Bonsoir !

Merci à celles qui m'ont laissé un petit mot, votre enthousiasme me touche ! Voilà la suite tant attendue, toute fraîche parce qu'elle date de cet après midi ^^ Sur l'accompagnement musical, vous retrouvez Hollywood Undead et je vous ordonne d'écouter la chanson en même temps que vous faites votre lecture. Elle colle merveilleusement au chapitre, parce qu'elle relate un évènement réellement vécu par un membre du groupe. Je m'excuse d'avance si je vous fais pleurer, vu que j'ai déjà failli me faire pleurer moi en l'écrivant ^^'

Bonne lecture (quand même) :)


"I just wanna say good bye, dissappear with no one knowing

I don't wanna live this lie, smiling to the world unknowing

I don't want you to try, you've done enough to keep me going

I'll be fine, I'll be fine, I'll be fine for the very last time."

(Hollywood Undead- The Loss)

Il est coutume de dire qu'un sourire est un excellent moyen de dissimuler sa souffrance. Plus il est grand, plus il est large, et plus intense est le mal qui vous ronge. Monkey en est la parfaite illustration.

Un sourire sur pattes, une machine à rire, irrémédiablement brisée. Cassée nette, par la concupiscence de l'Homme. Il fait comme si devant ses amis, la famille qu'il a choisie pour qui il donnerait tout, passe maître dans l'art du mensonge malgré le regard inquisiteur d'Ace et l'air attristé de la douce Bonney. Ces deux-là savent que son comportement sonne faux, sans pour autant deviner l'étendue du mal qui le dévore. Alors ils tentent de lui changer les idées, de passer du temps avec lui de façon à effacer ses soucis. Luffy oublie, un temps. Mais le bon souvenir du regard pervers de Capone se rappelle à lui dans le miroir, les glapissements fiévreux de Gekko Moria résonnent à ses oreilles au moment où le jeune homme se pense enfin débarrasser. La vérité le frappe. Il ne le sera jamais. Cette honte, ce dégoût de lui-même et de ce qu'il a fait devant ces hommes, ne le quittera jamais. Ce sera toujours là, en lui, à gratter désespérément pour atteindre la surface.

Encore et encore.

Jusqu'à l'éclatement.

Jusqu'à la chute.

Et cette constatation lui fait mal, terriblement mal, autant qu'elle le soulage. Triste paradoxe. Il souffre, parce qu'il va abandonner son cher Ace et la pauvre JJ. Ils sont le frère et la sœur que la vie a refusé de lui donner. Mais ce malheureux constat l'apaise, parce qu'au fond il sait qu'il ne peut vivre éternellement ainsi. Luffy ne le supportera pas. Les regards, cette impression d'être jugé, méprisé pour ses actes, les gémissements de ceux qui le brisent un peu plus chaque jour. Dans la pénombre de la chambre, bercé par les ronflements d'Ace dans le lit voisin et le nez dans une écharpe volée à Bonney, Luffy sourit pour la première fois depuis longtemps. Un vrai sourire, pas cette parodie qu'il offre au monde ces derniers temps. Parce que sa décision est prise. Il ira bien, pour la toute dernière fois.

Son terrible projet, il le met en place dès le lendemain. Luffy attend que l'appartement soit vide, puis se dirige vers la salle de bain. Une simple feuille de papier, quelques mots échoués sur le grain lisse et blanc, délivrera des explications à ceux qu'il aime comme sa famille. Il fait couler un bain brûlant, se saisit d'une des lames de rasoir d'Ace. Ses dents se serrent quand il entaille la veine à la verticale. L'odeur métallique du sang vient ensuite, avec sa douce chaleur le long de son avant-bras. Et quand les bras glacés de la Mort l'attrapent, le serrent contre son cœur avec tendresse, Luffy a une dernière pensée pour ceux qu'il laisse derrière lui.

Ne vous inquiétez pas. Tout ira bien, maintenant.