara, fit-elle d'une voix légèrement tremblante mais affirmée. Qu'est-ce qu'il y a ?

Ces quelques mots suffirent à Gaara pour retrouver le cours de ses pensées. Il y a quelques mois à peine, sa sœur aurait été avec tous les autres, au bout du couloir à le regarder de loin en le traitant de monstre. Elle ne serait jamais venue aussi près de lui. Et ne l'aurait certainement pas touché. Cela signifiait que rien n'était perdu. Elle lui faisait confiance. Elle voulait l'aider. Doucement, le sable se retira de son poignet, glissant lentement sur la peau tendre comme pour se faire pardonner, et rentra sagement dans la gourde de Gaara. Alors qu'il se retournait pour faire face à sa sœur, le mur qu'il avait détruit se reconstruisit petit à petit derrière lui. Il avait toujours le regard baissé et une main crispée sur ses cheveux rouges. Il était épuisé.

- J'en ai assez d'être enfermé ici, souffla-t-il, fermant les yeux pour atténuer sa migraine. J'ai l'impression de…

Il ne termina pas sa phrase. Des ricanements emplissaient son esprit et ses doigts se crispèrent sur son crâne. Lorsque la main de Temari se posa de nouveau sur son épaule, il fit un effort surhumain pour ne pas sursauter. Sa sœur le dévisageait attentivement, ignorant à la perfection le sable qui avait de nouveau jailli de la gourde et qui se trouvait juste au dessus d'eux, prêt à la frapper à la moindre forme d'agression.

- Viens avec moi.

oOo

Ils se battirent durant des heures. Kankuro les rejoignit après une vingtaine de minutes à peine, surement alerté par des serviteurs en panique, et il prit le relais de Temari lorsque celle-ci commença à fatiguer. Et inversement. Gaara avait trop de tension à éliminer pour s'écrouler et ce malgré sa fatigue. L'exercice lui fit du bien, lui permit de se concentrer sur quelque chose d'autre que l'auto flagellation permanente qu'il s'infligeait depuis des semaines et surtout, cela apaisa la bête. Repue de violence, elle finit par s'assoupir. Ce fut ainsi qu'au bout d'une journée complète de combat que Gaara se laissa tomber sur le sol de l'arène privée du Kazekage, les bras en croix, le souffle court mais incroyablement soulagé. Quelques minutes plus tard, Temari et Kankuro vint le rejoindre, épuisés, et tous trois restèrent là, tête à tête, à regarder le haut plafond décoré de l'enceinte. Seules leurs respirations saccadées résonnaient dans la pièce. Et cela lui apposa un baume au cœur.

- Merci…souffla-t-il à l'intention de sa sœur.

Cette dernière se tendit légèrement, surprise, puis hocha la tête, un léger sourire aux lèvres. Kankuro, pensant que ces mots lui étaient adressés, tendit le bras pour lui tapoter l'épaule. Il rata et lui flanqua la main dans la figure, sans même s'en rendre compte. Gaara en revanche se pétrifia légèrement face à cette attaque involontaire…avant de se rendre compte que son sable s'était à peine soulevé du sol, comme un chien se tenant prêt à bondir pour défendre son maître mais restant néanmoins sagement à distance. Il en était presque choqué. Temari également car elle n'avait rien perdu de l'échange. Quand à Kakuro, comme d'habitude, il ne rendit compte de rien :

- Mais de rien, petit frère, déclarait-il d'un ton qui se voulait sage. J'ai toujours voulu me battre à fond contre toi comme ça, pour voir un peu ce que ça donnait. Bon bien sûr, c'est tout de suite plus rassurant de savoir que tu ne vas nous tuer ou te changer en tanuki géant dès qu'on t'en colle une.

- Kankuro ! siffla Temari face à son manque de délicatesse et surtout face à l'air ébranlé de Gaara.

- Quoi ? C'est vrai non ? Il est pas bête, il sait bien qu'on avait la trouille et lui dire le contraire ne sert à rien. L'important c'est que maintenant, on est là, tous ensemble. Et que quiconque essaie de blesser l'un d'entre nous, se retrouvera avec les deux autres à dos ! finit-il avec un large sourire.

Gaara hocha la tête alors que Temari souriait également. Il savait qu'il faisait peur aux gens. Il savait aussi qu'il n'avait jamais montré aucune retenue face à ceux qui l'importunaient, tuant ses ennemis et blessant des alliés sans ciller. Mais de penser que son frère et sa sœur ait cru un instant qu'il ait pu les tuer l'avait troublé. Il ne pensait pas avoir jamais pu en être capable. Il se serait toujours arrêté avant….Non ? Peut être pas…Il ne savait pas. Il ne savait plus.

Une main sur son épaule le tira rudement de ses pensées. Il n'avait toujours pas l'habitude qu'on le touche aussi librement. Son sable demeura légèrement au dessus du sol, glissant contre sa peau pour le rassurer de sa présence. Il tourna ses yeux turquoises dans la direction de son frère et rencontra sa face goguenarde ce qui le surprit :

- Doooooonc…fit-il d'une voix trainant qui suintait de sous entendus. Cette fille…

- Oh kami, grommela Temari en se cachant le visage dans ses mains, Gaara tournant son regard vers elle, soudain complètement perdu.

- Quoi ? s'exclama Kankuro, l'air indigné en se redressant. Notre petit frère qui a toujours démontré autant d'affection qu'un crabe des sables se révèle soudain avoir une amie depuis plus de 6 ans, une fille en plus, pour laquelle il a retourné le désert entier durant des jours ! Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas un peu curieuse ?

La ninja blonde grogna dans ses mains mais jeta tout de même un coup d'œil à ses frères. Gaara se redressa à son tour, essayant désespérément de comprendre ce qu'il se passait, et retourna vivement son attention vers son ainé qui claquait ses doigts juste devant son visage.

- Hep ! N'essaie pas d'ignorer ma question ! Alors cette fille ?

- A…Alors quoi ? bredouilla-t-il misérablement, ne sachant ce qu'on attendait de lui.

- Allez allez dis nous tout ! continua Kankuro, intraitable. Son nom, son âge, sa taille. Elle est mignonne ? Elle te plaît ? Elle est célibataire ?

A chacune des questions, Gaara ouvrait des yeux de plus en plus grands. Il ne comprenait rien, rien du tout ! Pire, il ne savait répondre à aucune de ces questions ! A part son nom, et encore, en y réfléchissant, elle aurait très bien pu lui donner un faux nom. Cela n'aurait pas été étrange, au contraire. Rencontrer comme ça un inconnu pouvait s'avérer dangereux. Elle aurait donc pu lui mentir... ? Mais lui il avait dit la vérité, il lui avait donné son vrai nom. Non, impossible. Elle n'avait pas menti. Pas elle.

Au fur et à mesure de ses pensées, son visage s'assombrit alors que ses yeux se baissaient vers le sol. Son sable se mit à tourner doucement autour de lui, remontant légèrement sur ses jambes en tailleur comme pour le protéger de ces paroles qui le perturbaient. Temari et Kankuro remarquèrent immédiatement son changement d'attitude et, pour la première fois, ils s'assirent près de lui, son frère lui faisant face et sa sœur à ses côtés.

- Pas la peine de répondre à ce crétin, lui dit Temari d'un ton apaisant qu'il ne lui avait jamais entendu utiliser. Ignore-le.

- Hey ! grommela Kankuro, visiblement blessé. C'était juste de la curiosité, c'est tout. C'est tout naturel.

- Ce qui est naturel chez toi, c'est de courir après tout ce qui porte une jupe ! répliqua la ninja blonde d'un ton sec.

- C'était juste pour avoir des infos !

- Ils avaient cinq ans andouille !

- C'est toi l'andouille ! Andouille blonde !

- Abruti !

- Elle s'appelait Taki.

Temari et Kankuro braquèrent leurs regards sur Gaara qui venait de parler. Ce dernier avait toujours les yeux rivés au sol et regardait son sable tourner doucement autour de lui. Mais sa voix avait un ton différent de d'habitude. Fatigué. Douloureux.

- Elle s'appelait Taki, répéta-t-il doucement. Elle était plus grande que moi. Elle avait les cheveux bruns, comme l'écorce des arbres de Konoha. Ils étaient longs et le vent les lui soufflait toujours dans les yeux. Ça la faisait rire. Ses yeux étaient…chauds. Elle me regardait comme quelqu'un de normal. Elle comptait sur moi. Et je l'ai laissée tomber.

Il leva son regard turquoise vers eux et ils retinrent leur respiration. Les yeux de Gaara débordaient de larmes.

- Comme je vous ai laissés tomber vous, réussit-il à articuler entre ses mâchoires crispées.

Il serra les poings, baissant la tête en signe de soumission. A ses pieds, deux larmes chutèrent dans le sable mouvant en un bruit mat.

- Je suis désolé, souffla-t-il la voix brisée.

Son corps fut alors secouée de sanglots. Mais il le sentit à peine. Car les bras de Temari vinrent l'entourer et sa chaleur l'enveloppa. Il sentit son corps se presser contre le sien pour la première fois. Une deuxième étreinte finit de l'envelopper. Kankuro les avait pris tous les deux dans ses bras. Il était prisonnier, il ne pouvait plus bouger dans ce carcan de corps et de bras. Ses yeux le brulaient, il avait du mal à respirer à cause des spasmes qui agitaient violemment sa poitrine, à ses oreilles Temari pleurait et Kankuro reniflait bruyamment. Et pourtant, pour rien au monde il n'aurait voulu être ailleurs.


A suivre…

Chapitre 4 : J'ai entendu ta voix


Et voilà ! J'ai essayé d'expliquer à ma manière l'attitude de Gaara enfant et sa lente transformation. J'espère que c'est cohérent ! A très bientôt !