Salut à tous ! Et oui, c'est encore Noreenn. Ca va, vous ? J'espère bien, même si les vacances se terminent pour certains ! ( Dont moi T.T ) Je souhaite à tous ceux-là une rentrée acceptable et priez pour la mienne lol !
Je sais, vous allez me détester, moi auteur indigne qui ne prend pas de temps pour vous. Mais c'est vraiment le bordel de mon côté ! Je mets du temps à passer mes chapitres écrits mains ( les bonnes vieilles habitudes ) sur le pc… Enfin, voilà, bisous à vous tous et bonne lecture !
…
Ah oui ! Le disclaimer…Les perso, le concept, etc est à J.K.R sauf – bien sûr – ce qui est à moi !
LADRUNCOLI
Ou Hanita, Chasseuse de Maraudeurs.
Chapitre Cinquième ;
Où l'on établit un cesser le feu.
Parmi tous les cours auxquels je redoutais d'assister, les potions arrivaient en tête de liste.
Tout d'abord, parce que je redoutais Rogue. Ensuite, parce que son petit interrogatoire avec Harry, dès son premier cours, me fait me rendre compte du désastre que ça va être.
Or, ce lundi matin-là, éveillée par le lointain et gai pépiement des oiseaux, je prenais brutalement conscience d'une chose, une fois sous la douche – froide, puisque la plupart de mes compagnes de chambre sont des Black's groupies – : je commence la journée par un double cours de potions.
Imaginez-moi donc ! – et imaginez surtout la puissance du cri que j'ai poussé ! Vous comprendrez aisément que ça entraîne la situation suivante…
« -AH ! Ah ! Ah ! Kyaaaaaaah ! » Que je hurle, en sortant de la salle de bain – à peine enserrée dans une serviette. « Oh mazette ! On a potions ! Et j'ai bâclé mon devoir ! Je vais récolter un T et Remus va rigoler et on va me renvoyer et je pourrais pas me marier avec lui ! »
Or donc, une Lily m'attendais bien sagement, assise sur mon propre lit, tout juste vêtue d'une serviette elle-aussi, avec entre ses jolies menottes – quoi que moins patriciennes que les miennes – mon dit devoir de potions.
« -Calme-toi, Hani'. » Qu'elle me sort, toute souriante. « J'ai revu un peu ton devoir et j'ai corrigé quelques fautes. Ca devrait aller. » Face à son sourire de « je-suis-une-hippie-qui-aime-aider-le-monde » je percute – difficilement, je dois dire – et me rappelle qu'une Lily Evans est une sorte d'Hermione Granger version 70's.
Ce qui m'amène à me jeter à ses pieds – manquant de peu de m'étaler sur le chat d'une de mes coloc', nommé Sirius ( le chat, naturellement ) – pour lui agripper un pan de sa serviette.
« -S'il te plaît, Lily ! S'illllllllll teeeee plaîîîît ! » Commencé-je à larmoyer. « Tu veux pas te placer à côté de moi en potions ? Juste pour m'aider ! Rien qu'un peu… »
« -Je…Ben…C'est que…Je ne sais pas. » Balbutie Lily, agressée visuellement par ce qui semble être son habituelle partenaire de cours. « J'ai…Je…J'aimerais bien….JAMES POTTER ! »
Vous comprendrez que devant son dernier hurlement – qui fait appel à un Dieu plus que controversé – qui déchire carrément mes tympans à un moment si inattendu, pire que mon « Kyah » de tout à l'heure, même ; je me demande si j'ai bien fait de lui demander de l'aide et m'apprête déjà à me rétracter mais elle continue sur son délire fanatique, pensais-je :
« -Potter ! Si les escaliers sont piégés, ça n'est sûrement pas pour que tu viennes mater aux fenêtres du dortoir des filles ! »
Accompagnée de nombre gloussements de pintades, cette tirade me fait tourner la tête – comme dans la chanson, oui, oui – pour voir qu'effectivement, la face de décoiffé-Potter se trouve devant la vitre. Et pas que sa gueule, d'ailleurs ! Il est carrément perché sur un Brossdur – plutôt enviable pour son époque – en arrêt stationnaire devant le dortoir.
« -Mais Lily ! » Tente-t-il, en montrant un impressionnant bouquet de lys blancs qu'il tient des deux mains – ce qui est une très bonne idée s'il est suicidaire et si Lily lui lance un cendrier sur la tronche.
« -Pas de Lily ! C'est EVANS pour toi, Potter ! Et d'ailleurs, je vais tout droit chercher MacGonnagall parce que… »
Emportée dans son élan, la rouquine s'est levée d'un coup. Sans penser que je tenais encore un pan de sa serviette – au contraire d'elle – et donc, ce qui devait arriver arriva.
« -Wooh ! » Article difficilement James, entre deux jets – plutôt honorables, je suis forcée de l'admettre – de bave.
Ce à quoi Lily répond un « AH ! » bien long et bien strident. Contrairement à la Grosse Dame, elle a réussi à lézarder les vitres.
Me voici donc au bout de la table des Gryffondor, dans la Grande Salle, à l'heure habituelle du petit déjeuner ; essayant par tous les moyens et de capter le regard de Lily et d'échapper aux louanges ou demandes de James. Si on ajoute à ça que Remus ne me regarde plus tandis que Sirius me regarde un peu trop par contre, que Pettigrow est assis en face de moi et m'empêche rien que par sa face de petit-déjeuner sous peine de vomir, on peut dire que ma journée a très, très mal commencé. Enfin, la cloche sonne, et je me dépêche de me lever – de fuir, quoi.
« -Attends ! Mormegil ! Hé, attends-moi ! » M'interpelle James, en me rattrapant dans le hall. « Tu euh…Pourrais parler de moi à Lily ? »
« -Je verrais, James, je verrais…Mais je ne crois pas que ça marchera. Elle n'était pas très contente que tu la….vois. C'est pour ça que la vieille MacGo' t'a donné une retenue, d'ailleurs, tu te souviens ? »
« -Ah, ouais…Bon…Ouais…Mais, essaye toujours, okay ? »
Vu que nous sommes arrivés dans les cachots et pile poil devant notre salle de potions, surtout, ça me dispense de répondre. Il me faut du courage pour appréhender la vision d'horreur. Qui arrive tout juste. J'ai déjà envie de vomir…
Mrs. Tornday, notre professeur de potions, est une femme entre deux âges : une vieille trentenaire qui en paraît quarante. Elle a des cheveux d'un faux blond criard, des dents jaunies par le tabac, qu'elle empeste d'ailleurs en plus d'un parfum bon marché, et de grosses lèvres qu'on a voulu rendre pulpeuse à renfort de coup de rouge à lèvres plus criard encore que ses cheveux. Sous les tonnes d'ombre à paupière et de mascara, les yeux sont d'un bleu fade ; et sous les tonnes de fond de teint/fard à joue/poudre de quelconque sorte, la peau est pâle, fripée avant l'âge et parfois même boutonneuse.
Bref, cette prof' est superficielle au possible et tente de se déhancher langoureusement sous ses robes de soie verte – ce qui est un échec et fait marrer bon nombre de mes « camarades. »
Ce matin-là n'échappe donc pas à la règle. Mrs. Tornday tente de faire de l'œil à la population masculine de Gryffondor, autant que de Serpentard, avant de nous faire tous rentrés dans la salle.
Elle lance au passage un regard méprisant aux jeunes filles – et à moi surtout, parce que je suis super belle et donc plus qu'elle.
Nous voici parti pour un cours pire que ceux de Harry avec Rogue, je crois bien.
« -Bien…Aujourd'hui, mes chériiiis, nous préparons un filtre par deux. » Mrs. Tornday esquisse un sourire carnassier – c'est carrément sa marque de fabrique, ce sourire, si vous voulez mon avis. Sa voix est (sur)aiguë et ses mimiques me foutent les nerfs en pelote. Et lorsqu'elle annonce « Hanita Mormegil avec Sirius Black », je suis à deux doigts de commettre un meurtre.
Je suis même sûre que Sirius pense la même chose…Par contre, il doit viser quelqu'un d'autre : moi, par exemple.
« -Les instructions… » Reprend Mrs. Tornday, en donnant un coup de baguette assez sec – et dans son dos Black et Potter la caricaturent déjà. « Sont à présents disposés sur vos différentes paillasses. Vous pouvez commencer. Et dix points de moins pour Gryffondor. »
Comme d'habitude, personne ne dit rien : elle trouve toujours moyen de justifier et de rafler un peu plus de points à Gryffondor au passage. Quelle plaie, ces peines à jouir, je vous jure !
Enfin, en « bonne élève » que je suis, je vais me placer carrément au fond de la classe et Black semble se radoucir face à mon initiative. Il s'installe donc à côté de moi et le calvaire commence.
« -C'est DEUX yeux de salamandre, et non pas quatre ! » Que je grogne, après une dizaine de rappel de ce genre, au moins.
« -Oupppsss… » Répond simplement Black, en ouvrant de faux yeux candides.
Pendant une bonne heure et demi, je me suis donc évertuée à l'empêcher de détruire la potion – et de me la faire péter à la gueule dans le même temps. Et puis, il s'est soudainement arrêté à quelques dizaines de minutes de la fin du cours. Ses grands yeux sombres fixaient mes cheveux d'or – cent pour cent NATUREL ! Je le certifie ! Et sans influence nocive sur le cerveau non plus ! – Donc il me regarde étrangement et se lance tout naturellement, comme chez sa bonne copine Cocotte Albertine :
« -Ca te va très mal, cette coupe. « Qu'il me sort donc, sous mes yeux ronds de surprise et d'indignation. Il pointe du doigt mes mèches piquées, rebiquées, redressées et ébouriffées. La main dans mes cheveux amoureusement coiffés-décoiffés, je rétorque, avec un calme super bien feint – pour ne pas troubler l'image de bonne fille que j'essaye de me construire :
« -Chacun ses goûts. Tu peux être un hippie qui aime les cheveux mais c'est pas du tout le moment, clair ? Occupe-toi plutôt de la potion. »
« -Non, mais, moi, je dis ça pour t'aider… »
Toute agacée que j'étais, je lui tourne délibérément le dos pour clore la conversation et fait en sorte d'avoir l'air occupé à fouiller dans mon sac – et je vous pris de croire que je suis douée pour ça. J'ai fait ça toute ma vie ! Mais voilà donc pas que ce chien galeux agita sa baguette, dans mon dos, sans galanterie, honneur et noblesse ! Et mes cheveux ainsi que mes sourcils se mettent à pousser jusqu'à atteindre une longueur déraisonnée.
« -Bordel ! » Que je braille, la vue obstruée par des sourcils très semblables à la jungle amazonienne.
Toute occupée que je suis à essayer de contrôler la rage folle qui monte suite aux éclats de rire provenant de la moitié de la classe – et de Sirius Black, à mes côtés, surtout – je ne vois pas que Black, justement, pousse quelque chose – peut-être accidentellement – vers moi. Et dans un geste de fureur grossier, je renverse ce quelque chose qui se trouve être mon chaudron !
La mixture, déversée au sol, me fait patauger et gesticuler alors que divers drôles de crépitements gorgent mes cheveux. Dans un dernier geste désespéré, j'essaye de m'accrocher à un bras secoureur surgit de nul part, entourant ma taille, mais c'est inutile. Je glisse encore une fois, incapable pourtant de me rattraper, heurte la table et finit ma scène dans les étoiles. J'en vois de bien belle, d'ailleurs.
Mazette ! J'entends déjà les applaudissements du public…
Qu'est-ce que je peux avoir mal à la tête ! Et puis je suis toute engourdie. J'ai un de ces mal de fesses…Je me suis endormie sur un livre, ou quoi ?
« -Grablblblbl… » Que je marmonne, comme à chacun de mes réveils. Mais c'est encore pire à celui-ci : je suis toute embrouillée, j'ai le sang qui me tape avec force aux tempes, j'ai mal au crâne... J'ai pris une cuite, ou quoi ? « Mazette…Je dois être en retard en plus…Pffeuuh…Hum, j'espère que j'ai quand même éteint l'ordi. La fic' était plutôt chaude, si m'man tombe dessus, je… » Coupé d'un bon bâillement bien senti.
Dans ma tête c'est donc le brouillard total et infini. Portant une main à mes yeux, je sens pourtant une différence subtile qui me ramène des souvenirs tout plein dans ma tête : les sourcils ont repris leur taille normal. Le désastreux cours de potions et mes mésaventures me percutant de nouveau pleinement, j'essaye de me relever d'un bon, d'ouvrir les yeux, mais c'est un calvaire.
Je respire…Je dois donc être à l'infirmerie, en ce moment-même – Pomfresh a du exulter.
Avec toutes les précautions qui s'imposent, j'ouvre les yeux, les referme, les rouvre une nouvelle fois. Je suis bien à l'infirmerie, oui, mais ce qui cause mon étonnement c'est le merveilleux sourire – quoi qu'un peu gêné – que l'on m'adresse et devant lequel je me retrouve confrontée.
« -Remus ! » Que je m'exclame, totalement prise au dépourvue et toute douleur envolée.
Et oui, par Merlin et Gwendoline Lafantasque ! Remus Lupin, le mystérieux type aux yeux d'or, est assis sur une chaise, droit comme un bâton, et s'apprête à discourir :
« -Excuse Sirius. Il ne pensait pas que ça dégénèrerait comme ça… En fait...Il...Sirius est assez impulsif, tu sais. »
Et comment que je le sais !
« -…Enfin, je ne te demanderais pas de ne pas lui en vouloir, non..Mais..Ca serait bien mieux dans un sens… ? »
Et bien dites donc ! Notre louloup n'est donc pas venu pour prendre de mes nouvelles – et déposer un tendre baiser sur les lèvres de la belle endormie prisonnière des griffes de Pompom. C'est quand même vexant !
« -Je vois. Depuis combien de temps je suis là ? » Que je me renseigne, essayant d'adopter un ton très frais.
« -Euh…Et bien…C'est la fin de la journée. Lily est passée, il y a quelques heures à peine. Elle t'a laissé ses notes, un uniforme de rechange, la liste des devoirs à faire, les projets et aussi… »
De toute ma vie, je n'ai jamais connu de voix aussi apaisante. Même si j'ai bien envie de montrer mon amertume, mazette ! C'est bien impossible avec quelqu'un comme Remus. Il faut que je sois son amie – ou au moins sa petite amie, je saurais m'en contenter.
« -Hanita ? Tu vas mieux, au moins ? » Qu'il me demande. Et je ne sais pas s'il vient – enfin, Grands Dieux ! – de se rendre compte de son indélicatesse, ou s'il me demande ça parce que j'ai décroché son monologue depuis un bon moment déjà.
« -Euh…Oui… » Balbutié-je donc, au risque de passer pour une parfaite idiote – vous me direz, je ne fais que ça. En tout cas, si c'est ce qu'en pense Remus, ça a l'air de l'exciter vu le sourire radieux – un brin fatigué, comme toujours – qu'il m'envoie.
« -Au fait, tu as décidé de les garder longs, tes cheveux ? Ca te va très bien en tout cas. » Reprend-t-il, en couvrant la dite chevelure d'un regard appréciateur.
« -Quoi ! » Que je beugle, en me redressant d'un bond après analyse de la critique.
« -Euh ben… » Remus tâtonne sur ma table de chevet, pour tenter de me subtiliser quelque chose.
Mais c'est sans compter sur mon adresse stupéfiante – et ma modestie, surtout. J'ai donc chopé l'objet bien avant lui.
Et me voilà, stupéfiée, avec entre les mains un miroir au manche d'or, orné de diverses pierreries, vraiment très, très jolies…Mais le visage que la glace me renvoie est celui d'une jeune fille – bien que d'une beauté tout aussi renversante qu'avant, sinon plus, je suis forcée de l'admettre – aux cheveux toujours très fins et encore bien coiffés malgré mon sommeil. Le seul petit problème, en fait, c'est que mes cheveux soigneusement étudiés pour leur effet « garçonne irresponsable » atteignent aujourd'hui la hauteur de mes reins dans le genre « gente damoiselle à sauver. » Avec cette coupe, il y a trop d'harmonie, de calme et de douceur parfaite autour de mon visage. C'est de la tromperie capillaire et je suis contre ça ! Et pour couronner le tout, il a fallu que je sois blo… !
« -Non d'un pétard enflammé ! » Hurlé-je, tellement fort qu'on est sur de m'avoir entendu à Dumstrang – petit coucou à Viktor Krum, en passant.
« -Lupin ! Remus ! Oh, non de non ! » Je continue de gémir, tournant alors un visage affolé vers un maraudeur qui l'est tout autant. « Mazette ! Qu'est-ce qu'il m'a fait ? Qu'est-ce qu'il m'a fait ! Je suis défigurée ! »
« -Euh…Ben …Euh…Non ! » Commence Lupin, et je suis alors sûre qu'il est vraiment gêné, voir peiné, voir compatissant. « Je suis sûr que CA n'est pas dangereux. »
« -Dan…Dan-Dan-Dangereux ? » Que je bégaye, dans une parfaite imitation de Pettigrow manquant de s'étouffer avec sa propre salive. « Mais…Parce que CA pourrait être dangereux, en plus ! M'étouffer en dormant, ou un truc comme ça ! »
« -Ne dites pas de sottises ! » Intervient l'infirmière qui vient tout juste de se – s'incruster, si vous voulez mon avis – glisser dans la conversation. « Je vous ai moi-même examinée et TOUT CA ne présente aucun risque ! »
D'un air lugubre, je me tourne vers la psyché pour contempler le « ça » qui doit à présent énerver plus d'une personne, j'en suis sûre. Et ces diverses mèches couleur tantôt d'un tendre miel, tantôt d'un rouge flamboyant qui strient ma chevelure d'or tour à tour, me tirent une nouvelle fois un hoquet de stupeur.
J'ai toujours adoré le simpliste esthétique et la naturalité – capillaire, la plupart du temps. J'aimais me vanter de ma chevelure somptueuse, opulente, parfaite ; comme une héroïne de roman – je fais une fixette, je suis au courant, oui. Maintenant, pourtant, je n'ai qu'à me vanter d'avoir sur la tête diverses couleurs qui peuvent m'étouffer dans mon pieux. Quelle joie !
« -Refaite-les, vos examens. » Que je souffle à Pomfresh d'une toute petite voix. « Prenez tout votre temps, je ne sortirais pas d'ici. »
« -Une fois, vous ne voulez pas y mettre les pieds, l'autre vous ne voulez plus en sortir…Ah ! Ces français. Dites-moi plutôt qui vous a fait cela, ça ira plus vite. »
« -Euh…Personne. » Que je déclare, fermement. « C'est personne...Enfin, je sais pas qui c'est, quoi. »
Pompom me fait les gros yeux, scandalisée, regarde Remus, puis moi, et encore Remus, et encore moi – comment fait sa tête pour ne pas se dévisser ? – et finit par soupirer.
« -Bon. Partez, c'est bon, je vous assure que c'est inoffensif. A part une allure perpétuelle, je ne vois pas… » Déclare très calmement Mrs. Pomfresh. Elle examine mon cuir chevelu, les yeux plissés, et hausse les épaules. « Je ne sais seulement pas quand ça partira. »
Et elle se lève pour filer tranquillement à l'autre bout de la pièce.
Lupin, resté à côté de moi, se lève à son tour pour prendre mes affaires. Dans son geste, il m'effleure le petit doigt et je sens qu'on est – il m'a effleuré le petit doigt, Remus m'a effleuré le petit doigt ! – en totale – il m'a effleuré le p'tit doigt, quand même ! – connexion.
« -Au fait… » Qu'il commence, tandis que je me redresse déjà toute ouïe. « C'est très original comme …disons couleur de cheveux. – ma joie s'est envolée d'un coup, tiens – Mais personnellement, je trouve que ça te va très bien. »
Remus Lupin…Le Remus Lupin qui vient de m'effleurer le petit doigt, vient aussi de me dire qu'il trouve que ma coiffure est jolie ! Il trouve que ça me va bien ! Mon euphorie revient et c'est presque en bondissant jusqu'au plafond que je quitte mon lit pour me changer derrière son dos et le rejoindre. Toute occupée que je suis à savourer ma joie, je parcours l'infirmerie en silence, au côté de Remus. A la sortie, il s'arrête pour me laisser passer et murmure même :
« -Hanita…Je suis désolée, pour le, tu sais ? Le baiser ? de l'autre jour. Je voulais pas partir comme ça. »
Après un effleurement du petit doigt, comment voulez-vous penser à quelque chose d'aussi bassement matériel qu'une coupe de cheveux, un bisou foiré ou un ennemi intime à tabasser ?
« -Et euh…Hanita ? » Qu'il reprend, en regardant mon sourire approbateur.
« -Oui ? » Que je parviens à demander, battant candidement des cils et la voix pleine de douceur.
« -C'est quoi une « fic chaude ? » »
Joie et sourire s'envolent...
Toute fraîche et belle que j'étais le matin suivant, moi, très belle Hanita Mormegil, gambade gaiement dans les couleurs. Jupette, chemiser et robe de sorcier, j'affiche un grand sourire parce que…devinez quoi ! Je ne suis pas défigurée ! Et oui, Remus – ô, Remus ! – n'est pas le seul à trouver que ça me va bien, c'te coupe. Et donc je pète la forme ! Et ma côte de popularité aussi, je dois dire.
Donc, toute contente que j'étais, je me dirigeais vers la Grande Salle en chantonnant après une petite promenade matinale dans le parc. Quand soudain, que vois-je ? Lily ! Ma très chère Lily – qui ne me boude plus – acculée contre un mur, avec un certain Rosier qui la menace de son corps, son cuir et sa baguette ! Dans ces moments-là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Réfléchir ? Grotesque ! Je fonce.
Seulement, c'est un peu plus difficile que prévu : Evan Rosier n'est finalement pas seul, quand on y regarde de près. Autour de lui, disposés en cercle dans un couloir des cachots, comme des vautours sont plantés Bellatrix Black, Lucius Malefoy – Wow ! qu'il est beau ! – Narcissa Black, Rodulphus Lestrange et un autre garçon brun, que je n'identifie pas.
Surprise comme je le suis, je ne peux pas m'empêcher de lancer un :
« -Héééééééé ! »
Et tous les regards – ainsi que la majorité des baguettes, quelle chance ! – se tournent vers moi.
« -Mais quiiiiii, voilà ! » Lance la Bellatrix, avec un rictus de dérangée qu'elle seule sait faire, je suis sûre. « La traîtresse de sang-mêlé. »
Deuxième surprise de la journée, tiens donc ! C'est trop d'honneur. Je suis donc une « sang-mêlé » ? Merveilleux ! Ca facilitera la compréhension avec mon grand pote Lord Voldemort.
« -Comme c'est intéressant… » Ajoute Malefoy, en jetant un coup d'œil à ses copains.
J'ouvre la bouche, pour répliquer, mais j'ai l'impression que quelque chose me frôle la cuisse. Je jette donc un coup d'œil vers cette admirable partie de mon anatomie ; mais rien. Je redresse donc la tête pour jeter un regard mauvais aux Serpentards, qui doivent fantasmer à coups de sorts sur moi, vu leurs sourires moqueurs – à moins que ça ne soit pas eux et qu'ils se foutent de ma bouche ouverte sans parler.
Je jure qu'ils me le payeront, toute façon !
« -C'est ça, c'est super intéressant. » Que je siffle, moqueuse. « C'est pas que tu me fais chier…En fait, si. Vous me faites tous chier. Or, j'ai pas de temps et de bonne humeur à perdre avec des Mangemorts en couche-culotte. Relâche Evans tout de suite, Rosier, ou j'te fourre ma baguette au cul ! »
…
Mazette ! Je me suis un peu laissée déborder, je crois. Et vu les têtes indignées qu'ils tirent tous, leurs baguettes qui tremblent dans leur main, je ne sais pas si c'est une tellement bonne chose…
« -Parce que, en plus de trahir ta famille par ton sang souillé, tu fricote encore avec des Sangs-de-Bourbe ! » Rétorque le dit Rosier, la voix vibrante de colère, sans pourtant détourner sa baguette d'une Lily agacée autant qu'intimidée.
Jouons-la gangster sans peur ni reproches.
« -Et ben ouais, mon pote ! La mode Mangemort n'est pas universelle. Maintenant, je le répète pour la dernière fois : lâche Evans ! »
Baguette brandie – depuis quand je l'ai sortie, moi ? Je suis vraiment emportée dans le feu de l'action ! – et secouée à chacun de mes mots, je me la joue Malefoyenne question aura de suffisance et de confiance en soit. Tellement qu'il y a même quelques étincelles rougeoyantes qui jaillissent de ma baguette. Un peu plus et je m'embrasserais pour l'effet que je donne ! Ce que c'est bon d'être inconsciente…
« -C'est…C'est-C'est une Mormegil, tout de même ! » Bégaye le petit gars brun qui se tient en retrait. « On devrait… »
« -On est plus nombreux qu'elle. Même si c'est une Mormegil, on… »
« -Qu'est-ce qu'il y a ? » Que je ricane, coupant Bellatrix. « On a peur que je vous refasse une démonstration de duel ? Toi qui aime tellement ça, Bellatrix, tu veux peut-être que je t'envoie un Doloris dans le… »
Alors que Bellatrix pâlissait déjà sous l'injure, un grand éclat de rire se fait entendre et Sirius, suivit de James et Remus – « Peter est peut-être mort, coincé dans les toilettes ? » que j'espère – surgisse tout près de moi.
« -Alors, Bella ? On a enfin trouvé un adversaire à sa taille ? » Ricane Sirius, baguette brandie à son tour, à ma grande surprise.
Non mais je rêve ! Ils s'incrustent dans MON moment de gloire et en plus, Black fait comme si on était potes depuis l'an quarante. Il y a de l'extasie dans l'air, ou quoi ?
« -Maintenant, vous avez peut-être envie de vous en prendre à nous aussi ? » Demande James, avec un sourire bien prétentieux mais – loués soient les Saints Nénuphars – il n'a pas oublier la baguette pour ajouter à sa crédibilité.
Remus, quant à lui, s'est débrouillée pour brandir sa baguette juste sous le nez de Lucius Malefoy, qui pâlit encore plus que son teint ne le luit permet. Un mouvement et il s'embroche la narine sur le bâton !
Lily est aussi surprise que moi, apparemment. Elle ouvre la bouche et puis secoue la tête en fronçant les sourcils. Les Serpentards resserrent d'ailleurs les rangs autour d'elle – doucement, quand même. Mais ça a le don de m'énerver et de me rendre plus inconsciente encore.
« -Bon, ça suffit ! » Que je beugle, prête à faire feu avec ma baguette. Mais on me coupe tout aussi rapidement :
« -Je suis bien d'accord avec vous, cela suffit ! Dix points en moins pour Serpentard, et cinq en moins pour Gryffondor. »
MacGonnagal vient de passer dans le couloir et de s'y attarder, bien sûr.
Les Serpentards, après un regard bien chargé de haine, se dispersent en direction des cachots-profonds et McGo nous regarde tous :
« -Votre cours de Métamorphose commence dans cinq minutes à peine. Rangez vos baguettes. Je ne tolèrerais pas de retard. »
Et elle s'en va, très rapidement, les lèvres sérieusement pincées.
Les Maraudeurs se concertent du regard, mais je les prends de vitesse. Je sautille déjà vers Lily – statue de marbre plus vraie que nature.
« -Ca aurait été beaucoup plus drôle si tu avais pu participer, Lily ! » Que je m'exclame, faussement déçue, sûre de la faire réagir de cette manière.
Et, en effet, elle me regarde, sourit et secoue la tête :
« -Ne dis pas n'importe quoi, Nita. Mais merci d'être venue m'aider, même si tu aurai pu être moins vulgaire… »
Elle se redresse, prend son sac au sol, passe devant les Maraudeurs en m'entraînant par le poignet.
Ne me dites pas qu'elle va s'en aller sans les remercier ?
On dirait pourtant que si. En gentille fille que je suis – et pour regarder Remus plus longtemps, aussi – je l'arrête, la retenant aussi par la manche.
« -Quoi ? Mais… » Commence-t-elle. Et puis elle se radoucit. « Ah…Oui…Merci à vous trois aussi. C'était…Sympa de votre part de venir nous aider…Euh, à plus tard, alors. »
Elle jette un petit regard à un James aux anges – je rêve ? elle rougit, là ? noooon, c'est pas vrai ? – avant de filer le long du couloir.
« -Yeaaah ! » S'exclame James. Et il me saute dessus, en prime. « Merci ! Merci, merci, Hanita ! C'est décidé, je t'adopte ! »
Le nez enfoncé dans le torse de James, les côtes broyées par ses bras, je peux pas vraiment répliquer. Mais c'est quoi, au juste, son histoire d'adoption ?
« -Et toi, Remus ? T'en dis quoi ? » Qu'il reprend, en relâchant un peu la pression. « On peut la prendre, on peut ? Dis, dis, dis, on peut ? »
Je tire une drôle de tête, je le sens, tandis que je tourne les yeux vers un Remus au sourire amusé qui fait mine de réfléchir.
« -Hum..Si on tient compte du fait que moi, je l'ai déjà adopté, de mon côté…Je pense que…C'est oui ! »
« -Ouais ! » Braille James, m'explosant les tympans. Et c'est reparti pour un tour de compression entre ses bras musclés. Il a l'air un peu plus court, ce séjour contre son torse, d'ailleurs, puisqu'il relâche déjà son étreinte pour se retourner. Se retourner vers le visage impassible de Sirius.
« -Et toi, Padhood ? » Dit-il. « Tu dis oui, hein ? S'illll teeee plaiiiit ! »
Le dit Padhood me fixe dans les yeux – je dirais même qu'il m'évalue – avant de grogner :
« -Je la supporterais… 'Bien obligé. »
James, une nouvelle fois, cri sa joie avant de me soulever dans les airs.
« -Bienvenu dans le monde des Maraudeurs, ma grande ! » Qu'il clame.
Et cette fois-ci, c'est moi qui ait envie de hurler.
