Eh non je ne suis pas morte & cette fiction n'est pas aussi abandonnée qu'on pourrait le croire !
Le septième chapitre, du point de vue de Betty !
Bonne lecture !
Chapitre 7. L'Anglaise des Jeux.
La Grande Salle est noire de monde, et des conversations, des bruits, des mots, fusent de chacune des cinq tables dressées dans la pièce immense. Le ciel magique qui sert de plafond au réfectoire est sombre, illuminé par les bougies flottantes.
Je me sers distraitement une part de lasagne épinard et ricotta, en bâillant, et regarde d'un œil Ted Tonks s'approcher de la longue table des Gryffondors en gesticulant. Quand il est d'aussi bonne humeur, ça n'augure vraiment rien de bon. Je ne l'ai pas vu depuis hier, je me demande ce qu'il a bien pu inventer en vingt-quatre heures.
- J'ai gagné ! s'exclame-t-il.
- Gagné quoi ? demandé-je.
- La pari, enfin, Betty, s'écrie Ted. Arthur doit sortir avec Molly et moi avec Arianne !
- Chut !
Arthur regarde autour de lui, mais les élèves sont dispersés et personne n'a entendu ce secret de polichinel qui est qu'Arthur Weasley aime Molly Prewett. Il n'y a bien qu'elle qui ne soit pas encore au courant. Pas encore, mais ça ne saurait tarder. Depuis qu'elle m'a remonté le moral, dimanche dernier, j'ai encore plus envie d'aider Arthur et de faire en sorte qu'elle tombe dans ses bras.
- Je l'ai embrassé !
Ted exulte et lance un regard triompal à Arthur. Ce dernier grommelle en attrapant un pain au chocolat.
- Tu l'as embrassé, donc tu ne sors pas avec elle, nuance alors mon meilleur ami.
- Ce n'est plus qu'une question d'heures, je vais lui proposer un autre rendez-vous bientôt et c'est bon !
Arthur soupire et adresse un regard désespéré à Molly, quelques mètres plus loin, avant de croquer dans son pain au chocolat. La nourriture comme remède aux chagrins d'amour, je connais cela par cœur, moi aussi.
- Est-ce qu'elle te plaît vraiment au moins ? Tu ne peux pas jouer avec elle comme ça ! m'exclamé-je.
- Mais bien sûr qu'elle me plaît !
Je fronce les sourcils, par super convaincue par l'affirmation de mon meilleur ami. Je le connais bien, et je sais qu'il peut-être un bourreau des cœurs quand il s'y met, même sans le faire exprès.
- Elle est sympa, quand tu la connais un peu mieux, ajoute-t-il, comme pour mieux me convaincre. Je pense qu'elle est désabusée de toutes ces classifications du sang, toutes ces conneries !
Je fixe Ted un moment, mais je pense qu'il commence à devenir sincère. Au début, j'avais le sentiment qu'il voulait jouer avec Arianne Macmillan, mais là, je ne sais pas, il a l'air d'avoir réellement envie d'être avec elle. Ce qui ne veut pas dire que c'est l'amour fou pour lui, mais en tout cas, il ne se moque pas d'elle.
Arthur continue de débattre avec Ted, en argumentant qu'il ne sort pas vraiment avec elle. Je peux le comprendre, il n'a pas envie de traverser le stade de Quiddich complètement nu. Ce ne serait pas super pour séduire Molly, c'est certain. Enfin, d'un certain côté, elle verrait la marchandise… Il faut juste espérer que ça ne la déconcentre pas pendant le match ! Je souris à l'évocation de cette idée.
- Qu'est-ce qui te fait rire ? me demande Ted.
- Rien, dis-je en pouffant de façon très peu crédible.
- Laisse, elle débloque complètement parfois, lance négligemment Arthur.
J'ouvre grand la bouche, à moitié choquée et hilare de la remarque de mon meilleur ami.
- Je ne te permets pas, rétorqué-je, puisque tu veux le savoir, je pensais à ce que tu devras faire si tu perds effectivement ce pari.
Ma remarque a le mérite de lui clouer le bec, et Ted partage désormais mon hilarité.
- Je me disais que Molly verrait la marchandise, au moins, terminé-je.
J'ai bien enfoncé le couteau dans la plaie et Ted s'effondre de rire sur la table, tandis qu'Arthur essaye tant bien que mal de garder un air posé, avant de nous rejoindre dans notre fou rire. Certains élèves plus jeunes nous lancent des regards scrutateurs, mais nous les ignorons. Difficile de retrouver son sérieux après cela !
Une fois le repas terminé, Ted retourne à sa salle commune, dans les sous-sols et Arthur et moi nous dirigeons vers la tour de Gryffondor. Je me sens toujours bien dans la salle commune, à l'abri, protégée. Si seulement je pouvais ne pas en sortir !
- Tiens, regardes, une nouvelle sortie à Pré-au-lard ! lance Arthur.
Je m'approche du panneau d'information de la salle commune et, en effet, une sortie à Pré-au-lard est prévue pour le week end avant les vacances de Noël. Noël… Une période qui m'aurait tant plu si Philip avait encore été là. Noël, dans mes souvenirs, dans mon imaginaire, c'est les cadeaux au pied du sapin, les réunions de famille, les rêves d'enfant… Qu'est-ce que ce sera cette année… Soudain, je me retourne vers Arthur. Les rêves ! Pré-au-lard !
- Invite Molly ! m'exclamé-je.
Arthur, qui était perdu dans sa lecture du panneau d'affichage, sursaute en m'entendant.
- Non, lâche-t-il enfin, c'est peine perdue, et puis je ne suis pas Ted, et la femme de ma vie n'est pas pari.
- Non, Molly n'est pas un pari, admis-je, mais tu l'aimes, Ted et moi on le sait.
Ce pari n'est fait que pour te booster, te motiver, t'encourager, faire en sorte que tu réalises ton rêve. Voilà ce que j'aimerais lui dire. Ted et moi avons tant besoin de rêver, et voir notre prince charmant épouser sa reine, ça c'est du rêve. Mais comment lui faire comprendre ? Ce pari n'est peut-être pas l'idée du siècle, mais si Arthur ose enfin inviter Molly, ce serait vraiment Noël.
Philip croyait dur comme fer à l'amour éternel, au mariage de contes de fées et il aurait bien aimé se trouver une gentille fille pour se marier, j'en suis certaine. Existe-t-il autre chose après ? Une autre vie ? Un autre monde ? J'espère pour lui, et j'espère qu'il y est heureux, parce que moi, ici, sur Terre, je suis très loin de tout ça.
- Mais si elle est encore avec Peter ? demande-t-il.
- Je suis sûre que non, lui promis-je, on ne les voit pas beaucoup ensemble depuis la soirée.
Qu'est-ce qu'il ne faut pas inventer pour le convaincre ! Je ne suis pas aussi sûre que je lui laisse paraître, mais j'ai entendu des rumeurs. Et chaque rumeur a une part de vérité, non ?
J'aperçois Molly, dans un coin de la salle commune. Elle discute avec Chloé Joplin. Evidemment, Madame Perfection est toujours là pour me rappeller l'affreuse vérité, je n'ai absolument aucune chance de sortir un jour avec Léo Lhuzman. Je ne supporte plus que la voir se pavaner dans ses couloirs, dans la Grande Salle, ou n'importe où.
- Allez, vas-y !
Je donne une tape sur l'épaule à Arthur et je le pousse un peu en avant. Tremblant, il s'approche des filles. Je vois Chloé pouffer, comme à son habitude, puis Arthur revient. Un sourire immense plaqué sur les lèvres.
- Elle a accepté ! déclare-t-il.
Il me prend dans ses bras et me fait tourner dans les airs avant que j'ai eu le temps de protester.
- Aaah ! Pose moi, Arthur, protesté-je.
Une fois de retour sur la terre ferme, je lui souris, je suis contente pour lui. Il semble être aux anges, et je le comprends parfaitement. La magie de Noël peut encore fonctionner.
- Tu l'as invité à Pré-au-lard ? questionne Arthur.
- Non pas encore, mais ne t'emballe pas trop vite, c'est toi qui traversera le stade à poils ! répond Ted.
J'ai rejoins Arthur et Ted dans le parc, en sortant de mon dernier cours de la journée, la neige s'étant enfin calmée. Ils semblent discuter éternellement des mêmes choses. La guerre et les filles. Quoi de plus intéressant ? Je ne sais pas, peut-être la lecture, le cinéma, se promener dans le parc, dormir… Bref. J'adorerais parler de Léo pendant des heures, et c'est dans ces moments là que je regrette de ne pas vraiment avoir de copines proches.
- Donc, si je résume, j'ai embrassé Arianne et toi tu as un rencard avec Molly, déclare Ted. On est bon, mec, on est bon, quand même.
- C'est bien, autofélicitez-vous, c'est bon pour le moral, dis-je.
Ted commence à siffloter « c'est bon pour le moral, c'est bon pour le moral », et Arthur commence à chanter. J'ai perdu mes amis.
- Allen, tu es convoquée chez MacGonagall.
Andromeda Black, la préféte de Poufsouffle, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à sa cadette, vient de se poster devant moi pour m'apprendre cette nouvelle. Convoquée chez MacGonagall ? Je ne me rappelle pas avoir séché les cours ou écopé d'une retenue récemment…
- Qu'est-ce que j'ai fait ? demandé-je.
Elle hausse les épaules et retourne vers ses amies, sans me répondre. J'essaye de voir la réaction d'Arianne Macmillan à la présence de Ted, mais je ne décèle rien de concluant. Comment est-ce que je peux penser à ça dans un tel moment ? Je l'ignore, mais maintenant que j'ai remis les pieds sur Terre, je dois me rendre dans le bureau de la directrice adjointe, et je sens l'angoisse qui monte à cette idée.
- On t'attend dans la Grande Salle, ça va bien se passer, me rassure Ted.
Je hoche la tête et prend la direction de son bureau, qui est accolé à la salle de métamorphose. Inquiète, je toque à la porte et entre dans le bureau. Son bureau est assez sobre, excepté un drapeau de l'Ecosse et un drapeau de Gryffondor. Je souris intérieurement. Malgré les apparences, le professeur MacGonagall est attachée à sa maison et espère chaque année que nous remportions la coupe des quatres maisons et la coupe de Quidditch. Je crois même qu'elle était dans l'équipe de Gryffondor, lorsqu'elle était étudiante.
- Bonjour Mademoiselle Allen, asseyez-vous, me dit-elle.
Je prend place sur la chaise en face son bureau et remarque un homme assez grand et musclé, qui est debout dans le coin gauche du bureau.
- Je vous ai convoqué pour vous transmettre des informations sur l'enquête concernant la mort de votre frère, commence le professeur MacGonagall.
C'était donc ça… Je savais bien que le Ministère avait ouvert une enquête sur le décés de Philip, mais je ne pensais pas avoir des nouvelles avant de retrouver mes parents à Noël. En fait, je n'ai jamais espéré qu'ils arrêtent le meurtrier. Ce ne peut être qu'un disciple de V, et ces gens-là ne finissent pas souvent à Azkaban…
- Je vous présente Steve Cleveland, qui est l'Auror chargé de l'enquête.
L'homme sort de l'ombre et me salue d'un signe de la tête.
- Comme je l'expliquais à votre directrice de maison, nous avons suivis les indices, qui nous mène aux Mangemorts, déclare l'Auror.
- Mangemort ?
- Les adaptes de Vous-Savez-Qui. Nous avons donc pu remonter la piste et nous soupçons se portent sur un homme nommé Avery. Il a apparemment la cinquantaine et suivrait Vous-Savez-Qui depuis des années.
Je m'accroche aux accoudoirs de la chaise, serrant le bois jusqu'à ce que mes jointures soient blanches. Ils l'ont trouvé alors…
- Vous l'avez arrêté ?
- Pas encore, il est introuvable pour le moment, déclare-t-il.
La déception doit se lire sur mon visage, car Cleveland enchaîne immédiatement.
- Mais nous le recherchons activement.
Il m'explique encore quelques petites choses sur l'enquête, mais je ne l'écoute plus que d'une oreille. Avery… Pas de prénom, pas d'adresse, pas de date de naissance. Juste un nom. Avery. L'homme qui a tué mon frère. Peut-être tué mon frère. Ah, au diable la présomption d'innocence, un mangemort de moins, ça ne fait de mal à personne.
Je sors du bureau de MacGonagall dans un état second. Je n'arrive pas à savoir si je suis déprimée ou en colère. Un peu des deux je pense, j'oscille entre des sentiments divergents… Je me dirige vers le parc, j'ai envie de prendre un peu l'air avant de rejoindre Arthur et Ted. Je me sens zombifiée… Perdue dans mes pensées, je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi.
Boum !
- Fais attention, grommelle la voix énervée de Léo Lhuzman.
Oh non… Je manque de fondre de plaisir quand il me tend la main pour m'aider à me relever. Ou de mourir de honte, tout dépend. Cette journée commencait si bien, pourtant.
- Désolée, Léo, j'étais dans mes pensées…
- Je vois ça. Attends une seconde, comment tu connais mon prénom ? m'interroge-t-il.
- Par Molly !
La réponse m'est venue tout de suite et je remercie la partie de mon cerveau qui a réagit aussi vite de Lucky Luke. Un cow-boy moldu, je vous expliquerai plus tard. Léo acquiesce d'un signe de tête avant de reprendre son chemin. Etrangement, il est seul, je ne vois pas sa Chloé de copine.
Quand je pense à elle et à son corps de rêve, son sourire Diamant et ses vêtements dernier cri, je me sens tellement laide… Surtout avec les kilos en trop que je me traine ! Comment est-ce que je pourrais lui plaire, ainsi faite ? Je suis idiote d'y croire, ça crève les yeux, je ne suis pas belle.
Blasée, j'ai perdu l'envie d'aller me promener dans le parc. Je jette un coup d'œil à travers la petite fenêtre qui donne sur l'extérieur et constate qu'il s'est remis à neiger. L'hiver approche à grand pas, inextricablement. Je prend le chemin de la tour de Gryffondor, j'expliquerais tout aux gars demain, ils comprendront que je ne les ai pas rejoins.
Je prend rapidement les escaliers en direction de la tour. Vivement que les sorciers inventent les ascenseurs et les escalators !
- Tiens, la sang de bourbe !
La voix de Bellatrix Black s'infiltre dans mes oreilles et me fait frisonner. Derrière moi, j'entends ses pas, et je me retourne, pour la voir, accompagnée par sa fidèle chienne Rebecca Parkinson. Il ne manquait plus que ça pour parfaire ma journée.
- Alors, tu n'es pas avec tes supers amis grosse merde et traître à son sang ? me lance la Serpentard.
- Regardes-la, c'est pas une Gryffondor qu'on a là, c'est une petite pisseuse terrifiée.
- Hum, mais bien sûr que je la terrifie, murmure Black, je ne suis pas la princesse de Serpentard pour rien.
- Tu es meilleure qu'Andromeda, c'est sûre, Bella, déclare Parkinson.
- Lèche-botte.
Qu'est-ce que j'ai fait… Parkinson sursaute et me regarde, comme si elle avait oublié jusqu'à ma présence. Et oui, chérie, elle parle ! Je n'en peux plus, j'en ai marre, je ne suis pas invisible, je ne suis pas une merde ! Tes futurs condisciples ont assassiné mon frère unique, son meurtrier court dans la nature, Léo Lhuzman me trouve répugnante, et qu'est-ce que je fais ?
Molly m'a bien dit que chacun à son courage et qu'il est là, en moi, quelque part. Je vais te montrer Black, tu vas voir si tu es la princesse des serpents.
- Qu'est-ce que tu as dit ? me demande Bellatrix Black, en pointant sa baguette sous mon menton.
Je recule et sors rapidement ma baguette. Ne pas fuir a des inconvénients et des avantages. L'adrénaline coule dans mes veines et je lance un Stupéfix sur Parkinson, qui l'évite au dernier moment.
- Conjunctiva ! je m'écrie.
Parkinson tombe à terre, la main sur les yeux. Dommage, ma belle, je connais des sorts pas si nuls que ça on dirait. Soudain, des dizaines de chauves-souris viennent s'attaquer à mon visage et j'essaye vainement de me protèger avec mes bras. En me débattant, j'aperçois Black qui aide sa compaire à se remettre. Elle aide quelqu'un, il faut marquer ce jour d'une pierre blanche.
Il ne faut pas que mon frère ait honte de moi. Il ne faut pas que Molly ait honte de moi, elle m'a dit qu'elle croyait en mon courage. Ma baguette est toujours dans ma main.
- Dentesaugmento ! je hurle.
J'ai visé Black, mais elle s'est décalée au dernier moment, et ce sont les dents de Parkinson qui se mettent à grandir.
- Impediementa ! crie Black.
Je me sens bloquée, je n'arrive plus à avancer, cette satanée Serpentard m'a bloqué. Elle crie d'autres sorts que je n'entends pas et je tombe à terre. La douleur irradie dans tout mon corps. Stupide Betty, que croyais-tu ? Du sang me coule dans la bouche, et son goût est âcre et chaud.
- Incarcerem ! Stupéfix ! Locomotor Mortis !
Recroquevillée sur moi-même, j'attends que les sorts m'atteignent à nouveau. Après quelques secondes, je lève la tête et aperçoit Arianne Macmillan, et, derrière elle, les deux Serpentards, allongées sur le sol et immobile. Elle me sourit, mais je n'ai pas la force de lui répondre.
Et puis, le vide.
