Chapitre 2

7h du matin. Quelques flocons tombaient laissant entrer un courant d'air glacial quand les portes automatiques de l'hôpital s'ouvrirent. Belle traversa le hall d'entrée puis alla en direction des vestiaires du personnel. Elle enfila rapidement sa blouse blanche avant de ranger ses affaires dans son casier. Elle prit le dessin que le petit Baelfire avait fait. Elle ne pu s'empêcher de le regarder encore une fois. Elle croisa en chemin Mary-Margaret. Cette dernière lui apprit que M. Gold était toujours dans le coma, et qu'il y avait très peu de chance qu'il se réveille. Cette nouvelle bouleversa Belle. Qu'allait-elle dire à l'enfant si le pire venait à se produire ? Résolue à tenir sa promesse, elle se dirigea vers le service réanimation. Elle traversa les couloirs, où déjà les malades et personnels soignants affluaient de part et d'autre. Outre le fait d'une ambiance macabre dans ce service, Belle détestait aussi y aller car elle ne voulait pas croiser son ex-petit copain, qui n'était autre que le médecin chef du service réanimation : Gaston. C'était un homme orgueilleux qui ne pensait qu'à la gloire. Quand Belle est arrivée à l'hôpital, elle s'était laissée charmer par son côté séducteur. Et lui, était fière de sortir avec la plus belle infirmière de l'hôpital. Mais la jolie brune avait rapidement perçu le côté narcissique et prétentieux de Gaston. Leur relation n'avait pas durée très longtemps surtout lorsque Belle avait découvert que le Don Juan s'amusait à draguer les autres infirmières. Depuis Belle faisait tout pour l'éviter. Mais lui n'avait qu'une seule idée en tête : pouvoir reconquérir la belle.

Hélas le moment tant redouté par Belle se produisit. Elle l'aperçu au loin. Il ne l'avait pas vu. Il était en train de parler à quelqu'un d'autre. Elle passa rapidement à côté de lui, la tête baissée. Et avec soulagement, elle vit que la chambre 815 était tout près. Elle ouvrit brusquement la porte et se glissa à l'intérieur, refermant vite dernière elle.

Le bruit des appareils médicaux, l'électrocardiogramme, l'appareil respiratoire, faisaient un vacarme épouvantable. Belle s'approcha lentement du lit. Elle vit l'homme étendu, la jambe légèrement surélevée. Les paupières closes, le visage blême, il ne bougeait pas. Ses cheveux mi-longs lui arrivaient jusqu'à la nuque. A première vue, il paraissait sévère. Mais à travers les tuyaux l'aidant à respirer qui encombraient son visage, Belle pu lire une expression de tendresse. Elle aurait aimé voir la couleur de ses yeux. Peut-être sont-ils marrons comme ceux de son fils, pensa Belle. Elle finit par s'asseoir sur le bord du lit. Après l'avoir observé pendant quelques secondes, elle sortit le dessin de sa poche.

-Je… je m'appelle Belle. Je suis infirmière ici. Je ne sais pas si vous pouvez m'entendre, mais je voulais vous dire que votre fils est sain et sauf. Il va bien. Il est très mignon d'ailleurs. C'est moi qui l'ai examiné l'autre jour. Et… je crois que je me suis prise d'affection pour lui.

Elle s'arrêta un instant de parler. « J'ai obtenu la garde provisoire de votre fils, en attendant que vous alliez mieux. J'espère que vous êtes d'accord. Nous n'avons trouvé personne dans votre entourage qui aurait pu s'en occuper. Alors plutôt qu'il aille en famille d'accueil, je l'ai pris avec moi. Il me parle souvent de vous. Vous devez être un bon père. Il vous a fait un dessin, et il m'a dit de vous le donner. »

Belle posa le dessin sur la table de nuit.

-Vous pourrez l'admirez quand vous serez réveillé. Dit-elle.

-Tu parles au comateux toi maintenant ? lança Gaston qui se tenait planté sur le seuil de la porte.

Belle sursauta.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? lança Belle en se relevant brusquement du lit.

-C'est mon patient ! C'est plutôt à toi que je devrais demander cela !

Belle n'avait pas le choix que d'expliquer à Gaston ce qu'elle faisait ici.

-Je m'occupe de son fils. Et je venais voir comment il allait. C'est tout.

-Ah oui, j'ai entendu cette histoire ! Tu joues les familles d'accueil ! dit-il sur un ton moqueur. Prépare-toi pour l'adoption, car lui il n'en a plus pour longtemps ! dit-il en montrant de la tête l'homme étendu sur le lit.

Belle fut horrifiée par ce qu'il venait de dire. Comment pouvait-il parler ainsi devant les patients !

-Ca suffit !

Elle partit brusquement en claquant la porte.

Belle rentra tôt ce jour-là. Elle retrouva Baelfire jouant avec Ruby. Aussitôt que l'enfant la vit, il sauta dans ses bras, heureux de la revoir.

-Alors, tu as vu mon papa ? s'exclama l'enfant.

-Oui ! Et je lui ai donné ton dessin !

-Quand je pourrais le voir ? demanda-t-il.

-Pas tout de suite Bae. Dit-elle en lui caressant la joue.

-Mais il doit s'ennuyer tout seul. Tu pourras lui lire une histoire ?

-Une histoire ?

-Tiens ! dit-il en lui tendant un livre.

-Pourquoi cette histoire ? demanda-t-elle.

-Parce que c'est moi qui lui ait lu tout à l'heure. Renchérit Ruby. « Il l'a tellement aimé que je lui ai relu trois fois ! ».

Belle regarda le livre. C'était un recueil de petites histoires de noël.

-Sa préférée c'est la première ! dit Ruby.

-Alors tu lui liras ? supplia l'enfant.

Belle ne put résister à ce petit visage.

-Bien sûr Bae.

Le lendemain, Belle se fit discrète dans les couloirs pour ne pas tomber sur Gaston comme la veille. Son comportement de leur dernière entrevue l'avait outrée. Son manque de compassion envers les patients la mettait hors d'elle. Elle se demandait même comment il avait pu être nommé médecin-chef de ce service. Quoi qu'il en soit, même s'il fallait affronter Gaston, elle se rendrait chambre 815, car elle en avait fait la promesse au petit Baelfire. Après avoir traversé le couloir sans croiser celui qu'elle redoutait, elle pénétra dans la chambre. Au moment où elle entra, elle se dit qu'elle n'aurait pas dû crier victoire trop vite. Face à elle se trouvait Gaston, en train d'examiner le patient. Une infirmière était en train de changer la perfusion.

-Belle ! S'exclama-t-il.

-Bonjour docteur. répondit-elle froidement.

Gaston lança un regard à l'infirmière. Celle-ci quitta aussitôt la pièce.

-Ca commence à devenir une habitude de se croiser dans cette chambre. Dit-il, une fois que l'infirmière eut quitté la pièce.

-Comment va-t-il ? demanda Belle voulant changer de sujet.

-Son état est stationnaire. Pas de dégradation, pas d'amélioration.

Gaston remarqua la triste mine de Belle. Mais soudain, son bipper se mit à sonner. Il le prit poussant un soupir.

-Une urgence ? demanda Belle.

-Oui il faut que j'y aille, dit-il en ouvrant la porte. « Au fait, je viens de penser à quelque chose. Puisque ce patient t'intéresse autant, pourquoi ne pas venir travailler dans ce service ? Ca te changerait un peu des urgences ?

Belle fut surprise par cette proposition.

-Je vais y réfléchir, dit-elle.

Gaston lui adressa un sourire puis sortit de la pièce.

La jeune femme savait exactement ce que cette décision impliquait. Elle allait être sous les ordres de Gaston, et elle devrait le voir tous les jours. Mais en même temps elle pourrait veiller sur le père de Baelfire, et donner des nouvelles régulièrement à l'enfant.

Ne sachant que choisir, elle s'assit sur le bord du lit, regardant l'inconnu. D'un geste doux, elle caressa son front relevant en arrière ses cheveux tombés sur ses yeux.

-S'il vous plait, réveillez-vous. Dit-elle à voix basse. Votre fils a besoin de vous.

Elle sortit de son sac le livre que l'enfant lui avait donné.

-Baelfire m'a demandé de vous lire ce livre. J'espère que vous n'allez pas trouver ça trop ennuyant. C'est un livre pour enfant, mais il y tenait tant, qu'on ne peut rien lui refuser. Le titre de la première histoire s'intitule La Rose des Neiges.

La jeune femme commença la lecture.

« Il était une fois dans une contrée lointaine, un petit garçon qui vivait dans un petit village avec son père. C'était un de ces hivers longs et glacials, et le village était recouvert par une épaisse couche de neige. Le paysan et son fils avaient fait des réserves pour l'hiver. Mais le temps était long pour eux deux. Un jour, le petit garçon sortit dehors dans la neige et dans le froid. Il s'approcha du puits et y lança une pièce en faisant un vœu. Mais rien ne se produisit. Le lendemain, quand le petit garçon sortit dehors pour retourner au puits, il découvrit devant celui-ci une jolie rose. Une rose en plein hiver ! Et chaque jour le petit garçon venait arroser sa rose, la protégeant pour que celle-ci ne gèle pas. Et au bout du 7e jour, quand le petit garçon vint voir la rose, celle-ci n'y était plus. Elle avait laissé la place à une ravissante jeune femme. Avec persévérance, le vœu du petit garçon s'était accompli : la rose annonçait le début du printemps, et il allait enfin avoir une maman. »

Au moment où elle allait refermer le livre, elle sentit une main se poser sur la sienne. Il avait bougé !