Heu, bah oui, entre l'école et le boulot, ça pas été facile d'écrire, mais, hop, voili voilou, un autre chapitre !
--- :---
Chapitre 5
Le rasénian les mena dans un dédale de couloirs, véritable labyrinthe de tuyaux, grinçant et suintant, du genre à donner un cauchemar au plus courageux des plombiers.
John entendit Rodney pousser quelques jurons derrière lui et grommeler. Il y était question d' « attraper la mort dans des endroits sombres et malsains » et de « comme si les genii ne suffisaient pas ».
Yep, pas faux.
L'endroit ressemblait comme deux gouttes d'eau à la Cité des Genii sur leur petit monde post apocalyptique, comme McKay aimait à le qualifier. On ne pouvait pas dire que c'était très encourageant.
Un frisson le parcouru et John faillit s'arrêter net. Il connaissait ce frisson, l'avait déjà ressenti à maintes reprises, ce petit frisson qui faisait se hérisser tous les poils de ses bras et ceux de sa nuque, le genre qui disait « attention ! ».
La plupart des soldats connaissaient, après quelques années de services, sous une forme ou sous une autre, ce signe avant coureur, comme une sorte de sixième sens, les avertissant d'un danger.
Quelque chose allait arriver, quelque chose de pas bon du tout.
John resserra son étreinte sur le P-90 qui depuis qu'il était dans la charmante galaxie de Pégase, était devenu comme une extension de lui-même, genre je suis un humanoïde avec « deux bras, deux jambes et un P-90 ».
--- : ---
- Nous y voilà ! Vite venez, venez.
Le Docteur Sparetti était dans un état d'excitation terrible. Le petit bonhomme avait viré au rouge écrevisse et soufflait comme une baleine. Pire que lui. Okay, Rodney n'était pas un sportif accompli, mais quand même, ils avaient fait quoi, moins de deux kilomètres, d'un pas rapide certes, mais lui au moins, il n'était pas dans cet état !
C'était sans doute une des conséquences d'une vie passée enfermé en laboratoire, ou dans une bibliothèque. Rodney avait connu ça. En fait, avant d'entrer à la faculté, il n'avait pas été un, heu, disons, une personne très, heu, enfin, ses rondeurs, heu, bref.
La vie sédentaire d'un adolescent de 16 ans, plongé dans les bouquins avait un peu modifié sa masse corporelle.
N'empêche que depuis qu'il était sur Atlantis les choses avaient un peu changé. En fait, c'était surtout le fait d'être dans l'équipe de Sheppard qui avait été à l'origine de ces changements. Non seulement, Rodney avait été obligé de prendre des cours de tir mais en plus il avait du se soumettre régulièrement à des séances d'entraînement physique. Il détestait ça, mais aujourd'hui en voyant le visage en sueur de Sparetti, il se trouvait plutôt content d'avoir sacrifié quelques heures par semaine dans la salle de gym.
- Voilà, voilà. C'est ici … Oh, par les Ancêtres, quelle catastrophe !
McKay serra la mâchoire. Si le rasénian invoquait une fois encore ses foutus Ancêtres, il allait faire un malheur.
Sheppard qui se trouvait juste devant lui, s'arrêta brusquement.
- Okay. Rodney vous restez là, pendant que je vais voir de quoi il retourne.
Bah voyons ! Encore le complexe du militaire-dur-à-cuir-devant-protéger-le-pauvre-petit-scientifique-sans-défense. N'importe quoi ! Rodney aurait pensé que depuis le temps, Sheppard aurait compris qu'il n'avait pas besoin de ce genre de protection. Enfin, si peut-être, face à une armada de wraith, mais là franchement, c'était ridicule !
- Non, je vous accompagne.
Et avant que le Major n'ait eu le temps de réagir, Rodney passa devant lui et se dirigea à larges enjambées vers le petit groupe de personnes qui se trouvaient à quelques mètres d'eux.
Ce qu'il découvrit lui fit regretter son choix.
--- : ---
Et voilà, encore cette sensation dans le dos et dans la nuque. Cette sensation désagréable annonciatrice de catastrophe imminente. Et qui disait catastrophe disait généralement : Docteur Rodney McKay.
John jeta un coup d'œil à son coéquipier. Ce dernier semblait perdu dans ses pensées. Parfait, qu'il cogite au moyen de faire voler la Cité-vaisseau d'Atlantis, ça lui donnerait le temps de régler cette affaire de mort mystérieuse.
- Okay, Rodney vous restez là, pendant que je vais voir de quoi il retourne.
John avait vu le visage de Rodney se décomposer, passant du blanc-déception au rouge-vexation, et avant qu'il ait eu le temps de faire quoique ce soit, le scientifique, après un « non » sec, était passé devant lui, pratiquement en courant, et avait rejoint le petit groupe d'hommes qui les attendait.
John avait poussé un juron et avait emboîté le pas au canadien, pour retrouver celui-ci, agenouillé non loin du groupe, arborant désormais une jolie teinte verte-écoeurée.
--- : ---
OMonDieuOMonDieuOMonDieu … Rodney ne pouvait pas s'empêcher de regarder, de fixer, de dévisager. Il se sentait malade, non, il était malade, en fait il allait être malade, là, maintenant, tout de suite.
Il parvint à détacher son regard de la macabre découverte et se laissa tomber par terre pas très loin, puis, sans aucune retenue, vomit son déjeuner.
- Rodney ?
La voix était pleine de sollicitude. Rodney leva la tête. Le Major lui adressa un petit sourire désolé. Ouais, la prochaine fois, il laisserait Sheppard jouer les protecteurs, wraith ou pas wraith.
- Ca va, je … je ne m'attendais pas à … à ça … c'est tout, je vais … ça va aller, il faut juste que, heu, que je …
- Hey, prenez votre temps, Okay. Restez là, je vais, discuter un peu avec ces braves gens.
Rodney hocha la tête et ferma les yeux. Oui, c'était ça, du temps, il lui fallait juste un peu de temps pour se calmer, pour oublier … deux orbites fixant un point invisible, des orbites vides de vie, une bouche déformée, comme bloquée sur un cri, une bouche violacée et … Il allait de nouveau être malade.
Rodney inspira une large goulée d'air. Il essayait de contrôler sa respiration histoire de calmer les remous de son estomac, lorsqu'il sentit quelque chose bouger devant lui. Il rouvrit les yeux surpris.
Un vieil homme se tenait devant lui et agitait ce qui ressemblait être une gourde.
--- : ---
- Alors ?
John soupira. Sparetti commençait vraiment à lui courir sur le haricot ! Le scientifique se trouvait juste derrière lui, en fait, plus près, il lui monterait tout simplement sur le dos.
- Alors ? Il est mort.
Sparetti fronça les sourcils. Visiblement, il n'avait pas enregistré le ton ironique du Major puisqu'il insista.
- Oui, mais de quoi ? Et de la main de qui ? Et pourquoi avoir laissé son corps ici ?
John se releva et jeta un dernier coup d'œil au corps.
C'était celui d'un jeune homme d'une trentaine d'années. Nu. Mort depuis un petit moment s'il en jugeait à la fois par sa couleur, presque translucide, et par la rigidité cadavérique. Mais il n'était pas médecin légiste, alors … La mort avait été causée par strangulation. Ca au moins, ce n'était pas dur à déterminer. Un superbe nœud coulant avait été passé autour de la gorge du jeune homme, les vaisseaux autour des yeux et de la bouche avaient éclaté. Cyanose. Pas joli à voir. Pas étonnant que Rodney ait eu un choc.
John se tourna vers l'endroit où il avait laissé le scientifique, et fronça les sourcils.
Quelqu'un se trouvait avec lui.
John allait demander de qui il s'agissait lorsque Sparetti, toujours sur son dos, devança sa question.
- Oh, le Professeur Draheto est là ! Je vais vous présenter, à nous quatre, nous trouverons le coupable.
--- : ---
- Tenez, buvez ça. Ca ira mieux après.
L'homme devait avoir une bonne soixantaine d'années. Il ressemblait à Sparetti, ou plus exactement, il avait les traits physiques caractéristiques des rasénians, pas très grand, des cheveux noirs, des yeux clairs, mais la ressemblance s'arrêtait là. Cet homme, bien que plus âgé que Sparetti, paraissait aussi plus jeune que lui d'une certaine manière, quelque chose dans les yeux, un éclair de malice, de vie. Sparetti était éteint, ce genre d'homme un peu laborieux, un peu terne qui avait passé sa vie à l'ombre des bouquins et des ordinateurs.
- Heu, oui, merci. Rodney porta la gourde à sa bouche et renifla son contenu, ce qui élicita un petit gloussement de la part de l'homme qui se tenait toujours debout devant lui.
- Vous faites toujours ça ? Sentir votre nourriture ou ce que vous allez boire ? Curieuse coutume.
- Non. Rodney était un peu à cran et franchement être aimable et courtois était à des lieux de ses préoccupations du moment. Je suis dans une autre galaxie et je souffre d'allergies, donc si vous ne voulez pas avoir à vous occuper de deux cadavres au lieu d'un seul, vous allez devoir supporter de me voir humer ce qu'il y a dans cette gourde. Rodney secoua celle-ci puis leva les yeux vers l'homme qui affichait toujours un petit sourire amusé. D'ailleurs, reprit-il, qu'y a-t-il là dedans au juste ?
- De l'eau, un peu d'alcool …
Rodney porta la gourde à sa bouche et bu une gorgée. Un peu d'alcool lui ferait le pluuuuuus grand bien ! S'il pouvait se saouler pour oublier ce qu'il venait de voir, ce serait parfait.
- … et du jus de Grit.
Rodney recracha ce qu'il venait d'avalez et lança un regard noir au vieil homme qui semblait toujours aussi amusé. Ne venait-il pas de lui dire qu'il risquait de mourir s'il avalait n'importe quoi ?
- Du Grit ? Rodney continuait à crachoter, mais il savait que ce serait inutile. Avec sa chance ce Grit était un cousin éloigné du citron ! Il allait mourir dans d'horribles souffrances et son visage aurait lui aussi cette couleur bleue associée à l'asphyxie.
Comme le cadavre.
Il frissonna, ferma les yeux et attendit quelques instants. Rien ne se passa. Okay, le Grit n'était pas de la famille du citrus. Alléluia. Maintenant que sa crise d'angoisse était passée et qu'il était sûr qu'il allait survivre, il allait faire passer l'envie à ce fossile dégénéré de jouer avec la santé d'autrui. Rodney se releva, les jambes encore un peu flageolantes et allait ouvrir la bouche lorsque Sparetti se mit à crier.
- Professeur Draheto ! Professeur Draheto ! Voilà les Terriens, ils viennent d'Atlantis et ils …
Le vieil homme, Draheto, fit un geste d'impatience en direction de Sparetti, puis son regard se tourna vers Sheppard.
- Suffit Gerd ! Je sais qui sont ces gens. La Ingénuvia a négocié le traité avec eux, l'auriez vous oublié ?
- Heu, non, non, bien sûr. Sparetti semblait brutalement gêné.
Draheto se tourna à nouveau vers Rodney.
-Désolé … Docteur McKay ?
Rodney cligna des yeux.
- Heu, oui, oui, je suis …
- Ravi de vous rencontrer, Docteur, Draheto se tourna vers Sheppard, et vous devez être le Major Sheppard ?
John salua le vieil homme.
- Oui, Monsieur.
- Bien, je crois que nous avons à parler. Sparetti, faites transporter le corps en chambre froide et prévenez son père. Dites à Sélénius que nous l'attendons en salle Pythias.
Le vieil homme tourna les talons. Rodney et John restèrent un moment figés sur place, puis le suivirent.
A suivre …
Frozensheep et Rieval vous remercient de lire cette petite fic' et de reviewer ! Next chapter by Frozensheep as soon as she can.
