Chapitre du point de vue d'Arianne :) N'hésitez pas à donner votre avis !


Chap 4. Découvrir que l'on est une fille (presque) comme les autres.

- Salut, Molly, Frank, Peter ! s'écrie Andy, joyeusement.

- Salut Andromeda, salut les filles.

Depuis le début de la soirée, Andy nous traîne, Alice et moi, à sa suite et prend un malin plaisir à saluer tous les gens qu'elle connaît, de prêt, de loin, de nom, depuis l'enfance ou depuis cinq minutes. Tout ça pour qu'Alice se fasse remarquer par ce cher Frank Londubat, qui n'a d'yeux, enfin de lèvres, que pour Dorcas.

- Ta robe est superbe, Alice ! s'exclame Molly Prewett.

Le déguisement d'Alice est en effet superbe, et si sa robe était celle de mon mariage, je serais très loin d'être déçue. Sauf que bon, je n'ai pas spécialement envie de me marier, mais bref, ce n'est pas le moment d'y penser. Andy s'est occupée de tout pour la robe d'Alice et elle a fait un très beau travail. C'est plus une robe de soirée très classe qu'un déguisement. Mais le plus important, c'est le sourire d'Alice. Elle est rayonnante, se sentir aussi belle et être complimentée pour sa tenue lui remonte le moral et la met en confiance, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Et, je suis contente pour elle, sans arrière pensée. C'est ma meilleure amie, après tout.

- Merci, répond mon amie en rougissant, c'est Andromeda qui l'a faite.

- Oh super ! Tu utilises quels sortilèges ? Avec des aiguilles ou directement avec ta baguette ? demande la rousse en se tournant vers Andy.

- Alors, j'ensorcèle des aiguilles magiques, que j'ai acheté chez Tissards et Brodette, lui apprend Andy, et j'utilise plusieurs sortilèges différents, selon les points que je veux coudre.

- Tu utilises le sort de point d'ourlet ? demande la Gryffondor.

Les trois filles partent dans une discussion de modeuse et de couturière qui m'échappe complétement. Molly Prewett fait également ses vêtements elle-même d'après ce que je comprend.

Les écoutant vaguement d'une oreille, regarde autour de moi, dans la salle rendue sombre par l'ambiance crypte. La décoration est tout à fait dans le thème et malgré ma tendance à juger âprement – quoi, vous n'aviez pas remarqué ? – je dois admettre que c'est plutôt réussi. Mais, à part le décor…

Tous les participants ont fait un effort et ont sorti leurs plus beaux costumes, mais je m'ennuie au milieu de cette foule dense de midinettes, précieuses ridicules et mâles en manque.. On se tranforme, on se maquille, mais la vérité, elle, n'est pas cachée, loin de là. Les rancoeurs, les conflits, les amours déçus semblent encore plus flagrants dans une fête que le reste du temps. Je n'aperçois aucun Serpentard, ce qui ne m'étonne pas, ils ne daignent pas mettre les pieds dans une soirée telle que celle-ci. De la musique moldue un peu assourdissante, des sangs de bourbes et de l'alcool, quelle bassesse. Tant mieux pour nous, et pour Andy surtout.

J'observe les costumes des uns et des autres, repérant une Faucheuse, des pirates, une harpie, un troll, des fantômes, un bourreau et sa victime… De mon côté, avec beaucoup de maquillage et des vêtements déchirés, je me suis transformée en zombie. Je n'avais pas spécialement d'idée et j'ai choisi au hasard dans les propositions faites par mes amies. Je regarde avec attention la plaie purulente qui recouvre mon bras, admirant les talents de maquilleuse d'Alice. Elle est tellement réaliste que je pourrais croire être vraiment blessée.

- Deux zombies dans la salle, et il faut que ce soit toi et moi.

Levant la tête, je vois Ted Tonks, qui me fixe en souriant. D'un coup d'œil rapide, je vérifie par réflexe que nous ne sommes pas observées. Et, immédiatement après avoir eu cet automatisme, je m'en veux, mais Ted ne semble pas avoir remarqué ma méfiance. Je n'y peux rien, c'est ancré dans mes veines, dans mon âme, je dois faire attention, je dois me protéger, protéger ma réputation et celle de ma famille. Mais, j'ai parfois tellement envie de vivre, de m'amuser, de découvrir que je me laisse aller. Rarement, je vous l'accorde, mais j'en ai besoin, comme respirer ou manger, j'ai besoin de cette liberté, même éphémère.

- Tu sembles vraiment en décomposition, finis-je par dire.

- Merci du compliment, tu as l'air affreuse, me répond-t-il.

Par Merlin, ça ne peut pas être vrai, je ne peux pas être entrain de rire comme idiote. Ah mais si, c'est bien moi.

- Je suis aussi drôle que ça ? demande Ted, avec un sourire moqueur.

Bon bah je n'étais pas ridicule que dans ma tête visiblement. Je décide de prendre cela à la rigolade.

- Tu te défends bien.

- Pourquoi tu regardes comme ça autour de toi, tu as peur d'être vu ? questionne-t-il.

Mince… Je n'étais pas aussi discrète que j'avais cru l'être. Ted va m'en vouloir, je n'en doute pas, c'est tout à fait son genre. Je grimaçe et détourne les yeux.

- Pour rien, je cherche mes amies.

- Ah oui, les filles qui refusent de me parler, rétorque Ted.

- Mais non, tu n'as jamais essayé ! Je râbache, mais moi, je te parle, dis-je.

- Et c'est assez agréable d'ailleurs… murmure-t-il.

Pour une fois que je me fais draguer, il faut que ce soit par un né-moldu. Mais est-ce que cela me pose un problème en vérité ? Cela pose un problème à toute la société sorcière… Enfin, toute la société, sauf les nés-moldus, les sangs-mêlés et autres traîtres à le sang. Mais moi ? J'esquive mentalement cette questione et je lui souris.

- Je trouve cela fort agréable aussi.

- Tu parles comme une noble ! dit-il en riant.

Je rêve ou il se moque de moi ? Très bien, il va voir.

- Mais je suis une noble décédée depuis des années et résuscitée pour cette soirée qui daigne adresser la parole à un pauvre paysan zombie, n'es-tu pas flattée ?

- On ne peut plus ! s'esclaffe Ted.

- J'en suis fort aise.

Il me fait un clin d'œil et je souris à nouveau. Cela devient ridicule, je commence à ressembler à toutes ces néo-princesses qui rêvent de tomber amoureuse. Celles dont je me moquais i peine quelques minutes.

- Pour quel déguisement as-tu voté ? m'interroge-t-il alors.

- Pour le concours ? Pour celui d'Alice, sa robe est sublime !

- Hum, une mariée sans cavalier, remarque-t-il.

- Le cavalier se fait attendre, mais cette mariée est en vérité une araignée qui l'attrapera bientôt dans ses filets, fis-je avec des gestes théâtrales volontairement ridicules.

- Quelle poétesse tu fais !

- Te moquerais-tu encore de moi ? demandé-je, faussement vexée.

J'en profite pour me tourner un peu et observer la salle. Personne ne fait attention à nous et c'est pas plus mal. Je suis bien, là, à discuter avec lui, mais je n'aimerais pas que cela engendre des rumeurs, ou pire, que cela arrive aux oreilles de mes parents.

- Je suis jaloux, tu aurais pu voter pour moi, déclare Ted.

- J'aurais pu…

Avant que je termine ma phrase, Andy se jette sur moi et m'entraîne plus loin en babillant je-ne-sais-quoi sur le concours de costume.

- Au revoir, paysan zombie, lancé-je en souriant.

Un dernier regard en arrière, et je vois Ted retourner vers ses amis. De toute façon, qu'est-ce que j'espèrais ? Toutes mes années à Poudlard à rester avec les filles, à n'adresser la parole qu'à des sorciers biens sous tout rapport, selon les critères familiaux, est-ce que cela allait changer en une discussion ? Mais, cette discussion justement n'était pas sur le même ton que celle que j'aurais eu avec un simple camarade de classe… Suis-je aussi stupide que ça ? Un homme me drague et je tombe dans ses bras sans résister une seconde ? Non, je ne suis pas ce genre de fille, né-moldu ou sang-pur, je reste sur mes gardes et j'ai des critères. Ted est drôle, sympathique, mais il me faudra plus que ça.

- Sorciers, sorcières, voici venu l'heure d'élire le meilleur déguisement de la soirée, déclare un des jumeaux Prewett, de Gryffondor.

- Nous allons maintenant vous révéler le nom de l'heureux élu, continue son frère.

Andy et Alice font des pronostics, pendant que Gideon – ou Fabian – ouvre une petite enveloppe noire et en sort un bout de parchemin.

- Le prix du meilleur déguisement revient à… commence Fabian – ou Gideon.

Il marque un silence, laissant monter le suspens et tous les élèves chuchotent, hésitant sur qui sera l'heureux gagnant. Je vois Ted sourire d'un air entendu à ses amis. Je vois Molly Weasley qui discute avec ses copines et rigolent.

- Alice Fraser !

Le nom retentit dans la crypte et tous les regards se tournent vers nous.

- Hiiii ! s'écrit Andy, en poussant notre amie vers la scène.

Le visage d'Alice pâlit, puis rougit. Enfin, un sourire s'étale sur ses lèvres et elle s'avance, tremblante, vers les deux frères, tenant sa traîne à la main. Elle le mérite clairement, sa robe est magnifique, et elle est aussi. Et puis, n'est-ce pas le meilleur moyen pour que Frank la remarque ?

- Félicitations ! lancent en cœur les deux frères.

Les participants de la fête applaudissent et Alice resplendit plus que jamais.

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- Tout ça n'aura servi à rien !

Les lendemains de fête, c'est toujours la même rengaine. Partout, dans tous le château, des filles pleurent et des garçons donnent des coups de poing dans les murs. Mais, à la table des Poufsouffles, Alice touille son café depuis quinze minutes, alors qu'à la table des Gryffondors, Frank et Dorcas s'embrassent langoureusement.

- C'est comme si j'étais la reine du bal un soir et que je me faisais plaquer au petit matin, marmonne Alice.

- Tu finiras pas y arriver, Alice, c'est certain. Il sait que tu existes, tu lui as déjà parlé, et ça va continuer, tu iras plus loin.

Entrée en scène d'Andromeda Black qui essaye de réconforter notre cœur brisée nationale. Bien sûr, Alice a été la plus belle hier soir, elle était ravie et, sur la scène, elle n'a souri qu'à Frank. Mais il n'a pas quitté sa copine pour autant, comme on pouvait s'y attendre. Les choses ne changent pas aussi vite, et Frank n'est pas superficiel au point de quitter sa petite-amie juste parce qu'une autre fille gagne un concours de déguisement.

- Tu les vois bien, tous les deux, peste Alice. Comment veux-tu qu'il me remarque ?

- Tu était superbe hier soir, Alice, il t'a sûrement remarqué, dis-je alors en souriant.

Elle soupire ostensiblement. Oui bon, ma remarque n'était peut-être pas la plus adaptée à la situation, mais au moins, j'ai essayé. Et puis, c'est forcément vrai, il ne peut pas ignorer qu'elle existe.

- Evidemment, je suis montée sur scène. Ce n'est pas pour ça qu'il partage mes sentiments. Il faut que je fasse quelque chose de plus, être la plus belle au bal n'était clairement pas suffisant ! s'énerve-t-elle.

Le plus gros problème qu'une fille puisse avoir dans la vie, oui bon d'accord, j'extrapole un peu, mais quand même, c'est d'être amoureuse d'un homme qui ne s'intéresse pas à elle et en être lucide. Et malheureusement, c'est bien ce qui arrive à Alice. Elle semble désespérée. Mais au moins, l'écouter et essayer de la rassurer, m'empêche de penser à Ted et à notre étrange discussion d'hier. Je n'ai vraiment pas envie d'y penser.

- Tu as été parfaite hier, tu lui as souri, tu as attisé sa curiosité.

- Andromeda ! Tu dis ça pour me réconforter, il s'en fout, s'énerve Alice.

- Oh bah, si tu ne veux pas de mon aide, s'agace Andy.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! s'écrie Alice, qui dans sa colère renverse son café.

Le liquide noir, qui n'est plus chaud depuis longtemps, s'étale sur la table et vient s'échouer sur la jupe d'Alice.

- Il ne manquait plus que ça ! peste-t-elle.

Je lui tends une serviette en tissu jaune et noir – les couleurs de notre maison, quelle surprise et quelle originalité ! – pour qu'elle puisse essuyer sa jupe. Elle soupire lourdement, probablement fatiguée par toute cette malchance. A sa place, je serais énervée aussi. Je pense avoir assez de self-control, mais il y a des limites.

- Qu'est-ce que je pourrais faire pour qu'il m'aime ? se lamente-t-elle, une fois sa jupe nettoyée.

- Parles en à tes parents, après tout, c'est un bon parti.

Andy pose sa tasse de thé et regarde Alice froidement. Cela n'augure rien de bon.

- Pardon ? s'exclame Aloce.

- Alice voyons, je suis claire pourtant, demandes à tes parents d'organiser un mariage, continue Andy.

- Tu te moques de moi ? lance Alice, en froncant les sourcils.

Je pense voir où Andy veut en venir, mais elle est un peu trop cash à mon goût. Je ne suis pas sûre qu'Alice accepte cette façon de faire.

- Si tu es vraiment amoureuse de lui, bouges toi les fesses et arrête de te plaindre ! Agis !

- Tu pourrais par exemple t'intéresser à ses centres d'intérêt, dis-je pour calmer le jeu.

Andy me lance un regard noir, mais Alice semble reconnaissante. D'habitude, les engueulades m'occupent et m'amusent, mais pas entre mes deux meilleures amies. Et même si je sais qu'Andy essaye de brusquer Alice pour qu'elle aille de l'avant, je trouve qu'elle va trop loin.

- Montre-lui que tu t'intéresses à lui, ajouté-je.

- Je vais aller voir l'entraînement de Quidditch des Gryffondors et l'encourager ! dit Alice en se levant d'un coup.

Je rattrape la tasse de café qui a manqué de se renverser une seconde fois, et je me lève à mon tour. Andy nous suit, à moitié exaspérée, à moitié souriante. Eh bien, au moins elle agit, même si j'avais pensé à mieux qu'un entraînement de Quidditch pour passer ma matinée.

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- Molly, qu'est-ce que tu fais ? Passe à Marlène ! s'exclame Frank Londubat.

La rousse lance un regard sombre à son capitaine, mais obéi. McKinonn attrape le souafle, et s'élance vers les buts. Leur gardien, que je ne connais pas, se place au centre des buts et attend l'arrivée de la poursuiveuse. Le lancé est intercepté au dernier moment, par une très belle feinte. Cela va bientôt faire une heure que l'équipe des rouges et ors s'entraînent sur le terrain, et franchement, je commence à avoir froid. Alice applaudit à chaque belle action de Frank, ce qui semble exaspérer Dorcas, qui la regarde en coin depuis une demi-heure.

Soudain, Frank lance un cognard sur l'attrapeuse, qui s'énerve contre lui.

- Tu n'as qu'à être plus attentive, Manning ! s'exclame Frank.

- Tu me frappes parce que je ne t'écoute pas ? Cette équipe de Quidditch est une dictature ? s'énerve l'attrapeuse.

- Joue, Manning, s'écrie McKinonn, sinon on ne terminera jamais.

- Vous voulez gagner la coupe ou pas ? éructe Frank.

Plus loin dans les gradins, Arthur Wealsey, Betty Allen et Ted Tonks sont assis ensemble et discutent. Le voir me fait un léger pincement au cœur et je repense à notre discussion lors de la soirée d'Halloween. Je ne sais pas ce que j'aimerais. Je ne sais pas si j'aimerais encore parler avec lui, ou l'ignorer pour toujours. Ce n'est pas prudent, et je suis une fille prudente. J'ai toujours été discrète, ma scolarité s'est déroulée – presque - sans vague, et je n'ai pas déçu mes parents. Je suis certaine qu'une relation avec un né-moldu les décervait, eux, comme les familles de sangs-purs qui lorgnent sur ma dot. Mais bon, je m'en fous un peu, je préfére encore garder ma dot pour moi. Je ne sais pas si j'ai très envie de me marier. Seulement, je n'aurais pas le choix. Pour le moment, je ne vois pas d'issues satisfaisantes à cette situation.

- Arianne ?

Je lève les yeux vers Andy, qui me regarde, perplexe. Elle semble attendre que je lui réponde, mais je n'ai absolument pas écouté et entendu ce qu'elle me disait, et elle semble le comprendre à mon air désorienté.

- L'entraînement est terminé, on y va ? déclare-t-elle.

Dans le stade, on n'entend plus les hurlements des sportifs de Gryffondors, et je me rend compte que l'entraînement s'est effectivement achevé pendant que je pensais… Que je ne pensais PAS à Ted. Je suis donc Andy et Alice qui redescendent des gradins et se dirigent vers Frank.

- Bravo, c'était un super entraînement, tu es un vrai leader d'équipe, dit alors Alice.

Ouh, ça sent le briefing made in Andy. Cette dernière a d'ailleurs un petit sourire en coin qui me fait penser que j'ai raison.

- Merci, Alice, j'espère toutefois que vous ne veniez pas espionner pour l'équipe de votre maison !

Alice rigole à la remarque du Gryffondor et nie l'accusation en souriant. Ted Tonks et ses amis s'approchent, alors que Frank essaye de nous soutirer des informations sur les stratégies de l'équipe de Quidditch de notre maison. Ah par Merlin, je suis poursuivie ! Je voudrais juste ne pas penser à lui. Il me lance un regard étrange, comme s'il ne savait pas quoi faire. Je ne sais pas non plus, dois-je lui dire bonjour alors que je l'ignore en public depuis des années ? Dois-je lui sauter dessus ? Dois-je le saluer poliement ? Je choisis donc de ne rien faire, c'est plus sûr.

Visiblement, Wealsey vient féliciter l'ensemble de l'équipe de sa maison.

- Surtout toi, Mo… Molly, tu étais su… superbe.

Tiens, je ne savais pas que Weasley était bègue. Ted hausse les yeux au ciel, et je suppose que le grand roux ne bégaye qu'en présence d'une certaine Molly Prewett. J'ai l'impression que Ted et Betty Allen l'ont poussé à venir pour les mêmes raisons que nous avons poussé Alice à venir complimenter Frank. Cette idée me fait sourire, nous sommes tous pareils, après tout.

- Merci Arthur ! s'exclame la rousse.

- Bon, on va y aller, dit enfin Andy.

- Bonne journée, Frank, lâche Alice après quelques secondes d'hésitation.

Il la salue également, puis nous partons. Je croise le regard de Ted et je ne peux m'empêcher de lui sourire légérement, en faisant attention à ce que les autres ne me voient pas. Il me sourit à son tour, beaucoup plus franchement que je ne l'ai fait.

- Je rêve ou Tonks t'a fait un sourire ? demande Alice.

Andy se retourne vers moi et me regarde étrangement. Discrète, je disais.

- C'est ridicule, on ne lui parle pas, nié-je. Comment je le connaîtrais ?

- Notre maison ? Les cours ? La salle commune ? propose Alice, malicieuse.

- Arrêtes maintenant, il ne me souriait pas, dit-je.

- Ouais, ouais.

Nous retournons au château en silence, enfin, pour Andy et moi, car Alice analyse chaque seconde qu'elle vient de passer face à Frank. Finalement, je retire ce que j'ai dis, elle n'est pas lucide, loin de là. Très loin de là.

Elle est perdue, mordue, accrochée, amoureuse. Nous sommes toutes perdues dès que nos cœurs commençent à battre plus fort en présence d'un beau sourire ou d'un regard envoûtant.

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- Il me faut des cornes de bicorne en poudre, annoncé-je.

- Tiens, me répond Ted en me passant l'ingrédient.

Il en profite pour frôler ma main, et je réprime un frisson. Depuis le début du cours de potions, il n'arrête pas de me toucher dès qu'il me passe quelque chose. C'est assez inconvenant, mais face à lui, je n'arrive pas à dire quoique ce soit.

- Je ne savais pas que tu t'intéressais au Quidditch, déclare-t-il.

- Quoi ?

Je répand la poudre dans la potion, en l'écoutant d'une oreille discrète. Je refuse de devenir aussi désespéré qu'Alice avec Frank, je refuse de tomber amoureuse d'un homme que ma famille réprouverait. Je dois arrêter cela avant qu'il soit trop tard. Genre avant qu'on couche ensemble. Je rougis, rien qu'en y pensant. Si je commetais une telle chose, je ne pourrais plus me marier. En tout cas, pas avec un sorcier de sang-pur de bonne famille. Je serais tranquille, c'est certain, mais mes parents me renieraient, et ça, je ne peux pas l'accepter…

- L'entraînement, dimanche. Tu m'écoutes, Arianne ? me demande Ted.

- Oui, oui, marmonné-je. C'était Alice qui voulait venir.

Pendant tous les cours, nous jouons à ce jeu-là. Il me parle, je lui répond à demi-mots. Je n'ose pas lui parler, pourtant, durant un cours de potions, il est commun de parler avec son binôme. Et je sais que Slughorn accepterait sans problème de me changer de partenaire si je le lui demandais. Mais je ne voulais pas en arriver à une telle extrémité. Je voudrais que tout redevienne avant que je commence à le faire des idées, à penser à lui autrement qu'à un camarade de classe.

Une fois le cours terminé, je pars rapidement, mais Ted me rattrape, me prend par le bras et m'entraîne dans un couloir annexe. Si un Serpentard m'a vu, je suis finie.

- Tu ne peux pas me dire que tu n'as aucun préjugé et refuser de me parler pendant un cours ! lance-t-il.

- Je ne veux pas prendre de risque, je suis prudente…

Il me regarde, dégouté et énervé.

- J'ai envie de continuer à discuter avec toi de temps en temps, mais j'ai trop à perdre si on me surprend, avoué-je.

Je n'ai quand même pas dit ça ?