Chapitre 3 : L'homme derrière le monstre.
Les minutes s'égrainaient pesamment depuis que Rogue avait fini de parler.
-Rien d'autre ? Demanda enfin Voldemort, les yeux pensivement posés sur la surface de l'eau.
-Voici le compte rendu de la mission, confirma Rogue. Il contient quelques détails supplémentaires, mais sans grande importance.
-Tu as fait du bon travail, Severus, le complimenta le mage noir tout en confiant le parchemin à un Peter Pettigrow empressé et nerveux comme de coutume. Le petit homme semblait venir de nulle part et avoir toujours été là. Il repartit comme il était venu, sans qu'on s'en rende compte.
-Tout ça est… Intéressant, poursuivit le mage, perdu dans ses pensées. Ainsi Poudlard ouvrira à la rentrée après tout. Ils peuvent bien faire ce qu'ils souhaitent pour maintenir l'illusion, mais nous savons que cette école est morte en même temps que son directeur. Sur ce point, c'est une victoire incontestable.
De ses mains fines et délicates, il sera un peu plus sa longue cape autour de ses épaules pendant que ses pupilles rouges semblaient tenter de transpercer la peau de Rogue pour lire dans ses entrailles.
S'il pensait quoi que ce soit à propos de son disciple, il n'en dit rien. Quand à Rogue, il attendit patiemment que le maître fasse part de ses pensées.
-Mais Harry Potter n'y fera pas sa rentrée…
A la plus grande stupeur du maître des potions, Lord Voldemort lui fit signe de le suivre, et alors qu'il se demandait comment il allait bien pouvoir faire valoir ses droits en tant que meurtrier de Dumbledore, le tout sans risquer la mort sans sommation, le mage lui désigna un siège.
-Assied toi, Severus, je souhaiterais m'entretenir avec toi.
Tous deux prirent place autour d'une stèle de pierre. Voldemort fit apparaître du thé, et versa quelques gouttes du contenu d'une fiole dans son breuvage. Tout en fixant Severus, il remit la fiole dans une poche de sa veste.
-Il vous reste suffisamment de cette potion ? S'enquit Severus.
-Il m'en faudra bientôt. Et de la plus forte si possible. L'effet de régénération n'est pas toujours suffisant.
Rogue acquiesça d'un signe de tête. Une sueur froide lui glissa dans le dos même s'il savait impossible qu'une erreur de sa part en soit responsable. Quoi qu'il en soit, il se reprit bien vite. Il sentait qu'ils allaient bientôt en venir aux choses sérieuses.
Voldemort avala une gorgée de son thé amélioré et grimaça.
-Tu dois te demander quelle est cette mission dont Potter se sent investit et dont il ne veut pas parler aux membres de l'ordre.
Le mangemort acquiesça, encore une fois. Il ne pouvait nier s'être posé la question. Surtout quand il savait que le jeune sorcier avait parlé d'être capable d'affaiblir le seigneur des ténèbres sans avoir à l'affronter directement. Il était sur que ça avait à voir avec ce secret que Dumbledore pensait avoir découvert et avait provoqué sa blessure en début d'année scolaire.
Mais il ne voyait pas comment le lien pouvait se faire jusqu'à Voldemort, si ce n'était parce que Albus en avait parlé à Harry, le soit disant Elu.
Voldemort sourit à la vision de froncement de sourcils de Rogue. D'un mouvement souple et mesuré du poignet, il agita sa baguette. Une onde magique se déploya tout autour des deux hommes en cercles concentriques.
-Nous serons plus tranquilles pour parler.
Severus retint son souffle pendant que le lord se levait et faisait quelques pas, lui tournant le dos. Il n'essaya même pas de se saisir de la tasse de thé, trop peu sur qu'il était d'être capable de boire du breuvage sans trembler.
-Je vais te faire une faveur, Severus. Je ne ferais aucun mal au jeune Malfoy. Il se verra confier des missions simples et peu dangereuses, et en parallèle, il pourra poursuivre l'enseignement de son choix. En contre partie, j'attendrais de toi une totale coopération.
-Je suis votre serviteur le plus dévoué, l'assura Rogue en s'inclinant humblement, baguette sur le cœur.
Cette déclaration était trop soudaine, le mangemort ne savait pas trop comment la prendre.
-Oui, tu as fait beaucoup pour moi. De nombreux sacrifices, dont la mort de Dumbledore. Je suis conscient de ce que ça t'a coûté, ne le nie pas. Tu es un personnage suffisamment complexe pour que j'aie cru utile de me pencher sur ton cas.
-La mort de Dumbledore servait vos intérêts, cette motivation suffisait…
-Je sais tout ça ! L'interrompit violement Voldemort.
Au violent haussement de sa voix, une nuée d'oiseau s'envola. Rogue serra plus fort sa baguette et vérifia ses barrières mentales à la hâte. De sa capacité à dissimuler ses pensées profondes dépendait sa vie.
-Ne remet pas en doute ma capacité de prévention, reprit le lord d'une voix dangereuse de tempérance, ce serait inutile. Tu es un homme intelligent, Severus. Presque trop, serais-je tenté de dire. Tu comprendras donc les précautions que je me sens obligé de prendre aux vues de la dualité de ton passé. Maintenant que tu es véritablement un mangemort, et non plus un agent double au service d'on ne sait trop qui, je ne voudrais pas que ton… inquiétude pour ce Draco interfère dans la mission délicate que je m'apprête à te confier. Tout comme je ne voudrais pas être obligé de te tuer…
Nous y voila, pensa rogue alors que ses pupilles s'illuminaient d'un intérêt renouvelé. Il avait du mal à croire à sa chance. Déjà, un tête à tête avec Voldemort était inespéré, à tel point qu'il en oubliait l'étrange contrat avancé et la menace de mort.
-Tu es l'un des rares à savoir pour cette potion que je dois prendre.
Comme toujours, il en coûtait au grand mage d'évoquer ce sujet. Mais il le faisait avec une indifférence apparente des plus dignes.
-Mon corps ne réagit plus autant à ses effets.
Le ton de Voldemort était lent et calculé, de façon à ce que chaque mot soit intégré à sa juste valeur et qu'il ne soit jamais nécessaire de les répéter.
-Je ne connais pas les raisons de cet affaiblissement, même si j'ai une petite idée. Physiquement, il serait inutile de nier que je ne suis pas revenu aussi fort qu'avant, comme si il me manquait.
Il marqua une pause appuyée.
-Une partie de moi.
Rogue cilla sous le coup de cette révélation. Mais il n'en montra rien. C'était inutile, le seigneur des ténèbres était déjà entrain de récolter les informations à la source ; dans son esprit.
Sous le coup de la surprise, il avait laissé une faille dans la barrière de son esprit, et Voldemort s'y était infiltré. Sans paniquer, Rogue fit le vide dans son esprit et orienta habilement l'intrus vers des souvenirs sans importance, notamment sur la haine qu'il éprouvait à l'égard de Harry Potter. Se faisant, il remis en place ses barrières mentales. Le pire était évité.
-Une partie de vous est morte quand Potter… A survécu, supposa Rogue tout en faisant mine de n'avoir rien noté.
Il savait prendre un risque en prononçant ces paroles à haute voix, mais il sentait que c'était nécessaire.
Ce fut au tour de Voldemort de paraître surpris.
-Oui, c'est l'hypothèse à laquelle je suis arrivée. Pourtant ma puissance magique n'en a pas souffert. Je ne peux pas en dire autant de ma capacité à la contrôler…
Le mage noir sembla alors partir dans ses pensées, comme s'il parlait pour lui-même, oublieux de son spectateur.
-C'est assez difficile à expliquer, d'autant plus que mes souvenirs de l'ancien temps sont assez flous sur ce point. C'est comme ci… Ma magie débordait parfois.
Il reporta toute son attention sur un Severus Rogue rendu un peu mal à l'aise par tant de révélations.
-Ce que j'attends de toi, c'est que tu trouves une solution à ce problème avant que Potter n'agrandisse cette fissure plus qu'il n'est raisonnable de le supporter. J'ignore ce qu'il sait ou de quoi il est capable, mais peut-être a-t-il trouvé le moyen de réitérer ce qu'il a réalisé il y a dix-sept ans. On ne peut être sur de rien, il faut tout envisager. Severus, je te donne un mois pour trouver une solution à mon problème. Sans cela, je me ferais un plaisir non seulement de faire de toi le meilleur ami de Queudever, mais aussi de m'assurer que Draco Malefoy mourra lors d'une mission chez les géants. Quand à Narcissa, je n'aurais qu'à la laisser dépérir de chagrin.
Rogue garda les yeux baissés, évitant de croiser le regard à la limite de la folie et incandescent du seigneur des ténèbres.
-C'est un honneur maître, je ne vous décevrais pas, l'assura Severus avec toute la sincérité d'un homme au pied du mur.
Voldemort éclata d'un rire sans joie.
-Je n'en doute pas. Tu n'as aucun intérêt à ce qu'il en soit autrement, sinon comment ferais-tu maintenant que tu as le monde magique entier à dos ?! Scanda-t-il d'un ton réjouis.
Un rictus sur les lèvres, il scruta son disciple un instant à la recherche de la moindre réaction avant de retrouver un calme apparent semblable à celui de Rogue.
-inutile de se perdre en commentaires stériles, conclue Voldemort. Je ne m'abaisserais pas à te faire confiance, aussi ais-je prie les précautions nécessaires pour m'assurer de ton silence. Pour tes recherches, adresse toi à Augustus ou Mulciber, à eux deux ils ont accès à toutes les sources de connaissances les plus à même de convenir.
-Très bien, maître.
Rogue se leva à son tour, pour signifier qu'il était près à commencer dès maintenant. Voldemort fit mine de n'en avoir rien vu.
Après de longues minutes de silence, il finit par murmurer d'un ton dénué de toute émotion.
-Ne prend plus jamais de liberté avec mes ordres.
-Soyez assuré que ma seule intention était d'agir dans votre interrr…AAAAHHhh…
Rogue ne put finir sa phrase, un sortilège de douleur le frappa en pleine poitrine, le jetant à terre avec violence. Le hurlement franchit ses lèvres, hors de contrôle. La surprise était totale.
Quand enfin la douleur le quitta, il resta recroquevillé sur le sol, des spasmes de douleur le parcourant encore jusqu'à ce que ses muscles se relâchent, enfin.
-Ne… Me prend… jamais… pour un idiot !! Cracha Voldemort en dominant Rogue de toute sa hauteur. Sinon tu viens de voir ce qu'il en coûte. Mes doloris ont-ils perdu de leur puissance ?
Rogue se mit difficilement à genou, ses jambes tremblant trop pour le soutenir tout de suite. Il se contenta de secouer la tête négativement.
-Comprend donc que tous ces éléments que je t'ai appris ne signifient qu'une chose. Tu possèdes une intelligence qui peut m'être utile. Tu n'es pas mon homme de confiance, et je n'ai pas perdu de ma puissance. Le croire serait une erreur fatale. Aujourd'hui, tu ne vis que pour me servir et non prendre des décisions !
Severus sentait presque le regard fou de Voldemort sur sa nuque exposée. Un creux se forma dans son ventre où vint se nicher une terreur sourde. Il lutta contre un instant, puis trouva la force de s'accroupir.
Il profita de cette position de soumission pour balbutier quelques paroles d'asservissement reconnu et indéfectible. Les mêmes qu'à chaque fois qu'il s'était retrouvé dans cette position, à quelques variables près.
-Relève-toi, lui intima Voldemort au final. Va, et accomplit ta mission. Toutes tes paroles sont bien peu à côté des résultats.
Il observa Severus se redresser avec moult mouvements précautionneux et lents, lui-même dans une posture révélant sa haute stature et son maintien travaillé.
Le contraste était saisissant entre la stature des deux individus, et sûrement pas pour déplaire au seigneur des ténèbres.
-Tu peux disposer.
Et sans plus de considération pour Rogue, il reprit sa droite observation de la surface du l'étang, plongé dans des pensées appartenant à lui seul.
Rogue esquissa une grimace de rage contenue. Il n'avait pas ressenti depuis longtemps ce sentiment honnis d'échec et de frustration. Du moins, pas à un tel degré.
Une fois hors de vu et de portée du seigneur des ténèbres, le soulagement d'être sorti en vie de cette rencontre fit rapidement place au dégoût de soi. Il n'avait pas su accomplir ses objectifs. Sa situation au près du maître était loin d'être assurée. A croire qu'il devrait toujours prouver sa valeur, encore et encore, comme s'il ne pouvait finalement pas en être autrement.
Le maître lui avait clairement fait comprendre qu'à ses yeux, la mort de Dumbledore ne signifiait rien. Il ne lui accorderait aucun traitement de faveur.
Le cœur au bord des lèvres, il écarta violement une branche qui lui barrait le chemin, manquant l'arracher et se blesser la main par la même.
C'était une crainte qui l'habitait depuis longtemps et ne le quitterait plus désormais. Et il supportait difficilement l'idée de rester un vulgaire larbin d'un fou paranoïaque jusqu'à ce que mort s'en suive.
D'autre part, malgré la mission importante et révélatrice qu'il s'était vu accorder, trop de non dits perduraient.
Sans un mot, il passa devant un Fenrir Greyback ricanant de la colère apparente de Rogue et ne se gênant pas pour lancer quelques remarques provocatrices auxquelles le maître des potions mit définitivement fin de quatre petits mots bien sentis.
Rogue avait fait part à Voldemort de bien d'autres informations à propos desquels il n'avait pas réagit en sa présence. Le refus annoncé de Potter de suivre une formation officielle proposée par le ministère, et la localisation d'une ancienne planque des mangemorts située en Egypte, par exemple. Pourtant le mage avait sensiblement cillé à ces nouvelles, comme si elles avaient de l'importance.
Le mangemort finit par balayer ces considérations de son esprit. Il ne pouvait pas tout contrôler, surtout avec si peu d'éléments en main.
L'unique garde restant au niveau du carrefour ne lui fit pas la moindre difficulté cette fois-ci, quand à l'autre… qui se souciait de son sort ? Qu'il meurt aujourd'hui ou demain…
Severus Rogue avait bien d'autres problèmes en tête. Et l'un d'eux lui coûterait la vie si il n'en trouvait pas la solution à temps. Et à dire vrai, la piste tracée par Voldemort était des plus minces. A peine une trace de pas dans la neige, au milieu d'une tempête se jouant de la ténacité du pisteur.
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Et voila, vingt jours que Severus Rogue travaillait sur le mystère, et il n'avait pas trouvé le moindre cas semblable dans les écrits humainement lisibles dans un aussi court laps de temps.
Le visage dans ses deux mains, il en venait à se demander si le seigneur des ténèbres ne voulait pas tout simplement se donner une excuse pour le tuer. Habituellement, il n'en avait pas besoin, mais comment savoir avec certitude ? Peut-être voulait-il s'amuser un peu avant, et l'observait-il en ce moment même, torturé par ses échecs successifs.
D'un geste plein de rage, Severus envoya bouler tout ce qui se trouvait sur son bureau. Rien ! Il n'y avait rien ! Etait-ce seulement vrai ? Voldemort ne le trompait-il pas quant à l'existence de cette soit disant faille ?
Entre les deux, il n'était pas sur de ce qui le mettait le plus hors de lui : l'idée d'être trompé pour le bon plaisir d'un mage noir en manque de sorcier dignes de ce nom à torturer, ou de mourir bêtement après tout ce qu'il avait dépassé.
Quoi qu'il en soit, il n'avait qu'une seule solution : chercher jusqu'à l'heure fatidique. Et alors, il n'aurait qu'à… Attendre de voir.
Ses yeux noirs brillaient d'une lumière terrible de résolution quand un parchemin se matérialisa dans sa boite au lettre.
Il le dédaigna aussi longtemps que possible, jusqu'à ce qu'il s'avère que son humeur ne pouvait de toute façon pas être empirée par un quelconque message d'un autre mangemort.
Qu'on lui annonce que la Grande Bibliothèque du monde magique avait brûlée, il n'en avait cure.
Sans grand espoir, il parcourut les quelques lignes d'un coup d'œil.
Incrédule, il se leva soudainement, et transplana dans la seconde qui suivit.
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Ils l'avaient trouvé, juste à temps. Peut-être lui restait-il une chance finalement ?
Le cœur gonflé d'espoir, Severus Rogue parcourait les derniers mètres qui le séparaient des cachots de Durmstrang. Au moins, il devait accorder un point de bonne volonté à Voldemort. Lui fournir un passe droit total aux installations des mangemorts à Durmstrang l'avait grandement aidé. Surtout en cette période de reprise des cours où la sécurité était accrue et entièrement remaniée.
Il passa devant un garde et entra dans l'aile des cachots. Celui qui l'avait prévenu l'attendait en faisant les cent pas.
Il s'agissait de Mathias Molvo, une jeune recrue merveilleusement efficace, il fallait bien l'avouer.
-Comment l'avez-vous trouvé ? Interrogea Rogue sans perdre de temps.
-On a tué sa fille et attendu qu'il se présente aux funérailles. Ça n'a pas manqué.
Le jeune homme frotta son court bouc brun du bout des doigts en ricanant discrètement.
-Par contre, je serais vous je me dépêcherais. Il désigna une porte non loin. Ils ont l'air décidé à le faire parler, et je crains qu'il ne résiste pas longtemps à leurs méthodes d'extraction.
-Et vous ne vous êtes pas dit que c'était l'occasion d'avoir une pensée intelligente et de les arrêter ?! Cracha Rogue en se précipitant vers la cellule.
Un hurlement sourd se fit à peine entendre au dessus de la voix des geôliers alors que Rogue ouvrait la porte. Il reconnut immédiatement les mangemorts présents.
-Expelliramus ! Intervint-il rapidement, mettant fin à la séance de torture du vieillard qui se traînait dans un coin.
Les deux mangemorts privés de leur baguette eurent juste le temps de penser à des reproches à formuler avant de les ravaler devant le visage pale de fureur du nouveau venu.
-Avez-vous au moins une idée de ce que vous êtes censés lui faire avouer ?! Gronda-t-il en se rapprochant d'eux, leurs baguettes dans une main, et la sienne pointée tour à tour sur leurs gorges. Qui vous a donné vos ordres ?!
Les deux sorciers se regardèrent, fuyant le regard de Rogue, jusqu'à ce que le plus grand, un certain Joseph Firby se souvint Rogue, le même imprudent qui avait cru bon de l'escorter jusqu'à Voldemort avant de manquer mourir asphyxié, reprenne un semblant d'aplomb.
-Je… Commença-t-il, on a pensé le préparer…
-Pensé ?!! S'exclama Rogue avec un brin d'étonnement, pensé ? En êtes-vous sur ? Je vous demande de bien réfléchir à cette question, l'erreur ne sera pas autorisée.
L'homme préféra ne rien ajouter.
-Voila qui est plus sensé, railla Rogue. Quand aux ordres, les voici : cet homme doit être gardé en vie à tout prix. L'avez-vous fouillez ?
Au regard affolé qu'on lui lançait, il tourna son attention vers Molvo qui venait d'entrer à sa suite, son éternel sourire aux lèvres. Celui-ci sortit une fiole de sa poche, et la remua doucement à la lumière blanche et crue ambiante.
-C'est ça que vous cherchiez ? Demanda le jeune homme. Il a tenté de la boire avant qu'on ne le mette hors d'état de décider de ses actes.
Rogue se saisit de la fiole et l'observa en transparence. Il s'agissait bien d'une potion de mort instantanée. D'un hochement de tête discret, il signifia son contentement.
Le prisonnier qui gisait à leurs pieds, Archibald Petit-cyprès de son petit nom, était connu pour sa détermination à ne pas être pris vivant. Non pas qu'il possède de lui-même des connaissances déterminantes, mais sa simple existence était indispensable pour consulter l'une des meilleures collections de parchemins originaux de magie noire.
Et depuis cinquante ans, il était resté impossible à localisé, du moins pour des personnes bien intentionnées et respectant le droit de propriété privée.
Un homme fantôme que cet Archibald, mais qui n'aurait bientôt plus de secret pour Severus Rogue. Et dire qu'il aurait bientôt accès à la collection privée la mieux gardée du monde magique… et s'il en croyait le mythe qui entourait cet étrange personnage, il lui suffirait de quelques cheveux.
-Bien, conclut Rogue en posant un regard plein d'espoir sur le vieil homme qui revenait doucement à la conscience, les yeux papillonnants faiblement. Laissez nous. Je prendrais soin de mettre au courant le seigneur des ténèbres au sujet de vos comportements respectifs.
Il leur jeta leurs baguettes et confia la sienne à Molvo en lui indiquant qu'il en aurait fini dans dix minutes.
Firby serra les dents et s'empourpra visiblement.
Mais comme les autres, il se contenta de sortir.
Après avoir refermé la porte à leur suite, Severus resta un instant face à la paroi devenue lisse avant de sortir une sacoche de sous ses robes.
Il en sortit une petite gourde puis un verre qu'il posa sur le bord de l'unique lit de la pièce.
L'homme le regardait maintenant d'un œil méfiant et craintif.
-Bonjour, monsieur Petit-cyprés. Le salua Rogue d'une voix neutre. Veuillez m'excuser pour ce malentendu, ça ne se reproduira plus.
Il lui servit un verre de sérum de vérité, et le lui tendit aimablement.
-Vous avez sûrement soif.
-Je ne parlerais jamais, et vous ne m'aurez pas vivant ! Grogna le vieil homme avec toute la virulence dont il était capable.
Il se saisit tout de même du verre et le but d'une traite. Ensuite il se mit au devoir de débiter sans discontinuer toute une série de propos d'une parfaite incohérence. Protéger son trésor était déjà devenu une obsession, mais les doloris n'avaient sans doute rien arrangé, amplifiant la folie déjà bien avancée. Le sérum aidant, le flot se fit rapide et dur à suivre.
Severus y mit fin en redressant l'homme et en l'asseyant sur le lit. Il lui attira l'attention de gestes experts, et commença l'interrogatoire.
-Où se trouve votre collection d'écrits anciens ? Demanda-t-il tout simplement.
Le flot de parole reprit de plus belle.
-Elle est bien à l'abri chez moi, dans ma bibliothèque. Je ne voudrais pas qu'on me la vole, alors je la protège vous comprenez. C'est toute ma vie, la mienne, celle de personne d'autre, je refuse qu'on l'abîme ! Seuls des yeux comprenant leur valeur devraient pouvoir la voir. Je m'en suis assuré.
-Comment vous y êtes vous prit ?
-Oh… C'est tout simple, elle ne se révèle qu'à moi ! Moi seul. Des années que d'autre espère là voir, mais ils peuvent toujours essayer ! Je me cache, et comme ça, il n'y a pas de risque.
Oh non, aucun risque. Moi seul suis la clef, et je me cache, alors ils peuvent toujours essayer, ils échoueront, car ils ne pourront jamais être moi. Je me cache, vous comprenez, alors évidemment, comment pourrait-on devenir moi ? C'est impossible ! Alors ma collection reste cachée, bien à l'abri, loin de ceux qui ne la mérite pas.
-Où se trouve votre maison, parvint à glisser Rogue lors d'une inspiration de son prisonnier.
-Ma maison ? Elle n'existe plus depuis bientôt vingt ans. Qu'en ferais je ? Je n'y vis jamais ! Mon seul domicile est celui de ma fille. D'ailleurs, il faut que j'y aille ! Il va être vendu, et je ne voudrais pas avoir de difficulté à récupérer ma collection, ou être remarqué de quelque façon que ce soit. Mais je serais mort avant, n'est-ce pas ? Vous n'aurez pas mes trésors !
Rogue n'écoutait déjà plus. L'adresse de la fille Petit-cyprés était connue, il n'aurait aucune difficulté à s'y introduire.
D'un geste vif et précis, il arracha une mèche de cheveux au vieil homme.
Maintenant que le mythe devenait réalité, il n'avait plus qu'à se servir. Et peut-être que ces quelques cheveux étaient la clef du problème qu'il devait résoudre.
Mais avant, il devait se rendre à une réunion des mangemorts, ça devrait donc attendre, d'autant plus qu'il avait une autre tache dont il devait s'acquitter.
L'humeur moins sombre qu'en arrivant dans la cellule, Severus Rogue en repartit. Il ferma la porte derrière lui, isolant par la même le prisonnier dans sa bulle de roche perdu au cœur de la terre.
Qui eut cru qu'une simple école contenait en son sein l'une des meilleures prisons qui soit ? Une fois la porte refermée et de ce fait évaporée, le prisonnier se retrouvait seul entouré de tonnes et de tonnes de terre. Il pouvait toujours crier pour qu'on l'aide, elle ne viendrait pas.
Rogue eut tout de même un frisson à la pensée qu'il se trouvait lui aussi un peu dans le même cas.
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j'ai lutté pour Voldy bouhh TT
bref, j'espère que ça vous a plu -
merci pour les deux reviews huhu, j'espère en voir d'autres TT
