O.K. Deux ans d'absence (peut-être
même plus.) Je n'ai aucune excuses. Vraiment. Si vous voulez
vraiment des « raisons, » et bien : je suis une grosse
faignante, je lis plus que je n'écris et surtout, je ne suis
plus drôle. Sérieusement, vous allez le voir très
vite. Ce chapitre est tristement banal. Désolée, je
vais tenté de me reprendre et de m'Hanitaïser. Espérons
que ça revienne...
P.S : comme dit sur mon blog, vous
pouvez aussi vous en prendre à ma beta. Elle a mis 150 ans
avant de me corriger ce chapitre.
P.P.S : vraiment, je m'excuse.
éè
P.P.PS : je relis un peu ce que j'ai écris…Et
OHMYGOD les fautes !! Et OHMYGOD mais je suis pas drôle !
Ça
me choque toujours autant que des gens aiment ce que j'écris…alors
je remercie encore une fois les reviewers. La reviewee est très
heureuse. :)
LADRUNCOLI
Ou
Hanita Chasseuse De Maraudeurs.
Chapitre
Neuf ;
Ou les joies de la
Haute-Société-Serpentarde.
On peut dire que je suis arrivée ici sans vraiment le vouloir – bon, peut-être inconsciemment, dans mon subconscient silencieux – et sans rien demander à personne – à par peut-être à Sirius, mais il a déçu mes attentes. J'ai jamais dit être la plus intelligente des femmes – fille, adolescente, presqu'adulte – du monde…enfin pas toujours, pas tout le temps. Et même si j'en suis intimement convaincue, je veux bien laisser les autres me trouver idiote ; je suis gentille comme ça, moi.
Pourtant, on attend toujours quelque chose de moi. Y'a qu'à voir Remus et sa demande de « vérité complète et précise ». Cet irresponsable ne connaît pas le sens du mot « secret » ou même « vie privée. » Est-ce que je me mêle de la sienne, moi ?
[…
Oui, bref ! Reprenons.
La situation était embarrassante, carrément angoissante. Pince et ses quelques rides en moins, nous étant tombées dessus, cri et gesticulation inclus, nous nous sommes retrouvés dehors, mon Loup-Loup et moi, nous regardant dans le blanc des yeux. Ou plutôt : lui, tentant d'attraper mon – toujours magnifique mais fuyant – regard.
-Ecoute.
J'écoute, oui.
-Ecoute, me répète Remus – et je sais pas vraiment pourquoi, parce que je le dévore des yeux, lui dévoue toute mon attention.
-Je comprends qu'on questionne trop ta vie privée, continue-t-il. Mais avant qu'il puisse aller très loin, je m'offusque :
-Tu m'étonne ! J'ai jamais vu des fouines pareilles. Enfin si, en seconde, y'avait un gars avec un nez é-norme ! Et il avait cette sale manie de…
Remus me jette un regard fatigué – peut-être même exaspéré, mais ce n'est pas le genre de Mumus d'être exaspéré, si ?
-Oui, je comprends qu'on fouille trop dans ta vie.
-Dans ma vie ? Tu veux plutôt dire que vous fouillez partout ! C'est devenu votre passe-temps favori, on dirait ! J'm'étonne encore de pas vous trouver en planque dans mon dortoir, plein raid dans mon tiroir à sous-vêtements. A moins que vous gardiez ça pour plus tard…L'un de vous m'attire à l'écart, les autres font une descente---
-Mais bon sang, tais-toi un peu ! s'exclame Remus. Et rien que ses joues rougies de colère, son souffle court et ses sourcils froncés – frustration, agacement, que sais-je ! Il en reste terriblement séduisant, je pense que vous le saviez – me font taire.
-Hanita, on est peut-être trop curieux et trop brusque, mais quand on a une nana –Glups ! Je manque de m'étouffer ! – sortie de nulle part qui s'incruste et décortique notre vie épisodiquement, tu pense qu'on va réagir comment ? Et me regarde pas comme ça, je t'ai rien promis donc je t'ai pas trahie ! Par contre, toi, tes vieux mensonges de livre, tu peux te les garder ! Tu sais quoi, Lily a raison, tu—
-Non mais ça va ! M'étranglé-je, les yeux ronds, un peu choquée par l'éclat de mon homme – ou futur, mais c'est du pareil au même dans mon monde à moi.
-Tu sais quoi ? qu'il reprend, plus fort.
-Non je le sais pas, abruti, t'as pas fini ta phrase ! Crie-je plus fort que lui encore – au point peut-être d'alerter tout le château. Mais baste ! J'suis pas connue pour ma discrétion.
-Justement, laisse-moi parler !
-Non, j'ai pas envie ! J'vais pas me laisser traiter comme une vieille chaussette, tu t'es pris pour qui ? J'aime bien les hommes virils mais le machisme, c'est dépassé !
Ma voix est tellement partie dans les aigus que Remus finit par se taire, grincer des dents et afficher un air de reproche.
-Laisse-moi parler, Hanita, il prend plus calmement. Je pense qu'il serait préférable qu'on s'évite quelque temps…
-Quoi ?!
-Ce serait mieux pour tout le monde si tu ne t'approchais plus---
-J'ai entendu ce que tu viens de dire, idiot ! Je rêve ou tu romps avec moi ?! m'écrié-je, complètement sidérée.
-Je ne romps pas : il faudrait déjà être ensemble pour pouvoir rompre. »
Hé, vous avez entendu ça ? C'est le cœur d'une Hanita qui se brise.
-Mais je préfèrerais qu'on prenne nos distances, oui. Qu'on laisse passer un temps pour voir si nous pouvons continuer à être amis…
-Rien à foutre ! Beuglé-je. Garde ton amitié ! T'étais que mon deuxième choix, de toute façon ! »
Si personne ne l'avait remarqué, je vous le précise : je soigne mes sorties. Alors avant que Remus ait le temps de répondre et de me casser par la même occasion, me voilà qui me tourne dignement pour me barrer au galop. Tant pis pour l'élégance.
Bien sûr, la journée ne pouvait dignement pas se terminer sans qu'un de ces hommes faibles séduit par mon charme irrésistible ne tente sa chance. Me voilà donc stoppée dans ma course, agrippée par le poignet – assez violemment, je dois le dire mais je pardonne l'excès. La passion transforme en brute même le plus doux des agneaux !
Et je finis donc poussée dans un renfoncement obscur, me prenant le mur au passage – quel imbécile ! ma peau de pêche marque facilement !
-Non mais ça va pas, je crie, en me massant le poignet. C'est dingue, ces marques rouges, je vais avoir des bleus !
-Tu sais combien de tonnes de fond de teint je vais—Snape ?!
Retournée que je suis – bah oui, ça ne le fait pas vraiment, de crier contre les murs – je peux donc admirer la silhouette noueuse, grincheuse, graisseuse…De Severus Snape !
Plus que surprise – et flippée, aussi – je regarde ledit Severus pointer sa baguette sur la serrure.
-Parce que tu me séquestres, en plus ?! beuglé-je, horrifiée. D'accord, c'est vrai, j'ai pas toujours été très sympa, mais au fond de toi, tu sais très bien que tu m'apprécies, que tu—
-Par merlin, Mormegil, arrête donc de jouer la cruche !
-Non mais je te permets pas, d'abord ! Tu t'es pris pour qui, déjà, pour me tirer si brutalement ! Si t'as des envies de promiscuité physique, c'est pas moi qui vais les satisfaire, ça c'est bien clair ! cris-je, parce que tout le monde sait bien que la meilleure défense, c'est l'attaque.
-T'as vraiment aucun droit de me choper, continue-je. Qu'est-ce qui t'arrive !
Severus serre les dents et me jette des regards chargé un max de colère brute – en clair, il veut m'arracher les cheveux et s'en faire une perruque.
-Il y a une rumeur qui court à ton sujet, Mormegil.
-Les grands esprits attirent toujours la jalousie, que veux-tu ! m'exclamé-je. Mais vraiment, il ne se passait rien, j'ai trébuché sur un tas de livre et j'me suis raccroché à son pantalon et bon, la loin d'l'attraction – euh, jveux dire, la gravité, enfin, c'est tombé mais j'étais pas-du-tout ! en train de lui tailler une—
-Oui, bon, c'est cela oui, répond Severus, les joues rouges et les sourcils froncés. Je lui offre mon plus beau sourire.
-Je disais que certains de mes collègues—
-Collègues ? Ca fait très mafieux, tout ça, l'interromps-je.
Severus hausse un sourcil – le chanceux ! – mais ne relève pas et continue :
-Ils ont donc entendu dire qu'Evans et toi vous étiez données en spectacle dans la librairie.
-Ah non, tu es mal informé, lui réponds-je, et ça fait un bien fou de le voir perdre son air confiant.
-Tu le nies ?! me demande-t-il, l'air presque choqué ce qui est assez étrange pour un Serpentard, maison du vice et de la tromperie.
-Non, je ne le nie pas, ohlala, t'es grave Octave ! lui fais-je, l'air exaspéré. C'est juste que ça n'était pas que moi et Lily. Il y avait aussi Remus ! Et toc !
Je le vois serrer les dents, l'air énervé bien que je ne sache pas bien pourquoi. On a une conversation plutôt plaisante, je trouve !
-Et de quoi vous discutiez ? me demande-t-il enfin.
Plutôt culotté !
-Non mais en quoi ça te regarde ? Est-ce que je te demande moi de me raconter tes discutions perverses avec Lucius Malfoy ?!
-Ca n'a rien à voir, mes discutions avec Lucius ne te regarde pas.
-Sans blague ! Parce que mes discutions avec Remus te regarde, toi ? T'es am—
Horrifiée, je m'étrangle avec ma salive et le regarde longuement. C'est vrai que Remus est séduisant mais je n'aurais pas pensé qu'un ermite comme Severus serait tombé sous son charme !
-Par la barbe de Merlin !
Je m'arrêtais un peu, histoire de savourer le naturel de cette exclamation. Personne pour me traiter de folle, j'en jubile !
-Par la barbe de Merlin ! m'exclamé-je encore, pour le plaisir. Par la barbe de merlin ! (juste une fois de plus.)
-Quoi ?! finit par hurler Severus.
-C'est juste que je n'aurais jamais réalisé.
-Réaliser quoi, Mormegil ? Soit claire !
-J'admire juste ta capacité à cacher ton amour fou pour Remus !
-Mon amour fou… ? QUOI ? s'étouffe Severus.
-Oui, oui, je serais honnête avec toi, même moi, si perspicace que je suis, je ne m'en étais pas aperçue ! Et pourtant, je suis d'une intelligence rare !
-Tais-toi, Mormegil, Severus couvre son visage de ses mains. Tu en deviens ridicule…
Je lui tape amicalement sur l'épaule, pour le rassurer.
-Sevy, je t'assure, je suis quelqu'un de très ouvert. Je comprends ton attirance pour ce cher Remus ! Moi-même je—
-Mais tais-toi ! hurle Severus, si fort que je suis sûre que Rusard est déjà à nos trousses.
Je me tais donc, mais juste pour voir si j'entends des bruits de pas. Non pas parce que avec ses lèvres pincées, son teint livide, ses sourcils froncés, yeux plissés, cheveux décoiffés, me font peur. C'est vrai que c'est affolant un mec qui ne connaît pas Jean-Louis David© mais je suis forte : je supporterai.
-Premièrement, qui t'a donné le droit de m'appeler Sevy ?! On a pas élevé les hippogriffes ensemble, heureusement pour moi ! Alors n'utilise plus jamais ce surnom stupide !
-Mais Sevy—
-J'ai dit JA-MAIS ! Bon sang, pourquoi c'est toujours à moi que revient la communication ? Je me retrouve toujours à discuter avec des espèces de sociopathes !
-Hey oh ! J'ai la vague impression que tu parles de moi, là ! m'exclamé-je, outrée.
-Mais c'est qu'en cinq secondes il t'est poussé des neurones ! C'est bien, maintenant ça t'en fera deux qui se battent en duel ! »
Je m'étrangle d'indignation devant tant de cruauté – et de mauvais goût, aussi. Franchement, « qui se battent en duel ? » Cette blague fait tellement maternelle !
-Non mais tu t'es pas vu ! T'es le larbin des Serpentard et je vois même pas pourquoi, t'es pas doué pour communiqué ! On arrive même pas à te regarder plus de deux secondes, tellement ton gros nez effraye ! Et tu sais ce qu'on dit, en plus ?! Gros nez, p'tite—
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je me retrouve avec la baguette de Severus sous le nez, me coupant donc dans mon élan – lyrique, si je puis dire.
-Par Merlin, Mormegil, je comprends très bien qu'Evans ne te supporte plus !
-Quoi, comment ça elle ne me supporte plus ?! Elle t'a fait des confidences ? Pourquoi elle te ferait des confidences, d'abord ? Tu l'as forcée ?! Qu'est-ce qu'elle a dit au juste ? Est-ce que— »
J'aurais bien aimé ajouter autre chose – ou finir ma phrase, accessoirement – mais ma voix s'éteint soudainement. Le rascual, il m'a Silencio-tée !
-Soyons clair, maintenant. Je veux savoir ce qui s'est dit dans cette bibliothèque, Mormegil et rien de plus. Je ne te permets aucune familiarité, cette discussion ne fait pas de nous deux des amis, compris ? Alors tu t'en tiens au sujet et tu ne dérive absolument PAS ! »
Puisque je ne lui réponds pas, Severus balaye son Silencio d'un mouvement de baguette. Mais je n'ouvrirais pas la bouche, c'est pas la même, mon pécor ! Il me traite comme son Pettigrow, et il croit que je vais lui faire risette ? Lui aussi, il a de gros problèmes de la personnalité !
-Mormegil ! s'exclame-t-il et pour que je lui accorde vraiment toute mon attention, il me prend par l'épaule – il a les mains douces, ce petit con ! – et me secoue bien fort et bien vite. Mazette, ma tête cogne même contre le mur et – pour la première fois de ma vie – je peux sentir mon cerveau ! Il bouge dans tous les sens à l'intérieur de mon crâne, ce qui n'est franchement pas agréablement. Ce malade s'arrête heureusement avant que je ne repeigne ses chaussures couleur gerbe – pas très alléchant. Quoi que vu son style, ça ne le dérangerait peut-être pas…
-Cet entretien est très important ! qu'il me cri.
-Tu veux dire « cet interrogatoire », espèce de nazi ! parviens-je à lui répondre sans roter malheureusement parce que mazette ! j'aurais été ravie de lui faire sentir le saucisson à l'ail que j'ai mangé plus tôt. Et ne tournez pas le nez comme ça, voyons ! On se défend avec ce qu'on a : une mauvaise haleine s'il le faut.
-Appelle ça comme tu veux, toujours est-il que ça reste très important. J'ai entendu Lily dire que tu déblatérais des inepties—
Wow, il arrive à placer « ineptie » dans une conversation normale avec un de ces airs nonchalants. C'est…vachement excitant.
-….et certains élèves ne prennent pas les voyages dans le temps à la légère !
-Tu veux dire, les Serpentard ? lui demandé-je. Mazette, il est venu pour me kidnapper et faire des expériences sur mon pauvre – mais toujours délicieux – corps jeune et ferme. J'ai même pas eu le temps de m'épiler !
-Pas seulement, bon sang ! Putain, pourquoi vous nous cassez tous les roubignoles concernant notre maison ?! Je croyais que les gens étaient à fond sur le vert, la couleur de l'espoir !? Merde enfin, vous nous faites excessivement chier avec vos préjugés ! Et nos sentiments ! Vous y pensez, hein, à nos sentiments ?! On se sent exclus, maltraités ! Mal-aimés, pas respectés, dénigrés—
Mazette, Severus fait un retour effrayant du côté Moldu de son héritage. Et il ne s'arrête pas, en plus.
Il connaît vachement de mots en « é », en tout cas…
-….des êtres humains nous aussi ! Nous avons des sentiments, nous pleurons, nous saignons ! Et notre âme souffre comme la vôtre ! »
Oh, mazette ! Il faut que je l'arrête avant qu'il ne se mette à pleurer. Il le regrettera si jamais il pleure devant moi. Quoi qu'il me révèlerait son côté doux et tendre et sentimental, et je pourrais lui tapoter l'épaule et lui glisser les bras autour du cou et l'embrasser sauvagement avant de le déshabiller violemment pour le—
Cependant, avec la taille de son pif, Severus est sûrement le genre « laid geignard. » Mais si, vous savez : la face qui rougit, les yeux qui gonflent, le nez qui coule, lâche toute sa masse visqueuse sur mon pull neuf en cachemire…
Pas de risque : je ne veux même pas voir une larme !
Et Severus a l'air de pratiquer l'Occlumancie même dans son adolescence parce qu'il change vite son expression constipée à…une expression moins constipée. Malheur, me dîtes pas qu'il va pleurer tout de suite ?!
Je prends donc et je suis sûre que vous le comprendrez, chers lecteurs, une mesure désespérée. Et le gifle. Plutôt violemment – parce que je ne suis pas sûre de pouvoir le refaire d'aussi tôt, alors autant en profiter, non ? D'ailleurs, vu qu'il est en état de choc, je lui en remets une – pour immortaliser l'événement et pour être sûre d'avoir calmé toutes ses envies de geindre, aussi. Ca semble d'ailleurs le mettre en colère, alors j'enchaîne très vite :
-Bon, arrête de pleurer Snape, et venons-en donc aux faits, comme tu dis. Il est tard et mon absence de la Salle Commune des Gryffondor va se faire remarquer. C'est que je suis vachement appréciée, moi, tu sais ? »
Severus ouvre la bouche, l'air – toujours – énervé et s'arrête en pleine action. Il soupire ensuite, longuement, très longuement. Je suis sur le point de lui demander si mes claques lui ont en fait démit la mâchoire quand il déclare enfin :
-Ce que je voulais te dire, Mormegil, c'est que c'est réellement dangereux de raconter des mensonges comme les tiens. Je sais bien que tu as de nombreuses défaillances psychologiques—
-Hey ! m'exclamé-je.
-…la mégalomanie, la mythomanie—
-Mais t'es vraiment pas gêné, toi !
-…et plein d'autres choses encore en « ie » qui sont hors de ton contrôle. Seulement, c'est pas ta santé qui m'intéresse, c'est le fait que ça pourrait également attirer des ennuis à d'autre personne.
-Ah bah je me sens aimée d'un coup, marmonné-je. »
Mais cet imbécile de Severus ne se roule pas au sol, ni ne s'agenouille en pleurant, réclamant mon pardon. Il m'a carrément tourné le dos et reprend son chemin calmement comme si…comme si…comme si je ne lui étais pas importante !
-Hey ! Attends ! cris-je – je sais bien qu'il n'est pas sourd mais son désintérêt me choque. Youhou, je suis quand même Hanita Mormegil !
Mais mazette ! Il ne s'arrête toujours pas. Il me force à lui courir après comme l'une de ces groupies du délicieux Sirius – qui en fait n'est pas si délicieux vu comme il me maltraite ! – alors qu'avouons-le, j'ai bien trop de classe pour passer pour une fanatique.
-Severussseeuuuh ! cris-je encore. Et finalement, je lui attrape la main – toujours aussi douce, ce saligaud ! – et m'accroche encore quand il essaie de me la retirer – en secouant violemment les deux bras, si bien que je me la joue Matrix pour éviter les coups. Bah, je mets cela sur le compte de la surprise, le pauvret ! je lui pardonne donc ces gestes maladroits.
-Si tu le répète à personne, lui dis-je, quand il se tourne enfin vers moi, l'air résigné.
-Si tu le garde pour toi ce que Lily t'a dit, j'ajoute, y'a pas de raison qu'on me veuille quelque chose, hein ? »
Severus me regarde longuement et finit par libérer sa main de mon étreinte pour lisser sa robe noire. Il a presque l'air dégoûté mais vu qu'il est en ma compagnie, je vois pas vraiment ce qui le dégouterait – blonde, 1mètre 73, d'accord, d'accord, 1mètre68, une belle paire de poumons, que demander de plus ?!
Peut-être qu'il s'est enfin rendu compte que ma beauté inégalable l'éclipse aux yeux de Remus. Ou bien je lui redonne envie d'être hétéro.
Je compatis.
-Pour qui me prends-tu, Mormegil ? Je ne suis pas un Gryffondor débile ! Pourquoi je serais venu te dire de faire attention si quelque secondes plus tard à peine, je prévoyais de te balancer ? »
Oh, oui. C'est plutôt logique. Mais je n'aime pas son ton ! Et son expression consternée, comme si j'étais la fille la plus débile qu'il aie jamais vu.
-J'en sais rien, moi ! Avec la crise d'hystérie que tu m'as faite tout à l'heure, on peut bien se poser des questions. T'as de ces sautes d'humeur, c'est hallucinant, mazette ! C'est la ménopause ou quoi ?!
-Je vais te— !
Je le vois serrer sa baguette compulsivement et je me prépare déjà à me jeter contre le mur, roulé-boulé à la Buffy, mais contre toute attente il fait soudainement volte-face.
Vous voyez, qu'est-ce que je disais ? Il est complètement déséquilibré !
-Va voir un psy ! lui cries-je, avant de lui tourner le dos moi aussi et de rentrer me coucher.
Non mais.
A mon réveil, le dortoir des filles est vide. Je me sens paniquer monstre jusqu'à ce que je réalise qu'on est samedi et que mes yeux se posent sur le réveil de Lily qui indique huit heures et demi à peine. Je me dis qu'elles ont finalement toutes pété le dernier de leur câble, ces Gryffondor, toutes levées synchro et à pas d'heure, en plus. A moins qu'il y ait un truc, un machin, une coutume d'instaurée que j'aurais loupé.
Quoi que même si on m'avait mise au courant, je ne me serais pas levé à cette heure de fou. Non mais vraiment, mon sommeil réparateur est bien trop important !
Enfin, maintenant que je suis réveillée et effrayée, aussi, par ces modes de vie barbares, je n'ai qu'à me préparer et descendre à mon tour. Chienne de vie, je vous dis.
Je suis donc préparée, je suis donc descendue et je suis donc arrivée dans la grande salle avec ses bruits et surtout ses odeurs – ah, tiens, ça c'est forcément Pettigrow – mais j'ai une dalle énorme, mazette ! J'entre, je marche – parce qu'une Mormegil ne se précipite jamais même quand elle se précipite, c'est subtil – vers la longue table des Gryffondor et suis alors forcée de constater que mon estomac m'a aveuglée. L'atmosphère est gravement lourde, laissez-moi vous le dire.
-Quoi, y'a un mort ?! leur fais-je ce qui est assez bête : on est à Poudlard et le quota est d'au minimum un mort par jour. Mais ils ne me répondent pas. Je me retourne donc pour qui aurait pu causer ces expressions férocement en colère mais personne n'est derrière moi. Il y a des gens sur le côté, par contre, et j'avoue qu'ils ont l'air louches.
Je n'ai cependant pas le temps de trouver un visage suspect à qui adresser un regard féroce moi aussi – pour suivre la mode, vous comprenez – que je perçois du mouvement à table. Les septièmes années et la majorité des autres Gryffondor se déplacent vers le bout de leur banc. Ils laissent un trou énorme, je me demande bien pourquoi. J'avoue que mon 36 est devenu 38 mais je ne prends pas autant de place, quand même ! Et si c'est une invitation subtile à suivre un régime et bien elle n'est justement pas subtile du tout ! Quelle bande de goujats !
-Mazette, l'ambiance est sympa ! J'ai loupé un truc, y'a un problème ? »
J'ai ma réponse sans vraiment l'avoir : ils ne disent rien mais ça veut tout dire.
-Mais vous êtes chauds comme la braise, c'en est tout retournant ! m'exclamé-je et d'accord, ça n'est pas la vanne de ma vie, mais quand même. Un petit sourire ?
Non, personne ne sourit. Pire même, j'ai à peine pris place – très grande, donc, ma place – sur le banc en bois qu'ils se tassent encore un peu plus. Faut pas déconner, quoi, mazette ! Je n'ai même pas encore eut l'occasion de me taper quelqu'un alors c'est bien clair que j'ai pas de maladies !
J'ouvre donc la bouche, outrée que je suis – et je me rends compte que je le suis souvent ces temps-ci par la faute de ces misérables !
Je repère soudainement Lily en bout de table. Et elle me regarde avec ces yeux de biche, Lily, des yeux plein de remords, mais aussi de reproches. Alors je sais, je suis convaincue tout à coup que la rouquine leur a joué la scène du deux en revenant au dortoir, avec larmes et sanglots en bonus. Jézabel ! Traîtresse ! Rouquine à rousseurs !
-Excusez-moi, me fait-on soudain, tout en me tapotant l'épaule.
Je me retourne alors pour trouver face à moi une jeune fille très grande, sans doute une septième année, vêtue de vert et de gris, très blonde elle aussi mais les cheveux plus longs que les miens. Pas aussi soyeux, bien sûr, mais je reconnais qu'elle me ferait presque – un jour de pénurie d'après shampoing – concurrence. Mazette ! Elle a les yeux bleus : c'est bien d'une fadeur extrême comparé à l'éclat jade des miens. Franchement, une blonde aux yeux bleus, c'est si commun que c'en est passé de mode.
Et puis je suis sûre que c'est une fausse blonde ! Ah ! La honte !
Rassurée que je suis sur son infériorité physique, je réponds à son sourire, parce qu'en effet, elle me sourit et lui offre un simple mais amical « oui ? » parce que je suis pas sûre de vouloir vraiment lui parler mais que je ne peux me permettre – dans ma grande générosité – de l'humilier publiquement.
-Je n'ai pu m'empêcher de remarquer que vos camarades de maison semblaient affreusement froids et – loin de moi l'idée de vous offenser ! – j'ajouterais cependant qu'ils organisent un indiscutable mouvement contre votre personne. Je pense – et je trouve ceci affreusement déloyal, ça m'en brise le cœur ! Je pense que tout ça se résume…à un mouvement de haine.
Mazette ! Pour qui elle se prend, celle-là, avec ses manières et ses sourires et ses « vous » et sa gentillesse ! On est plus au siècle des pécores ! C'est le vingt-et-unième siècle maintenant…Ou, euh, le vingtième, mais c'est la même chose !
Et puis même, elle critique ma maison, en plus ! Que je puisse pas les voir en peinture ne compte plus pour l'instant. Faut surtout pas se discréditer devant l'ennemi, quoi !
-Tu peux pas nier qu'ils font quand même preuve d'un incroyable esprit d'équipe ! Ils se sont tous déplacés ensemble, en même temps, et en parfaite harmonie, en plus.
Elle me regarde, yeux ronds comme des Souaffles. Je l'ai déstabilisé, mazette ! Elle continue de me fixer, confuse et elle cligne, cligne, cligne si vite que si ça se trouve, elle a plutôt une poussière dans l'œil. Ou des crises. Ou des problèmes psychomoteurs.
-Certes, je ne nierais pas toute euh…l'ingéniosité de l'acte, qu'elle commence, en cherchant ses mots. Mais certainement, l'ambiance vous déplait ? Puis-je alors pousser l'audace jusqu'à vous inviter, mademoiselle Mormegil, à vous sustenter en ma compagnie et celle du reste de ma maisonnée, c'est à dire à ma table, ce matin ?
Mazette ! Cette pète-sec connaît mon nom.
Et je crois presque – si j'ai bien tout déchiffré – qu'elle veut que je bouffe avec elle.
-Euh, ouais, t'inquiète ! Tu peux tout te permettre avec moi ! lui dis-je donc, avec une tape affectueuse sur le bras.
Elle hoquète, grimace, bras soudainement tendu en avant, doigts qui se crispent et se décrispent en rythme avec sa respiration saccadée. Ce n'est pas sans me rappeler « la nuit des Zombies » mais baste ! je passerais sur son côté craignos parce qu'elle m'offre quand même une voie de secours.
-Hé, oh, calme-toi, lui fais-je. Y'avait pas de quoi flipper, je sous-entendais rien de bizarre ou de sexuel. Non pas que je sois contre les homo, hein ! Mon copain graisseux est lui même gay. C'est juste que je mange pas de ce pain là.
A part son regard confus et – oserais-je y croire ? – un peu condescendant, elle a l'air d'avoir repris son calme et elle me sourit même largement, mielleusement. Je crois que la pauvrette a pris ma tolérance pour un coming out.
-Certes, certes, qu'elle me répond en riant – et en essayant de me prendre la main mais j'évite le geste avec une subtilité effrayante : je me relève d'un bond et sautille en levant les bras bien haut. Comme si je faisais ma gym matinale – ou comme si j'étais prise d'une crise d'épilepsie sévère mais baste ! C'est assez spectaculaire, sans vouloir me vanter.
Je lui emboîte quand même le pas en la voyant commencer à s'éloigner.
-Vous n'avez vraiment pas à vous en faire pour ces choses, qu'elle continue. Je suis fiancée, il se trouve.
La marche jusqu'à sa table est alors comblée de « ooh » et de « aah » ainsi que de « tu peux me dire « tu » et de « plaît-il ? »
Enfin, on s'arrête et je hurle en apercevant la grosse tête de Severus.
-C'est pas vrai, t'es une Serpentard ? que je m'exclame. Comment t'as pu me tromper ainsi ?!
-L'uniforme vert et argent, ça t'a pas un peu dérangé ? demande sarcastiquement Severus.
Mon regard alterne entre la fille et le reste de sa table – et en effet, ils sont tous habillés en vert et en gris.
-J'm'étais dit qu'elle avait juste mauvais goût question vêtement ! m'exclamé-je, offusquée.
-Ahah, rit la blondasse à mes côtés. Vous êtes exquise !
J'aurais bien envie de lui dire qu'on est pas chez l'île aux enfants et qu'elle pourrait se garder ses compliments mais je suis cernée alors je me tais et hoche la tête avec un petit sourire hypocrite.
-Et puis qu'est-ce que la préfète des cinquième années fait avec une Gryffondor ? demande Severus.
Mazette ! Cette grande perche n'est qu'une cinquième année ?! Y'a eut mutation génétique, c'est pas possible ! Elle vient de Russie ou quoi ?
-Narcissa ! s'exclame un grand blond aux cheveux longs, assis juste en face de nous. Viens donc t'asseoir, je t'ai gardé une place à mes côtés. Et Severus, cesse donc de l'ennuyer.
Malheur ! Parce qu'en plus, c'est Narcissa Black ?! La traîtresse ! Elle m'a piégée, je suis entourée de serpents venimeux ! Que faire, madre dios, que faire ?!
-Il nous en faudra deux, mon tendre, Narcissa – dite la fille perche – me coupe dans mes S.O.S télépathiques. Je vous ramène une invité de marque !
Du coude, elle me pousse en avant tandis que je jette un coup d'œil désespéré par dessus mon épaule vers la table des Gryffondor. A part Sirius, personne me regarde. Je lui lance donc un silencieux « au secours, c'est des dingues, viens me sauver sur ton cheval blanc ! » mais cet enfant des rues détourne la tête. Il sait pas que c'est impossible de faire taire la détresse des gens ? Regarde-moi, mazette ! J'ai l'âme qui souffre, comme dirait Rogue.
-Hanita chérie ? me fait Narcissa, qui s'est déjà assise près du garçon blond – et avec la chance que j'ai, tu vas voir que c'est Malfoy.
-Lucius t'a trouvé une place.
Là, c'est bien clair, quelqu'un est en train de se foutre de moi. Ils vont m'empoisonner, me dépecer, danser sur mes restes !
-Oh, mais c'est incroyablement généreux ! fais-je, avec un grand sourire. Jouer les faux-cul pourrait me sortir de ce nid à malades, sait-on jamais.
Je m'installe donc à côté de Narcissa et, malheur ! en face de Severus. Vu ma sortie d'hier soir, il sera le premier à m'enfoncer.
-Ainsi donc, les Gryffondor se sont retournés contre toi ? me demande soudainement Lucius, penché bien en avant pour me regarder. Si je puis me permettre, pourquoi donc ?
-Euh…commencé-je, avant de m'arrêter. Les yeux plissés, je regarde Severus qui semble encore victime d'une crise. Il n'arrête pas de cligner de l'œil et sa tête remue bizarrement. Ses mouvement sont si frénétiques que ses cheveux frappent même son voisin au visage. Je me retiens de rire en voyant Rogue grogner, contre son gré, quelques excuses.
-Hanita Mormegil, s'il te plaît ? me dit encore Lucius, l'air un peu agacé mais toujours souriant et poli. Il est atrocement flippant, mazette !
-Ah oui, non, je pense que c'est de la faute de Lily Evans, elle – Enfant de catin !
Quelqu'un vient de me donner un coup de pied sous la table, en plein dans le tibia.
-Un taille 43, nom de Dieu ! je hurle, les yeux mouillées de larme.
-Je te demande pardon, Hanita Mormegil ?
A côté de moi, Lucius a perdu son sourire et son œil gauche tique, tique, tique, et mon œil a presque envie de faire la même, juste parce que je le regarde si fort. Mais je ne pense pas que ce soit bien perçu par cette bande de psychopathes !
-Euh, pardon, je m'excuse, en jetant à Malfoy mon regard Bambi le plus attendrissant.
Lucius ne s'attendrit pas. Il me suit du regard, très attentif, regard profond et envoûtant. Ca aurait pu être séduisant si je sentais pas la forte touche « Hannibal Lecter » en dessous de ça.
-C'est juste que je pense qu'elle les a tous montés contre moi.
Rapidement, je relève les jambes pour éviter le moindre coup et la feinte a l'air de marcher puisque juste après ça, Severus renverse son verre d'un coup de coude en étouffant un juron. Le jus de citrouille se renverse sur le même malheureux voisin qui s'était déjà pris la chevelure fruitée en pleine tronche. Il foudroie d'ailleurs Rogue du regard qui se jette sur une serviette et lui tamponne la cuisse.
-Mormegil, quelque chose dans ce que je viens de dire était drôle ? me demande Lucius, sans même jeter un regard à Rogue – qui pourtant est le seul à faire des conneries !
-Non mais c'est bon, tu me gonfles, là ! soupiré-je, parce que c'est bien vrai. Il est injuste et il est flippant et il est lourd.
-Comment ?! Lucius hurle presque et je peux même voir ses narines se dilater convulsivement.
Je les fixe, fascinée – et dégoûtée, aussi.
-Oh, Malfoy, s'il te plaît ! je souffle quand je suis enfin sortie de ma transe, avec plus de confiance que je n'en ressens en fait. T'es pas le centre du monde non plus, hein ?
Avec ça, je lui tapote l'épaule, je souris, bats des cils…et me souviens que Narcissa n'est pas loin. Elle me regarde, la bouche toute pincée comme un cul de poule, les doigts cramponnés au coude de Lucius. Mazette ! Faut qu'elle déstresse, la coquine. Je donne pas dans le psychopathe, moi !
-Et bien, tu es plutôt culottée, Mormegil, me murmure Lucius, la voix grave, les yeux mi-clos, les lèvres tirées en un sourire mystérieux. Mazette ! Le mode séducteur !
-Je sais, oui, le string dentelle, c'est pas mon truc ! J'éclate de rire, frappant la table du poing ; rien de tel qu'une blague bien lourde pour détendre l'atmosphère.
Lucius me regarde fixement, Narcissa cligne des yeux, Severus secoue la tête.
-Bah oui, culot-culotte-string ?
Lucius me regarde encore, l'air étonné. Narcissa détourne la tête avec pudeur et Severus enfonce la tête entre ses bras. Franchement, je trouve ma blague plutôt drôle, moi.
Ou au moins, ça tire un sourire !
-Euh et sinon ? leur fais-je, décidant d'ignorer leur manque de culture, parce que oui, s'ils ne rient pas, c'est juste qu'ils ne savent pas ce qu'est un string.
-Oui, certes…, répond Lucius, après s'éclairci la gorge. Je disais tout à l'heure, avant d'être si rudement interrompu…
Narcissa et lui me jettent des regards appuyés avant que Malfoy ne reprenne :
-J'ai été assez surpris, disons. Les maisons sont toujours liées, leurs membres soudés. Nous même, Serpentard, n'aurions jamais traités l'un des notre de cette manière…
-Tu parles, murmuré-je.
-Plaît-il ?
-Non, rien, continue ! Je souris. Du coin de l'œil, j'aperçois Severus secoue la tête encore une fois, mais plus frénétiquement maintenant, comme s'il avait quelque chose de coincé dans l'oreille. Je jette un regard à son voisin mais il a l'air aussi surpris – et flippé - que moi.
-Narcissa fut donc très choquée par leur comportement, ne le fus-tu pas, Cissy chérie ?
-Je le fus, Lucius, je le fus, dit-elle en hochant gravement la tête.
J'aurais pu le croire si elle n'avait levé les yeux au ciel juste après.
-Nous voulions donc t'inviter à passer la soirée en notre compagnie, pour nouer des liens, nous découvrir mutuellement…
Severus secoue si fort la tête maintenant que son voisin se lève et se déplace carrément à l'autre bout de la table.
-Ah, oui. Enfin, on s'est découvert il y a peu. Tu sais, dans un couloir des cachots. Quand vous agressiez Lily Evans…
-Cette sale sang-de –– ! commence Lucius en criant presque. Puis il se radoucit et sourit encore – son sourire flippant.
-Disons, Hanita Mormegil, que nous avons-nous aussi nos propres différents avec ––
-Bon, qu'est-ce qui se passe encore, Rogue ?! je demande, parce que voir sa tête bouger dans tous les sens commence à franchement me déranger. J'ai pas payé pour me taper des handicapés moteurs en plus de psychopathes !
-Je te demande pardon ? me dit-il, yeux plissés.
-Ouais, bah je te pardonne pas. T'as Parkinson ou quoi ?! Oh ! Pansy Parkinson !
Je me marre et donne un coup de coude à Lucius pour qu'il se joigne à mon hilarité. Mais tout ce qu'il fait, c'est se pincer l'arcade du nez avec un sourire contrit. J'entends Narcissa lui dire de respirer et de compter jusqu'à dix, mais je sais pas trop ce que ça signifie et j'ai l'air moche quand je réfléchis, alors je ne m'attarde pas trop sur la chose. Encore une coutume inconnue, je suppose.
-Très drôle, oui, dit enfin Lucius. On m'avait prévenue que tu étais…ah…très originale.
-Oui, réponds-je, tout sourire. C'est la touche frenchy !
-Certes, il est vrai que tu nous viens de France…Et bien, une raison de plus, n'est-ce pas ? Tu pourras tout nous raconter de ta vie là-bas, ce soir. Disons vers sept heures ? A l'entrée des cachots, nous t'emmènerons ensuite à notre Salle Commune – ça restera entre nous, bien sûr.
J'ai l'air d'une stupide Heidi, ou quoi ? Non, je me balade pas en beuglant « La-la-la i-ou » ou je sais pas quel son font ces tarés de montagnards. Ce que je veux dire, c'est que jamais j'irai rejoindre cette bande de malades un soir dans les cachots. Je tiens à ma vie – et à mon honneur, si vous voyez ce que je veux dire !
Je le rembarre donc sèchement :
-Non, je suis désolée, ça va vraiment pas être possible ce soir.
Ou peut-être pas sèchement, mais c'est juste parce que je suis quelqu'un de polie. Ca n'a rien à voir avec le fait que Malfoy me fait peur avec ses sourires sardoniques – j'aime les allitérations, ça me donne l'air plus intellectuelle, non ?
-Et pourquoi cela ? me fait Lucius, son sourire encore une fois évaporé.
-J'ai euh…Une heure de colle. Et oui, c'est tout moi, ça ! Quand je me mets en colère, je peux plus me contrôler, je détruis tout, je renverse des chaises…Des tables…Je frappe les gens. Je suis effrayante. Vraiment très effrayante, j'insiste, en posant un lourd regard sur Lucius. Télépathiquement, je lui envoie toutes les mauvaises ondes que je peux, ainsi que quelques pensées un peu osées – après tout, séduire aussi c'est une manière d'affaiblir l'ennemi.
-Oui, bien sûr, répond Lucius, l'air pas le moins du monde affecté. Mais c'est parce que ces choses sont délicates, ça prend du temps. Je continue donc à le regarder dans le blanc des yeux.
-Et bien, nous devrons faire connaissance tout de suite, alors. Viens donc avec nous…
Il aurait pu ajouter « …dans le côté obscur » et on aurait pas vu la différence.
-Non, je ne peux pas ! Je dois faire mes devoirs maintenant, à cause de ma colle, tu vois.
-Oh, foutaises, voyons ! s'exclame Narcissa, toujours penchée sur l'épaule de Lucius, à me regarder avec des yeux de faucons. Il reste encore dimanche !
-Cissy chérie a raison ! s'exclame Lucius, presque extatique à s'en mouiller le futal.
-Merci chéri.
-De rien chérie. De plus, nous avons notre sortie à Pré-au-Lard ––
-Ah ! Malheureusement, je ne peux pas y aller, je le coupe. Je n'ai pas d'autorisation, comme c'est dôôôôômmage !
-Mais ça n'est absolument pas un problème. Allons, Hanita Mormegil, Lucius me prend le coude fermement et me tourne vers lui. Je serais vraiment très déçu si tu ne venais pas. Vraiment. Très. Déçu.
Mazette ! Lui aussi me la joue mafieux ? Avec Narcissa perché à fond sur son épaule, Severus à côté qui re-parkinson et que des vert-et-argent à perte de vue, je me sens asphyxiée.
-Euh, je…, que je commence très intelligemment.
-Parfait ! Lucius me coupe. Et d'un seul mouvement, il se lève et m'entraîne avec lui. Narcissa et Severus, très synchro, nous suivent et tous les quatre, nous nous mettons en marche. Arrivé tout près des Gryffondor, j'essaye d'opérer un contact visuel avec Sirius pour qu'il retrouve son foutu cheval – ou sa moto volante, je suis vraiment pas en position de choisir – mais mazette ! qu'il me sauve de ces serpents !
En réalité, tout ce qu'il m'offre est un rictus méprisant très vexant qui me force à relever le menton et paraître très hautaine – recopier l'expression de Narcissa, en fait.
Mais je fais même pire : je m'accroche soudainement au bras de Severus qui tentait de me doubler et lui offre un sourire radieux auquel il répond par un haussement exceptionnel des sourcils – ten points aux J.O – et un teint blafard qui vire au vert. Pas le reflet d'un amour fou, je vous l'accorde, mais Severus est débutant en la matière, et homo en plus de ça. Je lui pardonne donc son air de dégoût et ses tentatives désespérées – même violentes : des pichenettes, a-t-on jamais fait plus gay ? – pour me faire lâcher prise et regarder ailleurs.
Enfin, il pourrait encore être victime d'une de ses crises bizarres pour ce que j'en sais. Ce type est vraiment trop étrange.
Ca fait bien passer le temps, en tout cas, et nous voilà déjà face au jeune Rusard qui nous regarde méchamment. Surtout moi : à l'évidence, le saligaud n'a pas oublié le coup du seau d'eau !
-Très cher monsieur Rusard, commence Lucius, avec un sourire affable. Comment allez-vous en cette belle journée ?
Rusard n'a pas l'air d'avoir beaucoup confiance et regarde Malfoy du coin de l'œil, suspicieusement.
-Ah ! oui, je suppose que vous voulez voir nos autorisation ? Suis-je bête, où les ai-je donc mises ?
Lucius se tape le sommet du crâne avec un petit rire pseudo gêné. Deux secondes plus tard même pas, quatre autorisations sont sorties et Rusard a l'air désorienté.
-Ici, dit Lucius, en pointant quelque chose sur l'un des parchemins. Lucius Malfoy ; celle-ci : Severus… Narcissa et enfin Mormegil.
Rusard sursaute.
-Mormegil ?
-Hanita Mormegil, oui, répond Lucius et il dévoile ses chicots Colgate Blancheur dans un sourire plus radieux que le mien, le finaud ! Il pointe ensuite sa baguette sur moi et mazette ! j'en sursaute aussi.
-C'est elle, Mormegil.
-Ah, oui, fait Rusard, comme s'il venait tout juste de s'en souvenir – j'admettrai que je suis vexée. Tout de même, j'aurais dû lui laisser un souvenir plus marquant, je pensais même qu'on avait une connexion particulière depuis qu'il m'avait chassée partout dans le château. Ah, doux souvenirs, doux souvenirs !
Rusard ajoute, sur un ton beaucoup plus bourru :
-J'ai pas toute la journée, hein ! Circulez, circulez !
Lucius hoche la tête, ajoute quelque autres badineries et récupère les fiches avant de quitter le château.
-Comment ça se fait ? je demande soudainement, très étonnée.
Severus sourit – ou esquisse un rictus amusé, au choix, et Lucius éclate de rire.
-Disons juste, me répond Narcissa, en me prenant le bras – et en délivrant ainsi Severus qui se dépêche de mettre un peu de distance entre nous, l'ingrat !
-Disons juste que nous avons certaine connexion et que Lucius est très doué pour le sort de Confusion.
Lucius éclate de rire, hoquète un truc à propos de « sacré Cracmol » et se frappe même le genou, courbé en deux tellement il est hilare. Narcissa rigole elle aussi et s'éloigne pour aller glisser son bras autour de la taille du blondinet. Je suis pas très sûre si elle le fait par affection ou pour être sûr qu'il ne se pète pas la gueule.
-Ah, oui, fais-je. Et j'essaye même de rigoler aussi, pour ne pas casser leur ambiance parce que personnellement, j'en suis au stade où j'envisage de courir à m'en éclater la rate dès qu'ils grimperont dans leur calèche.
Je pense d'ailleurs que j'ai pensé trop fort parce que Severus le pilleur de mémoire s'approche volontairement – volontairement ! – de moi. Mon charme l'aurait-il eut à l'usure ?
Ou alors il va encore pleurnicher sur son âme qui souffre.
-Alors Mormegil, qu'il me chuchote doucement.
Ou peut-être encore qu'il a décidé de me séduire. Mon attraction animale est bien trop puissante, je comprendrais très bien qu'il n'y résiste pas mais tout de même ! Tout ça va bien trop vite pour moi, je ne sais plus, je suis perdue !
-Mormegil, arrête de tirer cette tête là, je t'en prie, me dit Severus, l'air dégoûté. T'as l'air idiote quand tu souris. Sincèrement, prends l'air déprimé, tu rendrais service à l'humanité.
-Comment oses-tu ! lui cri-je, avant de me calmer. Severus est aux prises avec des désirs contraires : Remus ou moi ? La sensualité animale ou la beauté éternelle ? Je le comprends et lui pardonne – encore, je suis bien trop magnanime ! – son accès de colère.
-Va, je ne te hais point, lui dis-je donc, solennelle.
-C'est ça, me répond-t-il, l'air plus sceptique que convaincu. Alors, à part ça, tu ne regrettes pas ?
-Regrette quoi ? que je lui réponds en m'appuyant sur lui pour prendre place dans la dernière calèche en vue. A l'intérieur : personne. Ces petits effrontés de Malfoy m'ont abandonnée aux griffes de Sevey et son puissant désir pour mon corps. Mazette !
Est-ce que j'ai assez déboutonné ma chemise ?
-Regrette de ne pas m'avoir écouté hier soir ! dit Severus en refermant la porte après lui. Il s'installe ensuite dans la banquette qui me fait face et je peux donc lui faire LA moue : ça me crée des lèvres vachement pulpeuses, les garçons en sont fous !
-T'as une crampe, Mormegil ? me demande Sevy, l'air confus.
J'oubliais que lui, ce sont plutôt les fesses qui l'attirent. C'est dommage, Lily a un pantalon vachement moulant dans son armoire, j'aurais dû le lui emprunter. Quoi que je veux pas jouer dans le vulgaire non plus. Non, comptons plutôt sur mon esprit vif et saisissant ! Ca, ca va l'impressionner drôlement.
-Qu'est-ce que tu m'as dit, déjà, hier soir ?
Severus soupire.
-Je t'ai dit de te faire discrète mais j'oubliais, c'est comme te demander de modifier tes gènes.
-Hein ? lui fais-je, confuse.
-…Ou d'utiliser ton cerveau, marmonne-t-il.
Ne pas oublier : conflit d'orientation sexuelle. Ne plus se faire péter la rondelle, ou continuer ?
-En tout cas, t'aurais du partir directement après avoir vu que toute la maison était contre toi. Au lieu de ça, tu accepte de te joindre aux Serpentard…
-Mais je savais pas que cette fille était une Serpentard !m'écris-je, indignée. Si j'avais su, bien sûr que je l'aurais pas suivie, je suis pas idiote non plus !
-On dirait bien que si ! aboi Sevy. Le vert et argent, c'était déjà un gros indice !
-J'ai jute cru qu'elle avait juste un goût vestimentaire atroce ! me défends-je.
-Et voir que le reste de notre table était habillée comme elle, ça t'a pas non plus mise sur la voie ?!
-Oui, mais à ce moment là, il était trop tard ! Je pouvais décemment plus partir !
-Ah bon ? Pourquoi ça ? T'es une Gryffondor, non ? Vous n'êtes pas censés être courageux et forts et faire face à tous les dangers ?!
-Hey, me confonds pas avec tous ces bouseux idiots, hein ! m'indigné-je. Une petite fougère comme moi, face à toute une bande de détraqués sanguinaires ? Ouais, vraiment, je me demande qui gagnerait.
Mon ton est des plus sarcastiques – sans blague ! Et je soupire même profondément à la fin, pour prouver à quel point sa question est stupide et à quel point Sevy lui-même est un cas désespéré.
Du moins, dans sa période ménopausée.
-Ca n'empêche pas que tu n'avais pas besoin de citer Lily…Evans ! dans la conversation.
-C'est pas comme si une dispute de fille allait les exciter non plus, déstresse, Sevy.
-Ne m'appelle pas comme ça, me dit-il rapidement.
Il le fait par habitude, pas par réelle envie, je le sais bien.
-Et puis vraiment Mormegil, tu ne connais pas les Serpentards. Ils sont bien capables d'aller l'interroger. Et alors, qu'est-ce qu'elle fera, Lily ? Hein ? Face à des détraqués sanguinaires, comme tu dis !
-Oh, c'est bon ! me défends-je. Et puis qu'est-ce que ça te fait, à toi ? T'es amoureux ou quoi ?
Je rigole fort, prête à l'entendre gueuler et gueuler encore. Mais rien ne vient.
Severus me regarde, hébété, et rougit. Mazette, ne me dites pas que…
-Enfant des rues ! lui cris-je. Je pensais qu'il y avait quelque chose entre nous. Au lieu de ça, tu me préfères une rouquine pas jouasse ?!
-Y'a jamais rien eu entre nous, Mormegil, me répond Severus en détournant la tête.
-Oh, ça, bien sûr, tu renies notre connexion, mais tu démens pas que tu veux te faire Lily Evans ! je m'écrie, prête à lui sauter dessus pour le tataner à mort.
-Je ne veux pas me la faire, voyons, Mormegil ! Qu'est-ce que tu es vulgaire, quand même…
-Et ouais, désolé, je suis pas Lily Evans !
-Puéril ! Severus renifle dédaigneusement. Et bien oui, nous étions amis jusqu'il y a peu, Lily et moi et je ne renierai pas cette amitié.
-Amis ? Je croyais qu'elle avait juste pitié de toi, moi ! fais-je, très étonnée.
-Pitié de ?! Severus s'étrangle avec ses mots, l'air en colère.
-Bah oui. Je veux dire, les Maraudeurs sont toujours après toi…
-Et bien non, je te dis, nous étions amis jusqu'à récemment.
-Et pourquoi vous ne l'êtes plus ? lui demandé-je, toute excitée par l'opportunité d'apprendre un secret de plus, jusqu'alors inconnu. Sacrée Jikéhair, elle nous en aura caché des choses !
-Une stupide divergence d'opinions ! dit-il en haussant les épaules, l'air désinvolte. Lily n'acceptait pas que j'envisage de m'enrôler dans les Mangemorts.
-Ah oui, stupide, bien sûr, je réponds, sans cacher mon roulement d'yeux.
Mais Severus n'a pas l'air de relever.
-N'est-ce pas ? Je lui ai pourtant dit : « Lily, c'est comme être Auror, sauf que nos uniformes font plus classe, qu'on est mieux payés et qu'on a des réductions dans tous les restos. » Mais elle restait bloquée sur l'assassinat de Moldus.
-Hm, oui, en effet, lui réponds-je en me rapprochant discrètement de la porte.
Ce type est sérieusement atteint, peut-être même plus que Lucius Malfoy !
-Oh, on est arrivés ! fait Severus et il ouvre la porte avant moi et descend en premier, en plus.
Plus aucune chance de partir en courant. Je descends donc et ralentis peu à peu pour le laisser passer devant, bien devant, dans l'espoir de fuir ensuite. Mais ce plan-ci aussi est saboté par une pédale blonde.
-Youhou ! nous crie Lucius depuis le palier de Fleurish et Bott. Vous en avez mis du temps !
Il a l'air vachement content. Sûrement que lui et Narcissa avaient eux aussi une voiture à eux tout seuls et qu'ils en ont fait bon usage. Mazette !
Severus soupire puis me prends par le coude.
-Et surtout, tu ne dis rien. Vraiment, fais-toi discrète
-Je suis toujours discrète, ronchonné-je.
-Rien ! répète Sevy.
Lucius nous sourit encore plus quand on arrive près de lui et c'est d'ailleurs très suspicieux. J'en conclue donc qu'il doit être très satisfait : Narcissa est sûrement contorsionniste ou quelque chose du genre pour le laisser si heureux.
-Ah, vous voilà ! fait-il, comme s'il ne nous avait pas crié dessus deux secondes avant.
-Je suppose que tu n'as rien à voir, me demande Narcissa, puisque tu comptais rester au château de toute façon.
-Bah, maintenant que je là…., commencé-je, en jetant un coup d'œil au magasin de friandise.
-Parfait ! me coupe Lucius. Nous avons rendez-vous avec de vieux amis, de toute façon.
Severus tique.
-Quels vieux amis ? demande-t-il.
Lucius plisse les yeux.
-Voyons, Severus, grince-t-il, ne sois pas si suspicieux, on pourrait croire que tu ne me fais pas confiance ! Ce sont de vieux amis, honnêtes et généreux. Ne t'en fais donc pour rien, Hanita !
-Euh ? fais-je, un peu perdue.
-Oui, ils payeront pour quoi que ce soit.
Il me prend pour une clocharde, ou quoi ?! Ca m'arrange, mais quand même. J'ai ma dignité !
-Oui, enfin, je ne vais pas abuser non plus, lui dis-je, l'air digne.
-Oh mais voyons, ne t'en fais pas ! Lucius rit. Ils ont des tickets resto, de toute façon.
Oh, mazette ! Des mangemorts !
-Oh, des tickets, comme c'est intéressant…,fais-je, faussement excitée.
-N'est-ce pas ? Nous sommes bien trop dignes pour gaspiller notre argent dans des choses aussi futiles que se sustenter ! s'indigne Narcissa.
-Euh…Manger, c'est vital, lui rappelé-je.
-C'est bien ce que je dis ! fait-elle, avec un air de dédain complet.
Elle a snifé de l'orangina, ou quoi ? Et c'est moi qu'on traite de débile après. Je vous jure !
-Damned ! s'exclame soudain Lucius. Ca n'est pas tout mais il est bientôt onze heures. Nous allons être en retard, pressons pressons !
Il manquerait plus qu'un petit « mes lapins » pour compléter le remix de la cage aux folles, j'hallucine.
J'hoche quand même la tête et fait mine de les suivre en cherchant désespérément une issue. Si je leur crie « cache cache ! » d'un coup, est-ce qu'ils me prendraient pour une folle, d'un coup ?
-D'ailleurs, où est-ce qu'on va ? m'exclamé-je soudain.
-Une taverne appelée les « Trois Balais », me fait Lucius.
-Mais la plupart des gens de l'école y vont, s'étonne Severus, l'air étonné.
Je comprendrais qu'il ait honte d'être vu avec Lucius et Narcissa mais vu qu'il traîne toujours avec eux, je vois en fait pas où est le problème.
-Oh, Severus, toujours si prévoyant, rigole Lucius en lui tapotant l'épaule. Mais je t'ai dépassé, cette fois-ci, petit filou ! Narcissa et moi-même avons réservé une salle privée et Régine nous a assuré que personne ne pourrait nous entendre, n'est-il pas, amour?
-Je ne sais plus, amour, répond Narcissa, en faisant la moue. Je n'écoutais plus, c'était ennuyeux.
Lucius rit encore comme si c'était la meilleure vanne qu'il ait entendu cette année, alors que mazette ! disons le franchement, elle ne vaut pas mon « culottée-culotte ! »
-Il est vrai que la propriétaire, Régine, est née de parents moldus alors certes, elle… – Lucius serre les dents – n'est pas très intéressante. Mais l'endroit nous cachera des les yeux et oreilles indiscrètes.
Et alors, ils pourront me faire tout ce dont rêvent leurs esprits de grands dérangés ! Oh, malheur!
-Oooh, génial, fais-je. Et puis avec le brio d'une grande actrice, je m'exclame ensuite :
-Mazette ! Mon lacet est défait ! Il-euh faut que je le refasseuh. Mais vraiment, continuez sans moi et gardez-moi une place bien au chaud.
Je vois Severus me regarder suspicieusement, Lucius, lui, est plutôt confus et Narcissa ne s'est même pas arrêté pour ma gueule. Sympa le féminisme !
-Allez-y, vraiment, j'ajoute encore avec un grand sourire innocent. On se les gèle dehors en plus !
Severus me regarde très fixement. Mazette, il va tout faire capoter, je le savais. Adieu la vie !
-Viens Lucius, qu'il dit finalement. C'est vrai qu'il fait froid.
-Oh, d'accord, dit Lucius en haussant les épaules. Dépêche-toi donc, Hanita Mormegil. Bye-bye !
Il agite les doigts en guise d'au revoir et je le vois gambader vers la taverne, Severus à sa suite.
Ni une, ni deux, je me casse en courant et bousculant tout le monde. Je crois d'ailleurs reconnaître le cri indigné de Narcissa et sachant qu'elle va immanquablement attirer Lucius et Sevy à elle, je panique.
-Aaaaah ! hurlé-je. Et j'accélère encore, toujours en hurlant, agitant les bras dans tous les sens comme une hystéro, ce que je suis plus ou moins à ce moment-là.
Le problème, c'est que je suis partie sur une impulsion, une envie de ne pas mourir « Avada Kedavré » ou « Dolorisé » par un taré style Klu-Klux-Klan. Seulement maintenant je me retrouve à courir comme une dératée, sans but, sans cachette.
-Mormegil ! j'entends crier derrière moi.
J'ai cependant pas reconnu la voix mais je vais pas prendre le temps de m'arrêter et dire bonjour non plus. Une fugitive comme moi n'a plus de temps à perdre, mazette !
Je suis prête à me jetter dans le premier magasin venu quand enfin, je l'aperçois. La Cabane Hurlante. A ce moment de la journée, personne n'y sera et surtout, personne n'osera m'y suivre. Ils diront juste que la petite nouvelle n'a vraiment pas de chance, qu'elle ne sait pas dans quoi elle s'est embarquée, la pauvrette.
Hinhinhin, je suis machiavélique.
Sans l'attendre, je grimpe donc par-dessus la barrière décrépie qui garde la maison – avec un peu de difficulté, d'accord, mais c'est parce que le froid m'engourdit ! Je perds donc de ma souplesse naturelle -et stupéfiante!
Mazette ! Ecarter les cuisses de cette façon me carre la culotte dans le citron, c'est on ne peut plus désagréable. Allez, allez ! Adieu, monde cruel!
Je me laisse tomber en arrière, dans l'herbe et bien entendu, chanceuse comme je suis, je me prends un cailloux dans la tronche.
-Ah, malheur ! beuglé-je, avant de me relever, une main sur l'œil.
Mazette ! Je souffre, j'ai mal ! Je suis sûre que mon sang coule à flot. Quelle horreur !
En titubant, je tente d'ouvrir la porte mais elle refuse d'obéir, la garce. Vais-je rester, aveugle, à la porte de cette maison pourrie jusqu'à ce que ces tarés de mangemorts me retrouvent ? Mazette, non !
Pas de panique ! me dis-je donc. Johnny Depp était diablement sexy dans le rôle de Jack Sparrow alors si jamais, vraiment, je me retrouve borgne, je n'aurais qu'à faire de mon cache-œil en dentelle noire un atout de séduction !
Rassurée que je suis, je relâche donc ma paupière et – mazette ! miracle ! J'y vais encore bien que je sente définitivement quelque chose me couler sur la peau.
A deux mains maintenant, je tire et pousse les planches qui barricadent les fenêtres de la Maison quand j'entends des voix derrière moi. Mazette !
Je me jette donc à l'intérieur m'éraflant les mains sur le bois craquelé en même temps.
-Au moins, je me dis en me relevant, je suis en sécurité ici.
Mais au cas où, je préfère quand même m'éloigner de la sortie.
C'est ainsi qu'après être rentrée dans une table, six chaises, un sofa et deux armoires, je me retrouve au deuxième étage de cette maison qui sent définitivement très mauvais, assise sur un matelas poussiéreux et éventré par – je suppose – la version animale de mon ex : Remus Lupin.
Je suis convaincue que trois bonnes heures se sont écoulées mais cette stupide montre luminescente à mon poignet indique seulement dix minutes. Juste pour être sûre, je vais attendre un peu plus. Et puis comme rien ne presse, je pourrais aussi m'allonger un peu, et fermer les yeux, histoire de reposer mon œil blessé…
C'est une main sur mon épaule, me tirant et me secouant, qui finit par me réveiller. Etant donné que toutes les fenêtres sont condamnées, la maison entière est plongée dans le noir et je ne peux donc pas dire quelle heures il est directement. Je ne vois même plus les boutons de cette stupide montre.
Tant pis. Je me prépare donc à me rendormir quand on me secoue encore, plus férocement.
-Mais quoi ? me plains-je tout en me redressant.
Malheur ! Devant moi se tient Sevy, l'air pas commode.
-Dépêche-toi de te lever, m'ordonne-t-il.
Il a mangé du lion, grrr ! C'est assez plaisant, je l'avoue, un homme confiant comme ça. C'est ça, le magnétisme animal !
Bien sûr, c'est moins séduisant quand il me prend par le bras et qu'il me relève d'un seul coup.
-Hey, calmos, Sev ! m'exclamé-je, en lui arrachant mon bras des mains. Tu veux me l'arracher pour t'en faire un collier ou quoi ? Non mais ––
Je n'ai pas le temps d'en dire plus qu'il me plaque la main sur la bouche – son poing dans ma gueule aurait eut le même effet.
-Mormegil, par Merlin, tais-toi. Ils sont – Ah !
Severus hurle et retire sa main aussi vite que possible de ma portée. Non mais, qu'est-ce qu'il croyait ? J'ai été plaquée, enlevée, baladée, égratignée, cognée ! J'allais pas me laisser faire encore longtemps, mazette ! Et puis, qu'il ne se plaigne pas, je n'ai pas mordu si fort que ça !
-Pauvre imbécile, qu'il gronde. Ils ––
-J'en ai rien à foutre de « ils ! » beuglé-je, aux bords des larmes. Je suis fatiguée ! Je veux rentrer chez mo-o-o-a !
-OH ? Par Merlin ! Severus lève les yeux au ciel. Ne fais pas ton bébé, Mormegil, nous avons peu de temps pour partir. Alors vite, suis-moi !
Je ravale mes sanglots, offensée.
-Non mais t'as snifé de la Smirnoff, ou quoi ? dis-je. Puis en ignorant son expression confuse :
-J'irais nul part avec toi, sale petit cochon !
Et avec toute ma puissante Hulk-ienne, je le pousse de mon chemin et court hors de la pièce, le long du couloir. Mais, quelques petites foulées seulement dans le couloir et j'entends le parquet craqué, au rez-de-chaussée. Penchée par dessus la balustrade, je peux alors voir les lattes se soulever doucement.
Malheur ! J'avais oublié qu'il y avait un passage donnant sur Poudlard !
Je me remets donc à courir dans le couloir pour me cacher dans n'importe quelle pièce mais j'ai quand même le temps d'apercevoir la tête de Remus sortir de la trappe et je suis bien sûre qu'il ne loupera pas une beauté comme moi, courant juste au dessus de lui. Mazette ! Je suis fichue.
J'ouvre la première porte qui se présente et la claque derrière moi. Dans les deux secondes qu'il m'a fallu pour me cacher, j'ai pu remarquer que la pièce qui me servait de refuge était un placard rempli de vieilles capes. J'ose pas imaginer le nombre d'araignées qui doivent traîner dans le coin et je me tiens donc éloignée de tout.
-Je récupère mes affaires et on peut s'éloigner, je vous dis ! j'entends quelqu'un ronchonner.
Et puis après, des lattes qui craquent, des chuchotis. Tout ça combiner avec la petitesse de ma geôle fait que je suis à deux doigts de défoncer cette porte – tourner la poignée prendrait beaucoup trop de temps et serait nettement moins dramatique ! – pour partir en courant et hurlant – très fort – que Chucky est après moi.
Et si on me demande où il est, j'aurais qu'à montrer Severus – il colle parfaitement avec le personnage, non ?
Mais pas le temps d'exécuter mon plan génial : tout à coup, la porte de ma prison s'ouvre et se referme. A la différence que maintenant, Remus est avec moi.
-Je croyais qu'on devait plus se voir ?! j'attaque tout de suite avec un air de reproche.
Silence.
Minute de silence, même.
Remus me regarde, yeux ronds comme des Souaffles, l'air confus, je crois. Ou peut-être qu'il est accablé de remord pour avoir chassé de sa vie son âme-sœur !
Je lui renvoie donc une œillade fière, mains sur les hanches, toujours très indignée que je suis.
-Tu sais que tu es dans un placard ? me demande-t-il soudain.
-Bah oui, que je réponds, sans vraiment saisir le rapport.
-Le placard d'une maison qui n'est pas la tienne ? retente Remus, l'air abasourdi.
-Tu changes de sujet ! m'indigné-je, en pointant sur lui un doigt accusateur – oui parce que mon doigt est doué comme ça.
-Tu ne devrais pas essayer de te défendre ? tente Remus, l'air complètement dépassé. Je ne sais pas, expliquer pourquoi tu te retrouve dans le placard d'une maison…Qui. N'est. Pas. La. Tienne !
Il insiste drôlement sur la chose, ce coincé ! Et moi qui disais que Severus avait un balai dans le cul… Remus c'est un immeuble !
-Non, lui réponds-je, roulant des yeux. C'est l'effet Rexona© !
-Qui c'est ce Rexona ? qu'il crie soudain, me faisant sursauter. Et poser sur lui un regard incrédule – qui est Rexona ? Le sauveur de toute l'espèce féminine ! Le dissipateur d'odeurs néfastes à tout rendez-vous amoureux ! La très peu efficace – mais toujours très appréciée et toujours recherchée barrière anti-auréole à l'effet on ne peut moins sex sur un t-shirt moulant noir.
« Qui est Rexona ? » Non mais vraiment !
-Et puis non, je m'en fiche de ton copain bizarre ! reprend Remus, chuchotant de nouveau, mais une très vilaine veine se dessine sur son front ce qui prouve qu'il a toujours envie de crier.
Ah, Remus ! Incapable de se contrôler près de moi ! Si ça c'est pas de l'amour !
-T'es vraiment cinglée ! Qu'est-ce qui te prend de t'introduire comme ça dans le repère des Maraudeurs ?
-Oh, c'est votre repère ? Je feins la surprise et jette un coup d'œil autour de moi – comme si le placard avait pu changer en l'espace de deux secondes. Les capes sont toujours aussi suspicieuses, les murs aussi décrépis.
-C'est sympa, je grimace en voyant une araignée faire son chemin sur l'étagère. La déco est très…kitsch.
Remus me lance soudain un sourire sardonique – bien moins sexy quand il n'est pas esquissé par Malfoy fils mais Mumus est novice, il s'améliorera !
-Tu ne savais pas? C'est pas vrai ! Ton livre ne te l'a pas appris ? me demande-t-il. En fait, je ne pense même pas que ce soit une vraie question.
Je crois qu'il…Se moque de moi.
-Ben en fait si, je jouais la surprise pour te faire plaisir…, je marmonne puis reprends plus fort, mains sur les hanches encore. Et puis ramène pas ça sur la carpette ! Ca va m'attirer des ennuis !
-Pourquoi ? fait-il. Si tu ajoutes quelque chose…tu vas changer l'avenir irrémédiablement ?!
-Non mais t'arrêtes de te foutre de ma gueule ! m'écris-je. Je suis pas une hystéro et même si tu le crois et ben tant pis je m'en fous ! Je suis allée de l'avant, je suis passée à autre chose moi ! Alors fais pareil et puis sors. Laisse-moi en paix. Va-t-en.
Je lui tourne le dos.
-Tu es dans un placard, Hanita, me rappelle doucement Remus.
-Va-t'en !
Remus soupire longuement et, malheur ! je n'en ressens aucun remord. Serais-je guérie de mon attraction Lupienne ?
-Ecoute, tu ne vas pas rester dans un placard qui ne t'appartient pas – il ne lâchera donc jamais ce petit détail ?! – dans une maison qui t'est inconnue… Et si tu sors et que les autres te voient, ça ne sera pas joli. Il vaut vraiment mieux que je sorte le premier, vérifier si la voie est libre et tu partiras ensuite.
Je me tourne vers lui, tentativement, quand il me prend le bras – sûrement pour supplier mon pardon.
-Mais plus jamais tu ne reviens, Hanita. C'est comrpis ?
Le saligaud !
Je hoche la tête de mauvaise grâce, lèvres pincées pour retenir mon cri d'indignation – où sont les larmes ?! où sont les excuses ?! – et le regarde sortir. Bloquant la porte avant qu'elle ne puisse se refermer complètement, il me la laisse donc entrouverte, de sorte que je puisse voir ce qu'il se passe.
Mais en fait, il ne se passe rien.
-Dépêche-toi de sortir Hanita, me chuchote-t-il en m'ouvrant la porte de nouveau. Ils sont tous à l'étage. Comme d'habitude ils ne m'écoutent pas…, marmonne-t-il.
-Alors tu descends rapidement, tu prends le passage et tu cours toujours droit devant toi, d'accord ?
-Oui, je sais, lui fais-je, le saule cogneur sera bloqué, je me dépêcherais et tout ça. J'ai compris !
A son signal, me voilà qui file le long du couloir avec toute la grâce d'un félin, la souplesse d'une panthère, la discrétion d'une euh…mouche !
Je l'entends s'adresser à James derrière moi, pour camoufler mes bruits de pas – c'est pas ma faute, le parquet est vieux, il crisserait avec n'importe qui ! – et quand je dévale finalement la rampe – ils devront me remercier, je viens de faire la poussière pour eux ! – pour atteindre le rez-de-chaussée, je peux le voir rentrer dans l'une des chambres sans un dernier regard pour moi.
Le goujat ! me dis-je, tout en prenant le tunnel qui me ramènera au parc de Poudlard. Même s'il vient de me sauver la vie – ou les oreilles, si j'imagine bien la réaction de James apprenant que j'ai découvert son « endroit secret. »
Franchement, heureusement que je ne suis plus accro à lui parce que sinon, sa générosité, elle aurait vraiment pu me faire craquer à nouveau. Qu'est-ce qu'il est Sexy quand même, mon Remus chéri.
C'est seulement une fois arrivée à la Salle Commune de Gryffondor, où quelques Sixième Années passeront le reste de l'après-midi à me faire rire, que je me rappelle que je n'étais pas seule dans la Cabane Hurlante.
J'ai pris le temps de me doucher, c'est vrai, mais sérieusement, je mufflais fort après toutes ces aventures. Après, naturellement, je me suis dit, eh ! malheur ! Et si Severus était encore dans la Maison quand les Maraudeurs sont venus ? Et s'ils l'ont trouvé ?
Et là, puisque je suis une fille bonne et généreuse, je me suis bien entendu mise à culpabiliser. Parce que s'ils l'ont vu, ce petit maigrichon n'est plus que de la pâté pour oiseau en ce moment. Tandis que si je n'étais pas parti, j'aurais pu lui sauver la vie, moi, à ce petit.
Je descends donc dîner dans la Grande Salle mais pas seulement pour nourrir mon pauvre petit estomac de Causette qui n'a rien eut à midi. Non, j'espère aussi voir Severus au dîner et être ainsi sûr que rien ne lui est arrivé. Ensuite seulement pourrais-je profiter de mon délicieux muffin fourré aux pépites de chocolat doux et moelleux et chaud et zesté à la cannelle.
Une fois assise à ma place à la table des Gryffondors – toujours très grande, hein, ma place – assise juste en face des Serpentards en plus, donc pas possible d'avoir meilleure vue ! J'ai beau scruter et scruter encore et scruter toujours, je ne trouve pas de grand pâlot graisseux des cheveux l'air constamment constipé. Alors je commence à me sentir mal à l'aise. Pire encore ! Quand je me tourne sur le côté : les Maraudeurs sont là, en train de s'empiffrer et de rire – parfois même les deux en même temps, quel dégueulasse, ce rat ! Mais ce qui m'interpelle, c'est la rougeur sur la joue de Sirius et la lèvre fendue de James. C'est signe évident de combat, ça !
Ni une, ni deux, je remonte en vitesse chez les Gryffi et profite que le dortoir soit vide pour fouiller dans la malle de Lily la junkie. Bah oui parce que notre petite Miss parfaite, elle a une réserve de potions sous ses culottes blanches et pures. Des cadeaux de Sevy, si ça se trouve.
Pas les culottes hein. Enfin si. Le coton c'est peut-être la preuve d'un engagement solide chez les intellos.
Je gobe donc une potion d'invisibilité pour la route et redescends tranquillement vers les cachots. Même pas à attendre. Deux petites brunes – première année ? deuxième année ? – murmurent le mot de passe et je les suis, rentrant tout doucement après elles.
Qu'est-ce que c'est moche, me dis-je. Cent pour cent vert, cette salle commune, lumière et tout ça. Et je suis sûre qu'ils sont toujours en train de refaire la déco, parce que les tableaux champêtres se disputent l'espace avec des espèces de crâne sordides.
Oh ! Mazette! Cet endroit est vraiment craignos pour ma peau. Vaut mieux pas que je m'attarde. Je jette donc un coup d'œil autour de moi et à part les deux gamines, personne ne traîne dans la Salle Commune. Tous en train de manger, ces morfales.
Me dites tout de même pas que Severus serait resté dans la Cabane ?
Je m'aprête à faire demi-tour quand j'aperçois la porte du dortoir pour garçons ; à la différence, celui des filles arbore un crâne à perruque gravé sur sa porte.
Je monte donc en vitesse, ouvre la porte d'un coup pour faire croire à une blague si jamais quelqu'un s'y trouve. Ca correspondrait bien à l'humour Serpentard ; ouvrir la porte en grand pour dévoiler à une Salle Commune pleine le petit ouistiti poilu de Sevounet.
Coupe de chance : il semblerait que le dortoir soit vide, ce qui en fait n'est pas tellement chanceux puisqu'alors : où est Sevy ?!
Il doit reposer, battu et horriblement ensorcelé, aplati comme une crêpe au rez-de-chaussée de la Cabane – parce que évidemment, Sirius l'aura jeté de l'étage. Un vol plané par dessus la balustrade l'aura donc gravement blessé et peut-être est-il en ce moment même en train de s'étouffer avec son propre sang.
-Oh, par Merlin, Mormegil ! Arrête donc de geindre, que j'entends grogner.
-OH MON DIEU ! j'hurle, me laissant tombé à genoux, les yeux couverts pour éviter de voir le fantôme de Sevy. Oh mon Dieu, Sevy ! ILS T'ONT TUE ! TU ETAIS ENCORE SI JEUNE ! ET SI VIERGE !
J'entends grogner.
-Par le ciel, Mormegil ! Je ne suis pas mort, redresse-toi !
Je me relève, doucement, et jette un coup d'œil autour de moi, suspicieux, pour voir que finalement l'un des lits a ses rideaux à baldaquin tirés. Un petit coup de pied à la porte pour la fermer et je me rue sur mon maigrichon.
-Sevvvvvvvvv-russssssssssss ! braillé-je, manquant d'arracher les rideaux de leur tringle tellement je tire fort dessus.
Et en effet, ce bon vieux Sev est allongé sur son lit en uniforme, sa robe de sorcier roulée en boule à côté de lui. Je n'attends pas son invitation à prendre place à côté de lui parce que je sais bien que Sevy est un grand timide.
-Pardon, j't'ai oublié ! lui dis-je, de ma position en tailleur sur son deuxième oreiller – que je suis certaine qu'il ne lavera plus, puisque mon saint postérieur l'a touché.
-Oh parce que tu te soucies de moi, maintenant ? grince-t-il. Je croyais que je n'étais qu'un sale petit cochon, un taré ?
-Mais c'était sous le coup de l'émotion, ça et puis – Oh ! Mazette deubeul ! m'écris-je en apercevant son coquard et le gonflement de sa lèvre.
-Ils t'ont maravé la tête, c'est pas possible !
-Tsss, fait-il et je peux presque le voir rougir. Il tente ensuite de se redresser, mais grimace et préfère finalement se recoucher.
-Si tu voyais ce que JE leur ai mis, me dit-il, l'air embarrassé.
Je l'ai bien vu et c'est Sev qui a tout pris. Mais je comprends que même un maigrichon comme Sevy ressente le besoin de défendre sa virilité !
-Quels misérables, quand même ! m'écries-je. S'attaquer comme ça à toi.
-Oh, Mormegil, ça suf––
Pour la première fois depuis que je suis arrivée dans le dortoir, Severus me jette un coup d'œil. Et il stoppe net.
-Quoi ? je lui demande, gênée par son regard intense. Mazette ! Je me suis coiffée, non ?
-Comment est-ce que tu as fait ça ? me demande Severus, en me montrant du doigt, l'air ébahi.
-Bah en fait, j'ai rien fait du tout, lui réponds-je. C'est mes parents qui avaient trop bu un soir et qui y sont allés commando, sans préso et alors paf ! Ca a fait ––
-Mormegil, bon sang ! s'exclame Severus. Concentre-toi.
-Mais de quoi tu parles, aussi ? Sois plus précis ! je lui demande, en poussant un soupir offusqué.
-A ton invisibilité, pardi ! C'est pas si compliqué, même pour toi.
J'ignore ses remarques, je suis sûre que les coups qu'il a reçu lui ont fait du mal au cerveau, le pauvret.
-Oh, ça ! J'ai piqué ça dans le fond de la malle de Lily Ev—
-La malle de Lily ?! Severus se relève d'un coup et je suis presque certaine que je peux entendre ses côtes craquer. (Non, je déconne. En fait j'ai rien entendu.)
-Malheureuse ! souffle-t-il en se tenant les côtes. Le bas de la malle , ce sont nos potions expérimentales ! Tu vas redevenir visible d'ici cinq minutes. Au maximum !
-Oh bah bien sûr ! Après les culottes en coton, vous avez aussi vos potions spéciales rien qu'à vous !
-Mais concentre-toi, Mormegil ! Severus lève les mains au ciel, l'air exaspéré. Tout le monde pourrait te voir à tout moment !
Sev me regarde avec une expression si effrayé, si démente, que je me sens obligée d'ajouter quelque chose.
-Au moins, si quelqu'un entre ici et nous trouve, ils diront que t'as enfin tiré un coup.
Severus pâlit et semble sur le point de m'étrangler mais heureusement pour moi, quelqu'un entre à ce moment là et nous coupe avec un retentissant :
-Youhou !
Oh, malheur !
-Severus ? appelle Lucius et puis il s'avance vers nous doucement. Tu n'aurais pas vu Narcissa ? Ca me démange dans mon pantalon.
Je m'étouffe avec ma propre salive mais le rugissant « Quoi ?! » de Sevy couvre mon faux pas. Vraiment, ils ont pas froid aux yeux ces Serpentards.
-Bah quoi ? fait Lucius en clignant des yeux tout perdus dans leur innocence. Ma peau est sensible, elle ne supporte pas le coton. Je dois être allergique. Oh tant pis !
Lucius se laisse tomber sur le lit comme un sac, me forçant à me lever expressément. Mazette, une cachette, vite, avant que la potion ne fasse plus effet. A court d'idée, je rampe sous le lit – complètement dégueulasse, mazette ! Qu'est-ce qu'ils font, ces elfes de maison ?! – juste à côté des jambes de Lucius qui – Mazette ! – fait tomber le pantalon.
-Ah, ça va mieux ! je l'entends soupirer.
-Mais vas-y, mets-toi à l'aise, grogne Severus.
-Merci. Ah, alors, Severus, tu t'es pris une porte en cherchant Mormegil, c'est ça ?
-Exact…
-Hm, moui. De toute façon, d'après ce qu'on a pu voir, c'est carrément impossible qu'une décérébrée comme elle ait pu voyager dans le temps !
Je suis sûre qu'en visant bien, d'ici, je peux lui envoyer un sort en plein dans les—
-Tu m'as donc fait perdre mon après-midi pour rien, gronde Sevy.
-Il fallait bien voir par nous-même, Severus ! Et puis, la grande sœur de Narcissa veut quand même qu'on la lui présente. Pour être sûre.
-Elle nous prend pour des demeurés ?!
-Mais non, bien sûr que non, Sev…Disons juste que les Black sont comme ça. Oh ! Allons Severus ! Si je veux épouser Narcissa, il faut que je sois apprécié par sa famille!
-Nous verrons cela, Lucius, nous verrons, déclame Severus et mazette ! je suis sûre qu'il a l'air classe en disant ça.
-Bon, très bien, le pantalon de Lucius remonte. Mais repenses-y vraiment et essaye même d'attirer Mormegil. Elle a l'air de t'apprécier.
-Pitié, faites que non ! s'exclame Severus, comme s'il était vraiment dégoûté à l'idée que je l'apprécie – quel acteur, franchement !
-Ah, c'est comme ça, l'amour, Sev ! Lucius se marre et se relève. Fais-le au moins pour le bien commun !
Je vois ensuite ses pieds s'éloigner, la porte s'ouvrir et se referme. Sûre enfin que la voie est libre, je m'extirpe avec difficulté de dessous le lit – arrêter ces muffins devient une nécessité, on dirait.
Sevy, lui, est penché sur sa table de chevet et sort quelques fioles de son tiroir.
-Tiens, me dit-il en m'en fourrant une entre les mains. Tu prends ça et tu t'en vas.
-Mais Severus ! Comment je vais faire pour Malfoy et les Black ?
-Tu te débrouilles, Mormegil, me crie-t-il. Je suis déjà assez dans la panade à cause de tes gamineries. Maintenant, vraiment, tu te dépêche. Tu bois, tu redeviens invisible, et tu pars avant qu'il ne t'arrive des bricoles.
Ah, vraiment ! Sous ses dehors graisseux et antipathiques, c'est quelqu'un de bien, en fait, qui ce souci de mon bien-être et de ma sûreté ! L'ami gay typique qu'il me fallait pour former un duo du tonnerre.
-Et Mormegil, dit-il encore en me regardant grimacer au goût atrocement dégueulasse de sa potion.
-Tu…, il déglutit puis murmure. Tu parlerais à Lily…Pas vrai ?
-Bien sûr ! lui fais-je, souriante. Allez, je m'envole dans la nuit. A demain, Sevy !
-C'est Severus, qu'il beugle mais je hausse les épaules et lui claque la porte au nez.
Quand même, il est adorable. Même souffrant de l'âme – et du corps aussi maintenant – il trouve le temps de me conseiller sur mes problèmes de maison. Me rabibocher avec Lily, c'est me refaire des alliés contre les Serpentards. Il est si généreux, ce Severus !
Là, vraiment, j'en suis convaincue. Je me suis fait un véritable ami !
