Merci à tous ceux qui ont lu et qui ont apprécié. Désolé pour le retard. Je confirme que je finirai cette fic. J'espère que cette scène vous plaira. N'hésitez pas à laisser des commentaires.

Acte III,

scène 1 : Ron, Harry, dans leur chambre


RON

Ah ! Que ne suis-je pas couché dans un cercueil,

Dédaigneux d'une vie consumée par le deuil

Quand ma douce chérie de la sienne avortée

Sacrifie l'héritage à la postérité.

Mon bras précipité dans sa course impavide

Châtiera comme il sied le coupable homicide !

S'il gît à mon côté mortifié par l'ennui,

Plus fort il frappera lorsque viendra la nuit,

Et je te le promets, cette exécrable engeance

Subira par le glaive une juste vengeance.

Soumis pour quelques jours aux pires avanies,

Son corps dégouttera d'une immonde sanie.

A la vue du cadavre abandonné de tous,

Verdâtre et pourrissant, tout recouvert de mousse,

Son âme comprendra quel horrible destin

Réserve aux meurtriers la rumeur du matin.

C'est moi ! C'est moi, Harry, qui me vit spectateur

Du sinistre récit dont cet homme est l'auteur

Lorsque je découvris, j'en tremble encor d'effroi

D'Hermione ma chérie les restes déjà froids.


HARRY
:

Mon esprit belliqueux d'amertume déborde

D'imaginer Hermione au bout de cette corde

Mais veux-tu sur l'instant cesser ces simagrées

Ou me laisseras-tu plonger dans les regrets ?

Il faut que tu sois prompt à chercher le malheur

De celui des amis que tu dis le meilleur.

Accorde-moi le temps de goûter la potion !


RON
:

D'abord avise-toi de sa préparation.

Un homme ténébreux lui confia son pouvoir.


HARRY
:

Je préfère mourir que survivre sans gloire.

(Il se regarde dans le miroir et boit)


RON
:

Que les dieux soient loués ! Tu reparais vivant.


HARRY
:

Je n'ai point usurpé ce nom de survivant

Qui peine à contenir la majesté de l'être

Qu'un modeste miroir ne peut faire paraître.

Quelle puissante force et quel esprit brillant

Dissimule à regret ce regard pétillant

Désormais affranchi du voile de pudeur

Qui cache au monde entier les feux de ma splendeur.

Si ce monde pouvait souffrir de cécité,

S'il avait le loisir d'admirer ma beauté,

Précieux privilège offert à cette glace,

Il perdrait à la fois et les yeux et la face.

Trop honteux de briller quand je fais cas de lui,

Le Soleil orgueilleux règnerait sur la nuit,

Abandonnant son trône à sa rivale Lune

Pour lui léguer enfin sa place inopportune.

Elle heureuse d'abord de gouverner les cieux,

Croyant sa place acquise à la table des dieux,

Mais forcée d'abdiquer face à ma perfection,

Glacerait le soleil en lieu de punition.

Hélas ! Je me languis de quitter ce miroir,

De soustraire à son teint l'éclat de mon regard.


RON
:

A celui qui ne sait se remettre en question,

Je ne saurais poser qu'une unique question.

Comment se figurer plus sublime qu'Ulysse

Lorsque l'on ne sait rien du fléau de Narcisse ?


HARRY
:

Ce philtre a expurgé mon cœur et mon esprit

Pour me les rendre purs de toute modestie.

C'est vrai, je m'aime, et quoi ? Est-ce un si grand outrage

De chérir à loisir son unique visage ?


RON
(à part) :

Une potion d'amour ? Quelle est cette folie ?

Désire-t-il Harry pour compagnon de lit,

Celui qui consomma dans un élan macabre

Les effluves d'un sang qu'exsude le cadavre

De l'amour de ma vie ? Comment Rogue a-t-il pu

Sur son pire ennemi jeter son dévolu ?

Quand le poids de dix morts me briserait le cœur,

Le sien déjà lesté de mille ans de malheurs,

Par ma foudre harcelé, à tout jamais fuyant

Finirait par souffrir de bien pires tourments

Car je n'aurai de cesse en ce jour qui se lève

Que Severus ne soit transpercé par le glaive.