OS n°4: En finir
-Kakashi
Elle m'observait, effrayé. Je n'étais qu'un monstre. Je ne méritais pas de vivre. Elle avait raison de me regarder comme ça. Tout était de ma faute. J'avais tout gâché.
-Kakashi, pose ce kunai, s'il te plait, murmura-t-elle.
Je raffermi ma prise sur l'objet et un filet de sang coula. Dans quelques minutes, tout serait fini.
Ses yeux s'écarquillèrent et elle commença à paniquer.
-S'il te plait, arrête, continua-t-elle d'une voix tremblante. Ne fais pas ça !
-Pourquoi ? J'ai tout détruit. Je l'ai tué !
-Ce n'était pas ta faute !
-De toute manière, personne n'a besoin de moi. Je serai mieux là-bas. En enfer, je ne pourrai plus faire de mal à personne.
Je repris mon arme à deux mains, fermai mes yeux et m'apprêtais-je à trancher ma gorge. Je pouvais presque sentir la délivrance, la paix frôlait mes doigts. Rin, Obito, j'arrive.
Mais elle fut plus rapide. Elle s'était lancé sur moi et d'une clef de bras, avait envoyé le kunaï de l'autre coté de la pièce. Elle m'immobilisa et s'assit sur mon ventre. Ses yeux lançaient des éclairs.
-Pourquoi as-tu fais ça ? m'énervai-je. J'étais presque en paix. Plus personne n'aurait eu à me supporter.
Elle m'adressa une gifle magistrale. Le bruit de sa main s'abattant sur ma joue résonna dans toute la pièce. Je ne m'y attendais pas. Mon visage se figea sous la surprise. Une légère brulure se répandit sur ma peau et je sentis mon sang battre contre mes tympans. Quand je posai mes yeux sur elle, j'aperçu les larmes briller dans les siens. Elle serrait brutalement sa mâchoire et me toisait avec une expression farouche, presque défiante.
-Sale égoïste, hurla-t-elle. Et tu es sensé être un prodige alors que tu n'es même pas capable de réfléchir deux minutes ?!
Ses paroles et son regard m'ébranlèrent. Elle n'avait jamais eu un regard aussi dur envers moi. Son attitude à mon égard était comparable à celle qu'elle adoptait avec ses frères et ses coéquipiers. Elle avait toujours eu un comportement doux et plein d'entrain. Les seules fois où elle était hautaine, c'était pour me taquiner ou me forcer à donner le meilleur de moi-même. Elle adorait me provoquer mais n'essayait jamais de me blesser réellement.
-Je suis une tare pour tout le village. Ma disparition aurait été une aubaine pour tout le monde
-Non ! Pas pour moi !
Je lui lançai une regard surpris. Une larme tomba sur le sol et elle tira sur mon col. Son visage n'était qu'à quelque centimètres du mien. Je vis l'inquiétude et la douleur tordre ses traits.
-Moi j'ai besoin de toi ! Ne refais plus jamais ça tu m'entends ? Tu ne peux pas m'abandonner !
-Je suis désolé, soufflai-je tandis qu'elle passait ses bras autour de mon cou et se blottissait contre mon torse.
Doucement, je la berçai pour essayer de la calmer.
C'était la première fois que je la voyais vraiment… Ayumi, la petite fille de dix ans, brisé par la guerre et la mort qui l'accompagnait. J'avais oublié cet enfant, cet aspect de sa personne. Elle était toujours souriante et enjouée avec moi, ses yeux brillaient sans cesse de malice et d'impatience. Jamais je n'avais vu cette peur dans ses yeux, cette peur de rester seule.
Ce fut l'unique fois où je tentai de me suicider. L'expression qu'elle avait eu ce jour-là m'empêcha de retenter. J'avais moi aussi connu ce sentiment, quand mon père avait mis fin à ses jours. Il était hors de question qu'elle souffre à cause de moi. Ce soir là je décidai de donner un nouveau sens à mon existence. En plus de servir correctement mon village, j'allais prendre soin d'elle.
