Désolée du retard, un nouveau chapitre du point de vue d'Arianne.
Chapitre 12. Deux visions du monde.
La salle commune est vide à cette heure de la nuit, entre chien et loup, où tous les chats sont gris. Solennellement, je l'affirme, ces métaphores animalières seront les seules et uniques de la soirée.
Je descends les escaliers de mon dortoir sur la pointe des pieds, rejoignant Ted dans la salle commune. Nous n'osons pas trop sortir, malgré le fait que ce soir, Andy soit la préfète de ronde. Tout d'abord, parce qu'elle est assez froide avec moi depuis que j'ai enfin avoué à mes trois meilleures amies que j'avais une relation secrète avec un sorcier né-moldu. De plus, parce qu'il y a également les préfets de Serpentard qui font des rondes ce soir, et autant je souhaite rester discrète, autant Ted a peur de se retrouver avec des heures de retenues qui l'empêcheraient de passer du temps avec ses amis ou avec moi.
- Arianne, murmure-t-il, alors que je m'assois à côté de lui sur le canapé jaune et noir de la salle commune, face à la cheminée.
Il m'embrasse, ce qui me ravit autant que la première fois. J'ai envie d'embrasser son cou, de couvrir ses joues de baisers, mais je me retiens, je ne sais comment agir. C'est la première fois que je sors vraiment avec quelqu'un, et j'ai peur d'avoir un comportement inapproprié sans m'en rendre compte, ou du moins, sans que cela soit volontaire.
- Tu m'as manqué, dis-je.
- J'ai ressenti la même chose, aujourd'hui. Surtout lors du cours de botanique, tu étais si sexy avec de la terre dans les cheveux et sur les mains.
Idiotement, je rigole et il m'embrasse à nouveau.
- J'aimerais tellement pouvoir t'embrasser à tout instant de la journée, déclare Ted.
- Ce serait merveilleux, je murmure.
- Alors, faisons-le. Embrassons-nous dans la Grande Salle, demain matin, s'exclame Ted.
Je soupire et me recule un peu. Je suis lassée de ces disputes constantes, régulières, presque journalières. Toujours sur le même sujet le fait de garder notre relation secrète ou non.
- Arianne, on s'en fout des autres, non ? me questionne Ted.
- J'ai du mal à m'en foutre, comme tu dis, de ma famille, par exemple.
Cette attaque est basse, mais c'est l'exacte vérité. Je ne suis pas très proche de mes parents, mais je les respecte et je les aime. Ce sont mes parents après tout, ils m'ont conçu, ils m'ont élevé. Je n'ai pas envie de les décevoir. Ici, à Poudlard, j'ai l'opportunité de vivre quelque chose qui n'appartient qu'à moi, et pour que cela reste ainsi, cette histoire doit rester secrète. Je ne comprends pas pourquoi Ted a tant de mal à le comprendre.
- A quel point suis-je important pour toi ? siffle-t-il. Est-ce que tu t'en fous complètement, c'est juste une petite histoire pour passer le temps ou est-ce que tu as des sentiments pour moi ?
Sa question me prend par surprise, je ne me vois pas lui répondre, et plutôt que de rester stupidement bloquée, avec les mots qui refusent de sortir de ma bouche, je détourne le sujet.
- Pitié, Ted, ne me sort pas le refrain de l'amour peut tout vaincre, à deux on est plus fort contre le monde… On n'est pas dans un roman, dans un conte ou dans une légende, m'énervé-je. C'est notre vie, la vraie vie ! Mes parents ne comprendraient pas que je sois en couple avec un sorcier né-moldu, c'était déjà compliqué pour eux d'entendre que j'ai défendu Betty face à une Black ! Ils n'accepteraient pas…
- Et donc, me demande Ted, qu'est-ce que tu vas faire ? Attendre qu'ils choississent un époux pour toi ?
- Non, j'en ai déjà parlé avec eux, ils me laisseront l'opportunité de participer au choix…
Ted me regarde d'un air dégoûté, j'ai rarement vu autant de mépris sur son visage et malgré la tristesse que cela provoque en moi, je renchéris encore sur de la colère.
- Tu leur es soumise, c'est répugnant…
- Répugnant ? crié-je, avant de baisser la voix pour ne pas réveiller nos camarades de maison. C'est de moi que tu parles, là ? Je ne devais pas être si répugnante, quand tu m'as fait des avances, quand tu m'as invité à un rencard, quand on a dormi ensemble, ou encore quand tu m'as embrassé…
Il détourne les yeux, comme s'il refusait de répondre à mes accusations. Sérieusement, pour qui se prend-t-il ? Pense-t-il que je vais renier toute ma famille, tout abandonner pour lui ? Laisser mon père, ma mère, mes grands-parents, mes amies… Pour lui, Ted Tonks ? Est-ce que je suis capable de faire cela ?
Non, je n'en suis pas capable. Oui, la façon de vivre de ma famille peut sembler rétrograde, mais c'est ainsi que nous vivons depuis des décennies, voire des siècles, ce sont mes parents, mes ancêtres. Je les respecte et je les apprécie, même si je ne partage pas toujours leur point de vue. Est-ce que je veux passer ma vie à me cacher, seule, sans relations d'aucune sorte avec mes parents et celles qui sont actuellement mes amies ? Est-ce que je veux être mise au ban de la société ?
- Je refuse d'abandonner ma famille, d'abandonner ma vie, d'être isolée de tout ce que je connais actuellement, dis-je un peu plus calmement.
- Tu ne tiens donc pas à moi, claque Ted.
Comment peut-il dire ça… Avec ce qui s'est déjà passé entre nous, et tous les risques que j'ai pris, et que je prends en ce moment même… Tout ça pour lui !
- Si, j'ai beaucoup d'affection pour toi et je tiens à toi. Mais, je ne peux pas renier ma vie. Tu m'en demandes trop. Tout n'est pas noir ou blanc, et je vis dans de multiples teintes de gris…
- Je t'en demande trop ? dit-il, la voix plein d'amertume. Je te demande juste de pouvoir être en couple, normalement, sans se cacher !
Je soupire ostensiblement. J'ai l'impression que l'on tourne en boucle et que l'on arrivera jamais à rien. Je sais bien que cela ne lui convient pas parfaitement, mais je ne vois pas comment je pourrais agir autrement, en tout cas, pas dans notre situation actuelle.
- Tu ne prends pas en compte ni les traditions des familles sorcières, ni notre époque, expliqué-je. Peut-être que dans le passé, c'était plus facile, et j'espère que ça le sera dans le futur, mais actuellement, ce n'est pas possible !
Ted se lève du canapé, le moment câlin et bisou que nous échangions au début de la soirée est très loin, et me semble être déjà enterré. Notre histoire est dans une impasse. Combien de temps encore allons-nous nous voiler la face ? Combien de mensonges sommes-nous prêts à dire et à entendre ?
- Tu t'es construite ta propre prison, et tant que tu n'en auras pas trouvé les clés, tu ne seras pas assez libre pour être avec moi, ou qui que ce soit d'autre… lâche-t-il, plus calme que tout à l'heure.
- Alors quoi, c'est terminé ?
J'essaye d'empêcher ma voix de trembler, mais j'ai les larmes aux yeux.
- Je ne sais pas, me dit Ted, et je sens qu'il est triste de me répondre cela, lui aussi.
Personne ne dit rien pendant plusieurs et très longues secondes.
- Je vais me coucher, ajoute Ted, on en reparlera.
Je hoche la tête en signe d'assentissement. Ted monte les marches de l'escalier qui le mène au dortoir. Je regarde sa silhouette disparaître dans le tournant de l'escalier, comme si je regardais notre histoire péricliter. Il ne sait pas, a-t-il dit. Il ne sait pas si c'est terminé entre nous, ou si on continue. Mais, si on continue, ces incessantes disputes vont-elles continuer ? Comment pouvons-nous continuer dans ces conditions ? Je ne crois pas que l'issue de cette amourette soit positive, ni pour lui, ni pour moi. Nous en sortirons tous les deux attristés et écœurés.
Je n'arrive pas à me lever du canapé et à rejoindre mon dortoir. Je n'en ai pas le courage. J'aimerai aller courir, mais nous sommes au milieu de la nuit. Je voudrais ne plus penser, je voudrais juste oublier.
Toutefois, les dernières paroles de Ted tournent en boucle dans mon cerveau : « Tu t'es construite ta propre prison ». Somnolente, je vois des barreaux des dorés se matérialiser autour de moi, comme une cage qui m'enfermerait. Et j'entends la voix de Ted me dire « Envole-toi, petit oiseau, avant que la cage ne se ferme définitvement ».
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- Bonne journée, Betty, lui dis-je en m'efforçant de sourire.
- Toi aussi, répond-t-elle, avant de s'éloigner la première.
Nous venons de discuter cinq minutes, cachées derrière les sabliers géants qui permettent de faire le décompte des points de la coupe des quatre maisons. J'ai abordé Betty ce matin, en essayant de ne pas parler de Ted, mais c'est d'elle-même qu'elle m'a confié ce qu'elle savait. Hier soir, il a envoyé une note volante à Arthur et Betty pour leur dire que ça n'allait plus du tout entre nous. Au moins, il a utilisé « nous »…
Betty vient également de m'apprendre que Frank et Dorcas se séparaient, comme cela était prévisible depuis l'infidélité de cette dernière. Je rejoins Alice dans la Grande Salle, pour le petit-déjeuner, en espérant que cette nouvelle lui redonne du courage et de l'espoir. Peut-être que l'une de nous trois va finir par sortir avec celui qu'elle aime…
- Alice, lancé-je immédiatement en arrivant à la table de Poufsouffle, cette fois, c'est définitif, Frank et Dorcas ne sont plus ensemble.
Alice en fait tomber sa tartine dans son bol de café. Andy, qui semble avoir mis de côté la rancune qu'elle avait contre moi, pour je ne sais quelle raison, est aussi présente et m'adresse un petit sourire.
- Qu'est-ce que je dois faire ? bafouille Alice. C'est peut-être la chance de ma vie…
- Oh oui, nous en sommes toutes parfaitement conscientes ici, lui apprend Andy, avec un sourire encore plus grand. Nous allons t'aider, si tu le désires, à séduire Frank Londubat.
- Bien sûr que je le désire, s'exclame Alice, je…
Soudain, elle se tait, laissant sa phrase en suspens. Le rouge lui monte aux joues, et nous échangeons un regard interrogateur avec Andy. Mais, avant que nous ayons eu le temps de questionner notre amie, celle-ci reprend la parole.
- Je suis amoureuse de lui, vraiment.
Andy passe son bras autour des épaules d'Alice, et j'attrape sa main par dessus la table, la serrant affectueusement. Tout n'est pas perdu, Frank est désormais célibataire, et Alice va pouvoir réaliser son rêve. Plus que tout, nous avons envie d'y croire.
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Je suis à la bibliothèque, encore. C'est absolument et parfaitement horrible d'être en septième année. Mais, n'était-ce pas pareil tous les ans ? Ne sommes-nous pas submergés de devoirs précisément tout le temps ?
- Je n'ai pas envie de réviser, grogné-je.
- On va le savoir, marmonne Alice, ça doit faire au moins dix fois que tu le dis.
- Quatre fois exactement, nuance Andy.
Elles échangent un sourire moqueur, et je soupire, croisant mes bras sur la table et posant ma tête dessus. Voilà que maintenant, elles se liguent contre moi. Un rayon de lumière - il serait exagéré de dire « de soleil », nous sommes en Ecosse après tout – vient s'échouer sur notre table. Je serais tellement mieux dehors, à courir, mes pieds foulant à peine le sol de la piste d'athlétisme. Quand je cours, c'est comme si mes pensées s'envolaient avec les vent qui vient me fouetter le visage, c'est comme si j'étais soudainement plus forte, plus puissante, dans ces moments-là, je peux presque sentir la magie crépiter au bout de mes doigts. Bien sûr, la course à pied n'est pas un sport à proprement parler magique, comme le Quidditch par exemple, mais ce n'est pas pour cela que la magie n'y a pas sa place. Courir permet de concentrer ses esprits et donc sa magie, courir permet également de travailler l'Occlumancie par le vide – non pas que je le fasse, mais je l'ai lu quelque part – bref, courir est une activité physique évidemment, mais aussi intellectuel. Je suis sûre que j'apprendrais mieux mes cours si je pouvais les entendre pendant que je cours, comme si j'entendais de la musique. Aucune idée du sortilège que je devrais utiliser par contre.
- Arianne, essaye au moins de travailler, me réprimande Andy.
Je relève vaguement la tête et regarde autour de moi. Les rangées de livres s'étalent devant moi, tandis que derrière moi, se dressent les autres tables de travail deux rangées de quatre table. A notre gauche, un groupe de Serdaigle de deuxième année discute du sortilège « Accio » - tout va bien, ce sont des Serdaigles – et à notre droite…
- Alice, m'exclamé-je le plus discrètement possible.
Celle-ci se met instantaténement à rougir, ce qui me laisse supposer qu'elle sait très bien ce que je vais dire. Andy fronce les sourcils, et regarde autour de nous, avant de réaliser, elle aussi, ce qu'il se passe.
Frank Londubat, assis seul à une table, avec des livres ouvrets, un parchemin étalé devant lui et une plume dans la main. Il fait tourné négligemment sa plume entre ses doigts et il regarde dans le vide.
- Franchement, il fait semblant de réviser, et je m'y connais, dis-je. Pourquoi n'irais-tu pas lui parler ?
- N... non, mais… pour lui dire qu… quoi ? bafouille Alice.
- Je t'aime, épouse-moi, résume Andy.
Alice lui jette un regard noir, tandis que j'étouffe un fou rire. Je jette un coup d'œil au devoir qu'Alice est entrain de rédiger.
- Demande-lui s'il a déjà abordé la magie traditionnelle dans ses révisions, et s'il peut t'aider à identifier les sortilèges actuels qui ont été influencé par les magies traditionnelles, comme « Nox » et « Lumos », improvisé-je.
- Elle a rien foutu depuis qu'on est arrivé, alors qu'elle connaît et comprend le sujet, j'abandonne, marmonne Andy.
- Andy et moi allons faire semblant de dormir ou de ne pas travailler, et tu argumenteras qu'on te déconcentre.
Autant dire que j'arrive très bien à faire semblant de dormir, tandis qu'Andy en profite pour s'entraîner aux sortilèges de colorisation en changeant la couleur de son sac. Elle a le temps de passer par toutes les couleurs de l'arc en ciel avant qu'Alice ose s'adresser à Frank. Il semble ravie de la voir, je ne peux pas vraiment entendre ce qu'ils disent car elle parle à voix basse.
- Je suis sûre qu'elle fait exprès de parler si bas, grogne Andy.
- C'est clair, dis-je en riant. Pourtant ce n'est pas notre genre d'espionner nos amies.
- Non, pas du tout, déclare Andy, pleine de mauvaise foi.
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- Andy, tu as un hibou, remarque Alice, alors que nous sommes attablés dans la Grande Salle.
- Etrange, marmonne notre amie.
Il s'agit effectivement de son hibou, mais il est étrange de recevoir du courrier le soir, la plupart du temps les hiboux délivrent leurs missives le matin, au petit-déjeuner. Le hibou familial des Black lâche son parchemin au dessus de la soucoupe de ragoût et Andy l'intercepte à temps.
- Joli rattrapage, lui lance Ted, et elle lui sourit en retour.
Je marque un temps d'arrêt, halluciné par ce qu'il vient de se passer. Ted Tonks, un né-moldu, et mon petit-ami qui plus est, a adressé la parole à Andromeda Black, une sorcière de sang-pure issue d'une grande famille quasiment intouchable, et elle lui a sourit ! Qu'est-ce qu'il essaye de faire exactement ? Devenir ami avec mes amies pour me prouver que notre histoire est possible ? Ce serait bien son genre.
Mais alors, pourquoi une pointe de jalousie et de tristesse s'imisce dans mon cœur ? Peut-être parce que nous n'avons pas eu l'occassion de nous parler depuis deux jours, et que je suis de plus en plus convaincue que la prochaine fois que nous discuterons ce sera pour rompre. Pas que je le veuille, mais je sens que c'est ainsi que ça va finir. Comment cela pourrait-il finir autrement de toute façon ? Que ce soit maintenant ou à la fin de l'année scolaire, ne suis-je pas destinée à rompre avec Ted Tonks ?
- Par la barbe de Merlin, jure Andy.
Elle lève les yeux de sa lettre, et Alice et moi levons les yeux vers elle. Un éclair de panique passe dans son regard, et je me sens soudain très mal. Alice, comme moi, sait ce que cela signifie. Nous nous y attendions depuis le début de l'année scolaire. A vrai dire, Alice et moi sommes un peu protégés, mais pas Andy.
Les fiançailles. Une tradition des familles de sang-pure, et il était temps pour les Black de promettre la main de leur fille.
- Je suis sûre que c'est à cause de Bella. Elle a du leur dire de me chercher le type le plus vieux, le plus moche, le plus immonde…
- C'est qui ? demandé-je.
- Corinius Goyle.
- Oh merde, lâche Alice.
- Surveillez votre vocabulaire, toutes les deux, dis-je en essayant de les faire rire.
- En plus, les Goyle sont tous obèses, c'est de famille, grogne Andy.
- Ne sois pas si négative, c'est peut-être un des jeunes…
- Tu as vu passer un Corinius Goyle à Poudlard, depuis que nous y sommes ? demande-t-elle, amère.
- Certes, admis-je.
- Il a forcément sept ans de plus que nous au minimum ! Je suis dégoûtée, vraiment. Je pensais qu'ils m'estimaient plus que… ça.
Andy a des larmes de rage qui perlent au coin des yeux, et elle quitte la table en claquant « je les déteste tous, et je tuerai Bella de mes mains ! ».
- Ambiance, lance Alice en essayant de sourire.
- Ouais, comme tu dis…
- On va chercher du chocolat aux cuisines et on la rejoint au dortoir ? propose-t-elle.
- Vendu !
En quittant la table, je jette un regard vers Ted qui nous suivait des yeux. Il a parfaitement entendu tout ce qu'il vient de se passer, et je sais que cela ne fait que le conforter dans son idée qu'il a raison, et que sa vision du monde vaut mieux que la notre.
Nous passons la soirée dans le dortoir, à nous gaver de chocolat et à jouer à des jeux stupides, auxquels on jouait lorsque l'on avait douze ans. Impossible de parler des fiançailles d'Andy, des ASPICS ou de quoique ce soit d'autre en rapport avec l'âge adulte.
Quand on est une sorcière de sang-pure, vos meilleures années s'arrêtent indubitablement à Poudlard. Oh, avec un peu de chance vous aurez un bon mari, d'à peu près votre âge, pas trop laid et agréable. Mais c'est tellement, tellement rare… Je souhaite que cela soit le cas d'Alice, puisque pour Andy, ce n'est définitivement plus une option.
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- Mais, elle est vraiment obligée de l'épouser ? me demande Betty pour la troisième fois.
Nous sommes à la bilbiothèque – moi non plus je ne comprends pas comment cela est possible, deux jours de suite ! – et je l'aide à faire son devoir de métamorphose sur les Animagus, j'ai eu le même l'an dernier. J'en ai profité pour lui parler de la mauvaise nouvelle d'Andy, mais elle n'avait rien de nouveau à me dire sur Ted. Je ne peux m'empêcher de revoir son regard lorsque nous avons quitté la Grande Salle, hier soir, après la révélation des fiançailles d'Andy.
A l'heure qu'il est, il doit être persuadé que je vais revenir vers lui, convaincue qu'il avait raison. C'est mal me connaître.
- Arianne Macmillan, susurre une vois à mon oreille.
Je sursaute et me retourne pour tomber sur Bellatrix Black en personne. Ses cheveux sombres entourent son visage, ses yeux semblent danser dans ses orbites, et son uniforme sobre, noir avec juste une cravate verte, paufine le tout. Elle a vraiment, littéralement, l'air dangereuse.
- Tu sais ce que je vais faire, Arianne Macmillan ? demande-t-elle.
- Non, mais je suppose que tu vas me le dire, dis-je en essayant de garder une contenance.
- Je vais raconte à tes parents que tu traînes avec cette sang de bourbe inférieure…
- Hé, s'exclame Betty, je suis là je te signale !
Bellatrix lui lance un tel regard que Betty semble vouloir s'enfoncer dans son siège. Comme je la comprends…
- Et que tu fricotes avec Ted Tonks, n'est-il pas aussi un sang de bourbe ? ajoute-t-elle.
- Quoi ?
C'est comme une douche froide. J'ai l'impression que mon cœur bat plus vite, alors que je suis toujours immobile. J'ai froid et je tremble. Ma bouche devient sèche et j'ai du mal à parler, alors que j'aimerai lui dire « comment tu le sais ? qui m'a balancé ? vas-tu vraiment leur dire ? peut-on négocier ? ». Mon estomac se serre, et je réalise que je suis terrifiée. Oui, vraiment, j'ai peur.
Bellatrix semble se délecter de me voir réagir, elle inspire l'air comme si elle voulait sentir ma terreur, comme si elle se réjouissait de me voir éprouver les effets de cette peur.
- Je ne dirais rien si tu me laisses entrer dans le dortoir des Poufsouffle, je dois parler à ma sœur.
- Viens devant les cuisines après le repas du soir.
Je n'ai même pas réfléchi, je ne veux pas trahir Andy, mais je ne peux rien faire d'autre que d'obtempèrer.
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Je trouve mes amies dans notre dortoir, juste avant le repas.
- Andy, j'ai besoin de ton aide.
- Ce n'est pas le moment là, grogne mon amie, qui entreprend de se teindre les ongles en noir en signe de deuil, après l'annonce de ses fiançailles.
- Ta sœur sait pour Ted et moi.
Andy relève la tête et me fixe, et à nouveau, une lueur de crainte passe dans ses yeux.
- Elle ne dira rien si tu acceptes de la voir en privé ce soir.
J'explique tout à Andy qui accepte. Elle accepte de se confronter à Bellatrix, sa sœur, son horrible et monstrueuse sœur, alors qu'elle est si en colère contre sa famille… pour moi ? Je lui dis « merci » au moins une dizaine de fois, tellement qu'elle me dit de me taire. Je ne sais pas quoi faire pour la remercier. Elle me sauve réellement, au du moins, elle sauve les relations familiales et ma réputation.
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- Je la hais et je hais ma famille ! s'écrie Andy en remontant de son rendez-vous avec sa sœur, ce soir-là.
Lorsque je m'endors, je ne peux m'empêcher de penser à Ted, encore. Il faut vraiment qu'on parle, qu'on mette les choses au clair.
