Helheim vous remercie tout plein beaucoup de la lire et de lui laisser vos petits commentaires d'encouragement !

Second chapitre

C'était… grand.

John croyait s'être fait une idée des dimensions du lieu, mais il avait du revoir ses estimations a la hausse depuis les vingt dernières minutes. Pendant que Sparetti, Sélénius et McKay menaient ce qui pouvait s'apparenter autant à une conversation qu'à un match de boxe, le major les suivait à distance, essayant vainement de cartographier l'endroit pour le ranger dans un petit coin de sa mémoire.

Histoire de ne pas se perdre bêtement en cherchant les toilettes, par exemple.

Il avait finit par comprendre que cette énorme fourmilière était organisée en ovale, autour d'une sorte de place centrale. Cette dernière était traversée en tout sens par des gens pressés, courant d'un escalier à un autre ou attendant en trépignant devant des ascenseurs qui semblaient ne jamais vouloir venir. Ils se trouvaient au troisième étage, près de la rambarde, et en levant la tête, John pouvait voir qu'il en restait un au dessus d'eux, juste sous la gigantesque verrière qui diffusait une agréable chaleur. Pas l'endroit le plus laid de la galaxie, loin de la.

John s'attendait presque à trouver un magasin Gap au détour d'une allée. Hé, peut-être qu'il pourrait enfin se racheter des caleçons ?

- A quoi vous pensez, major ?

Surpris, le militaire faillit passer par dessus la rampe. Ce qui se serait soldé par un joli vol plané, suivi d'un atterrissage… ouch. Mouvementé.

- McKay, fit-il, à la fois soulagé et irrité.

- Bien sur. Vous vous attendiez à voir qui ? La belle au bois dormant ?

John soupira et se retourna pour faire face au scientifique.

- McKay, s'il y a quelqu'un dans l'univers qui ne ressemble pas, mais alors pas du tout à la belle au bois dormant, c'est bien vous. Et vous savez pourquoi ?

Rodney s'accouda à la rambarde, aux cotés du major, et jeta un coup d'œil en bas. Il réprima un frisson. Wow, c'était haut. Vraiment haut.

- Je donne ma langue au chat.

Un petit sourire aux lèvres, Sheppard se tourna vers lui et lui jeta un regard en coin.

- C'est un seau d'eau qu'il faut pour vous réveiller, pas un baiser.

McKay se renfrogna, pas certain d'apprécier la plaisanterie. Derrière lui, les deux scientifiques éclatèrent de rire. Le docteur Sparetti, un petit homme rondouillard d'une trentaine d'année aux cheveux gras et à la bouche figée en un sourire de politicien en campagne, tira les deux terriens par la manche.

- Vous n'avez pas encore vu l'aile réservée à l'astrophysique !

McKay bondit sur ses talons, comme un gosse à qui on vient d'annoncer la présence d'une gigantesque confiserie, et se précipita à sa suite, sous le regard perplexe de John. Décidément, ces scientifiques étaient fait d'un drôle de bois. Un de ces jours, il livrerait la cervelle de McKay à ses propres collègues. Pour analyses.

- Docteur Sparetti ?

Le scientifique se retourna vers lui.

-Oui ?

-Vous avez ri, quand j'ai parlé de la belle au bois dormant. Vous connaissez cette histoire ?

L'homme secoua la tête.

- Non, mais vous imaginer en train d'essayer de réveiller le docteur McKay était suffisamment drôle comme ça.

Le major lui jeta un regard noir, et espéra qu'il n'avait imaginé que la partie « seau d'eau ».

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L'homme rejoignit ses coéquipiers. Ses subordonnés, plutôt. Il était le seul, et resterait le seul, à commander. Il avait ça dans le sang.

Il posa sa main sur l'épaule d'une jeune femme blonde, qui lui arrivait à peine à l'épaule. Elle se retourna et leva les yeux vers lui. Il y lu a la fois de la crainte et du défi. Malgré sa jeunesse, elle était sa meilleure élève.

Sans prononcer un seul mot, il indiqua un des nombreux couloirs du complexe. La jeune femme hocha la tête et s'y engagea, suivie de ses trois coéquipiers, dont un traînait sérieusement les pieds, trop occupé à regarder autour de lui.

Il y avait tellement à découvrir. Tellement à apprendre.

Tellement à exploiter.

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- Ils sont les meilleurs dans leur domaine. Ce sont des Rasénians.

La fierté perçait dans la voix de Sparetti. Non, plus : elle suintait par tous les pores de sa peau. Il leur présenta trois scientifiques en blouses blanches, armés de stylos et de feuilles de calculs, visiblement pressés de retourner à leurs précieux travaux. Ils leur serrèrent rapidement la main et s'apprêtaient à leur fausser compagnie quand McKay leur bondit quasiment dessus.

- Sur quoi portent vos recherches, exactement ?

Un des trois hommes jeta un regard interrogateur à Sparetti, qui hocha la tête. Il emmena le canadien au milieu du labyrinthe de fils et d'instruments de mesure qui se trouvaient là, tout en se lançant dans de grands gestes désordonnés, sans doute a but explicatif.

D'un signe de tête, le Rasénian fit signe à Sheppard de sortir. Ils se retrouvèrent au milieu d'une allée relativement fréquentée.

- Ils se méfient, hein ?

John observa son interlocuteur, attendant une réponse. Celui-ci avait perdu son sourire d'homme politique, qu'on aurait pourtant cru cloué à son visage deux minutes auparavant.

-Tous les quatre ans c'est la même chose. Espionnage. Petites tricheries. Injustices. C'est un prix très convoité, major.

Sparetti se pencha vers lui et chuchota :

-Et puis, cette année, les Rasénians sont un peu nerveux. Plus que d'habitude, je veux dire.

Il était évident qu'il cherchait à faire monter le suspens. John décida de mordre à l'hameçon.

- Pourquoi ?

- A cause des disparitions. Depuis que ce Tournoi a été déclaré ouvert, trois de nos plus brillants scientifiques ont disparu. On en a retrouvé deux.

Il inspira un grand coup, et Sheppard termina à sa place.

- Morts.

- Oui. Assassinés.

- Vous avez des suspects ?

Sparetti se tourna vers la foule et d'un geste de la main désigna le complexe des bras.

- Tout le monde, major, tout le monde ici. Vous n'imaginez pas ce que certains seraient prêts à faire pour obtenir toute la connaissance des Ancêtres.

John eu la vision fugitive d'un Rodney armé de ses chers outils Anciens, à la limite de l'hystérie dès qu'on les lui retirait.

- Oh si, j'imagine très bien.

Un sourire réapparu sur les lèvres de Sparetti, et il entraîna le major à sa suite dans le labyrinthe du complexe.

- Et McKay ? demanda Sheppard, un peu inquiet.

- Je connais Lyam et les autres. Ils en ont pour une heure à lui expliquer ne serais-ce que le titre de leur projet. J'ai quelque chose à vous montrer. Vous savez que nous n'avons que très rarement des visiteurs ? Cette année, vous êtes les seconds que nous accueillons, ça ne s'était jamais vu !

- Oh, vraiment ?

Trop occupé à éviter les passants, le major ne releva tout d'abord pas, et répondit d'un air distrait. Puis il s'arrêta et retint son guide par le bras.

- Les seconds ?

- Bien sur ! Ils étaient déjà venus il y a huit ans, mais n'étaient pas restés jusqu'à la fin. Cette année, ils semblent plus intéressés, ils ont même proposé d'organiser des échanges.

John se tut et regarda autour de lui, pensif. Un autre peuple concerné par les technologies, un peuple capable de les comprendre… et peut-être de les aider ! C'était inespéré.

- Dites, est-ce que ce serait possible de les…

rencontrer.

Sparetti s'était écarté de quelques pas pour aller saluer quelqu'un. Quelqu'un de très grand, de très brun.

Quelqu'un qui avait une cicatrice le long de la joue droite et qui était accompagné d'une jeune femme aux cheveux blonds.

Kolya.

Ce chapitre vous est offert par FrozenSheep ! La suite entre les mains de Rieval …