Ça l'intriguait. Ça l'obsédait. Il n'en pouvait plus. Cette simple histoire était devenue une véritable drogue pour lui. Tellement qu'il était resté à lire jusqu'à une heure du matin. Kyōya s'était arrêté à l'avant dernier chapitre. Et il ne s'est pas arrêté ici par envie, loin de là. Tout simplement parce que son corps et son cerveau ne supportaient plus veiller, et le jeune homme s'est endormi, où plutôt est tombé raide de sommeil. Et il ne l'avait même pas remarqué. Désormais, il était là, dans son lit, son corps totalement éteint, mais son esprit braqué sur le contenu de son livre. Il était conscient, il ne savait même pas si il dormait où non. En réalité, il était juste plongé dans un sommeil paradoxal, malgré lui. Ensuite, un bruit. Il l'entendit, mais il réagit pas, le corps trop fatigué pour bouger. Une seconde fois, le bruit retentit. Il le reconnu, sonnerie de téléphone, un message. Kyōya se leva, et étrangement, il ne sentait plus la fatigue. Il prit son portable, était-ce le matin ? Il regarda l'heure, trois heures du matin. Bon, OK, d'accord. Qui lui envoie un message à cette heure-ci ? Et pourquoi son téléphone est-il allumé ? Normalement, il l'éteint toujours avant de s'endormir. Enfin, « pourquoi », la question ne se posait pas. Parce qu'il ne pensait qu'à une chose, sa lecture. Oui, et si il s'était posé sur son lit ce soir là, ce n'était pas pour dormir, mais seulement pour lire confortablement. Tellement qu'il n'avait pas non-plus mit son pyjama... Oui, il avait dormi tout habillé... chemise blanche, pantalon noir, normal. Cependant, ces derniers n'étaient pas froissés. Bon, aussi, il avait dormi que deux heures... Prenant son téléphone, il fut lui même pris par une désagréable sensation de... il ne savait pas trop quoi. Il se sentait comme... perdu, découvrant un nouveau monde. Et cela le stressait, il sentait quelque chose qui n'allait pas. Il eut du mal trouver le message que lui-même avait reçu sur son propre téléphone. Il sentait comme un espèce de poids sur ses épaules. Quelque chose n'allait pas, quelque chose le bloquait, changeait, le stressait. Tout était bizarre, il avait une sensation étrange, comme si il avait avalé un médicament avec effets secondaires sur le cerveau. Le message s'afficha. Numéro bizarre. Sa jauge de stress augmenta encore. Message blanc. Enfin, à première vue. Le contenu était tout en bas du message. Il lit « Namimori centre, menace w* » ... Qu'est-ce que tout cela signifiait ? Et c'était quoi ce smiley bizarre à la fin ?! Mine de rien, il était juste flippant ! Et la personne qui l'avait envoyé... enfin, le truc ! Le numéro n'était pas mieux. D'ailleurs, c'était plus un nom... mi-nom mi-numéro... C'était noté « 05#inconnu% ». Non, il n'aimait pas ça. C'était quoi le problème ? C'était lui, où ce qu'il entourait ? Ce passait-il des choses bizarres, où était-il devenu complètement fou ? Kyōya se leva, il n'en pouvait plus. Tout cela était-il réel ? Était-il en train de rêver, était-il somnambule ? Non, il y a une chose dont il est sûr, il est conscient. Kyōya avança à travers sa chambre, la trouvant trop grande à son goût. Il avait l'impression que la porte était à des kilomètres de lui. Il s'appuya contre un mur. La raison de son état, c'était sa fatigue. La seule chose qu'il désirait, c'était se reposer, s'endormir. Mais, non, il ne pouvait pas. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il avait le sentiment qu'il lui manquait quelque chose. Il ne se sentait pas complet. Même si on lui retirait cette panique, cette peur, il ne pourrait pas dormir tranquille. Quelque chose lui manquait. Mais quoi ? Ça aussi, il en savait que trop rien. Alors il sortit de sa chambre, et partit, sortit de chez lui. Sa raison ne lui obéissait plus. Elle était devenue inexistante. A ce moment, le poids sur ses épaules s'allégea. Il suivait ses émotions. Il écoutait son cœur.

Rêve, cauchemar, ou réalité ? Il se posait la question. Rien, rien n'allait. Tout l'effrayait. Il avait l'impression d'être sous l'effet d'une drogue, où quelque chose du genre. Mais bizarrement, il n'avait pas mal, nul-part. Il sentait juste la fatigue. Son corps, il avait l'impression de presse pas le sentir, voire pas du tout. Il sentait seulement de la fatigue, du stress, un manque. Il arriva près de la porte d'entrée. Il avait eu l'impression d'avoir mit une éternité avant d'y arriver. Ça y est. Il y est. Enfin. Il sortit de chez lui, et malgré la température qu'il faisait, il ne sentait pas le froid. Il descendit les trois petites marches, et fit un pas en avant, puis deux, puis trois... Il tomba ensuite, son corps ne supportant plus rien. Il avait beau avoir le visage collé contre la neige, il ne ressentait pas le froid. Kyoya ferma les yeux. Cela lui faisait du bien. Il se sentait mieux. C'est comme si on l'avait privé de sommeil pendant un long moment, et qu'il eut enfin l'opportunité de s'endormir. Et maintenant, tout allait mieux. Il ne dormait pas, il se contentait de se reposer. Allongé sur la neige en plein milieu de la nuit, avec une simple chemise pour lui tenir un minimum chaud. Même si il devait faire au minimum moins cinq degrés, il était tellement bien ainsi... Kyōya respirait doucement l'odeur de la neige fraîche. Il avait la moitié de son visage enfoncé dans la poudre blanche. Il la sentait contre ses lèvres, savourant ce goût clair et frais. Il bougea son bras, infiltrant sa main dans la neige, la laissant passer et couler doucement entre ses doigts. Le froid ne l'atteignait pas, il ne le sentait plus. Kyōya ferma les yeux de nouveau.

Il le sut dire combien de temps il était resté ainsi. Que ce soit une minute ou une journée, il n'en savait rien. Il se releva doucement, allant visiblement beaucoup mieux que tout à l'heure. Comme si il s'était totalement reposé pendant cet instant imprécis. Il était dans son jardin, dans la neige. Comment avait-il finit ici ? Était-il somnambule ou quelque chose du genre ? Il soupira. Si toute cette sensation désagréable n'était qu'un rêve, alors tant mieux. Il regarda autour de lui son jardin enneigé. Et autant dire qu'il ne l'avait jamais vu si beau. Le paysage était presque féerique. Il avait laissé la lumière extérieure allumée, et celle-ci donnait une teinte brillante aux flocons de neige qui tombaient doucement sur le sol. Il ne les avait vu si lumineux. D'ailleurs, tout était lumineux. Le ciel avait prit une teinte violette, le blanc de la neige était si intense qu'on se demandait si il était vraiment quatre heures du matin. Il n'avait vu ça. Seulement dans les films de Noël où tout est décoré de la sorte à ce que tout soit parfait. Mais là, c'était beaucoup plus beau. Et le décor était naturel, le plus beau paysage qu'il n'avait jamais vu. Pour l'une des rares fois de sa vie, Kyoya sourit. C'était hors de question qu'il aille se recouché ! Ce n'était pas tous les jours qu'on voyait de telles merveilles ! Et il n'était plus du tout fatigué, alors autant allé admirer les rues enneigés de Namimori – et à la rigueur, faire une ronde de nuit pour mordre à mort les herbivores ne respectant pas la nuit, n'oublions pas qu'il s'agit de Hibari Kyoya, le leader du comité de discipline... Kyoya repassa chez lui pour prendre ses affaires – et avant tout, ses tonfas, et partit. Il respira un grand coup. La neige était-elle aussi blanche dans le village de Yuki ?