Acte II

Après quelques minutes, les trois filles redescendirent des gradins et repartirent vers le château.

–Molly !

Molly se retourna un eut la désagréable surprise de voir sa cousine Miranda. Dans un effort surhumain, elle se força à sourire.

–J'aimerais te parler, dit Miranda.

–On te retrouve plus tard, dit Penny avant de s'éloigner avec Paula.

–Allons à l'écart, dit Miranda.

Miranda entraîna Molly dans une salle de classe vide.

–Je t'avoue, dit Miranda que je suis assez gênée que cela soit à moi de t'annoncer ça.

Molly sentit une vague de panique l'envahir.

–Tu es à Gryffondor, dit Miranda. Tes amies sont des sang-de-bourbes, des sang-mêlés ou des adorateurs des moldus, tu te doutais bien que la famille n'allait pas te laisser dériver comme ça.

–Je m'entends bien avec les sang-Pur, protesta Molly.

–Oui, dit Miranda, on voit bien que tu fais des efforts considérables pour avoir de bonne relation avec les gens importants. Mais tu te contente de bonjour-bonsoir. Et les personnes que tu fréquentes ne sont pas vraiment très recommandable pour se faire bien voir en société. Et il est vrai que tu pars dans la vie avec un handicape qui sont les erreurs de jeunesse de ta mère.

Molly fulminait intérieurement.

–Donc à Noël, il a été décidé de te trouver un fiancé qui serait parfait pour toi, annonça Miranda. Comme les personnes que tu fréquentes ne sont pas très bonne, il serait dommage que tu te fasses épouser par quelqu'un de la même espèce.

Molly était stupéfaite, elle n'espérait qu'une chose : que les Moon n'ait trouvé personne pour elle.

–Mon père est justement très ami avec le patriarche de la très respectable famille Malefoy, dit Miranda. Associer le nom des Moon à celui des Malefoy n'a encore, et c'est très étonnant, jamais été fait. Est-ce que tu connais Lucius Malefoy ?

–Il a douze ans ! S'exclama Molly.

–Quatorze, corrigea Miranda. Et si tu veux mon avis, c'est un avantage pour toi. Comme ça tu pourras profiter de ta jeunesse avant que l'age qui vous sépare ne soit pas indécent pour organisé vos fiançailles.

–C'est dégouttant !protesta Molly. Il est tout petit !

–Vu son nom, il n'a jamais dû être petit, dit Miranda. Tu vas avoir largement le temps de te faire à cette idée. John nous attends avec Lucius pour vous présentez.

–Quoi ?

Molly crut être en plein cauchemars. Pourtant c'était bien réel, Miranda était bel et bien en train d'entraîner Molly dans le hall. Un jeune garçon blond avec un sourire crispé se tenait à coté de John. Miranda présenta Lucius Malefoy à Molly qui avait l'impression que ses jambes allaient se dérober sous elle.

Au bout d'un moment, Miranda saisit l'ampleur du malaise de Molly, elle mit fin au présentation. Elle accompagna Molly jusque devant la porte de la salle commune des Gryffondor.

–Tu devais t'y attendre, dit Miranda légèrement compatissante.

Ce qui étonna Molly.

–Trouves-toi un sang-pur respectable avant que Malefoy sorte de Poudlard, dit Miranda. Sinon tu seras fiancée, et l'on ne te donnera pas le choix. Et ce ne sont pas tes frères et ton père qui pourront t'aider. Il paraît que Gideon et Fabian et ton père ce sont engagé dans une sorte d'alliance pour lutter contre... enfin tu vois de qui je veux parler.

Molly avait entendue parler de ce groupe de personne qui luttait contre ce mage dont on n'osait pas prononcer le nom. Mais Molly ignorait que deux de ces frères et son père s'y étaient engagés.

–Trouve quelqu'un Molly. Trouve rapidement pour être fiancée dans trois ans.

Miranda laissa Molly plantée là, sans plus de réconfort qu'un regard compatissant. Et un conseil :

« Trouver un sang-pur », facile à dire. Calvin Melfi était sang mêlé et sa mère était sang de bourbes, pas vraiment le genre d'homme que les Moon voudrait intégrer.

Miranda, elle, n'avait pas trop de soucis à se faire. John Wrubel qui deviendrait probablement cet été son fiancé était un sang-pur en provenance d'Allemagne. Lorsqu'il a eu onze ans, ses parents avaient préféré l'envoyer à Poudlard pour qu'il se dégotte une sang-pur Anglaise. Les Wrubel étant déjà cousiné avec toutes les familles de Sang-Pur allemande.

Et c'était Miranda qui avait gagner le jackpot.

Molly repassa dans sa tête tous les sorciers de sang-pur qu'elle connaissait. Finalement elle aurait peut-être dû laisser Rodolphus Lestranges la regarder après qu'il est mangé le chocolat au filtre d'amour.

Molly se gifla mentalement. Puis elle donna le mot de passe à la grosse dame.

Elle entra dans la salle commune. Penny et Paula étaient assissent autour d'une table. Arthur était seul sur un canapé.

Sans savoir pourquoi, c'est vers Arthur que Molly se dirigea. Molly s'affala sur le canapé.

–Qu'est-ce qui t'arrives ?demanda aussitôt Arthur.

–Comment tu sais que quelque chose ne va pas ?questionna Molly surprise.

–Je te connais depuis suffisamment longtemps, expliqua lentement Arthur. C'est Calvin qui t'as fait du mal ?

–Non, dit Molly. C'est Miranda... enfin elle est juste le messager des Moon.

–Raconte.

Molly rapporta tous ce que Miranda lui avait dit. À la fin de son récit, Arthur lui prit la main et tenta de la consoler.

–Trois ans, Molly, c'est très largement suffisant, dit-il.

–Un sang pur respectable qui plaise aux Moon et à moi ?dit Molly désespérée.

–Eh bien, commença maladroitement Arthur. Je suis un sang-pur sur sept générations et... heu...

–C'est vrai, dit Molly rassurée J'avais oublié. Tous les sang-Purs ne sont pas de profonds crétins obsédés par le mage noir. Il en existe des comme toi. Je vais devoir commencer à chercher, et si j'en trouve un il va falloir le convaincre de me prendre.

Molly se leva.

–Merci, de ton réconfort, dit-elle. Il faut que j'écrive à ma mère, elle aurait peut-être une idée pour m'aider.

Elle fila vers son dortoir. Si Molly aurait regardé Arthur à cet instant, elle aurait été très surprise de le voir près à se fracasser la tête contre la table basse.

Molly prit une plume et écrivit une rapide lettre ou elle relata dans les grandes lignes sa conversation avec Miranda et celle avec Arthur. Molly n'eut pas besoin d'aller à la volière, sa chouette était venue lui dire bonsoir, comme souvent. Pour le moment, sa chouette se nettoyait les ailes perché en haut du baldaquin de son lit.

–Miss Léopoldine ! Appela Molly. Rejoignez-moi, j'ai une lettre pour vous.

Docile, le volatile vint sur le bureau et tendit la patte.

–La lettre est adressée à Meredith Moon, annonça Molly. Faites bon voyage, Miss Léopoldine.

Après une petite caresse affectueuse, la chouette s'envola par la fenêtre.

« Même mon pigeon est un bourgeois de la noblesse », songea Molly amusée.

Miss Léopoldine était un cadeau de ses parents, une autre tradition Moon. La chouette venait d'une grande animalerie du Chemin de Traverse. Elle était la chouette la plus grande, la mieux dressée, la plus belle...et aussi étrange que cela puisse paraître, la plus prétentieuse. Elle n'obéissait que si elle était traitée avec politesse. Molly avait horreur de toute ces politesses des familles nobles, évidement, il n'y avait qu'un seul piaf au monde qui suivait ces règles, et Molly en avait hérité.