Un nouveau chapitre du point de vue de Betty, profitez bien de votre jour férié, si vous ne travaillez pas !
Chapitre 3. La naïveté de la Grande Faucheuse.
Le froid est rapidement tombé sur l'Ecosse et sur le château. L'herbe verte du parc a prit un manteau de givre blanc ce matin, et ça m'a déprimé dès le matin. L'hiver est loin d'être ma saison préférée, mais je suis bien forcée de m'adapter, l'Ecosse ne se situe pas vraiment sous les Tropiques. Un jour, je déménagerai, je partirai vivre sur une île aux Maldives par exemple. Le rêve. L'océan bleu turquoise, les poissons qui nagent autour de toi quand tu mets les pieds dans l'eau, du sable à perte de vue. Je sais que Ted et Arthur ne comprennent mon rêve de migration, ils adorent l'Ecosse et aiment vivre à la campagne, dans la forêt anglaise.
Le château est lui-même envahi par cette ambiance hivernal, alors que nous ne sommes même pas encore en novembre. Des vieilles pierres, des grands couloirs, rien de mieux pour laisser s'engouffrer la bise glaciale qui souffle depuis quelques jours. Bientôt, on verra des stalactites se former sur le plafond des salles de classe. Heureusement, la bibliothèque est toujours très bien chauffée, Madame Pince doit être privilégiée par rapport aux autres salles du château. Hum, c'est à creuser, elle a peut-être une liaison avec Dumbledore… Je divague.
La majorité des étudiants se sont rappatriés dans la bibliothèque ou dans la salle de travail attenante, pour y passer l'après-midi. Les Gryffondors souffrent du froid comme tous les mortels, je suis donc assise là, avec Ted et Arthur. Un samedi à la bibliothèque, la blague. Enfin, maintenant que je suis là autant mettre ce temps à profit pour m'avancer dans mes devoirs de sortilèges, n'est-ce pas ? Ted et Arthur sont devenus un peu plus sérieux avec la menace des ASPICS à la fin de l'année, et je sais que je ferais bien de les copier. Mais la motivation ne se commande pas, mon regard erre sur la salle. J'esquisse un sourire en voyant Fabian, ses mèches rousses mal coiffées et son éternel sourire, qui s'approche de nous.
- Ted, tu n'as pas oublié notre concours de déguisement pour la soirée d'Halloween ? demande le sixième année.
Il s'installe sur la seule chaise libre de notre table.
- Mais je m'en souviens très bien, petit Gryffondor. Je vais te mettre la misère ! s'exclameTed.
- On se calme, au fond ! Silence !
La voix de Madame Pince nous fait sursauter. On oublierait presque que l'on est à la bibliothèque, avec le monde qu'il y a aujourd'hui.
- Alors, on se voit à la soirée, dit Fabian en souriant. Tu vas pleurer, Gideon et moi avons une super idée.
- C'est ce qu'on verra ! affirme Ted.
Je me replonge dans mes sortilèges, essayant de réviser un minimum, une fois la moitié Prewett partit. On a tellement l'habitude de les voir ensemble que c'est surprenant de parler seulement à l'un d'eux, sans son frère pour finir ses phrases. Ils sont tellement liés, bien sûr ils sont aussi proches de leur sœur aînée Molly, mais tous les deux, c'est plus que de la complicité, ils se comprennent sans un mot. Le privilège des jumeaux, peut-être. Penser à leur singulière et brillante fraternité me fait un peu mal au cœur. J'étais proche de mon frère, mais pas au point de Fabian et Gideon. Enfin, cela fait tout de même très mal.
- Au fait, j'ai parlé à Macmillan hier soir, déclare Ted.
Je lève les yeux vers Ted, j'ai presque envie de le remercier de me changer les idées, même s'il ignorait probablement les errances de mes pensées.
- Tu vois qu'elles ne sont pas toutes racistes, les filles de ton dortoir ! dit alors Arthur. Elle a bien voulu discuter avec toi !
Je soupire de lassitude, sachant d'avance comment la conversation va se dérouler.
- Mais c'est parce qu'elle est polie, c'est tout, le contredit Ted. Et puis, elle traîne avec l'aînée des Black.
- Ma mère est une Black, rétorque Arthur.
J'ai l'impession qu'ils ont constamment la même discussion, les mêmes échanges, les mêmes remarques. Ted s'est tellement de fois vu remettre à sa place, en cours, par les frères Lestrange ou d'autres Serpentards mal avisés, qu'il est devenu complétement paranoïaque. Il en oublie que les Prewett et Arthur, entre autres, sont de sangs-purs et lui parlent sans arrière pensée. La peur lui fait voir le mal partout. Je m'efforce de ne pas tomber dans ce travers, mais ce n'est pas facile, après ce qui s'est passé.
- Il faut que tu arrêtes avec ta parano des antis nés moldus, sinon tu ne parleras plus à personne, finis-je par dire. Je pourrais être parano et je ne le suis pas ! Et puis, tu n'as jamais essayé de leur parler, tu te fais peut-être des films.
- Tu es parfois trop naïve, Betty, déclare Ted.
Adorable. Naïve, moi ? Alors que mon frère a été assassiné justement à cause de raisons sanguines ? Alors que les Serpentards m'insultent de « sang de bourbe » à longueur de journée ? Alors que ma mère déprime, seule, dans notre maison moldue, de la mort de mon frère, qu'elle ne comprend pas ? Arthur esquisse un regard vers moi, probablement inquiet de ma réaction, mais je ne relève même pas, trop vexée pour répondre à Ted. C'est finalement Arthur qui réplique à ma place.
- Ne dis pas ça, Ted, elle n'est pas naïve, et elle a surement raison !
- Oui, enfin pour toi le problème ne se pose pas, et ta dulcinée est autant de sang pur que toi, rétorque Ted.
- Ma famille est considérée comme traître à son sang, je te rappelle, dit amèrement Arthur.
- J'en n'en peux plus de ses classifications ! On pourrait passer à autre chose ? Du genre, est-ce que tu veux sortir avec Arianne Macmillan ? lancé-je soudain.
Ted se tait enfin et semble pensif, ce qui attire l'attention d'Arthur. J'ai vu juste apparamment.
- Je la connais depuis que nous sommes binômes de potions, elle est sympa et puis elle n'est pas mal…
- Ted le tombeur ! se moque Arthur.
- Oui enfin, je suis un sang de bourbe à ses yeux, réplique-t-il.
Non, on ne va pas encore parler de ça…
- Mais arrêtes avec ça ! Tu deviens lassant à la fin ! s'énerve Arthur.
- Bon, et toi, tu as invité Molly au bal d'Halloween ?
Nous pouvons observer un très beau retournement de situation de la part de Ted Tonks. Et comme prévu, Arthur baisse les yeux et rougit. Le malheur des roux !
- Non, grommelle Arthur.
- Fais le ! Lances toi ! Elle n'y va encore avec personne, ses frères me l'ont dit la semaine dernière, nous apprend Ted.
Je me retourne et observe la salle de travail. D'autres groupes d'élèves sont assis et discutent, comme nous le faisons. Je vois des cinquièmes années de Serdaigle qui révisent, mais à part elles, tout le monde semble hypnotisé par cette fameuse fête d'Halloween. Je ne sais même pas qui organise cette soirée, mais je soupçonne les jumeaux Prewett d'y être pour quelque chose.
Soudain, j'aperçois la chevelure rousse de Molly Prewett, qui est en pleine discussion avec Chloé Joplin. Autrement dit, la fille qui m'a piqué l'homme de ma vie. Bon, il n'est pas encore au courant qu'il est l'homme de ma vie, mais ce n'est qu'une question de temps. Je donne une petite tape sur l'épaule d'Arthur et lui montre du doigt sa bien-aimée.
- Vas-y ! Tu peux le faire ! Tu verras bien, et puis au pire, tu n'auras pas de regrets, tu auras essayé, s'exclame Ted.
Arthur se lève, essayant d'avoir l'air sur de lui, et il se dirige vers la table de Molly.
Il revient quelques minutes après, la mine défaite. Oups. Elle n'y allait avec personne la semaine dernière, mais aujourd'hui ? On l'a peut-être envoyé dans la gueule du loup un peu trop sûrs de nous.
- Elle y va avec Peter Bradbury de Serdaigle, lance-t-il en se laissant tomber sur sa chaise.
Ted grimaçe et je baisse les yeux sur mon livre de sortilèges. Bon, il n'y a rien à rajouter de plus. C'est désespérant, nous sommes tous les trois des cas désespérés.
xxx
- Je ne comprends pas pourquoi les moldus utilisent autant de produits pour détruire ces plantes, lance Marlène Mackinnon alors que nous sortons de botanique.
Aujourd'hui, nous avons étudié des plantes souvent considérées comme nuisibles par les jardiniers moldus, mais elles ne le sont pas pour les sorciers. J'entreprends d'expliquer cela à ma camarade de dortoir.
- Pour eux, c'est des mauvaises herbes. Et aucun de leurs produits n'est aussi puissant que la potion d'herbicide, c'est donc logique qu'ils doivent en utiliser plusieurs, expliqué-je.
- Oui, tu as raison, admet-elle. N'empêche que ces plantes sont utiles, surtout pour les potions et l'engrais.
Nous discutons en retournant au château, avec Kinglsey qui ne dit rien mais écoute notre conversation. J'apprécie les Gryffondors de mon année, même les filles de mon dortoir, dont Marlène, même si je les fréquente très peu.
- Les moldus ignorent des choses sur nos pratiques et toi, tu ignores des choses sur les leurs.
Marlène est issue d'une famille de sorciers, elle ne connaît donc pas beaucoup le monde moldu, comme la plupart des sangs-purs et beaucoup de sanps-mêlés.
- Tu ne me feras pas dire qu'il y a une logique dans leurs actes, réplique-t-elle en riant.
- Pour eux, c'est logique, insisté-je.
Nous arrivons enfin au château et nous nous dirigeons vers la salle d'histoire de la magie, notre cours suivant. N'ayant pas d'idées particulières sur ce que je veux faire plus tard, j'ai gardé toutes les matières que j'avais obtenu aux BUSES. Je peux encore changer pour la septième année si je me décide entre temps pour une filière plutôt qu'une autre.
xxx
Fabian Prewett me lance un sourire sadique, regarde son frère, qui pose la tête sur le billot.
- Non, Fabian, épargne-moi, épargne ton frère, ton propre sang ! supplie Gideon supplie.
- Tu vas mourir et du sang, il va y en avoir ! rugit Fabian.
Gideon conjure son frère jumeau de lui laisser la vie sauve d'une façon très réaliste, quoique sa crédibilité est un peu entaché par le fait qu'il ait volontairement posé sa tête sur le billot.
- Pense à maman, implore Gideon, ne lui fais pas ça !
La remarque du Gryffondor fait sourire l'assemblée, tandis que le condamné à mort continue à pleurnicher. Mais, il n'arrive pas à amadouer son frère, qui lève sa monstrueuse hache et la plante dans la nuque de son frère. Une gerbe de faux sang vient éclabousser le public.
- Arrête, ça chatouille, s'écrire Gideon.
Les éclats de rire retentissent et Gideon se relève. Les jumeaux saluent leur public d'un geste théâtrale et non moins dramatique, puis ils descendent de l'estrade et la musique retentit à nouveau dans la salle.
Et oui, les frères Prewett se sont déguisés en bourreau et victime et n'arrêtent pas de mimer des mise à mort plus comiques les unes que les autres. Leur initiative détend considérablement l'atmosphère et tout le monde prend cela à la rigolade. Comme je le pressentais, ils n'étaient pas pour rien dans l'organisation de la soirée d'Halloween, et c'est plutôt réussi.
Sans surprise, la fête se déroule dans la salle sur demande, qui est devenue une sorte de crypte sombre et terrifiante. La pièce est largement assez grande pour accueillir une piste de danse, des tables et des chaises, et un bar. Le bar qui, d'ailleurs, ne sert que des Bloody Mary et des cervelles de singe, des cocktails à l'aspect étrange mais pas imbuvables. L'ambiance est sombre et la décoration est dans le style classique des soirées d'Halloween : toiles d'araignées, squelettes, chauves-souris…
Finalement, je me suis déguisée en Faucheuse. Je porte une grande robe noire et une capuche qui me couvrait la tête mais que j'ai retiré pour mieux voir, mon visage est peint dans un blanc spectral que je trouve très réussi. Toutefois, je dois avouer que ma faux n'est pas super pratique pour danser. Ted s'est transformé en zombie. Grâce à du maquillage magique, il a plusieurs fausses plaies, des vêtements déchirés et une allure de cadavre parfaitement réalisé. Tandis qu'Arthur porte un déguisement de sorcier qu'il a trouvé dans un magasin moldu. Oui, ça aussi ce n'était pas surprenant.
Les frères Prewett ont organisé un vote du meilleur costume de la soirée, et ils espèrent ainsi départager Ted ou eux-même. Je n'ai pas regardé les autres déguisements, par solidarité, j'ai voté pour Ted. Mais, pour le moment il a disparu, et je suis avec Arthur.
- Ton déguisement est marrant, Arthur, dit Molly en passant vers nous.
- Mer… Merci Mo… Molly.
Désespérant. Allez, complimentes-la aussi, Arthur. Surtout qu'elle le mérite, son déguisement de sirène monstrueuse est très bien réussi. Et oui, les sirènes de l'Antiquité étaient des monstres, en tout points diffèrentes de la fameuse Ariel. Je lui lance des regard appuyé, mais visiblement, je suis mauvaise legilimens puisqu'il lui sourit sans rien ajouter d'autre. Evidemment, Molly rejoint rapidement ses amis.
- Tu aurais pu la complimenter aussi, lui dis-je.
- Trop tard, marmonne Arthur.
Je hausse les yeux au ciel, et Arthur se dirige vers le bar sans en dire davantage. Il est visiblement énervé de sa prestation devant Molly. Je l'accompagne au bar.
- Un bloody-mary, grogne-t-il.
Le Gryffondor engagé comme serveur donne son verre à Arthur, qui semble donc avoir décidé de noyer son chagrin dans l'alcool. Comme c'est original, c'est probablement le premier homme sur Terre à avoir cette idée.
- La même chose, s'il te plaît, dis-je en souriant, essayant de compenser l'attitude revêche de mon meilleur ami.
Arthur ne fait d'ailleurs pas semblant de noyer son chagrin. Il a déjà bu quatre Bloody Mary, quand je n'ai même pas terminé mon premier verre.
- C'est en bonne voie, avec Arianne, les gars ! crie soudain Ted qui vient d'arriver.
- Su… Super ! bégaye Arthur.
- Ouah, t'as trop bu, mec !
- Pas encore, mais ça va venir, rétorque le roux.
Je n'ai aucun doute sur cette affirmation, vu la vitesse à laquelle les cocktails disparaissent.
xxx
- I see a red door and I want it painted black, no colours anymore I want them to turn black…
J'ai posé ma faux dans un coin de la salle et je me suis lancée sur la piste de danse. Et puis, pour une fois que l'on entend de la musique moldue à Poudlard ! C'est ce qui me manque le plus quand je suis au château la musique. Bon, et un peu la télévision, je l'avoue. Lorsqu'Arthur était venu chez mes parents pour la première fois, il avait été hypnotisé par cet engin un peu trop incompréhensible pour lui. Il avait fait le tour de la télévision, se demandant où était les personnages. Mon père avait pris le temps de tout lui expliquer et il avait adoré Lawrence d'Arabie ou My Fair Lady.
- I see the girls walk by dressed in their summer clothes, I have to turn my head until my darkness goes…
Je me déchaine sur la musique des Stones qui m'emporte et m'entraîne. Les dernières notes viennent cloturer Paint it black, et je quitte la piste de danse, rejoignant Arthur et Ted, qui sont affalés sur un canapé, pas très loin du bar. Je croise une zombie et une dame blanche, et je reconnais Arianne Macmillan et Alice Fraser, les septièmes années de Poufsouffle. La robe blanche d'Alice Fraser ferait presque robe de mariée. Si je n'avais pas soutenu mon meilleur ami, j'aurais peut-être voté pour elle, c'est très réussi.
Je ne vois pas l'aînée des sœurs Black, qui trainent tout le temps avec elles. A Poudlard, chacun a son groupe, ses amis, et les groupes, une fois constitués, se mélangent très peu. Et c'est bien dommage. Les trois septièmes années de Poufsouffle Molly, Dorcas et Chloé les jumeaux Prewett et Kingsley Bellatrix Black, Rebecca Parkinson et les frères Lestrange Léo Lhuzman et Peter Bradbury Arthur, Ted et moi… Je pourrais en citer des dizaines comme ça.
Pourtant, avec la période sombre qui s'annonce, nous gagnerions à être plus unis… Peut-être que Ted a raison, peut-être que je suis naïve, mais j'ai tellement envie d'y croire. Je sais que beaucoup d'élèves parlent de créer un groupe qui lutterait contre les mangemorts, ou de rejoindre des groupes déjà existants, et je reste persuadée que l'union fait la force. J'aurais peut-être du boire, finalement, penser à tout cela me déprime.
- Mais mec, tu vas l'épouser Molly, je te zure !
- Jure, le repris-je en m'asseyant à côté de Ted.
- On s'en fout, Betty, il va l'épouser, hein ? me demande Ted.
- Oui, c'est certain ! confirmé-je.
Ted finit son verre et se lève pour aller en chercher un autre. Quand il revient, un grand sourire illumine son visage.
- Je viens d'avoir une idée qui va vous plaire !
C'est marrant, parce que, à voir la tête enjouée de Ted, j'ai l'impression inverse.
- C'est quoi ? demande Arthur, la voix endormie et pâteause.
- Tu vas sortir avec Molly avant Noël et moi avec Arianne, explique Ted. Celui qui laisse tomber, qui abandonne, qui n'est pas un vrai mec quoi, devra traverser le stade de Quidditch.
Trop de testostérone d'un coup, je me sens un peu seule dans ces moments là ! Ted boit une gorgée de Bloody Mary.
- A poils.
Seconde gorgée.
- Pendant un match, termine Ted.
Pitié, pas de troisième gorgée, parce que là, c'est vraiment… oui, bon, d'accord, c'est hilarant. Pliée de rire sur les genoux de Ted, j'entends à peine Arthur protester et Ted le convaincre.
xxx
En retournant au dortoir, le soir même, j'aperçois Léo Lhuzman et Chloé Joplin en pleine session embrassades. Rien de mieux pour déprimer toute seule dans son lit. Il est tellement beau… Pourquoi reste-t-il avec elle, il pourrait avoir mieux… Par exemple moi… Non bien sûr, c'est ridicule, Chloé est plus âgée, plus blonde, plus intelligente… C'est le couple parfait, alors pourquoi ça me fait tant de mal de l'admettre ?
J'admire Léo depuis tellement de temps… Il ne doit même pas se rendre compte de l'attrait qu'il exerce sur moi. Je ne sais pas quoi faire pour qu'il me remarque. J'essaye toutes les occasions pour lui adresser la parole, mais ce serait ridicule de lui demander l'heure ou mon chemin dix fois par semaines. J'ai toujours détesté ses copines, mais c'est pire depuis qu'il est avec Chloé. Peut-être parce qu'elle n'est pas si différente de moi, sur certains points ? Ou parce qu'elle est mon opposée sur d'autres points ? Je ne sais plus quoi faire. Je me raccroche à cela plus que tout, depuis la mort de mon frère.
Mon frère… Philip Allen… Penser à lui me déprime encore plus. Je me sens tellement vide depuis qu'il est décédé, comme si je errais dans ce château, sans autres buts que me changer les idées, éviter d'y penser, mais il revient tout le temps, toujours.
Dire que j'ai fait la fête, j'ai dansé, j'ai rigolé… Et lui, il ne fera plus jamais ces choses là, il n'aura plus jamais cette vie. Les larmes me montent aux yeux, et je me laisse à pleurer. Sans m'arrêter de marcher, je laisse couler ma tristesse. Je voudrais juste rentrer au dortoir et dormir, dormir et dormir. Je me demande ce qu'il aurait voulu que je fasse, comment il aurait voulu que j'agisse…
xxx
Quelques plumes blanches tachetées de gris viennent se fondre dans mon chocolat chaud, et je vois Bouhi, mon hibou moyen-duc, se poser devant moi. Je déchiquette un bout de ma tartine de pain beurré et tend les morceaux à Bouhi, qui les avale avec un hululement de plaisir. Mon frère l'avait surnommé Bouhi dès que je l'avais reçu. Son nom est sensé être Perséphone, mais grâce à mon frère, il se nomme désormais Bouhi.
- Salut Bouhi ! marmonne Arthur, d'un ton fatigué.
- Ouh ouh, répond le volatile.
Je détache la lettre attachée à sa patte et la déplie. Je reconnais immédiatemment l'écriture fine et gracieuse de ma mère. Ils n'ont pas plus d'informations sur les meurtriers présumés de mon frère. L'enquête est toujours au point mort. Après le blues d'hier soir, je n'avais vraiment pas besoin de ça.
- On va voir l'entraînement de Quidditch ? me propose Arthur.
- Bonne idée, j'ai besoin de me changer les idées !
Nous partons à la cherche de Ted avant de nous diriger dans le parc. Molly est poursuiveuse dans l'équipe de Gryffondor, et Arthur assiste aux entraînements avec une dévotion qui ferait presque peur. Il ne manquerait plus qu'il crée une équipe de pom pom boys pour soutenir sa dulcinée. Au moins, ça aurait le mérite de vraiment me changer les idées. J'ai finalement le sourire aux lèvres quand nous rejoignons le stade.
