"You thought these streets were paved in gold

but they're dirty and dark."

(Hollywood Undead- Been to Hell)

Los Angeles. Ville des Anges, ces démons bien cachés sous des tonnes d'hypocrisie et de faux semblants. On vous promet monts et merveilles, de réaliser tous vos rêves les plus fous avant de vous planter un coup dans le dos et de vous laisser tomber. Chuter toujours plus loin, toujours plus bas, dans une ville que vous aimiez mais finirez par haïr. Des milliers de personnes gagnent la capitale de l'American Dream chaque année, mais une seule devient quelqu'un. Et les Spades, groupe de rock tout droit débarqué de l'état de Washington, se voient bien devenir les heureux chanceux.

Ace, Kid, Hawkins, Luffy et Bonney, cinq adulescents avec des rêves plein le crâne et une ambition qui se voulait capable de mettre la ville à genoux. Les premiers temps, ils courent jusqu'à perdre haleine le moindre casting. Emissions de télé-réalité, télé-crochets, castings pour réaliser des jingles télévisés plus ou moins minables ou des bandes originales de films d'auteurs sans budget. Tout y passe, mais chaque fois c'est la même chose. Désolé, vous n'êtes pas ce qu'on recherche. Une phrase, sept mots, qui brisent leur rêve un peu plus à chaque fois qu'elle leur arrive aux oreilles.

Et courir après un rêve, paye difficilement les factures. Commence alors la survie, alors qu'ils espéraient vivre enfin. Kid dégote un boulot de mécanicien dans un garage miteux de Downton L.A, dont le salaire de misère permet à peine de payer le transport entre le placard à balai où ils vivent et son travail. Bonney se fait embaucher comme serveuse dans le café juste à côté de leur appartement, acceptant bon gré mal gré la jupe courte et le t-shirt transparent que lui tend le gérant. Tu fais ça pour les mecs, J.J, pour vous permettre de rester en ville et de décrocher un vrai job. Faut juste le va travailler comme barman au bar du coin, convaincu que son physique avenant va lui ramener des pourboires en plus et mettre du beurre dans les épinards. Hawkins, lui, se lance dans le grand bain des spectacles de rue. Quelques tours de cartes, à l'angle d'Hollywood Boulevard, qui lui rapportent une poignée de dollars chaque jour. Assez pour un paquet de pâtes, donc assez pour pas crever de faim dans cette jungle.

Et Luffy, Luffy cède aux sirènes comme beaucoup avant lui. Il rencontre ce type, Capone, qui lui vante la beauté de son corps et celle de son visage. En attendant de percer dans la musique, il peut toujours devenir mannequin. Beaucoup ont réussi comme ça, alors pourquoi pas lui ? Et Luffy le croit, parce qu'il veut croire que le rêve des Spades n'est pas mort et enterré. Il fera ce qu'il faut pour ç quand Capone lui demande de dégager ses fringues avant de poser devant l'objectif, il le fait. Plus tard, quand le célèbre Gekko Moria lui demandera de se palucher face caméra, il le fera. Tu penses que c'est le prix de ton rêve, petit, mais tu es enfoncé jusqu'au cou dans ton erreur.

C'est vers l'Enfer que tu fais route, non pas vers le Paradis.