Disclaimer : Minekura-sensei est la propriétaire de ses personnages et de son univers, je me permets seulement de les lui emprunter temporairement... (pour leur plus grand malheur XD)

Remarques : Pas de slash et pas vraiment de romance non plus - un peu violent à certains moments...

Eh bien, finalement, voilà une suite :) Et merci à Merikhemet et à Katoo77 pour leurs encouragements :D

Bonne lecture !

Le dernier combat

Chapitre 2 : Oniisan (Grand-frère)

- Mon chéri, ne t'éloigne pas trop du camp s'il te plaît !

- Ne t'inquiète pas, maman, je serai prudent ! lui répondit le jeune garçon en tournant un instant la tête vers elle avant de reprendre son ascension vers la montagne.

La jeune femme secoua légèrement la tête. On ne changerait jamais cet enfant. Depuis qu'ils avaient débuté ce voyage, il fallait toujours qu'il parte en exploration dès qu'ils atteignaient une nouvelle région. Pas qu'elle s'en plaignait, loin de là ; elle aimait le voir si plein de vie, chaque jour un peu plus différent de l'orphelin qu'elle et son mari avaient recueilli quelques années plus tôt…

Ses yeux bleus suivirent la petite silhouette jusqu'à ce qu'elle disparaisse entre les arbres. Après tout, elle n'avait aucune raison de s'inquiéter, cette forêt était réputée pour son calme et il lui avait promis de rester à proximité.

Elle mit un peu d'ordre dans ses cheveux et réajusta sa queue de cheval en récupérant les quelques mèches brunes qui s'en échappaient. Son fils allait avoir faim lorsqu'il reviendrait et les préparations pour la nuit n'allaient pas se faire seules.

Natsuki rejoint son mari qui montait méticuleusement les tentes de leur campement, avec quelques-uns de leurs compagnons, et elle se remit au travail.

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Ca venait de cette montagne. Ca n'avait jamais été aussi proche… et aussi agaçant. Il ne savait pas ce que c'était mais, depuis qu'ils avaient quitté les terres de leur dernier village, il était assailli par elle. Ses parents adoptifs n'en avaient pas conscience, et les autres voyageurs de leur groupe non plus d'ailleurs ; il ne tenait pas à les inquiéter en demandant à Kenji, son père, de l'accompagner un peu plus loin que prévu dans ces montagnes.

Il marchait d'un bon pas, courant presque, se faufilant entre les arbres alors que la forêt s'était faite de plus en plus dense au fur et à mesure qu'il avançait. Le jeune garçon savait bien qu'il était déjà allé trop loin et qu'il allait lui être difficile de revenir au campement avant la tombée de la nuit puisque le crépuscule se profilait déjà. Mais il ne pouvait pas faire demi-tour, il était trop proche pour faire cela.

- Je veux en avoir le cœur net, murmura-t-il en reprenant son souffle un instant.

Il mit son bras devant ses yeux pour pouvoir voir si aucune route particulière ne se traçait devant lui alors que les rayons du soleil couchant lui masquaient en partie la vue. L'enfant s'approcha encore, plus prudemment, en se rendant compte qu'à quelques mètres de lui la forêt s'éclaircissait enfin ; bien vite, il comprit qu'il était arrivé dans une petite zone rocheuse du flanc de la montagne.

Il avança à découvert des arbres, observant attentivement le lieu, puis son regard s'arrêta sur une chose qui, à son sens, paraissait assez insolite.

Là, juste à sa droite, à quelques pas de l'endroit où il s'était arrêté, il y avait des… barreaux ?

L'enfant s'approcha encore, changeant imperceptiblement de direction, pour finir par se retrouver face à ce qu'il ne pouvait que définir comme une prison. Et, au fond, assis et dos au mur, se tenait un adolescent qui le fixait étrangement de ses grands yeux d'or.

Goku l'avait vu se diriger lentement vers lui mais il avait préféré rester immobile. C'était le premier. Le premier être humain qu'il voyait depuis… Non, il n'aurait pas su le dire puisqu'il lui semblait parfois qu'il avait toujours occupé les lieux. Les iris violets restaient posés sur lui avec insistance et, attiré par ce regard qui faisait naître en lui une inexplicable nostalgie, l'enfant né d'un rocher se décida à se lever. Ses chaînes cliquetant tristement à chacun de ses mouvements, il finit par se retrouver à quelques pas de son visiteur.

- C'est toi, n'est-ce pas ?

Le petit garçon blond l'observait à présent, sa première surprise passée, avec une lueur de reproche dans les yeux. Goku ne savait absolument pas à quoi pouvait faire référence cette question mais son vis-à-vis ne tarda pas à préciser son interrogation.

- C'est toi qui n'as pas arrêté de m'appeler durant ces derniers jours, j'en suis certain.

Le brun pencha légèrement la tête sur le côté pendant un instant.

- Je… Je n'ai appelé personne. Je suis ici depuis longtemps et peut-être que… Non, je ne crois pas que j'avais quelqu'un à appeler.

L'enfant eut soudain un regard plus doux, et plus concerné aussi.

Pourquoi semblait-il au plus vieux qu'une image floue tentait de se superposer sur celle de ce visage juvénile ?

La petite main se faufila entre les barreaux et hésita un instant ; Goku n'aurait pas su dire pourquoi il se sentait si fébrile alors qu'il serrait le métal froid des barreaux entre ses doigts, ce n'était pas comme-ci cet enfant…

Le jeune garçon ne comprenait pas vraiment la raison pour laquelle on avait emprisonné cet être aux yeux dorés qui n'avait sans aucun doute pas plus de sept ou huit ans de plus que lui. Il lui semblait tout sauf dangereux. Avait-il donc commis une faute si grave pour qu'il soit ainsi isolé en pleine montagne ? La solitude, il l'avait connue lui aussi, bien des années plutôt, lorsqu'il n'était encore que ce petit garçon abandonné, sans nom, qui ne voyait posé sur lui que quelques rares regards de pitié au sein de cette ville trop grande… Et ce jeune homme avait une expression si innocente – mais étrangement familière – malgré la tristesse qui se glissait dans ses paroles et ses yeux…

Les doigts clairs effleurèrent le métal noir qui entourait les poignets mats avant d'entrer en contact avec la chair chaude et les chaînes, les barreaux même, disparurent sans laisser de trace.

Leurs regards restèrent accrochés une seconde encore avant que Goku, écarquillant soudain les yeux, ne prennent sa tête entre ses mains et ne tombent genoux à terre, indifférent au regard inquiet de son cadet.

Des images défilaient devant ses yeux.

Un garçon aux yeux d'or, comme lui. Un sourire triste, et puis du sang, beaucoup de sang.

Des cheveux rouges, un sourire espiègle ; une longue blouse blanche, une expression douce, un monocle, une voix apaisante. Et toujours du sang.

Son aîné haletait, les doigts durement fixés à son crâne et il ignorait ce qu'il pouvait faire. Il n'osait même pas le toucher tant sa réaction à sa première approche avait été violente. Il semblait souffrir terriblement mais il ne savait pas que faire d'autre à part rester agenouillé à ses côtés jusqu'à ce que cela passe. Et il espérait que cela serait vite le cas car il ne supportait pas de se sentir si impuissant.

Nataku. Kenren. Tenpo. Gojyo. Hakkai.

Il laissa échapper un gémissement tandis que tous ces moments passés lui revenaient en mémoire, du plus doux au plus cruel. Il les avait perdus, puis il s'était perdu.

Sa mémoire se décida finalement à relâcher ses plus heureux et ses plus durs souvenirs.

Un cerisier au paradis céleste, un temple quelque part dans le Togenkyo. Deux hommes, aux yeux violets identiques, au même caractère, à la mort si semblable... Sa lumière, son soleil sombrant dans les ténèbres par sa faute.

« Reste… en vie, tu m'entends…, Goku ? »

Et dès qu'il avait vu ses yeux se clore, il avait voulu, au contraire, disparaître avec lui. Alors…

« … ne nous oublie pas… »

… il les avait oubliés et s'était changé en Seiten Taisen, détruisant tout sur son passage jusqu'à ce que quelqu'un – cette déesse - l'arrête… et l'enferme à nouveau, seul.

Et puis on l'avait… libéré ?

Goku releva immédiatement les yeux vers le petit garçon blond qui tressaillit à son brusque mouvement. Les images s'étaient effacées et il venait de reprendre conscience de son environnement, de la présence à ses côtés.

- San…

Il se tût, se maudissant pour sa bêtise. Ce n'était pas lui. Enfin, plus vraiment. Mais il ne pouvait pourtant que s'agir de Konzen – ou Sanzo, il n'avait pas encore l'esprit très clair à ce sujet. Jeune, beaucoup plus jeune.

Il sourit à l'enfant ; ce dernier fronça légèrement les sourcils.

- Est-ce que tu vas bien, oniisan ?

L'appellation le surprit et l'amusa quelque peu ; Sanzo ne se serait jamais adressé à lui de cette façon, même s'il avait toujours été le plus âgé. Mais pourtant l'évidence était devant ses yeux – ce petit garçon ne devait pas avoir plus de dix ans – et il sourit un peu plus, même si tout cela restait encore assez confus dans son esprit. Il était étrange que tout son passé soit maintenant à sa portée alors qu'il lui avait échappé jusqu'à la fin de son combat au Tenjiku. Toutefois, face aux iris violets retrouvés, Goku se sentait beaucoup plus calme et les questions qui se pressaient dans son esprit semblaient plus tendre à concerner son présent que son passé. De plus, il lui semblait – sans réellement parvenir à définir l'origine de cette impression – que le temps de s'appesantir sur tous ces souvenirs n'était pas encore venu.

- Oui, je vais bien, se décida-t-il enfin à répondre en s'accroupissant devant son cadet. Merci d'être venu.

Le jeune adulte – parce que, finalement, le petit garçon trouvait cette définition plus juste maintenant qu'il était si proche de lui – lui souriait avec reconnaissance et joie. Mais il n'avait pas fait grand-chose si ce n'était écouter cette voix qui l'avait vite agacé et qu'il s'était mis en tête de faire taire.

- Et merci de m'avoir libéré.

Le sourire que le plus vieux lui adressait était indubitablement heureux et, sans qu'il n'en comprenne vraiment la cause, le petit blond sentit le rouge lui monter aux joues devant ces yeux dorés.

- Je voulais juste ne plus entendre ce qui m'a conduit ici, marmonna-t-il, détournant légèrement la tête, avec une assurance moindre face à ses habitudes.

Il sentit une main lui ébouriffant gentiment les cheveux et songea vaguement qu'il aurait dû se mettre en colère – il ne laissait que ses parents adoptifs avoir ce genre de geste envers lui – mais le petit rire qui secoua son aîné le distrait de ses réflexions.

- Hé hé, je suis désolé, ma voix n'a pas toujours dû être agréable à entendre. Tu me pardonnes ?

Le petit blond fronça les sourcils.

- Je croyais que tu ne m'avais pas appelé…

- Eh bien, je ne savais pas qui tu étais mais j'espérais que quelqu'un vienne depuis longtemps, soupira Goku en se souvenant de ce jour où un jeune bonze était venu le libérer d'une façon bien similaire.

Il avait vraiment été heureux ce jour-là, peut-être même plus qu'aujourd'hui encore car cette libération n'avait été accompagnée d'aucun sombre souvenir…

- …niisan ! Oniisan !

- Hum ? Excuse-moi, j'avais l'esprit ailleurs. Tu me demandais quelque chose ?

- Tu es bizarre, déclara-t-il tandis qu'un petit sourire contrit s'imprimait sur les lèvres du plus âgé. Je voulais seulement savoir depuis combien de temps tu étais dans ces montagnes.

- Euh… J'avoue que j'ai un peu perdu la notion du temps, je ne saurai pas vraiment te répondre, avoua-t-il en se passant une main à l'arrière du crâne.

Le petit garçon l'observa d'un air dubitatif mais continua malgré tout.

- Tu sais au moins pourquoi on t'a laissé ici, non ? Ou comment tu t'appelles ?

- La raison pour laquelle… ? Hmm, je crois que ce serait un peu long à expliquer. Mais je m'appelle Son Goku.

Le blond l'observait d'un air pas tout à fait satisfait mais il hocha tout de même la tête. Pourtant, avant qu'il ne lui pose d'autres questions, Goku réalisa soudain qu'il était étrange qu'un si jeune enfant soit seul dans une région qui devait, sans nul doute, être assez éloignée d'un quelconque village.

- Dis-moi, tu es venu seul jusqu'ici ?

Son cadet acquiesça puis se mordit légèrement la lèvre en voyant que le crépuscule était déjà bien avancé.

- Mais on m'attend au pied de la montagne.

- Je vois.

Avant qu'il ne puisse réagir les mains puissantes de Goku s'étaient accrochées à sa taille et il l'avait soulevé pour l'asseoir sur son épaule.

- Eh ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Nous pourrons plus rapidement rejoindre tes amis de cette façon, dit-il comme une évidence en prenant la direction de laquelle il se souvenait l'avoir vu apparaître un peu plus tôt.

- Je peux très bien marcher ! s'énerva un peu l'enfant en cherchant à échapper à sa prise. Et puis, tu ne sais même pas d'où je suis venu !

- Tu me montreras le chemin. Et, plus vite nous y arriverons, moins tu inquièteras ceux qui t'attendent.

Le petit poids sur son épaule continua à bougonner mais il accepta bon gré mal gré.

Le brun souriait toujours, amusé d'entendre dans ses protestations un ton semblable – même si plus enfantin - à celui que prenait Sanzo dans ses souvenirs. Et puis, c'était aussi la première fois qu'il avait, en quelque sorte, l'occasion de jouer au 'grand frère' avec Konzen, ou Sanzo. Non, en fait, maintenant il s'agissait de… ?

Il s'arrêta et observa le petit garçon tout en penchant légèrement la tête sur le côté.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda l'enfant un peu agacé.

- Eh bien, commença-t-il en se grattant la joue avec un sourire un peu bête – il en était conscient – plaqué sur le visage, maintenant que j'y pense, tu ne m'as pas encore dit comment tu t'appelles…

A suivre…

Le chapitre suivant est déjà bien avancé alors j'attends vos avis pour savoir si je dois le mettre dans mes priorités ou non ;)
A bientôt !