Disclaimer : Minekura-sensei est la propriétaire de ses personnages et de son univers, je me permets seulement de les lui emprunter temporairement... (pour leur plus grand malheur XD)
Remarques : Pas de slash et pas vraiment de romance non plus - un peu violent à certains moments... /Pas de spoiler pour Saiyuki Reload Blast
Note de l'auteur : Oui, vous ne rêvez pas, je ressors cette histoire des catacombes !
Les idées sont toujours là, le temps pour les mettre sur papier encore plus réduit. Alors, honnêtement, si vous n'avez pas l'envie/la patience d'attendre des mois (années ._.) entre deux chapitres, je vous conseille de passer votre chemin jusqu'à ce que je puisse trouver un rythme de publication correct ou que cette fanfiction soit terminée ;)
Sur ce, si vous êtes encore là, bonne lecture !
Le dernier combat
Chapitre 4 : Départ
Parti.
Il était allé voir près de leur feu de camp, là où ses parents lui avaient dit qu'ils l'avaient laissé, mais le jeune homme n'y était plus. Pas plus qu'ailleurs dans le camp. Il en avait déjà fait le tour deux fois.
Seiji ne s'y était tout simplement pas attendu.
Il n'était pas dans ses habitudes de vouloir garder à ce point quelqu'un auprès de lui quelques heures seulement après l'avoir rencontré pour la première fois. Et il était plus inhabituel encore qu'il soit en même temps si en colère et si déçu à l'idée que cette même personne ait pu le quitter.
Le regard – et le sourire – de Goku lui avait pourtant paru on ne pouvait plus sincère la veille. A ce moment-là, son aîné n'avait clairement pas eu l'intention de partir, il en était persuadé.
Le blond ne comprenait tout simplement pas ce qui avait pu le faire changer d'avis. Même la conversation entre le youkai et ses parents n'aurait pas pu en être la cause. Car, oui, il en avait entendu une bonne partie malgré le fait que les adultes le croyaient endormi. Et sa mère elle-même l'avait invité à rester avec eux un peu plus longtemps.
Le garçon observa le campement encore un instant – tout le monde s'était déjà mis au travail pour être prêt à partir après le dîner. Il ne lui fallut pas plus de quelques instants pour prendre sa décision et les quitter discrètement.
Seiji prit la direction opposée à la montagne, le Mont Gogyo, s'il se souvenait bien, pratiquement certain que le brun ne voudrait pas retourner dans cet endroit. Il continua même lorsque le pré se transforma presque en bois tant les arbres étaient nombreux et les herbes broussailleuses. Finalement, il se laissa guider par le son régulier de l'écoulement d'une rivière.
Le garçon s'arrêta, encore à couvert des arbres. Goku était juste là, accroupi face au cours d'eau, une expression triste peinte sur le visage. Mais l'enfant ne resta pas longtemps en retrait il n'aurait pas su réellement expliquer ce qu'était ce sentiment mais quelque chose s'agitait en lui à la seule vue de cette expression sur son visage, quelque chose de dérangeant.
Seiji s'assit silencieusement à ses côtés, laissant ses sandales effleurer l'eau fraîche de la rivière. Il vit du coin de l'oeil que sont compagnon avait relevé la tête mais il se contenta pourtant d'observer encore quelques instants le courant en essayant distraitement de suivre le chemin de quelques poissons.
- Il y a une rivière encore plus large que celle-ci, là où nous allons, dit-il finalement. Le village est tout petit et entouré de forêts. Les habitants sont plutôt âgés et ils sont impatients de nous voir arriver. En tous cas, c'est ce que m'ont dit Papa et Maman. Nous ne sommes pas les seuls à y aller mais c'est un lieu avec tellement de ressources que tout le monde y aura sa place et devra travailler dur pour en faire un village encore plus agréable et chaleureux. Et tout le monde y sera le bienvenu.
Il leva les yeux vers Goku. Ce dernier souriait mais son regard ne brillait plus autant que la veille.
- Je suis certain que vous y serez très heureux.
- Tu ne veux pas venir voir où ça se trouve, Onii-san ? Comme ça, tu pourrais...
Peut-être être tenté d'y rester avec nous.
- ...venir nous rendre visite, parfois, finit-il en laissant ses yeux revenir vers le cours d'eau.
Il aurait aimé qu'il reste avec eux. S'il était resté prisonnier si longtemps dans la montagne, c'est qu'il n'y avait plus personne qui... Mais peut-être que, justement, le jeune homme voulait profiter de sa liberté... Ou retourner à certains endroits qui avaient marqué son passé.
- Nous prenons notre temps pour y aller, continua-t-il malgré tout, mais Papa pense qu'on devrait y arriver dans une dizaine de jours.
Il ne dit rien de plus et le silence s'installa à nouveau, brisé uniquement par le bruissement des feuilles et le son régulier de l'écoulement de l'eau.
Dix jours. Quinze tout au plus. Il pouvait sans doute s'accorder ça, songea Goku.
S'il comptait vraiment quitter ce jeune garçon pour sa propre protection, il pouvait se donner le droit d'apprendre à le connaître et découvrir l'endroit où il allait vivre et grandir. Et revenir. Parce qu'il ferait tout pour pouvoir le revoir, n'est-ce pas ?
Cela lui donnerait aussi du temps pour réfléchir. Pour apaiser la douleur que la simple pensée de le quitter provoquait dans sa poitrine. Peut-être aussi que l'enfant serait suffisamment rassuré en sachant qu'il savait où le trouver. Et que lors de son départ, la voix de Seiji ne serait plus si lourde d'émotions – émotions qu'il tentait visiblement de réprimer, qu'il ressentait en ce moment un besoin presque viscéral de le serrer dans ses bras et de lui promettre d'être toujours à ses côtés.
Le jeune garçon, en ignorant tout de ses précédentes incarnations, semblait pourtant ressentir profondément ce lien qu'ils partageaient. Et, en même temps, les fondements de sa personnalité ne paraissaient pas avoir changés. Il pouvait bien n'avoir que huit ou neuf ans, il était persuadé qu'il ne le supplierait pas de rester et ne pleurerait pas devant lui, comme aurait pu le faire un autre enfant de son âge.
Seiji se leva et accorda un bref coup d'oeil à son aîné avant de retourner sur ses pas pour rejoindre le campement.
Il l'avait rencontré la veille. Ça n'avait aucun sens que cela soit aussi difficile de se dire qu'il allait les quitter. C'était un simple voyageur sur leur chemin.
Il sentit son coeur se serrer un peu plus en se rappelant son expression chaleureuse de la veille, au sommet du Mont Gogyo, comme si son apparition avait ravivé la flamme qui l'habitait, puis il se mit à courir vers le campement sans attendre la réponse de Goku.
-o-o-o-o-o-
Natsuki empaquetait avec diligence les nouvelles victuailles récoltées depuis trois jours et les derniers objets encore disséminés dans leur leur tente. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de lever régulièrement la tête vers l'arrière du véhicule que conduisait habituellement Kenji, là où Seiji s'était déjà installé avec les sets de couteaux de son père.
Elle était bien consciente qu'il se montrait toujours très prudent lorsqu'il les manipulait mais elle continuait à considérer qu'il était trop jeune pour cela. Il venait à peine de fêter son huitième anniversaire. Que son propre mari ait déjà commencé à apprendre leur maniement à l'âge de sept ans n'avait pas d'importance. Et elle avait bien fait comprendre à Kenji qu'il était hors de question que son fils se mette à les lancer dans tous les sens avant encore une bonne année ! Elle soupçonnait toutefois qu'il ait déjà commencé à lui enseigner les rudiments de la discipline... Et elle ne pu s'empêcher de lancer un regard dur à son compagnon, à quelques mètres de là, qui ignorait tout de ses pensées actuelles et se contentait d'aider avec patience un couple de personnes âgées à démonter leur tente.
Natsuki soupira, sourit malgré elle et commença à démonter leur propre tente.
Elle ne niait pas que le talent de son compagnon pour le lancer de couteaux était ce qui les avaient sauvés plus d'une fois avant que la paix ne revienne au Togenkyo, près de onze ans auparavant. Et elle n'était pas contre le fait que son fils acquiert cette compétence... mais qu'il soit moins fasciné par ces lames et qu'il attente encore quelques années avant d'y toucher aurait allégé ses inquiétudes.
La jeune femme leva encore une fois les yeux vers Seiji et ne découvrit pas une scène différente d'un instant plus tôt. Il entretenait et aiguisait les multiples lames de diverses tailles et divers poids. Il faisait cela avec patience et concentration.
Elle avait comprit, depuis quelques temps déjà, que cette activité avant tendance à calmer son esprit. Et depuis ce matin, depuis qu'il n'avait plus trouvé trace du jeune homme aux yeux dorés dans le campement, son agitation avait été visible, que ce soit par son impatience à déjeuner après leur réveil ou son air confus et ennuyé lorsqu'il était revenu de son escapade au coeur de la forêt.
Ce Goku n'éveillait en elle aucun sentiment de méfiance, il avait l'air d'un bon garçon. Mais il était particulier. Pas tant pour ses yeux d'or ou son âge, bien que ce dernier élément la laissait encore un peu perplexe, il fallait l'avouer. Non, ce qui le rendait spécial à ses yeux était que Seiji se soit si vite attaché à lui. Même eux, lorsqu'ils l'avaient trouvé, avaient dû faire preuve de mois de persévérance avant qu'il ne leur accorde sa confiance alors qu'il était encore si jeune...
Elle ferma les yeux et respira profondément. Il lui était toujours difficile de se remémorer ce tout petit enfant de quatre ans à peine, livré à lui-même et la fixant avec ce regard violet où se mêlait méfiance et renoncement.
Tout l'opposé des émotions qui se peignaient sur le visage de Seiji lorsqu'il interagissait avec Goku.
La jeune femme n'y avait assisté que quelques heures et pourtant elle l'avait déjà vu agir avec lui avec une spontanéité qu'il n'avait pas avec les autres, si ce n'était Natsuki et Kenji. Seiji l'avait suivi dans le camp durant la soirée de la veille, se laissant entraîner par l'enthousiasme de leur invité et interagissant plus que d'habitude avec les enfants et les adultes de leur caravane. Elle l'avait entendu le réprimander sans gêne aucune pour ses manières lors du souper, et le sourire léger qu'il avait caché lorsque Goku avait essayé de mieux faire, tout en continuant à dévorer la nourriture à sa portée, ne lui avait pas échappé. Elle l'avait vu rougir de plaisir lorsqu'il l'avait porté sur ses épaules, bien qu'un instant plus tard il s'était mis à tempêter pour qu'il le pose à terre. Et, à chaque fois que le jeune homme lui avait souri, le regard de Seiji s'était adouci.
Natsuki détacha ses cheveux, les arrangea pour qu'aucune mèche ne tombe devant son visage et les renoua.
Leur fils était un petit garçon très sérieux qui semblait, par exemple, s'épanouir en consacrant son temps à apprendre et n'aimait pas spécialement passer quelques heures avec des camarades de jeux. Elle ne s'en plaignait pas mais elle se demandait parfois s'il n'aurait pas été plus heureux s'ils l'encourageaient davantage à interagir avec des enfants de son âge. Que Seiji réagisse si naturellement à la présence de ce Goku la rendait heureuse, et lui faisait égoïstement espérer qu'il accepterait de faire encore un petit bout de chemin avec eux.
Elle détacha son regard de son fils et se remit au travail.
-o-o-o-o-o-
- Ce sont les tiens ?
Seiji se figea puis leva les yeux.
- Ils sont à Papa.
Il se remit à aiguiser le couteau qu'il tenait entre les mains et continua sans le regarder mais d'un ton ennuyé.
- Il faut être idiot pour penser qu'ils sont à moi. Mes mains sont encore trop petites pour les utiliser correctement.
Goku sourit d'un air un peu penaud en se grattant la joue.
- Tu as l'air de beaucoup y tenir.
Durant un bref instant, en s'approchant de l'enfant, l'image de Sanzo s'était superposée à la sienne, le souvenir du moine démontant son revolver pour s'assurer qu'il fonctionnait parfaitement.
- Ils sont importants pour Papa. Il m'a dit que, sans eux, il n'aurait probablement pas survécu. Qu'il n'aurait pas pu se défendre.
- Contre les youkai ?
- Pas seulement. Papa pense que certains humains sont devenus méchants malgré eux, en même temps que les youkai. Papa sait se battre mais il est... gentil. Maman croit que ces humains ont juste trouvé un...
Seiji fronça les sourcils.
- Que la situation était juste une bonne excuse pour faire ce qu'ils voulaient vraiment.
- Et qu'est-ce que tu en penses ?
Le regard violet se perdit dans le campement qui ne se résumait plus qu'à quelques dizaines de personnes et tentes à moitié démontées.
- Maman a souvent une meilleure intuition que Papa.
Ses yeux se reposèrent sur les lames et il les rangea avec soin dans leur différents étuis de cuir.
Les Kenbu étaient des gens bien. Seiji semblait à sa place au sein de cette famille. Il n'était pas aussi insouciant qu'aurait pu l'être un enfant de son âge mais il ne lui avait jamais connu un regard si lumineux au moment de leur première rencontre.
Sanzo avait eu besoin de temps pour se défaire de cette colère qui semblait l'habiter depuis des années. Konzen avait dû apprendre à tourner le dos à ce détachement qui l'avait rendu froid malgré la pureté de son aura. Pour qu'ils changent, lui et son incarnation suivante, il avait fallu qu'ils soient tous les quatre et -
Goku força ses pensées à revenir à Seiji. Les Dieux, ou le hasard, avaient permis qu'ils retrouvent Gojyo et Hakkai. Un nouveau cycle avait commencé et il ne pouvait que vivre l'instant présent.
Il attrapa par la taille le petit garçon qui descendait périlleusement de l'arrière du véhicule après avoir rangé son matériel dans l'un des solides coffres à sa portée.
- Lâche-moi, idiot ! Je peux parfaitement me débrouiller seul !
Il le déposa sur la terre rocheuse et sourit.
L'enfant lui jeta un regard agacé.
- Assurez-vous de n'avoir rien oublié, nous partons dans dix minutes ! clama la voix d'un homme robuste à quelques mètres d'eux.
Seiji leva les yeux vers lui, son expression soudainement très neutre. Goku s'accroupit à sa hauteur.
- Une dizaine de jours, c'est bien ça ? dit-il d'un ton sérieux.
Le plus jeune hocha la tête sans le quitter des yeux. Bien qu'il essayait clairement de ne rien laisser transparaître, il ne masquait pas totalement l'inquiétude et l'espoir qu'il ressentait. Goku sourit légèrement.
S'il fallait que Konzen renaisse encore et encore alors que lui poursuivait sa route, il continuerait à se réjouir de pouvoir apprendre à connaître un peu plus son âme à chaque incarnation et d'en découvrir de nouvelles facettes. Seiji était innocent et attachant, et l'idée de le voir grandir, et devenir un nouvel être qu'il pourrait accompagner sans le moindre regret, gonflait son coeur d'une joie indescriptible.
Et il était plus déterminé que jamais à en apprendre davantage sur lui-même et ses capacités à maîtriser Seiten Taisen pour ne plus mettre en danger ceux à qui il tenait. Parce que, s'il avait à le quitter, il refusait que cela soit pour toujours. Toutefois, pour l'heure...
- Il ne resterait pas quelque chose à grignoter ?
Il se frotta l'arrière de la tête lorsque son estomac émit un grognement audible.
- Je n'ai rien mangé depuis hier soir alors...
Seiji cligna des paupières, commença à sourire puis plissa légèrement les yeux.
- Tu as tellement mangé hier que je ne pensais pas que tu aurais déjà faim, dit-il avec une certaine incrédulité.
Il sembla réfléchir un instant puis son expression se fit plus suspicieuse encore. Finalement, il répondit.
- Maman a dû stocker les restes de ce midi dans le pick-up qu'elle conduit.
Il lui prit la main - sa main était si petite et si chaude, il était vivant ! – et l'entraîna quelques mètres plus loin en marmonnant quelque chose qui ressembla vaguement à «... venir uniquement... manger autant qu'il veut... ».
Goku laissa échapper un éclat de rire qui fit se retourner le garçon mais, au lieu de lui répondre, et pour ne pas laisser se déverser ces puissantes émotions qui bouillaient en lui, il dit, avec une excitation authentique dans la voix :
- Ton Papa sait se battre, alors ? Est-ce qu'il est fort ?
A suivre...
Et voilà donc encore un chapitre pour planter le décor. Il en reste (normalement) encore un dans le genre puis l'on va rentrer dans le vif du sujet !
A la prochaine :)
