Eh bonjour !

Lorsque j'ai posté cet OS, j'avais parlé de la possibilité d'y ajouter une deuxième partie qui ne serait pas une suite mais la prolongation de ce que j'ai amorcé à propos des tatouages de Teddy. Chose faite, tadam. J'espère que vous aimerez.


- M'man ? C'est quoi ça ?

La maman en question leva les yeux de son livre et afficha un sourire bienveillant en voyant ce que son fils tenait dans sa main droite et qu'il agitait sous son nez. Elle referma doucement son livre et fit signe à son fils de s'assoir à côté d'elle dans le canapé. Un peu étonné mais malgré tout obéissant, le petit garçon aux cheveux violets prit place en tailleur dans le sofa.

- Ça, vois-tu, ce sont les confidences de ton père parce que quand il était jeune, du moins jusqu'à sa majorité, il avait beaucoup de mal à parler aux gens. Hormis moi et son parrain, mais c'est une autre histoire.

Elle prit précautionneusement des mains de son fils le cahier à la couverture en cuir élimée par le temps qui passe. Elle l'ouvrit à la première page et Lyall Lupin se pencha pour lire ce qui était écrit.

- « Journal de Teddy Lupin. » C'est le journal intime de papa ?

Victoire Weasley Lupin hocha la tête.

- Tout à fait mon grand.

- Et ... On a le droit de le lire ?

Victoire eut un petit rire devant l'affront de son fils. Lyall avait sans aucun doute hérité d'une partie de la curiosité déplacée d'un Maraudeur.

- Il n'y a rien de honteux là-dedans, tu peux lire. Tu pourras peut-être apprendre des choses sur ton père.

Un sourire mutin se dessina sur le visage du petit garçon.

- Tu l'as déjà lu toi maman ?

- Ton père m'en a déjà fait la lecture.

Lyall connaissait la complicité à toute épreuve de ses parents et sa mère venait de lui en donner une autre preuve.

- Papa ne m'en voudra pas si je le prends alors ?

- Pas du tout, rassura Victoire avant d'embrasser son fils sur le front. Tu devrais aller au lit, demain nous partons tôt.

Lyall embrassa sa mère sur la joue avant de monter quatre à quatre les escaliers qui menaient à sa chambre. Armé de sa baguette, il ne lui suffit que d'un Lumos pour s'éclairer, enfoui sous sa couette.

Une bonne partie de la nuit, Lyall avait parcouru le journal aux pages jaunies. Il y avait lu les états d'âme de son père, ses doutes, ses craintes, ses peurs, ses joies, ses petits bonheurs, ses satisfactions et ses fiertés. Beaucoup de pages étaient consacrées à Nymphadora et Remus, ses grands-parents que Lyall n'avait malheureusement jamais connu mais dont il connaissait beaucoup de choses. Il y avait aussi énormément de très beaux dessins qui confirmèrent à Lyall que son père avait définitivement beaucoup de talent dans ce domaine.

Il s'apprêtait à dormir quand il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Il devina plus qu'il ne vit les cheveux bleus de son père qui souriait malicieusement, visiblement très fier d'avoir attrapé son fils en flagrant délit de nuit blanche.

- Tu ne dors pas encore ? demanda Teddy en s'approchant du lit de son fils.

- Grillé ... avoua Lyall dans un sourire. J'allais me coucher à l'instant.

- Qu'est-ce qui t'a tenu éveillé si longtemps ? Si tu me dis que c'est une fille, je ne suis pas encore prêt à assumer.

- Papa ! râla le garçon. J'ai seize ans. Il faut que tu te fasses à l'idée que je ne vais pas tarder à avoir une vie amoureuse.

- Tu es encore mon petit bébé ! s'exclama Teddy en entourant tendrement son fils dans ses bras et lui ébouriffant les cheveux, Lyall ronchonnant de l'excès de tendresse de son père.

- M'ouais. En fait, c'est ça qui m'a empêché de dormir.

Lyall se pencha sur sa table de chevet pour y attraper le journal intime. Pendant une seconde il eut l'impression que son père allait lui faire une esclandre mais finalement, les traits de son visage se détendirent.

- Comment as-tu pu trouver ça ? demanda Teddy.

- Il se pourrait bien que j'ai fouillé ton bureau.

Teddy eut un petit rire.

- Tu as bien du sang de Maraudeur dans tes veines toi, c'est indéniable. Qu'est-ce que tu cherchais dans mon bureau ?

- La Carte du Maraudeur, justement.

- Pour espionner quelqu'un à Poudlard ?

- Peut-être qu'il y a quelqu'un qui est resté là bas pour les fêtes alors que moi je suis ici et que j'aurais aimé voir ce que ce quelqu'un faisait en mon absence. C'est tout.

Teddy n'eut pas le coeur à réprimander son fils pour avoir fouiné dans son bureau. Après tout, c'était comme ça que lui avait trouvé la Carte du Maraudeur dans les affaires de Harry.

- Mais j'ai arrêté de fouiller quand je suis tombé sur ça, reprit Lyall en agitant le carnet.

- Tu y as appris des choses ?

- C'était intéressant.

Le père et le fils échangèrent longtemps sur le contenu du journal de Teddy, malgré les remontrances de Victoire qui, à quatre heures du matin, était venue râler du fait qu'ils ne soient pas encore endormis, tous les deux.

- P'pa ...

- Oui ?

- Pourquoi il n'y a rien dans ton journal à propos de tes tatouages ?

Le visage de Teddy se fendit d'un sourire.

- Parce que ce sont des informations qui ne se transmettent qu'à l'oral. Je ne veux pas que quiconque de mal intentionné qui tomberait sur mon journal ne prenne connaissance de quelque chose de trop personnel.

- Et tu m'en parlerais ? Je veux dire, maintenant. Ou tu as peur que maman ne vienne encore nous engueuler ?

Teddy ne réprima pas un éclat de rire, surtout devant le visage taquin et gentiment provocateur de son fils.

- Sache que je n'ai pas peur de te mère, chenapan. Bon, installe toi bien, on en a pour un moment.

Lyall se recula pour s'assoir sur les oreillers et s'adosser contre la tête de lit. Son père vint s'installer en tailleur devant lui.

- Par où tu veux commencer ?

- Chronologiquement, peut-être ? En commençant du premier que tu as fait et jusqu'au dernier.

- Faisons ça, approuva Teddy en remontant la manche longue de son tee-shirt.

À l'intérieur de son bras gauche se dessinait une nymphe aux cheveux roses qui semblait faire un clin d'oeil mutin à la personne qui posait un peu trop longtemps les yeux sur elle.

- Ma mère, ta grand-mère donc, s'appelait Nymphadora. J'ai voulu comme premier tatouage une nymphe aux cheveux roses, parce qu'elle était métamorphomage, comme nous, et que sa couleur fétiche pour ses cheveux était le rose. Je n'ai pas connu ma mère mais j'ai tellement entendu de choses sur elle que j'ai l'impression de la connaître par coeur. Ce dessin là c'est moi qui l'ai fait, c'est un peu comme un hommage.

Lyall s'était approché de son père pour détailler la nymphe, cette dernière lui adressant un clin d'oeil.

- Parfois elle bouge et elle va sur l'autre bras, précisa Teddy. Elle ne tient pas en place.

Lyall s'amusa de l'anecdote.

- Les tatouages magiques peuvent bouger ?

- Certains oui, tout dépend de ton choix quand tu le fais. J'ai voulu que ma nymphe soit libre de ses mouvements si jamais elle s'ennuie sur ce bras.

Teddy laissa son fils parcourir de l'index les traits de la nymphe avant de continuer.

- Après ma mère, j'ai voulu rendre hommage à mon père, dit-t-il en retirant son tee-shirt, laissant découvrir sur son pectoral gauche un loup qui grognait sur un chien en contrebas sur le pectoral droit.

- Grand-père Remus était un loup-garou, c'est ça ?

- Tout à fait. C'est pour ça que ce loup est là. Je l'ai fait à un moment de ma vie où j'étais malheureux, très mal dans ma peau et rien ne pouvait me redonner le sourire, pas même ta mère. Alors j'ai décidé de faire un tatouage moldu. C'est bizarre, je sais, mais j'avais envie de m'infliger une souffrance. Ça me donnait l'impression de mériter ce tatouage.

Lyall, la bouche entrouverte, buvait les paroles de son père. Dire qu'il avait attendu seize ans pour connaître cette facette de son père.

- Et le chien ?

- Sirius Black, un des meilleurs amis de mon père. Tu sais, si les Maraudeurs sont devenus des animagi c'était pour soutenir ton grand-père dans les nuits de pleine lune. Sirius et papa avaient une relation particulière. Ils s'adoraient mais se chamaillaient tout le temps. C'est pour ça que le loup grogne sur le chien.

Lyall trouvait ça fascinant. Le tatouage avait beau être moldu et non sorcier, il était tellement bien réalisé qu'il avait l'impression que les animaux étaient vivants.

- Ça t'a fait mal ?

- Pas vraiment. Ça picotait mais le jeu en valait la chandelle, je t'assure.

Un petit sourire nostalgique se dessina sur les lèvres de Teddy avant qu'il ne continue et qu'il remonte un peu le bas de son pantalon pour montrer à son fils des pattes de chien derrière ses chevilles.

- Pour rester dans la lignée des Maraudeurs, des pattes de chien pour Patmol. Pour être tout à fait franc avec toi, celui-là c'était un coup de tête un soir avec des amis. J'avais un peu bu et j'ai parié que le lendemain j'aurais des pattes de chien sur les jambes. Comme tu vois, je n'ai qu'une parole.

Amusé, Lyall ne cessait de sourire et Teddy en était ravi. Il était heureux que son fils soit réceptif à ses histoires.

- Ensuite, regarde.

Teddy se mit dos à son fils, laissant Lyall découvrir entre les omoplates de son père d'immenses bois de cerf. Le père laissa le fils observer le tatouage quelques instants avant de se remettre face à lui.

- Pour le dernier Maraudeur qui en vaille la peine, James Potter, le père de Harry, et pour Harry également. Le cerf était l'animal en lequel se transformait James et c'est également le patronus de Harry. Tu sais que mon parrain est très important pour moi.

- C'est comme ton deuxième papa, souffla Lyall.

- Tout à fait. Ginny et lui se sont occupés de moi comme de leur propre enfant et je ne leur serai jamais assez reconnaissant pour ça. Pour avoir fait de moi l'homme que je suis. Alors ce cerf c'était pour Harry et aussi pour James.

- Un jour tu me parleras plus en détails des Maraudeurs ?

- C'est promis, dit Teddy. Je te raconterai tout ce que je sais.

Un sourire complice et entendu s'installa sur les lèvres de Teddy comme sur celles de Lyall. Le père se mit de profil pour que son fils puis lire la mention « Mischief Managed » calligraphiée en italique sur son flanc gauche.

- Là je ne t'apprendrai rien de plus que tu ne sais déjà ...

Le sous-entendu de Teddy fit rire Lyall. Dès que ce dernier avait eu connaissance de l'existence d'une carte de l'importance de celle de la Carte du Maraudeur, il ne lui avait pas fallu plus de quelques heures pour se l'approprier. Et il avait déjà remercié des dizaines de fois son grand-père et ses amis pour cette merveille.

Teddy remit son tee-shirt et pointa son index sur le croissant de lune dans sa nuque.

- J'ai longtemps voulu me faire tatouer les différentes phases de la lune, du simple croissant jusqu'à la pleine lune, en hommage à la lycanthropie de papa et à ma demi-lycanthropie qui, merci Merlin, ne s'est jamais réveillée. Et puis j'ai réalisé que je détestais la pleine lune en réalité, parce que ça me rappelait à quel point papa devait en souffrir à chaque fois. Alors j'ai banni cette phase pour me contenter d'un simple croissant. Ta mère l'aime plus que les autres, je ne sais pas pourquoi.

- Ça veut dire que j'ai un quart de lycanthropie moi aussi ? demanda Lyall avec une pointe d'inquiétude et de trémolo dans sa voix.

- Oui. Mais ne te fais pas de soucis, il n'y en a pas suffisamment dans ton ADN pour qu'elle soit puissante. Tu auras peut-être, comme moi, des insomnies les soirs de pleine lune tout au plus. Mais ce n'est même pas sûr.

Teddy sourit tendrement au soupir soulagé que poussa son fils. Il avait été chanceux, lui, de n'avoir jamais développé d'aptitudes de lycanthrope même si, à une époque de sa vie, il avait trouvé ça trop cool de devenir « un autre » pendant la pleine lune. Mais en y réfléchissant et en apprenant tout ce par quoi son propre père était passé, il avait très vite déchanté.

- Et le dernier et pas des moindres ...

Teddy tendit son poignet droit devant son fils qui posa alors les yeux sur un arc-en-ciel aux couleurs très vives.

- Le même que maman, dit Lyall.

- Tout à fait. Nous l'avons fait en même temps, sur un coup de tête de ta mère, le soir où je l'ai embrassé pour la première fois. Ne fais pas cette grimace dégoûtée, Lyall, d'après ce que tu as sous-entendu tu as l'air de faire la même chose avec quelqu'un à Poudlard.

Lyall se pinça les lèvres en souriant sous le ton faussement autoritaire et réprobateur de son père.

- Connaissant l'amour de grand-père Bill pour tes tatouages, il n'a pas fait une crise à maman quand il a vu le sien ?

Teddy eut un petit rire.

- Comme tu dis, ton grand-père n'apprécie pas ça. Quand j'étais jeune, il n'arrêtait pas de me répéter que je n'étais qu'un punk dépravé mais avec le temps il s'est considérablement adouci.

- Il n'a rien dit à maman alors ?

- Elle a réussi à le lui cacher pendant longtemps. Quand elle était jeune, ta mère avait les cheveux beaucoup plus longs alors c'était facile pour elle de le dissimuler. Bill ne l'a découvert que plusieurs années plus tard. Maman ne faisait même plus attention alors en s'attachant bêtement les cheveux un soir d'été, son père l'a vu et il a hurlé. Malheureusement pour lui, elle avait déjà vingt ans et plus aucune raison de tenir compte des remontrances de son père.

- Tu n'en as plus fait après, toi ?

Teddy secoua la tête.

- Ce n'est pas l'envie qui me manque pourtant parce, malheureusement, lorsqu'on commence c'est difficile de s'arrêter. On devient rapidement accro à cette douleur, à cette nouveauté sur sa peau. J'ai plusieurs projets mais avec l'âge, je suis beaucoup plus réfléchi.

- Parce qu'il y en a certains que tu regrettes ?

- Pas du tout, réfuta Teddy. Mes tatouages sont les témoins de mon changement, de mon évolution, de mes états d'âme à certains moments de ma vie alors je ne les regrette en aucun cas. Mais maintenant je prends plus le temps de peser le pour et le contre, de savoir si c'est réellement ce dont j'ai envie.

- Un jour tu te feras tatouer mon prénom ? demanda Lyall avec malice.

- Sur les fesses, pourquoi pas ?

- Baaah ! Non, ne fais jamais ça !

Le père et le fils éclatèrent de rien en même temps.

- J'ai d'autres projets pour toi. Ne t'inquiètes pas, tu finiras encré dans ma peau un jour.

Lyall sentit qu'il ne fallait pas qu'il pose une question de plus, son père ne lui aurait pas répondu. Teddy embrassa son fils sur le front en lui conseillant de dormir un minimum car la journée du lendemain serait rude et pour cause ; ils partaient pour le Terrier.

Teddy referma doucement la porte de la chambre de son fils et se faufila dans la sienne. Une fois débarrassé de ses vêtements, il se glissa sous les draps en prenant soin de ne pas réveiller Victoire. Un petite mouvement à sa gauche lui signifia qu'elle ne dormait pas, et elle vint se blottir dans ses bras.

- Cette conversation père/fils avait l'air très importante, dit-elle d'une voix un peu endormie.

- Ce genre de moment est toujours important.

- Je sais.

Teddy ferma les yeux et Victoire brisa le silence de la pièce après quelques secondes.

- Tu lui as dit ?

Teddy sourit. Il savait pertinemment de quoi elle voulait parler.

- Jamais de la vie.

- Père indigne, murmura-t-elle dans un rire.

- Je ne dirai jamais à mon fils unique que je me suis fait tatouer le prénom de sa mère sous la fesse le soir de mon enterrement de vie de garçon parce que j'étais ivre mort.

Le rire mélodieux de Victoire fit aussi rire Teddy. Non, définitivement, il y a certaines choses que les enfants ne doivent pas savoir.