Partie 1

Acte II

Il était près de Minuit. Paula, Penny et Molly attendaient patiemment que la salle commune se vide. Pendant se temps, retranchées dans le dortoir qu'elles se partageaient toutes les trois, Molly, Penny et Paula mirent au point leur escapade nocturne.

Enfin, équipées de fioles, de sécateur, d'éprouvette à poisson, de louche pour chaudron et autres outils indispensables, elles redescendirent dans la salle commune. Il était prévu que Paula reste dans la salle commune. Molly et Penny, elles, commenceraient par rejoindre les serres.

Lorsque la porte de la salle commune se referma derrière elle, les deux filles, entendirent la grosse dame leur faire des reproches.

–Et où est-ce que vous allez ?affublées de la sorte ?demanda-elle.

–Cueillir des légumes, murmura Penny.

La grosse Dame réprimanda les deux Gryffondor qui s'éloignèrent rapidement.

Ce fut dans la pénombre et la peur au ventre qu'elles descendirent les escaliers.

Soudain des pas retentirent. Molly tira le bras de Penny, elle souleva une tapisserie et y poussa son amie avant de s'y engouffrer à son tour.

C'était l'assistant du garde chasse, Rubeus Hagrid qui marchait dans le couloir. Molly le soupçonnait de déambuler tous les soirs dans le château depuis son renvoi.

Lorsqu'elles n'entendirent plus les pas du demi-géant, les filles restèrent cachées quelques secondes, avant d'enfin sortir avec peine, à cause de la longue éprouvette que Molly tenait dans ses mains.

Arrivées devant la fenêtre qui donnait sur les serres, les filles reprirent leur souffle. Molly ouvrit très lentement la haute fenêtre grinçante.

Elle jetèrent par dessus le bord, l'éprouvette et le reste du matériel encombrant.

–Fais moi la courte échelle, murmura Molly.

Obéissante, Penny aida Molly à monter sur le rebord de la fenêtre.

–T'as prit du poids ma grosse, dit Penny d'une voix étouffée.

–Tant mieux, ça va me faire moins mal quand je tomberais, dit Molly.

–Tomber ?interrogea Penny étonnée.

Molly atteint enfin le bord, elle parvint à s'y hisser, mais ne parvint pas à rester en équilibre, elle tomba lourdement sur les rosiers qui longeaient les murs du château.

–Aie, dit Molly quelques secondes après être tombée.

Elle se redressa et grimpa péniblement sur le bord de la fenêtre, en écrasant consciencieusement les rosiers au passage.

Avec l'aide de Molly, Penny grimpa elle aussi sur le bord de la fenêtre, et comme sa camarade plus tôt, elle ne garda pas l'équilibre, et elle tomba en entraînant Molly dans sa chute.

–Vivante ?questionna Penny.

–Qu'est-ce qu'on ferait pas par amour, remarqua Molly d'une voix étouffée.

Les deux filles se relevèrent. Elles repérèrent la serre numéro 3 dans laquelle le Gingembre-Sur-Pattes était entreposé.

–Alohomora, prononça Molly en pointant sa baguette vers la porte de la serre.

La porte s'ouvrit, et elles entrèrent.

–Où sont-ils ?interrogea Penny.

Molly montra le fond de la serre, où il y avait un second compartiment.

Elles s'arrêtèrent avant de pénétrer dans le second compartiment. Les Gingembres-Sur-Pattes, courraient dans tous les sens sur un terrain de terre qui leur étaient réservé. Visiblement la présence des deux Gryffondor effrayaient les légumes.

–Il faut prendre quels racines ?interrogea Molly.

–Les petites qu'ils ont entre les jambes, annonça Penny.

Molly ouvrit la porte, et elle entrèrent en faisant redoubler la panique des Gingembre-Sur-Pattes. Molly brandit son éprouvette, et...la chasse commença... Une longue et pénible chasse, après avoir été cassée quatre fois, puis réparée, l'éprouvette finit par rendre l'âme. Les deux Gryffondor, tentèrent donc d'attraper à mains nues, l'un des légumes.

C'est couverte de terre, les cheveux en pétards, des jambes tremblantes, mais un moral enfin triomphant, que Molly brandit l'unique trophée de leur chasse.

Penny sortit un sécateur de sa poche.

–Écarte lui les pattes, dit Penny.

–Allez, dit Molly en tentant de consoler le Gingembre. Ça va bien se passer, pense à autre chose.

Après de très pénible secondes pour le légume. Penny rangea les minuscules racines dans une petite boite. Molly put relâcher le légume meurtri.

–Il faut faire vite maintenant, dit Penny. On doit les mettre dans le chaudron avant qu'il ne s'écoule une heure.

Penny et Molly sortirent de la serre, repassèrent par la fenêtre, sans oublier de tomber à quatre reprises. La première lorsque Penny tenta de monter à l'aide de Molly, de glisser et d'atterrir sur Molly toujours sur les rosiers. La seconde fois, c'est Molly qui tomba la première en entraînant son amie, sur les rosiers toujours. Les deux dernières chutes eurent lieu l'une après l'autre, mais de l'autre coté de la fenêtre, dans le couloir.

Miraculeusement, le concierge Picott ne fut pas attiré par le boucan des deux filles. Elles rejoignirent donc les toilettes du deuxième étage.

Mimi Geignarde était, pour une fois, silencieuse.

–Salut Mimi, dit gentiment Molly.

Il fallait mieux éviter de ce mettre le fantôme à dos, avec le risque qu'elle aille répéter qu'elles étaient venues cette nuit.

Mimi eut un vague grognement, indiquant qu'elle avait entendu.

Penny sortit sa boite et versa son contenu dans le chaudron. La potion vira aussitôt rose fushia.

Ensuite les deux filles versèrent la totalité du contenu du chaudron dans une fiole.

–Voilà, dit Penny satisfaite. C'est fini.

–J'aurais plutôt dis, que c'est le commencement, dit Molly. On n'a pas encore réussi à donner ça à boire à Otto et Calvin.

–On verra ça demain, décréta Penny. En faite on ne va pas avoir le choix, la potion ne dure que vingt quatre heures.

Elles repartirent vers la porte.

–Waoh, dit soudain Penny.

Molly fit volte face, son amie se regardait dans un miroir.

–Paula va tomber dans les pommes si elle nous voit comme ça, dit Penny. Elle ouvrit l'un des robinets et se nettoya le visage, Molly ne tarda pas à en faire autant.

–On pourrait aller chercher ta cousine, dit cyniquement Penny. Elle serait sûrement ravie de voir l'une des héritières des Moon avec plus de saleté sur le visage qu'un gnome de jardin.

–Moon ?demanda Mimi Geignarde. Meredith Moon ?

Surprise, Molly regarda le reflet de Mimi Geignarde dans le miroir face à elle.

–C'est ma mère, dit Molly étonnée qu'un fantôme puisse connaître sa mère. Tu l'as connais ?

–Évidement, répondit Mimi, elle était préfète-en-chef, quant j'étais...quand j'étais...

Mimi se mit à pleurer bruyamment

–...VIVANTE, finit Mimi.

Aussitôt Les Gryffondor attrapèrent leurs affaires et entamèrent un sprint vers la sortie. Les pleures de Mimi finirait forcement par attirer Picott.

C'est essoufflées que Molly et Penny arrivèrent dans leur salle commune. Elles ignorèrent royalement les réprimandes de la grosse Dame et entrèrent dans la salle commune, où Paula s'épluchait les ongles avec les dents.

Penny montra la fiole, et les filles épuisées montèrent se coucher.

–Si ça se trouve, dit Penny. Dans quelques années quand t-on repensera à cette soirée, on en rirai.

–Tu crois ?dit Molly peu convaincue.

–C'est sûr, répondit Penny.

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Le lendemain matin, c'est fatiguée que les filles de septièmes années de Gryffondor allèrent prendre leur petit déjeuner avant d'aller en cours.

Devant la porte de métamorphose, les élèves attendaient patiemment que leur professeur daigne apparaître pour commencer son cours.

–Vous avez l'air fatiguées les filles, dit Rita Skeeter une élève particulièrement fouineuse que Molly n'aimait pas beaucoup.

–Un peu, on a travaillé toute la nuit, mentit Penny.

–Alors peut-être que pour une fois quelqu'un aura une meilleure note que moi en métamorphose, dit Rita en tentant de cacher son sourire moqueur.

La Poufsouffle s'éloigna.

–Je déteste cette fille, dit Paula.

–Quel cafard, dit Penny. Je me demande comment elle fait pour être la première en métamorphose, elle est nulle partout ailleurs.

Pendant le cours, Molly n'écouta pratiquement rien. Calvin était assis quelques rangées devant elle. Ce qui était très avantageux puisqu'elle pouvait le regarder pendant tout le cours. Et on pouvait croire qu'elle regardait le tableau. Malheureusement, certaines personnes avait remarqué la supercherie. En fait, surtout une personne...

–Arrête de le regarder Molly, murmura Arthur assis à coté d'elle. Concentre toi.

–Je suis concentrée, dit Molly.

–Oui, mais sur la nuque de Calvin, dit Arthur agacé. Allez prends des notes.

–Tu crois qu'un jour il me regardera ?demanda Molly à mi-voix.

–Je ne sais pas, dit Arthur furieux. Essaye de travailler un peu.

–J'y arrive pas, dit Molly. Laisse moi fantasmer.

–Je ne te passerais pas mes notes, dit Arthur, alors tu ferais mieux de t'y mettre.

–J'suis fatiguée en plus.

–Je vois ça, dit Arthur. Qu'est-ce que vous avez foutu cette nuit ?

Molly chercha un mensonge, elle n'oserait pas affronter le regard de son ami si elle lui disait la vérité sur ses activités nocturnes.

Comme elle ne répondit pas, Arthur se tourna vers Penny et lui posa la question.

–On a fait des expériences, dit vaguement Penny.

–Quels expériences ?interrogea Arthur.

–A ton avis ! dit Penny d'une voix provocante. On a essayé des trucs, on ne veut pas mourir idiotes. Et puis on est jeune, c'est normal qu'on fasse des expériences de ce genre.

Molly se mordit la langue pour ne pas éclater de rire. Arthur avait viré rouge pivoine. Il plongea dans son parchemin et n'osa plus regarder les trois Gryffondor de tout le cours.

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Durant le déjeuner Penny parvint à s'asseoir à coté de Otto qui était en sixième année. Penny guetta le moindre instant d'inattention de son voisin de table pour verser un peu du contenu de la fiole dans son verre. En vain.

–Comment on va faire ?s'exclama Penny après le déjeuner, il ne reste que quelques heures.

–Vous deviez les mettre dans des chocolats ou des gâteaux et vous leur en proposez, dit Paula.

–Ma Pô ma Lala ! Ma PôPôLala, tu es un génie, s'écria Penny.

Molly et Penny filèrent donc dans les cuisines, guidées par Paula qui en tant que préfète connaissait l'entrée des cuisines.

Les trois Gryffondor entrèrent quelques longues minutes plus tard dans leur salle de classe de sortilège. Penny cachait dans son sac, une boite de chocolat.

–Mais qu'est-ce que vous avez fichu ? S'exclama Arthur lorsque Molly s'assit à coté d'elle.

–Je croyais que tu étais trop gêné pour me parler aujourd'hui, provoqua Molly. Si tu ne l'es plus, ça peut s'arranger, je peux te donner des détails sur notre soirée.

–Nonnon, dit précipitamment Arthur. Merci ça ira.

Molly échangea un regard amusé avec Penny.

Après le cours, les trois filles injectèrent tout le contenu de la fiole dans les chocolats.

–N'oublie pas, recommanda Penny. Si le filtre s'appelle « Premier regard » c'est pas pour rien. Les garçons tomberont amoureux de la première personne qu'ils verront. Le problème c'est que comme le filtre est très léger, ils parviendront à cacher leur sentiment en croyant qu'ils sont en train d'ouvrir les yeux sur leur sentiments réel. Ils parviendront à rester assez lucide pour nous cacher le changement.

–Je sais Penny tu me l'as déjà dit cent fois, reprocha Molly.

Otto et Calvin était dans le parc, ils sortaient de leur entraînement de quidditch.

–Comment on va pour leur proposer le chocolat ?demanda Penny.

–Tu es plus gonflée que moi, dit Molly. Commence par proposer à Otto, il a l'habitude que tu l'abordes. Calvin s'arrêtera peut-être pour nous parler.

Les filles trouvèrent un coin à l'écart, elles attendirent la boite de chocolat ouverte, que l'équipe de quidditch arrive. C'était sans compter sur l'équipe de quidditch de Serpentard menée par Rodolphus Lestranges qui débarqua et commença à provoquer l'équipe des Gryffondor.

Molly et Penny restèrent en arrière à regarder la dispute qui menaçait de s'envenimer entre les élèves.

Enfin la dispute cessa.

–Mon lacet !dit Penny.

Elle confia la boite à Molly. Au moment ou Rodolphus Lestranges arrivait pour saluer Molly.

–Molly Moon, dit-il poliment. Comment vas-tu.

–Très bien, dit tout aussi poliment Molly qui cachait son irritation.

Lestranges l'avait appelée par son nom de sang pur.

–Ils ont l'air bon tes chocolats, dit-il. Je t'en prend un.

C'était comme si la scène c'était passée au ralentie. Rodolphus plongea sa main dans la boite de chocolat et en sorti un sans que Molly ne fasse autre chose que le regarder, effrayée. Penny, ayant entendu ce qu'avait dit Lestranges, se redressa violemment. Sa tête heurta la boite, et tous les chocolats tombèrent sur le sol.

Tous, hormis celui que Rodolphus Lestranges allait bientôt avaler.

–Il l'a échappé belle, dit-il en montrant le fameux chocolat.

Paralysé, Molly et Penny regardèrent le serpentard engloutir le chocolat. Dans quelques secondes le filtre ferait son effet. Et les deux personnes que Lestranges avait devant lui, était Penny et Molly.

Molly chercha tout autour d'elle de l'aide. Et elle la vit.

–Bellatrix !s'écria Molly.

Le Serpentard se retourna pour regarder la jeune Black qui se trouvait forcée de venir saluer Molly.

Comme d'habitude, Penny s'éclipsa pour laisser les sang purs parler à Molly. Rodolphus Lestranges regarda fixement Bellatrix, Molly dû retenir un soupir de soulagement.

–Bonjour Bellatrix, dit Molly. Tes vacances se sont bien passées ?

–Oui, merci, dit froidement Bellatrix. Et les tiennes ?

–J'ai fais les boutiques, dit Molly.

–Moi j'ai fais une rencontre passionnante qui pourrait bien changer le court de ma vie, dit Bellatrix.

–Et toi Rodolphus ?interrogea Molly.

–Je...je... hésita Rodolphus sans cesser de regarder Bellatrix.

Molly fit semblant d'être surprise elle regarda Rodolphus avec interrogation. Puis elle tourna sa tête vers Bellatrix avec un sourire complice.

–Bon, je vais vous laisser, dit Molly en adressant un sourire entendu à Bellatrix Black.

Molly s'éloigna en se promettant d'envoyer sa chouette prévenir sa grand mère que son entente s'était améliorée avec Bellatrix Black, puisqu'elle lui avait parlé, et l'avait aidé à trouver un éventuel futur fiancé de sang pur.

Penny et Paula attendaient Molly près de la grande porte. Les chocolats étaient fichus, il n'y avait plus de filtre d'amour. Molly regarda son Grand Amour, Calvin Melfi, s'éloigner avec son balai sur l'épaule.