J'espère que vous passez un bel été ! Un nouveau chapitre du point de vue d'Arianne !

Chapitre 10. Là où tout commence.

- Ta robe bleue ? propose Alice.

Je grimaçe en voyant Alice sortir ledit robe de ma valise.

- On est en hiver et il neige. Je vais avoir super froid !

- Tu lui feras un calin ! lance-t-elle.

Soupirs. Depuis ce matin – et quand je dis ce matin, c'était beaucoup trop tôt pour un samedi ! – Alice m'aide à me préparer pour mon rencard avec Ted. Elle a presque renversé l'intégralité de ma valise, elle a sortit tout son attirail de maquillage, et là, j'ai un masque sur le visage. Il ne manquerait plus qu'elle me mette des tranches de concombres sur les yeux. Le pire, c'est qu'Andy a disparu et ne peut même pas me soutenir. D'ailleurs, nous ne la voyons pas beaucoup ces derniers jours, elle reste plutôt seule. Elle a sûrement un peu peur de retouver sa sœur pour Noël. Finalement, Bellatrix a été exclue de l'école jusqu'aux vacances de Noël, elle reviendra donc à la rentrée. Cela nous laisse un peu de répit pour nous préparer à son retour.

- Et celle-là ?

Alice me montre une longue robe de soirée mauve. Mais bien sûr.

- Alice ! Tu as regardée la météo récemment ? je lui demande.

- Une robe pull ?

Elle sort victorieusement de ma valise une robe pull un peu courte, bleu foncé. Oui, à l'extrême limite, ça pourrait aller…

- Pourquoi pas, je tente prudemment.

- Bon, c'est décidé, tu mets ça.

Avant que j'ai pu protester, Alice me lance la robe dans les mains et cherche des chaussures pour aller avec. Après deux heures de préparatifs, je me retrouve habillée de cette robe pull bleu, de bottes montantes lacées, en cuir marron, et je suis également maquillée légérement. Mes protestations ont quand même pu limiter la casse, Alice voulait me mettre du rouge à lèvre ! L'accessoire le moins pratique au monde.

Je me dirige finalement vers la grande porte, et je suis Apollon Picott jusqu'au chemin qui mène à Pré-au-lard. Les rues sont enneigées et je frotte mes mains gantées l'une contre l'autre. Je regretterais presque d'avoir sorti ma petite robe, même si c'est une robe pull. Je resserre mon manteau et me dirige vers le centre. Après quelques minutes de marche, je rejoins le bar secret que m'a indiqué Ted. Il m'attend déjà, assis à une table, au fond de la salle. Je souris en remarquant qu'il a déjà commandé deux bièraubeurres et qu'il a choisi la table la plus discrète.

- Tu es venue ! dit-il en levant la tête vers moi.

- Tu en doutais ?

- Un peu, murmure-t-il.

Étonnant de sa part qu'il m'avoue ainsi ses doutes, mais je prend cela comme une marque de confiance. Je m'assois et il me verse la bièraubeurre dans un verre.

- Tu as été attentif à ce que je préférais.

Je ne peux pas m'empêcher de le remarquer tant cela me ravit. Je sens que s'il essaye de m'embrasser, je vais céder…

- Bien sûr, et là je vais à nouveau être attentif en te complimentant, tu es très belle, déclare-t-il.

Heureusement que nous sommes dans l'ombre car mes joues rougissent à ses mots. Je trouvais cela futile de me préparer pendant des heures, et Alice me tapait sur les nerfs, mais ça a payé ! Finalement, je suis contente qu'elle le sache et qu'elle m'ait aidé. Et surtout, je pourrais tout lui raconter ! Je crois que je suis une fille comme les autres, finalement.

- Betty va bien, encore merci.

- J'ai discuté un peu avec elle, dis-je, elle est sympa. Mais, arrêtez de me remercier, c'était normal.

C'est vrai que c'était agréable de discuter avec Betty Allen, elle est naturelle et drôle.

- Sinon, qu'est-ce que tu fais pour Nouvel An ?

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- Je te raccompagne ? me propose Ted.

Je tourne furtivement la tête, je n'ai pas envie que Ted voit mon hésitation, la journée s'est si bien passée. Nous avons passé tout notre temps au bar, à discuter, boire des biéraubeurres et manger des muffins aux raisins et aux noisettes. De plus, Ted m'a invité, il a payé la totalité de nos consommations. Cela fait très gentleman, et franchement, je n'y suis pas indifférente.

Samedi tire à sa fin, et nos retournons vers le château. Il est encore tôt, mais la nuit est déjà tombée, les joies ironiques de l'hiver. Mais, au moins, nous sommes plus discrets dans la nuit de Pré-au-lard qu'en pleine journée.

- Tu as peur que l'on nous voit ? me demande-t-il.

- On en revient toujours au même problème…

- Ce n'est un problème que pour toi, rétorque Ted.

- Tu sais bien que cela peut être dangeureux pour toi, comme pour moi.

- Mais, qu'est-ce qui peut être dangeureux ? Nous ne faisons que discuter et boire un verre, se justifie-t-il.

- C'est déjà beaucoup trop pour les extrémistes du sang pur que sont la majorité des Serpentards et des familles de la haute société.

Ted hausse les épaules sans répondre. C'est comme si nous avions eu cette discussion milles fois. Je connais ses arguments par cœur et lui devine les miens avant que je n'ouvre la bouche. Il m'entraîne dans une petite ruelle, qui nous rallonge le chemin pour Poudlard, mais dans laquelle nous serons tranquilles. La plus part des étudiants ont profité de cette journée pour faire leurs achats de Noël au centre ville et nous ne rencontrons personne dans cette partie de Pré-au-lard.

- Quitte à se mettre en danger, autant que ce soit pour une bonne raison, tu ne penses pas ? m'interroge-t-il.

- Je ne comprend pas, tu insinues que je ne suis pas une bonne raison ? Alors pourquoi m'inviter ?

- Je t'ai invité parce que tu me plais et tu m'intéresses, commence Ted.

Je n'ai pas envie de l'écouter plus longtemps. Je m'éloigne de quelques pas, mais il me rattrape rapidement.

- On ne dirait pas que je t'intéresse, vu que tu n'acceptes pas mon point de vue sur notre relation, qui n'en est pas vraiment une, d'ailleurs ! dis-je, énervée.

- Mais tu refuses d'être avec moi à cause d'idées qui ne sont pas les tiennes !

- Qui a dit que je refusais d'être avec toi ?

- Mais toi, à l'instant ! s'exclame Ted.

- N'importe quoi ! m'énervé-je.

Cette fois, je pars à nouveau en avant, ne l'attendant pas. Voilà, il vient de gâcher toute cette journée qui s'était si bien déroulée. Ce n'est quand même pas compliqué de rester discret ou de se cacher ! Je suis sûre qu'on peut y arriver. Mais bon, de toute façon, c'est terminée, c'est mieux de couper court à cette histoire.

- Arianne.

Causes toujours, tu m'intéresses. Mais mince, oui, il m'intéresse vraiment. C'est-à-dire qu'il me plaît et, moi, je suis là, je le fuis. Quelle idiote je fais !

- Arianne ! crie Ted.

J'entends ses pas qui s'accèlerent, mais je n'ose pas me retourner. Je crois bien qu'il court, je n'en suis pas sûre. Si je me retourne, il pensera que je suis intéressée, mais… Pourquoi est-ce que je ne veux pas qu'il le sache ? Parce qu'il n'est pas de mon sang ? Parce qu'il n'est pas mon rang ?

Il me rattrape et met sa main sur mon épaule. Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais arrêté de marcher. Debout au milieu de la ruelle, je me retourne vers lui.

Il me regarde droit dans les yeux, il semble essayer de parler mais il reste silencieux. Puis, il se pense vers moi et m'embrasse…

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J'ai des papillons dans le ventre, comme des petites explosions qui surgissent dès que je pense à Ted et à son baiser. Nous nous sommes embrassés et c'était merveilleux, super, fantastique. J'ai ma réponse, je suis comme toute les filles. J'ai pensé à lui presque à chaque instants depuis samedi. Il n'a pas été possible de vraiment se voir tous les deux, seuls, à Poudlard, mais ce n'est rien. Quand je passe dans les couloirs, à côté de lui, je sais. Et c'est plus agréable que tout.

Je n'écoute plus les plaintes d'Andy qui n'a pas envie de retourner dans sa famille et de devoir supporter sa sœur, ses plaintes et ses vantardises. Elle a aussi un peu peur à cause de mon action sauvetage de Betty Allen, ce qui est normal. Mes pensées sont tellement toutes tournées vers Ted que je ne prête plus attention à ce qu'elle dit. D'un certain côté, je dois être une très mauvaise amie, d'un autre côté, j'ai embrassé Ted Tonks !

Quand je descend du train, je suis rayonnante, je ne pense qu'à lui et à la soirée de Nouvel An, chez Londubat. Il m'a invité, et je compte bien y aller. Je ne pense pas que j'aurais du mal à convaincre mes parents. Les Londubat sont une bonne famille et mes parents ne sont pas obligés de savoir pourquoi je tiens tant à aller à cette soirée. Je pose le pied sur le quai de la gare et je n'ai jamais été aussi heureuse de rentrer.

Ni aussi inquiète.

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- Bonne année !

Des voix se mélangent pour se souhaiter une bonne année à venir. La musique de Célestina Moldubec retentit dans toute la maison des Londubat, et Frank danse au milieu de son salon, entouré par ses invités.

- Tu es belle avec cette robe, me murmure Ted à l'oreille, avant de m'embrasser discrétement.

Cette soirée est un rêve éveillé. Les personnes présentes ne prêtent pas vraiment d'importance aux statuts du sang et je peux parler en public à Ted sans entendre de remarque. Toutefois, je préfére garder notre couple tout nouveau encore secret. Ted n'a pas l'air trop embêté par cela, pour une fois. Il enquille les verres de biéraubeurres et de vodka orange, cela doit l'empêcher d'y penser.

Les meubles du salon et de la salle à manger ont tous été déplacé, et laissent place à un buffet, des canapés contre les murs et une grande piste de danse au centre. La majorité des Gryffondors ont été invité, j'aperçois Marlène McKinnon et Julie Manning qui se déchainent sur la piste.

Andy n'est pas venue et j'ignore pourquoi. J'espère que ses parents ne l'ont pas puni trop violement à cause de la façon dont je me suis comportée avec sa sœur. Mes parents m'ont dit que c'était assez juste de défendre une pauvre petite sang de bourbe sans défense – Betty, sans défense, ahaha ! - même si s'opposer à Bellatrix Black n'était pas forcément judicieux. Ils m'ont tout de même encouragé à ne pas recommencer.

Alice, elle, est venue pour se rapprocher de Londubat. Elle m'a supplié de demander à Ted de l'inviter et je n'ai pas eu grand mal à le convaincre. Pour le moment, elle discute avec les sorciers issus de haute famille qu'elle connaît depuis l'enfance et couve sa proie du regard. Oui, elle s'est transformée en un rapace sans cœur et sans pitié. Ses rivales ne seront bientôt plus que des souris déchiquetés entre ses serres acérées. Quoi, j'exagère ?

- Salut !

Je me retourne en souriant à la propriétaire de la voix.

- Salut Betty ! Tu vas bien ? lui demandé-je.

- Mieux que la semaine dernière, c'est certain, dit-elle. Alors, comment ça se passe avec Ted ?

Mon verre de jus de carotte vient s'écraser sur le sol dans un bruit clinquant qui est recouvert par la musique. Effarée, je me tourne vers Betty. Dans mon plan « personne ne sera jamais au courant que je sors avec un né moldu », j'avais complètement oublié que le né moldu en question avait des amis, et particulièrement une amie que je connaissais aussi. Très bien, je redescend sur terre, je dis au revoir à mon nuage de guimauve et je commence à réfléchir.

- Très bien, mais j'aimerais que cela reste secret et…

- Tu veux pas que l'on sache que tu as des fréquentations née-moldues ? me coupe-t-elle. Mais là, quelqu'un pourrait nous entendre, voire même nous observer…

- Oui… dis-je prudemment. Mais ça semblera normal que tu viennes me parler après ce qui s'est passé.

Betty hausse les épaules et se tait. J'espère que je ne l'ai pas vexé. La musique change et c'est une chanson moldue que j'ai déjà entendu à Poudlard, à Halloween, qui sort des enceintes magiques de Frank Londubat. Je m'assois finalement sur un des canapés posés sur les côtés. Je ne sais pas où est Ted, mais cela serait suspect si je me lançais à sa recherche.

En face de moi, de l'autre côté de la pièce, je vois Arthur Weasley et Molly Prewett qui discutent, assis sur deux chaises. J'ai l'impression qu'ils se rapporchent de plus en plus, il faudrait que je demande à Betty si mon intuition est juste. Les Gryffondors ont l'air de s'amuser beaucoup plus que nous, c'est injuste ! Je souris intérieurement, je suis contente d'être là, c'est comme si je frôlais du bout des doigts un bonheur, une vie, qui n'est pas la mienne et qui ne le sera jamais.

- Tout le monde a bu, personne ne se posera de question, lance Ted, et avant que j'ai pu protester, il s'assoit à côté de moi.

Je crois voir Betty sourire sur la piste de danse, et elle vient danser juste devant nous comme pour nous cacher.

- Tu as bu.

Ce n'était pas une question, l'haleine de Ted ne laissait aucune place à l'imagination.

- On va se coucher ? propose-t-il, sans rien ajouter à ma remarque.

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- Tu as bien dormi ? me demande Ted.

- Je n'avais pas vu que tu étais réveillé, dis-je, en me retournant vers lui.

- Je ne voulais pas louper Arianne Macmillan en pyjama.

Je souris idiotement à sa remarque, mon pyjama de cette nuit n'était rien d'autre que sa chemise. Heureusement pour moi qu'il est impossible de mourir d'overdose de clichés romantiques. Je m'habille en vitesse, alors qu'il reste au lit, la couverture ne couvrant qu'à moitié son torse. Il me faut une volonté de fer pour ne pas retourner me glisser sous les draps.

Ted et moi avons dormi ensemble, mais à part fermer les yeux et s'embrasser, nous n'avons rien fait d'autres. Je ne pousserais pas le vice de ma rébellion jusqu'à coucher avant mon mariage. Et c'est une chose que Ted peut parfaitement comprendre.

- J'espère que personne ne remarquera que nous avons dormi ensemble.

- Ne sois pas si inquiète, ma belle, personne n'en saura rien, me rassure Ted. Et puis, nous aurions pu faire pire.

Je grimaçe en sachant très bien ce qu'il insinue.

- Tu sais bien que c'est non, ce n'est pas possible. Et ne m'appelle pas « ma belle ».

- Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas possibles avec toi. Comme se montrer en couple à Poudlard, dit Ted avec un sourire ironique plaqué sur les lèvres.

- C'est pour nous protéger ! je m'exclame.

- Je ne t'ai pas demandé de me protéger, s'écrie Ted.

Soupirant, je redescend dans le salon, sans attendre Ted.

- Je ne veux plus jamais te voir ! Tu as intérêt à ne pas te retrouver sur mon chemin ! Je veux que tu disparaisses de ma vie, tu n'es qu'un veracrasse sans cervelle ! Je devrais te transformer en cafard, c'est tout ce que tu mérites, idiot !

Dans le salon, Chloé Joplin semble au bord de l'apoplexie. Ses cheveux blonds bougent rapidement, alors qu'elle s'avance vers Léo Lhuzman et le glifle violemment. Des rires étouffés et des soupirs se font entendre dans la pièce. Dorcas Meadow est assise sur un des canapés, en larmes. Je ne comprends pas tout ce qu'il se passe…

- Dorcas a couché avec Léo et Chloé l'a très mal pris, me lance soudain Betty.

Je ne l'avais pas vu approcher et elle est à côté de moi, souriant de toutes ses dents. Qu'est-ce qui l'a rend si heureuse ? Je ne la pensais pas friande de scandales.

- Dorcas Meadow ne sort pas avec Frank Londubat ?

- Oui, en effet, me répond la Gryffondor.

- Pourquoi es-tu si contente ? Aurais-tu des vues sur Frank ?

- Oh non ! s'exclame Betty.

- Que trouves-tu de positif à cette situation alors… dis-je, songeuse. Léo Lhuzman ?

Betty rougit et détourne le regard. Victoire !

- Tu as des vues sur Léo Lhuzman ? je demande.

Elle hoche la tête sans dire un mot et je souris à mon tour. La seule chose à espérer, pour elle, c'est que Lhuzman ne sorte pas avec Meadow maintenant. Mais… Alice ! Elle doit être tout aussi contente que Betty ! Oui, mes amies sont des mantes religieuses qui se repaissent du malheur des autres. Je vois Alice à l'autre bout du salon, qui se dirige d'un pas rapide vers la cuisine. Je mettrais à main à couper que Frank est dans la cuisine.

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- Je vais essayer de lui pardonner… Elle a fait une erreur, c'était une soirée, elle avait bu… Pour notre couple, je dois aller de l'avant.

- Rien ne t'y oblige, tu as le droit de vouloir faire une pause, mais tu peux aussi lui pardonner. Je ne vais pas te dire ce que tu dois faire, déclare posément une voix féminine.

La voix de Molly Prewett répond à celle de Frank Londubat, et je fais demi-tour, laissant les deux amis parler dans la salle de bain. Ils ne m'ont pas vue, je ne vais pas m'incruster dans leur discussion.