Encore un chapitrepar votre serviteur(trice ?) Rieval (relu par Froze bien sûr !)

Chapitre 10

Rodney bailla, ouvrit un œil, le referma et attira la couverture à lui. Il s'y enroula soigneusement et poussa un autre bâillement.

Et se releva en sursaut.

Il cligna des yeux plusieurs fois puis son regard fit le tour de la pièce où il se trouvait. Un lit, un sofa, des dizaines de coussins, le tout décliné dans un superbe camaïeu de bleus. Mais où était-il ? Il ne se rappelait absolument pas être venu dans cette pièce et d'ailleurs … Il jeta un coup d'œil sous la couverture et poussa un bruyant soupir. Il ne se rappelait pas davantage s'être déshabillé. Quelqu'un l'avait donc fait à sa place, quelqu'un qui avait pris soin de revêtir d'une sorte de sweat-shirt et d'un pantalon de jogging. Bleu ciel.

Il regarda une nouvelle fois autour de lui et décida de se lever. La couverture autour des épaules, il se leva et se dirigea vers la porte. Il n'y avait pas de poignée. Juste la rainure indiquant l'emplacement d'une ouverture. Pas de panneau de commande non plus.

Il ferma les yeux. Okay, il fallait qu'il réfléchisse calmement à ce qui c'était passé. CAL-ME-MENT. Quel était son dernier souvenir ? Café. Il avait bu un café en attendant le retour de Sheppard et des autres et puis … et puis … Rodney rouvrit les yeux. Rien. Le trou noir. Il avait la tête aussi vide que celle de Kavanaugh. Un vide astral. Pas très naturel. Il avait vraisemblablement été drogué.

Super. Non vraiment, c'était super : il avait été enlevé, drogué et déshabillé, le tout bien entendu dans des circonstances inconnues, par des personnes inconnues et pour des raisons inconnues.

Au moins, il était en vie. C'était important ça, non ? Oui, bien entendu que c'était important, c'était même la seule chose qui comptait. Ce qui lui arrivait n'avait certainement aucun lien avec ce qui était arrivé à ces pauvres scientifiques. Aucun. Certainement.

Pas de panique. Pas de panique. PAS DE PANIQUE !

Il prit une large inspiration et se mit à inspecter sa prison bleue. C'était vraiment bizarre ce bleu partout. Murs bleus, meubles bleus, tissus bleus. Il ne trouva aucune autre entrée, ni porte ni fenêtre. Il y avait un petit coin lavabo-toilette, bleu lui aussi.

Il retourna sur le lit et s'installa dos contre le mur, face à la porte, pour attendre.

--- : ---

John avait la furieuse envie de frapper quelque chose. Un punching-ball par exemple. Ou le monde entier. Ou un wraith. On pouvait les considérer comme des choses non ? Ouais, bon peut-être pas des choses, mais il taperait bien sur un wraith quand même en ce moment. Evidemment, l'idéal serait qu'il puisse utiliser Kolya comme défouloir. Là, ce serait le pied intégral. Mieux qu'un wraith, et bien moins dangereux ; avec un wraith, il fallait sans cesse se méfier des mains baladeuses, et pas dans le bon sens du terme.

Mais le problème, c'était que Kolya ne pouvait pas être son défouloir, noooon. Kolya était son nouveau coéquipier. Le seul fait de penser au Génii comme tel lui donna la nausée. Coéquipier, tu parles !

Ils marchaient silencieusement. Kolya à sa droite. Ford juste derrière lui. Le jeune homme fixait la nuque de Kolya comme s'il s'agissait d'une bête à abattre. Il y avait fort à parier qu'il avait lui aussi des envies de boxe thaï.

Ils arrivèrent enfin sous le dôme. John se trouva une fois encore sous le choc du spectacle qu'offrait ce dernier. Sous le dôme de verre poli, le soleil jouait un véritable opéra de couleurs. Superbe.

- On admire la vue Major ?

Comment gâcher une minute de contemplation en une leçon. John se tourna vers Kolya qui n'était pas le moins du monde impressionné par la beauté des lieux.

- Ouais, mais on ne peut pas dire qu'on soit gâtés pour les odeurs, renifla-t-il pour faire bonne mesure.

Le sourire de Kolya était toujours figé sur son visage. Okay, John avait la très nette impression qu'il se conduisait comme un gamin de douze ans dans la cour du collège mais il n'y pouvait pas grand-chose : c'était ça où il dégommait tous le contingent de Géniis présents sur Galen. Kolya lui faisait un effet des plus bizarre, un mélange de violence instinctive et d'envie de hurler « c'est lui qu'a commencé ! ».

- Alors Major, vous avez une idée sur la manière de procéder ?

Ce fut au tour de John de sourire.

- Comment, vous n'avez pas déjà une petite idée de qui a fait le coup ? Vraiment, je suis surpris, et moi qui croyais les Géniis au top des techniques impliquant kidnapping, meurtres et autres amuse-gueules du même genre …

Le sourire de Kolya disparu.

- Insinuez vous que nous avons quoique ce soit à voir avec ces disparitions ?

John claqua des doigts.

- Wow, mesdames et messieurs, et le gagnant eeeeeeeest… Son sourire moqueur se figea sur son visage, remplacé par un regard froid. Il poursuivit, sa voix ne contenant plus aucune trace d'amusement. Et comment que je l'insinue, mieux, je l'affirme. Si je me rappelle bien, vos scientifiques ont un bon demi-siècle de retard sur les nôtres, non ? (17) Je suis sûr que vous mourrez d'envie de mettre la main sur quelqu'un comme McKay.

Bien entendu, le sourire de Kolya réapparu.

- Je ne nie pas qu'une aide extérieure serait la bienvenue mais de là à souhaiter m'octroyer les services du docteur McKay. Il secoua la tête. Les Géniis, même les scientifiques, ne travaillent qu'avec des hommes, Major et le docteur McKay ne remplit pas cette dernière, disons, condition.

Ford qui avait écouté la conversation et avait senti le danger venir retint la main de son supérieur.

- Major, non ! Il n'en vaut pas la peine. Major …

John allait tuer cette misérable petite ordure !

- Major, s'il vous plaît. Pensez à McKay …

John se dégagea de l'étreinte de Ford et se planta devant Kolya qui n'avait pas l'air le moins du monde décontenancé par sa colère.

- Il vaudrait mieux pour vous que je le retrouve vivant, Kolya, sinon, Confédération ou pas, cette mission sera votre dernière …

Kolya laissa échapper un petit rire. Celui-ci stoppa brusquement.

- Major, vous n'êtes qu'un ridicule petit présomptueux. Il fixa un moment le terrien avant de reprendre. Je vais retrouver le docteur McKay et après … il montra une fois encore ses superbes dents blanches … après, je vous tuerais. Tous les deux.

Cette déclaration faite, le Génii s'éloigna, ses sbires sur les talons, laissant les terriens un peu estomaqués. Ford se gratta la tête et se tourna vers son supérieur.

- Bah, ça c'est ce qui s'appelle se faire des amis …

John regarda Kolya s'éloigner. Curieusement, quelque chose lui disait que ce n'était peut-être pas lui qui détenait McKay. Sinon, pourquoi tout ce cinéma ! Ce qui ne faisait qu'aggraver la situation. Non seulement, il allait devoir trouver le responsable de ces disparitions s'il voulait récupérer le scientifique mais en plus, il allait devoir surveiller de près Kolya, s'il voulait rentrer entier sur Atlantis. Ceci dit, l'idée d'affronter Kolya n'était pas pour lui déplaire. Il en avait assez de le voir revenir comme Terminator. Il n'y aurait pas de numéro trois. Cette fois ce serait hasta la vista baby (18), et pour de bon.

A suivre ….

(17) Episode Underground/Apparences.

(18) Paroles mythiques (bah si …) prononcées par Shwartzy dans Terminator 3.