Un autre chapitre, sans doute plus court que je ne l'aurais voulu, mais je voulais vraiment le publier pour passer aux choses sérieuses! Bonne lecture et ne soyez pas timide, laissez une petite review ! C'est gentil, c'est gratuit et ça motive !
PS: je rappelle que cette fic est AU, je prends donc des liberté avec les univers, les personnages (etc...) même si j'essaie de ne pas trop m'éloigner des caractères quand même
4. Je t'ai trouvé
- Il fait froid…
- Allume un feu.
- … (soupir)
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien.
- …
- …
- Rien n'existe pas dans ton vocabulaire. Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'avais oublié à quel point tu es romantique.
- Romant… ? Quel rapport ?
- Aucun.
- …
- …
- Si tu as froid, fais un feu. Tu peux le faire en claquant des doigts.
- Ou aloooors…
- …Alors ?...
- Tu…
- …Je…peux…
- Ouiiii ?
- …te prendre dans mes bras ?
- Oh mon cœur tu lis dans mes pensées ! Allez viens par ici, tu verras qu'on n'a pas besoin de feu.
oOo
Je ne me rappelle plus de ces années. Elles ne sont qu'un torrent d'images que mon esprit cherche à effacer. Les journées se suivant toutes, identiques, les torrents de coups, la douleur, pas seulement physique mais aussi mentale, les entrainements, les hurlements…Je ne me raccrochais qu'à une chose : retourner dans cette caverne, traverser la frontière et me retrouver dans ses bras. J'aurais tout fait pour y arriver. Absolument tout. Et je l'ai fait.
Extrait de la biographie de l'Avatar Taki, par par Ecolus Magnat
oOo
Les semaines se succédèrent, une à une, et petit à petit la situation entre les villages se détendit. Gaara rongeait toujours son frein, ne cessant de regarder en direction du désert, ses muscles le démangeant de sauter par la fenêtre et de s'envoler tout là bas pour continuer ses recherches. Il ne le fit jamais cependant. Temari et Kankuro le lui avaient fait promettre et, étrangement, il avait décidé d'accéder à leur requête. Bien que cela lui soit rageant de devoir rester entre les murs de Suna sans rien faire, il trouva cela plus facile à leurs côtés. Ils passaient même la majorité de leurs journées ensemble, à s'entraîner, à parcourir le village ou même à prendre leur repas. Tous les soirs, pour lui faire plaisir, Kankuro et Temari acceptaient de l'accompagner tout en haut de la tour du Kazegake. De là, Gaara se sentait revivre. Le vent du désert l'enveloppait, il pouvait voir l'étendue sableuse sous ses yeux Et vérifier, jour après jour, qu'aucune fente lumineuse n'apparaissait dans le ciel. Mais non. Pas une fois cela se produisit.
Les portes rouvrirent enfin et Gaara fut le premier à sortir, jaillissant tel un kunai lancé à pleine vitesse. Temari et Kankuro l'accompagnèrent, heureux eux aussi de pouvoir se dégourdir les jambes. Ils ne posèrent pas de question et l'aidèrent une fois encore à chercher la petite pierre mystérieuse dans le sable. Sans succès.
Lorsqu'ils rentrèrent à Suna ce soir là, Gaara était d'humeur sombre. Le désespoir l'envahissait. Il aurait voulu y croire, se répéter sans cesse que ce n'était pas une cause perdue…Mais cela devenait de plus en plus difficile. Seules les paroles d'Uzumaki Naruto lui donnaient un peu de courage. Le ninja blond n'aurait jamais laissé tomber. Alors lui non plus. Il ne perdrait pas face à lui. Plus jamais.
oOo
Le temps passa. Les missions se firent de plus en plus fréquentes, tout comme les discussions avec le conseil, les rumeurs sur le prochain Kazekage, les visites à Konoha , les soirées passées dans le désert…Et avec tout ça , Gaara fêta son quatorzième anniversaire. Enfin, il ne le fêta pas vraiment. Ils étaient en mission d'assassinat le jour même et, à vrai dire, cela ne le dérangeait pas plus que ça. C'était plus Kankuro qui en faisait toute une histoire. Si bien que lorsqu'ils arrivèrent à Suna et découvrirent que c'était l'époque du Grand Marché, le marionnettiste les força à aller s'y promener sous prétexte de s'amuser un peu pour l'occasion. Si Temari rechigna de prime abord, grommelant qu'elle était fatiguée et qu'elle n'avait que faire de ces sornettes, elle finit par se détendre au vu des écharpes brodées et des bijoux délicats. Gaara les suivit en silence, partagé entre l'amusement et un étrange malaise. Depuis quelques temps, il se sentait calme, presque serein lorsqu'il était entre les murs du village. En mission, ses pensées ne cessaient de revenir vers Suna. Est-ce que le village se portait bien ? Était-il attaqué en leur absence ? Il ignorait si cela venait de la bête ou de lui-même. Il avait remarqué que cette dernière était moins agitée sans le village, aussi paradoxal que cela puisse être. Peut être que comme lui, elle prenait plaisir à se sentir enfin protégée par ces murs de sable au lieu d'être en permanence sur ses gardes. Peut être, qu'enfin, elle avait accepté cet endroit comme son refuge. Il inspira profondément, basculant la tête en arrière pour regarder le ciel azur. Oui, c'était sans doute ça.
- Hep Gaara ! Viens voir par ici !
Esquissant un léger sourire et s'ébrouant mentalement de ses pensées, Gaara se dirigea vers son frère qui se tenait face à un stand de peintures. Le marchand jeta un regard légèrement craintif au ninja aux cheveux rouges mais Gaara l'ignora, comme il en avait l'habitude. Il écouta son frère déblatérer pendant plusieurs dizaines de minutes sur une nouvelle recette de peinture, le mélange des pigments et la façon dont il pourrait peut être s'en servir dans son ninjutsu. Ce fut Temari qui vint interrompre une tirade qui aurait pu durer plus d'une heure en venant lui filer un petit coup dans le bras :
- Tu as fini oui ? grommela-t-elle alors que son frère aîné lui jetait un regard faussement outré. On est venu là pour fêter l'anniversaire de Gaara et toi tu le saoules de paroles !
- Mais pas du tout ! répliqua Kankuro en tournant vivement son regard vers son petit frère. Ça t'intéresse pas vrai ?
- -Évidemment, il est bien trop poli pour te dire le contraire ! répliqua Temari d'un ton cinglant en voyant Gaara hocher la tête. Allez on bouge !
Les deux frères la suivirent, l'aîné en pestant, le plus jeune sans trop comprendre mais légèrement amusé. Temari essayait toujours de le protéger, même des choses les plus futiles, et tentait de deviner ses pensées sous le masque fermé qu'il portait le plus souvent. Elle n'y arrivait pas toujours. Par exemple, il avait écouté avec attention ce que son grand frère lui avait expliqué, toujours curieux d'apprendre de nouvelles méthodes et surtout de trouver un moyen de les contourner. Ca plaisait à la bête aussi. Il entendait ses chuchotements dans son crâne dans ces moments là mais cela n'avait rien d'oppressant. C'était ce qu'ils avaient de plus proche d'un échange. Il aurait pu trouver dommage que cela soit sur l'idée d'écraser d'autres ninjas en détruisant leurs techniques. Mais non. Cela ne le dérangeait pas. Après tout, le monde dans lequel ils vivaient était dur. Et la loi du plus fort l'emportait souvent. Mieux valait y être préparé le mieux possible.
Un frisson le saisit soudain et sans même y penser, il tourna son regard en direction du désert. Il n'y avait en face de lui que des stands et une foule animée mais il savait toujours où se tourner pour retrouver l'endroit d'où elle était venue. Cela faisait trop longtemps qu'il n'était pas allé et ils étaient venus directement au marché à leur retour. La sensation de bien être entre les murs ne pouvait perdurer s'il ne se rendait pas dans le désert pour retourner du sable. Si Suna était très souvent dans son esprit lorsqu'il était loin, elle y était en permanence. Allait-elle revenir en son absence ? Avait-elle retrouvé le chemin ? Tomberait-elle du ciel sans qu'il ne soit là pour la rattraper ? A cette simple idée, une profonde angoisse le saisit et un nouveau frisson le parcourut. Temari et Kankuro, un peu plus loin face à une échoppe, avaient leurs regards tournés vers lui. Ils avaient reconnu sa posture, tendue telle la corde d'un arc, la tête résolument tournée vers la bas. Ils avaient compris. Seulement, avec les années, ils trouvaient que cette obsession était malsaine pour leur petit frère. Aussi, petit à petit, ils essayaient d'espacer les moments où il se rendait dans le désert à la recherche de cette maudite pierre. Ils n'y arrivaient que rarement mais chaque minute gagnée étaient pour eux une victoire.
- Dernière échoppe Gaara, promis ! lança Temari.
Il tourna son regard turquoise vers eux et hocha la tête, reprenant sa route pour les rejoindre, essayant d'ignore le malaise qui l'enveloppait. Sa sœur était accroupie face à un étal de bijoux exotiques, tous plus raffinés et délicats les uns que les autres. Même si elle n'arrêtait pas de répéter à tout bout de champ qu'elle était une kunoichi égale aux meilleurs ninjas, elle se laissait de temps à autre tenter par son coté féminin. Et ses yeux bleus pétillaient à cet instant d'une joie tant bien que mal contenue.
- Les plus pièces de notre collection, expliquait le marchand alors que sa femme, assise à ses côtés, formait de gestes précis et expert un bracelet de fils dorés et de pierres polies.
- Ils sont magnifiques, soupira Temari admirative alors que Kankuro hochait la tête, clairement impressionné. Vous les faites vous-même ? demanda-t-elle à la femme.
- Oui, répondit cette dernière avec un gentil sourire. Nous ramassons des pierres dans tout le pays puis je crée les bijoux.
- Vous ramassez des pierres ? répéta Kankuro, goguenard.
- En effet, répondit le marchand alors que la kunoichi blonde filait un coup à son aîné, lui interdisant de se moquer. Le désert est particulièrement riche en jolies pierres. Nous trainons ce grand râteau de ma fabrication derrière notre caravane lorsque nous nous déplaçons dans le sable. Le soir venu, nous trions les plus belles pièces et ma femme crée de splendides parures avec elles.
Il désigna de la main un grand panier empli de pierres de toutes tailles et de toutes couleurs qui reposait à côté de la femme. Celle-ci prenait une pierre, l'inspectait, puis l'ajoutait ou non à son œuvre, parfois décidant de la mettre de côté. Dans certaines occasions, jugeant certainement qu'il était impossible d'en faire quoique ce soit, elle jetait les rebus dans un autre panier à ses pieds. Sous le constant fond sonore de la discussion, Gaara la regardait faire d'un air absent quand soudain un frisson le secoua. Il tressaillit si violemment que Kankuro et Temari se tournèrent vivement vers lui, alarmés. Mais il ne s'en rendit même pas compte. C'était comme si le monde tournait au ralenti. Car là, glissant de la main de la femme au dessus du panier des déchets, une petite pierre rougeâtre tombait. Sa pierre. Il ne réfléchissait plus, ne voyait plus rien d'autre que cette pierre qui tombait. Et il se jeta en avant pour la récupérer. Il ne se rendit pas compte qu'il avait renversé le stand entier, faisant voler bijoux, tentures et caisses de bois. Il n'entendit pas les cris de frayeur des marchands, ceux surpris des passants et ceux inquiets de son frère et sa sœur. Non, seule la pierre dans la paume de sa main comptait. Et à peine ouvrit-il les doigts pour la regarder qu'elle lança un éclat bleuté. Et il comprit.
Sans même attendre une seconde, il fit demi tour et s'élança par-dessus le marché, faisant appel à son sable. Il allait vite, le plus vite possible, les mâchoires crispées et les poings serrés à s'en faire blanchir les jointures. Dans sa paume, la petite pierre pulsait à toute allure, tel un cœur battant la chamade. Derrière lui, il entendait des appels, lui disant d'attendre, de revenir. Mais il ne pouvait pas. Car déjà là bas, à peine visible dans le ciel lumineux de pleine journée, déjà la fente lumineuse apparaissait. Et soudain, un corps en chuta. Son sang ne fit qu'un tour dans son crâne et un rugissement envahit son esprit. Il poussa tous ses sens, tous ses muscles au-delà de leurs limites, les bras tendus en avant. Plus vite, plus vite. Le corps tombait, tombait sous ses yeux injectés de noir dont les iris flamboyaient de jaune. Il y arriverait. Il y arriverait.
Il la rattrapa à quelques mètres du sol. Pris dans son élan et surpris par le poids du corps qui n'était plus celui d'une fillette de cinq ans, il n'arriva pas à s'arrêter. Il bascula en avant, perdant l'équilibre, et l'entraîna avec lui au sol. Son sable les enveloppa tous les deux en un clin d'œil, amortissant leur chute, puis il s'éparpilla, les laissant tous les deux assis sur le sable des dunes, essoufflés et meurtris. Gaara reprenait ses esprits avec difficulté, son coeur battant la chamade et le pouvoir de la bête toujours dans son esprit. Il avait du mal à réaliser. Il n'osait pas bouger. Car elle était là, assise tout contre lui. Il sentait sa chaleur contre son torse, son corps tremblait dans l'étreinte de ses bras. Elle avait le visage baissé, caché par une capuche qui lui tombait sur le front et les épaules. Mais c'était elle. Il le sentait. Elle n'avait pas bougé contre lui. Et il lui semblait qu'elle tremblait. Il resserra légèrement son étreinte de ses bras, essayant d'attirer son attention alors qu'une étrange crainte le saisissait. Elle tourna alors son visage vers lui. Et il se pétrifia.
Elle avait grandi, tout comme lui. Il reconnut ses traits même si elle avait perdu ses rondeurs de petite fille. Il reconnut les mèches de cheveux bruns entourant son visage, son petit nez un peu retroussée et un de ses sourcils un peu plus fin que l'autre. Oui, il reconnut tout ça. Mais le reste lui était inconnu et l'emplit d'angoisse. Les yeux caramel qu'il se souvenait joyeux et pétillants de vie étaient emplis de larmes. Ils étaient sombres et chargés de douleur. Sa peau rosée était mate, parsemée de petites coupures et de légers hématomes. Et malgré tout cela, elle lui adressa un sourire qui finit de lui fendre le cœur.
- Je t'ai trouvé…souffla-t-elle en levant la main pour caresser son visage du bout des doigts, comme pour vérifier qu'il n'était pas un mirage. Je t'ai enfin trouvé…
Il ne savait pas quoi dire. Il était figé sur place, ses yeux braqués dans les siens, essayant de comprendre, de deviner, pourquoi ce changement, pourquoi cette tristesse…Et pourquoi cette colère sourde et sombre qui montait en lui alors que son regard passait sur chaque griffure, chaque ecchymose de son visage amaigri. Elle ne lui laissa pas le temps de finir son observation. Car elle se jeta à son cou, l'entourant de ses bras fins, le serrant fort, si fort qu'il pouvait à peine respirer. Il resserra son étreinte à son tour autour d'elle, ne sachant quoi faire d'autre, navigant entre rage et panique, entre colère et impuissance, sentait avec terreur les côtes fragiles sous les vêtements sales. Ce fut alors qu'elle se mit à pleurer. Les sanglots et spasmes secouèrent son corps et un hurlement déchirant sortit de sa gorge. Le cœur de Gaara se broya. C'était comme si c'était lui qui hurlait, lui qui pleurait. Il sentait chaque soubresaut dans le corps qu'il tenait serré contre le sien, chaque réverbération des sons et cris. Et il fit la seule chose qu'il put. Il la serra plus fort, enfouissant son visage tout contre le sien, appelant à lui son sable pour les envelopper dans leur forteresse de solitude. Pour étouffer comme il pouvait sa douleur, sans se soucier de quoi que ce soit d'autre.
A suivre…
Prochain chapitre: 5 . Ma faute
Dans le prochain chapitre, Gaara et Taki pourront discuter un peu et on saura ce qui est arrivée à notre jeune fille pendant toutes ces années. restez à l'écoute !
