Je trouve le titre "Back in black" d'assez mauvais goût vu les événements tragiques qui se passent dans le chapitre. Mais j'assume mon mauvais goût.
9 : Back in black
« Voldemort…, murmura Harry. Comment as-tu fait… Es-tu seulement capable de mourir, vieille carne ? »
« Je ne relèverai pas l'insulte, répondit Voldemort en souriant. Tu croyais avoir pris toutes les précautions nécessaires, m'avoir tué, n'est-ce pas Harry ? Tu étais fou de croire connaître toutes les ruses du Seigneur des Ténèbres. Je t'avais prévenu que j'étais éternel. Si tu m'avais écouté, tu aurais rapidement deviner que j'étais derrière tout ça au lieu de me croire « mort ». Un homme averti en vaut deux, Harry, tu devrais réviser ce vieil adage. »
« Es-tu revenu simplement pour me donner une leçon de philosophie ? »
« Bien sûr que non. », répondit Voldemort en levant sa baguette.
Harry se prépara aussitôt à éviter le sort ou à faire apparaître un bouclier mais il n'était pas la cible de Voldemort. Sans même que le Seigneur des Ténèbres ait à prononcer un mot, quatre rayons lumineux jaillirent de sa baguette et frappèrent Ethan, Matthew, Jackie, et Maxana, qui étaient restés jusque là immobiles, terrifiés et sous le choc. Le sort était apparemment une variante d'Incarcerem car des liens invisibles les emprisonnèrent, les empêchant de bouger et de parler.
Harry décida de ne pas essayer de les secourir. Mieux valait d'ailleurs qu'ils restent en dehors de tout ça. D'ailleurs, dans l'immédiat, il devait se concentrer sur Voldemort.
« Juste au cas où nos jeunes amis voudraient interférer avec mon plan. Cette histoire est entre toi et moi, Harry Potter. »
« Je me moque de tes plans et je ne te laisserai pas déblatérer plus longtemps dessus. Qu'as-tu fait de Tom ? »
Voldemort eut un rire froid qui glaça Harry jusqu'à la moelle des os.
« Tu es vraiment un de ces empoté de Gryffondor. Toujours tout feu, tout flamme. Tu n'as pas compris qu'il fallait m'écouter ! M'écouter ! », répéta t-il en s'écriant presque, faisant vaciller l'assurance apparente de Harry.
Il était aussi fort que lui à présent mais cet éclat de colère rappelait à Harry que Voldemort lui faisait toujours peur, par l'ampleur de sa haine et sa folie.
Voyant qu'il avait réussi à faire taire Harry, Voldemort eut un sourire doucereux et reprit d'une voix suave :
« Parlons donc de ton cher Tom… Il est l'un des éléments central de la machination que j'ai ourdie. Qu'en penses-tu donc ?, dit-il en regardant Harry d'un air pénétrant. Je n'ai même pas besoin de la Leggilimancie pour le deviner. Tu dois penser que j'ai créé ton fils pour endosser la responsabilité de mes crimes et que je le tiens actuellement en otage, tout ça pour te faire souffrir. Mais les gens comme toi ne savent vraiment rien de l'art de faire souffrir un adversaire.
Comment nos différents pourraient se régler en un simple duel ? Tu m'as vaincu, tu m'as forcé à revenir dans l'ombre, tu as retardé mon ascension pendant seize ans, dit Voldemort et sa haine envers Harry paraissait sans bornes. Je vais te dire ce qu'est tout ceci : une vengeance ! Ma vengeance contre toi, Harry Potter. »
Sa voix était devenue celle d'un fou et il se mit à rire comme un dément.
« Ce vieux fou de Dumbledore a dit qu'il y avait d'autre moyen de détruire un homme que de le tuer. Pour moi qui considère qu'il n'y a rien de plus terrible que la mort, c'est faux. Mais pour toi, mon cher Harry, qui ne redoute pas la mort, te tuer serait vraiment une misérable vengeance. J'ai donc prévu de détruire les racines même de ton existence, de réduire à néant tout ce que tu chéris. On va commencer par Tom, ce fils que tu aimes si tendrement… »
« Vas-tu le tuer, ou le torturer ? Devant mes yeux ? Je t'en empêcherais. »
« Tu n'es pas décidément pas assez cruel, Harry. Si je tuais Tom, ou que je le rendais fou par la torture, tu serais au désespoir mais tu pourrais toujours faire ton deuil et pleurnicher sur les souvenirs sans nuages de ta relation avec ton fils. Si je t'annonce que Tom n'est plus, tu me diras « qu'il vivra toujours dans ton cœur » ou une autre bêtise du genre. Mais si je te dis que Tom n'a jamais été ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ?, balbutia Harry. Bien sûr que Tom a existé… »
« Le sort que j'ai utilisé pour faire apparaître « Tom » sert à faire renaître un corps lorsqu'il meurt mais ne permet pas de ressusciter les morts, tout simplement parce que le corps obtenu est vide. Il n'a pas d'âme. « Tom » était bien physiquement présent mais ce n'était qu'une poupée. »
« C'est impossible. Tom avait une personnalité, des sentiments… Toutes ces choses dont les êtres sans âme sont dépourvus ! »
« Tu insultes mes talents de sorcier et d'acteur, Harry, murmura Voldemort. Ou plutôt de metteur en scène, dans ce cas-là. Il ne m'a guère été difficile d'implanter une fausse personnalité dans la tête vide de « Tom ». Même un pantin peut sembler humain s'il a bon marionnettiste pour le manipuler. »
La mâchoire de Harry était crispé par la rage, à tel point qu'il avait du mal à articuler :
« Tu… mens… »
Tom… Tout ce qu'ils avaient vécus ensemble… Ce ne pouvait être que réel… Non ?
« Je vois que tu continues à te voiler la face, Harry. Si ta relation père-fils avec « Tom » se révèle fausse, c'est tout ce sur quoi tu as basé des vieux jours qui s'écroule. Je ne doute pas que tu aies aimé sincèrement « Tom » mais lui ne t'aimait pas du tout. Cette « chose » ne le pouvait pas. »
« Cesse de traiter mon fils de chose…, gronda Harry. Tu mens, tu mens pour me faire souffrir mais je ne vais pas te laisser jouer à ce petit jeu avec moi. Ca va se finir maintenant, entre toi et moi, et je vais récupérer Tom. », dit-il en levant sa baguette.
Voldemort dit dans une ultime provocation :
« Je crains qu'il n'ait rien à récupérer. J'ai créé « Tom » pour pouvoir récupérer son corps le moment venu. Maintenant que c'est fait, il ne reste rien de ton « fils », si on peut dire que c'était ton fils. »
Harry ne répondit pas mais attaqua à la vitesse de l'éclair. Le brouillard était l'allié de Voldemort, il l'enveloppait et empêchait Harry de distinguer clairement sa cible. Son sort manqua donc Voldemort mais il était presque sur lui. Entre les volutes de fumée, Harry distinguait enfin son ennemi. Il sortit des replis de sa robe une dague et frappa sans hésiter.
La fin ?
§§§Des mois auparavant, le récit d'un autre nuit funeste§§§
Au milieu de la nuit, Ethan Thorn fut réveillé par une envie oppressante de se lever. Mais pourquoi ? Il n'avait ni faim, ni soif, ni froid…
Il réfléchissait à peine aux causes de son désir que celui devenait réalité. Ethan ne contrôlait plus ses muscles. Il essaya avec la plus grande force de résister mais son corps bougeait tout seul. Contre sa volonté, il se leva et sortit de sa chambre, allant pieds nus contre la pierre froide du manoir.
Ethan se rendit compte qu'il se dirigeait vers un des petits salons où son oncle aimait lire jusqu'à tard la soir. La porte était entrebâillée et un bon feu brûlait dans la cheminée. Ethan distinguait la silhouette d'Adam Thorn tenant un livre qui se découpait en ombre chinoise.
« Mon oncle !, s'écria t-il d'une voix qui traduisait toute sa panique. Il y a quelque chose qui ne va pas avec mon cor… »
Il ne finit pas sa phrase car il venait de remarquer une autre chose bien étrange. Son oncle n'était pas seul. Le bras d'un homme était posé sur l'accoudoir du second fauteuil.
« Qui êtes-vous ? », demanda t-il d'un ton un peu abrupt.
Son oncle ne recevait pas des gens à cette heure. C'était bizarre… Tout ce qui se passait cette nuit était bizarre. Ethan devait être en train de rêver ; il n'y avait pas d'autres explications.
L'intrus se leva et lui fit face. Ethan reconnut immédiatement ses traits :
« Tom… », murmura t-il mais à peine ces mots avaient-ils franchi ses lèvres qu'il n'y croyait plus.
Bien qu'il ait le visage de Tom, cette homme ne pouvait être Tom. Il avait des yeux qui vous glacent, qui vous séduisent, qui vous terrifient ou qui lisent en vous comme dans un livre ouvert ; les yeux d'un damné, d'un prédicateur, d'un génie et d'un fou.
« Qu'est-ce que vous êtes ? »
« Je suis un Horcruxe, tel est ma nature. Mais tu es dur, Ethan, je te connais depuis ton plus jeune âge. »
Ethan ne savait pas ce qu'était un Horcruxe mais cela le confirmait dans sa pensée que l'être devant lui n'était pas humain.
« Vous voulez me faire croire que vous êtes la bonne fée qui s'est penché sur mon berceau ?, ironisa t-il. Pourquoi m'avez vous fait venir ici ? Pourquoi avez vous pris l'apparence de Tom ? »
« Reconnais-tu ceci ? », lui demanda le Horcruxe en lui lançant un objet argenté.
Ethan l'attrapa en vol et l'examina dans sa paume ouverte. Il connaissait bien cette médaille en argent où était gravée une Vierge à l'enfant. Ses parents lui a offert pour son baptême et il la portait étant petit.
« Vous n'allez pas me faire croire que vous… étiez ce médaillon ? »
« En tant qu'Horcruxe, ma forme ordinaire n'est que celle d'un objet. Je peux adopter temporairement une forme humaine mais cela a un prix… le prix d'une vie humaine. »
Le regard d'Ethan tomba alors fatalement sur son oncle et il remarqua soudain tous ces détails qui n'allaient pas : sa tête trop affaissée, le livre qui semblait presque s'échapper de ses mains… La force qui le maintenait immobile disparut soudain et il reprit le contrôle de son corps pour se précipiter auprès d'Adam et lui saisir le poignet.
« Il est mort… », murmura t-il entre ses dents avec une rage étouffée.
« Dommage collatéral, répondit le Horcruxe. Il était temps que nous nous rencontrions. »
« Je ne veux pas vous voir ! Vous êtes un monstre ; vous avez tué mon oncle ! Je prendrais mes jambes à mon cou si seulement je pouvais bouger ! », hurla Ethan.
Le Horcruxe s'accroupit pour être à la hauteur d'Ethan, qui était toujours penché sur le bras du fauteuil, et lui dit d'une voix douce :
« Tu n'as aucune raison de paniquer ; je ne te veux aucun mal et je vais même te servir. Je te propose t'exaucer ton désir le plus cher. Tu veux être Tom Potter, tu auras tout ce qu'il a, ses qualités, ses amis, sa famille, sa popularité, sa petite amie. Tout ce que tu as à faire est de mettre cette médaille, comme quand tu étais petit. Tu sais à quel point mes pouvoirs sont grands. »
« Et je sais quel est leur nature, répliqua Ethan. Pour me faire prendre la place de Tom, vous l'éliminerez sans doute comme vous avez éliminé mon oncle. Vous dîtes que vous me connaissez mais vous vous fourvoyez à mon sujet, peut-être parce que j'ai le profil du « traître ». Je hais Tom mais je ne serais pas l'instrument de sa mort. Je ne suis pas ce genre de personne.
D'ailleurs, tout le monde sait qu'il ne faut jamais former un marché avec le Démon, il vous trahira à coup sûr. »
« C'est intéressant, dit le Horcruxe en se relevant. J'ai acquis le contrôle de tes capacités motrices mais je n'ai pas réussi à altérer ton jugement et ta conscience. Enfin, peu importe, j'ai bien peur pour toi que tu n'aies pas le choix, mon cher Ethan. J'ai dévoré ton cœur il y a bien longtemps et tu es obligé de m'obéir. »
« Qu'est-ce que vous voulez dire par « dévorer mon cœur » ? », demanda Ethan. Un sentiment de panique plus horrible que jamais l'envahissait.
« Je suis un « parasite ». Je me nourris de toutes les émotions négatives que ressentent les personnes autour de moi. Autant dire que ta haine et ta jalousie envers Tom Potter ont été du vrai pain béni pour moi. Il était prévu que je sois auprès de toi dès ta naissance pour que mon influence sur toi soit maximale mais je crois que ça n'aurait même pas été nécessaire vu la quantité de haine que tu as ressenti toute ta vie. Chacune de tes pensées m'ont rendu plus fort et m'ont donné du pouvoir sur toi.
Ton corps n'est plus qu'une marionnette que je fais bouger à ma guise. Dès que tu mettras ce médaillon, je le posséderais complètement, ma conscience supplantera la tienne et ton esprit sera emprisonné aux tréfonds de ton corps comme un fou dans son asile. »
Ethan avait l'impression que le médaillon battait contre sa peau tel un cœur monstrueux. Il essaya de toutes ses forces d'empêcher ses bras de le mettre autour de son cou mais même alors qu'il savait le sort horrible qui l'attendait, il était impuissant. Son corps ne lui appartenait plus et bientôt, son esprit disparaîtrait également.
Comme à chaque fois, Ethan se morigéna. Il n'avait pas été méchant. Il avait été faible, faible, faible. Il avait nourri cette « sangsue » monstrueuse avec son dépit. Il était responsable de sa propre fin.
« Ethan Thorn, tu as été un meilleur Mangemort contre ta volonté que l'ont été tes parents de leur propre chef. Tu as les remerciements de Lord Voldemort. »
Et pas seulement de sa propre fin… Le Seigneur des Ténèbres, Lord Voldemort, était de retour.
Je suis désolé…
