Réponses aux reviews:
Ikuko: Heu..., merci beaucoup, le vin de prunes est très bon et ma soeur est ravie des soins pour cheveux.
Nymia: Non, tu as tort, ton avis est important. Continue à reviewer, ça m'encourage, d'autant que je bloque sur l'acte trois. Merci pour tes compliments, je suis ému.
Nat: Merci d'avoir pris le temps de me reviewer, je suis flatté. J'espère que cette suite te plaira. Quant aux aides, hum, je n'en ai pas vraiment, j'ai tout simplement beaucoup lu les grands tragiques de l'antiquité grecque et du classicisme français, mais je me suis fait le serment de ne pas recopier ou m'inspirer directement des vers de Racine et de Corneille. Si certaines rimes sont semblables, ce n'est pas volontaire.
Acte 2
Scène 1 - Rogue, Rémus. Dans la Forêt Interdite.
REMUS : Nous arrivons enfin au cœur de la clairière.
Vois-tu droit devant toi cette mince rivière ?
Son cours mène à dix pas d'un immense charnier,
Tissu de galeries couvertes d'araignées,
Demeure d'Aragog, berceau d'un trône inique
Usurpé par un homme à jamais hérétique,
Durement exilé pour manquement aux lois,
Ministre infortuné du plus cruel des rois.
ROGUE : J'ai déjà bien assez de matière à frayeur
Pour prêter attention à tes cris de malheur.
Mon dieu ! Mon cœur frémit car je vois s'avancer
Par-delà les buissons deux spectres du passé,
A moins que ce ne soit l'antique enchanteresse
Et quelque homme forcé de guider sa maîtresse.
(Arrive Trelawney, aveugle pour le coup, guidée et soutenue par Draco)
TRELAWNEY : Pourquoi endurez-vous la terreur de la nuit
Si ce n'est dans l'espoir d'entendre la Pythie
Dispenser la leçon qui révèle aux mortels
Les douleurs engendrées par un destin cruel ?
DRACO : A genoux, insolents !
(Rogue et Rémus s'agenouillent)
REMUS : Pardon, très sainte amie,
Tu as deviné juste en nous parlant ainsi.
Nous venons consulter ton savoir millénaire.
A toi qui connais tout des secrets de la terre
Je confierai sans peur mon unique tourment :
Un ange parmi nous, le plus beau des enfants,
De retour dans ma vie pour mon plus grand bonheur,
Se détourne de moi au mépris de mon cœur.
Dis-moi pour m'assurer un avenir radieux
Que son amour pour moi brûle de tous ses feux.
ROGUE (à part) Si tu lis ma pensée, peux-tu dans ton laïus
Mêler ma destinée à celle de Rémus ?
TRELAWNEY : Pour commencer je puis vous faire ce serment :
A chaque fois qu'il fut question de sentiment
Mon don de prédiction fit de nombreux ravages,
Même auprès des sorciers réputés les plus sages.
Vos destins à tout deux ne semblent ni plus blancs
Ni plus noirs que les leurs, car pour votre tourment
Vous souffrez vous aussi de ce que votre amour
N'eût toujours pas trouvé de modeste retour.
Ne perdez point espoir, l'objet de vos pensées
Tient en profond respect l'un de ses familiers,
Mais s'il s'agit de vous, je ne saurais le dire.
Soyez cependant sûrs de pouvoir conquérir
L'être de vos amours, qui par la mutation,
Qui par l'art délicat d'apprêter les potions.
Eloignez-vous d'un pas de la voie que je trace,
Il se pourrait dès lors qu'un grand nombre trépasse.
DRACO : Il est temps de partir. Allons dépêchez-vous !
Le poids de ses années fait ployer mes genoux.
Scène 2 - Rogue, Rémus. De retour dans le bureau de Rogue.
ROGUE : Tu me vois soulagé de revenir en lieu sûr. Même pour un homme aussi froid que moi, cette forêt est trop sombre, aussi ne puis-je qu'approuver notre bon directeur d'en limiter l'accès.
REMUS : C'est que tu n'as pas, toi, appris qu'un avenir radieux t'était assuré. Enigmatiques sont les mots de la grande Pythie et téméraires sont ceux qui osent y prêter l'oreille. Par ces mots, moi qui eut le courage de leur confronter mon corps tout entier, j'ai bien mérité de savoir qu'Harry m'était offert.
ROGUE : Je crains, hélas, de ne pas partager ton optimisme. Tout cela me semble trop facile, car rien ne suppose que tu comptes parmi les amis de Harry ni non plus que je puisse, sans en douter jamais, séduire l'homme que je sais.
REMUS : Tu as donc toi aussi jeté ton dévolu sur quelqu'un. Mais de qui s'agit-il, me le diras-tu ?
ROGUE : Tu n'en seras informé que trop tôt. Pour l'heure, la Pythie semble m'avoir donné licence d'accomplir ce que je n'osais même entreprendre.
(à part) Le succès dans l'élaboration des philtres d'amour est un privilège dont peu de sorciers peuvent se targuer de jouir. Mais s'il n'est pas d'autres moyens, qu'importe ! Je mourrais de le voir m'échapper. Mais voilà soudain que les artifices les plus vils stimulent mes penchants les plus noirs. Car il existe un moyen plus fiable de faire que Rémus m'aime : celui qu'il chérit doit disparaître. J'userai avec délice de son orgueil légendaire pour le mener dans un repos sans fin.
REMUS : Les dires de la Pythie me plongent maintenant dans une profonde réflexion. Qu'a-t-elle laissé entendre par le mot mutation ? N'a-t-elle pas voulu dire que si Harry Fourchelang aime sentir sur ses mains le contact doux et froid du cuir des serpents, il chérira de même la fourrure d'un loup ? Sans doute est-il périlleux de sous-estimer la puissance des vieilles malédictions, mais les dieux immortels ne me laissent guère l'opportunité du choix.
(à part) Je soupçonne le méchant Sévérus de convoiter ma proie. Il m'a déjà prouvé de façon trop zélée sa volonté de mettre en branle mes certitudes les plus solides. Ses yeux noirs me poursuivent comme une bête traquée. Il craint peut-être que mes pas devancent les siens sur la voie d'une félicité éternelle. Maudit sois-tu, Sévérus ! Ma puissante mâchoire t'arrachera le cœur si tu t'avises de t'approcher de trop près du héros de mes rêves.
(tout haut )Mais allons nous coucher maintenant. La journée de demain s'annonce longue et hasardeuse.
ROGUE (à part)Hasardeuse certes. Je devrai endurer la présence pendant deux heures entières de celui que tu adores. O Rémus, pourquoi me tortures-tu ainsi ?
