J'avais
comme à l'accoutumée oublié mes clés.
Je
ne pouvais rentrer chez moi.
Tom, ou qu'il fut à cette
heure ci, il y était avec quelqu'un d'autre que moi.
Encore
une fois il m'avait renié.
Mais ce Vendredi soir là,
je ne pus le supporter.
J'avais besoin de parler à
quelqu'un.
Mes pas me menèrent chez David.
Il était
absent.
Je restais donc devant sa porte emmitouflé dans ma
veste bien trop légère pour la saison et je
m'endormis.
Ce fut la main de David dans mes cheveux qui me
réveilla.
Il me fit monter, me déshabilla, me fit
prendre une douche brûlante car je grelottais et me servit une
tasse de thé bien chaud avant de me mettre au lit.
Je lui
souris reconnaissant et heureux.
Il
me souhaita bonne nuit et s'apprêtait à quitter la
chambre lorsque
- David,
reste je t'en prie.
Il
me regarda l'air surpris..
Un éclair de tendresse et
d'amusement dans le regard, un sourire aux lèvres
- Allons
Bill me
dit-il
Son sourire s'effaça bien vite lorsqu'il vit que
j'étais au bord des larmes.
- David,
s'il te plait
Je
lui saisis la main.
- J'ai
besoin de chaleur humaine, d'un ami, d'une présence, de savoir
que j'existe et que l'on m'aime. J'ai tant besoin qu'on m'aime David.
J'ai tant besoin d'amour et ce besoin me brûle un peu plus
chaque jour.
Je
le regardais, le suppliant. Il céda, caressa ma joue.
-Laisse
moi faire ma toilette d'abord et j'arrive
Il
s'allongea sur le lit près de moi, je me mis de côté,
tentai un timide sourire.
Il me regardait, pointait son doigt sur
moi.
Il y avait des interrogations et une infinie tendresse dans
ses prunelles.
Un regard qui fend aussi bien l'âme que le
corps, caresse, cajole, soigne et se retire sans un mot.
Ses yeux
étaient bleus.
Sa douceur immense, une main sur ma joue,
une autre autour de mon corps.
Douce, douce, douce et si
attentive. Attendrissante.
Son corps était immense par
rapport à mon corps frêle et maigrichon.
David
m'avait toujours fasciné, et ce soir encore plus.
Je
n'avais pas le choix
Du regard, je le suppliais
Il me renversa,
me tourna, me retourna.
Me reprenait dans ses bras, m'y enfermait,
me réduisait à lui, me retournait encore.
Ses yeux
étaient bleus.
Il me donnait tout ce dont j'avais besoin et
plus encore.
Je gémissais sans discontinuer, tremblant de
plaisir.
Il embrassait ma nuque, laissait glisser ses doigts du
haut de mon dos au creux de mes reins et je décollais.
Mon
corps en fusion réagissant au moindre de ses attouchements, à
la moindre de ses caresses.
Je flottais, entourée de lui,
au chaud, sur un nuage.
J'avais oublié les autres
boucles dans lesquelles je passais les mains avec délices.
Mon
corps se cambrait, pris de spasmes incontrôlables et de plus en
plus puissants.
Il ne me pénétrait pas, se
contentant de découvrir mon corps avec sa bouche, ses mains,
sa langue. C'était diablement érotique, tendre et
doux.
Tentateur, jeu de soumission, ses mains me caressaient
sans jamais rien faire et mon cœur battait la chamade. Mon corps
tremblait comme électrocuté.
Sa langue remontait de
la rondeur de mes fesses dont il léchait la raie par petits
accoups à la cambrure de mes reins
Et je manquai
défaillir.
Jamais on ne m'avait fait l'Amour de la sorte,
juste pour me donner du plaisir et rien que du plaisir.
Juste pour
m'aimer et faire que je m'aime.
Je gémissais encore et
encore.
Lorsque je perdais le souffle, il me donnait le sien par
un baiser.
Quand sa main vint tracer des dessins doux et
voluptueux autour de mon sexe, j'ai abdiqué
Pris de
frissons d'orgasmes, des larmes de trop plein de bonheur me sont
montées aux yeux.
Mais il ne s'est pas
arrêté.
Doucement il m'a murmuré, essuyant mes
yeux noyés de larmes
-
Attends, on n'a même pas encore fait l'Amour
Il
a repris possession de ma bouche, dévoré mon cou de
baisers, croqué mes tétons et laissé sa langue
explorer mes coudes, mes oreilles, le creux de mes genoux, mes pieds
insistant entre les orteils et je devenais plus folle encore.
Tout
ceci était trop pour moi: trop intense, trop d'émotions,
trop de bonheur aussi.
Et je me sentais repartir, de nouveau
happée par le plaisir.
C'était trop d'émotions,
de sensations nouvelles pour moi.
Puis il m'a dit
-Caresse
toi, montre moi comment tu fais pour te donner du plaisir.
J'ai
baissé la tête, hésitante, les yeux fiévreux.
Il
a souri, a attrapé ma main dont il a léché les
doigts un à un, sa langue et sa bouche aspirant chaque
extrémité comme on le ferait pour un pénis.
J'ai fermé les yeux de plaisir, rejetant la tête en
arrière comme si elle était trop fragile pour supporter
le poids de tout cet amour qu'il me donnait.
Il a pris ma main,
l'a guidé vers mon sexe qui en pleurait encore et
encore.
Lentement j'ai commencé de langoureux va et vient,
me retenant de gémir, fermant les yeux.
- Non
regarde moi. Je veux te voir quand tu vas jouir, je veux que tu me
regardes
-
David
ais-je chuchoté d'une voix mourante, défaite.
Timide,
mais enhardi sous l'effet du désir grandissant qui
submergeait mon corps, me roulant comme un galet poli par la mer.
Mes
jambes tremblaient sous l'effet double de la caresse de ma main et
celle des yeux de David qui s'accrochaient à mon regard. Il
léchait ses lèvres et en me fixant, et mon cœur rata
un battement. Mais quand il empoigna son sexe en me regardant
intensément. Un long gémissement rauque s'est échappé
de ma gorge tandis que j'accélérais la cadence.
-
Doucement,
mon Ange, on a tout notre temps. Je veux te voir monter lentement,
lentement. Je veux voir les différentes expressions de ton
visage. Je veux savoir à quel point tu es belle quand tu
prends du plaisir
Ces
paroles, cette douceur, j'haletai.
Ma poitrine se soulevait et se
rabaissait de plus en plus rapidement.
Le son de sa voix, cette
sensualité...
Ce fut trop pour moi et mon bassin est parti
vers l' avant une deuxième fois, décollant mon corps
du lit.
Le souffle court, la tête en arrière dans les
draps, je tentai de reprendre une respiration normale, secoué
de spasmes;
David vint se positionner au dessus de mon visage
son sexe à la main, se caressa en me regardant. Puis sa bouche
vint chercher la mienne et notre baiser fut long, lent, profond,
sensuel et tendre, si tendre que j'ai cru en défaillir.
Les
jambes en coton.
Un dernier long frisson s'empara de moi et il me
prit dans ses bras, nichant ma tête contre son cœur tandis
qu'il prenait ma main pour que je lui donne aussi du plaisir.
Ma
tête était vide, mon cœur rempli et mon corps plein,
abreuvée de caresses et de baisers; j'étais bien.
Un
léger sourire aux lèvres qui s'étira lorsque je
sentis la semence chaude de David couler le long de mes doigts.
Il
m'a gardé serrer contre lui.
J'écoutais le rythme
des battements de son cœur qui se ralentissaient progressivement.
Bercé, épuisé, je m'assoupis légèrement.
Apaisé comme je ne l'avais pas été depuis
longtemps.
Une douce chaleur sur mon entrejambe me tira de ma
torpeur, réveillant un désir que je croyais
assouvi.
Avec joie et étonnement, j'ai senti le feu se
rallumer au creux de mes reins et mon sexe a lentement commencer à
se tordre gorgé de désir.
Ce fut la bouche de David
mordillant ma nuque qui m'extirpa tout à fait du doux cocon
dans lequel je flottais.
Je me retournai et l'embrassai à
pleine bouche, ma main dans ses cheveux, l'autre tenant son
menton.
De la sensualité, rien que de l'érotisme
avec tout plein de tendresse dessus, et d'attentions tellement
touchantes.
Tellement émouvantes.
Il mouvait son corps
contre le mien et de nouveau ce son plaintif, extasié et
continu s'est échappé de mes lèvres frayant son
chemin depuis les profondeurs de mon ventre.
Au delà du
plaisir j'essayais de lire en lui mais je ne voyais rien d'autre que
le lac de ses yeux.
Une étendue de mystère qu'il me laissait sonder en profondeur. Ses yeux étaient deux pupilles qui roulaient sur mon visage. Je me sentais mis à nu, comme dévoilant ce qu'il y avait au plus profond de moi. Et lui, plongeait gentiment sa main dans mon âme, me soulageant ou empirant mon état. Je n'en avais aucune idée. La seule chose qui m'importait restait ce corps collé au mien qui continuait sans grande difficulté à m'arracher des soupirs. Et puis nous avons continué ainsi. Non pas "nous". Il a continué ses gestes, ses baisers, ses caresses. Il a continué de verser en moi cet amour que je cherchais tant. Ces sentiments si mesquins qui ne m'étaient jusqu'à présent qu'éphémères.
Et moi, je restais là, l'air innocent comme un enfant qui attend de savoir ce qu'il doit faire. J'étais, entre ses mains, un robot éteint qu'il activait du bout des doigts, d'un coup de langue ou de rein. Aussi simplement et aussi naturellement que l'on expire un souffle, je gémissais, allant chercher les sons au plus profond de mon être, les trouvant bien aisément. Une multitude de petits frissons se sont glissés sur ma peau, la rendant plus sensible au toucher. Je respirais sans ménagement l'oxygène que m'insufflait David, aspirant son odeur, suçotant la peau de son cou, seul geste que je m'autorisais. Mon admiration pour lui n'avait de cesse de grandir et je me sentais rapetisser sous son regard. Il m'impressionnait. Je n'osais prendre d'initiative de peur de le décevoir. Alors, je le fixais simplement, attendant un geste, un signe qui m'indiquerait la suite. Il était mon mentor, me dictant ma conduite afin de rendre l'acte plus merveilleux encore. Je faisais confiance à son expérience et suivais à la lettre ses mots.
Ses
doigts imprimaient des dessins imaginaires sur ma peau. Ma chair
semblait être à vif, ouverte à de nouvelles
expériences. C'était loin d'être
désagréable.
Baisers volés, sourire
retrouvé
J'enfonçais délicatement mes ongles
dans ses omoplates, souffrant de ce plaisir si intense qu'il faisait
naître au creux de mon ventre. Les regards désireux
qu'il me lançait me laisser sans dessus dessous, comme si mon
esprit tout entier y était absorbé. Un picotement
singulier me sortit de ma torpeur, mon corps bouillait littéralement.
Et ses mains expertes aimaient à en parcourir les moindres
recoins, me donnant une chair de poule atroce que je savourais d'un
appétit sans fin.
Je savais ce qu'il prévoyait quand sa respiration est devenue de plus en plus saccadée. Il m'a laissélire au fond de lui ce qu'il n'arrivait plus à prononcer. Je connaissais maintenant sa demande informulée, son vœu mystérieux qu'il cachait si bien. J'hochais simplement la tête en signe de compréhension, pour lui exprimer mon accord. Le silence était un maître hors pair, n'acceptant de nous que le langage de nos corps.
Ses lèvres glissèrent le long de mon cou, le mordillant, se l'appropriant avec une facilité étonnante. Il glissa s'agrippant à ma peau, laissant des accrocs çà et là. Contraste entre sa douceur éternelle et son désir ardent. Je me piquais à son corps, dont la peau me paraissait faite d'aiguille perforant mes sens, insufflant son essence dans mon corps tout entier. Métaphore de mon esprit qui le transformait en un être extraordinaire.
Quoi qu'il en soit, la violence légère avec laquelle sa silhouette s'agitait tout contre moi avait pour conséquence de faire monter la chaleur en mon être. De doux baisers et des caresses appuyées l'emmenèrent jusqu'à mon bas ventre et sa main, laissée en retrait se glissa, jusqu'à mon anneau de chair parcourant le court chemin de mon ventre par des gestes calculés. Il resta là, à jouer un instant, se plaisant à entendre mes plaintes devant son refus de concrétiser ses idées, effleurant juste mon anus, y glissant son index. Je suffoquais, sombrais lentement dans une extase des sens. Devant moi, s'étalaient les couleurs du monde qu'il me donnait à voir sous un nouveau jour, sous l'œil d'un homme comblé. Sa main délaissa mon entre-jambe sans même l'avoir vraiment cajolé. Elle glissa lentement, sensuellement, descente qui m'emmenait brûlant au paradis. Ses doigts s'arrêtèrent sur mon anneau de chair, le titillant gentiment me provoquant un remous de désir incontrôlable. Je ne bouillais plus, je cuisais, j'implosais et j'aimais cela, cette sensation de disparaître et de renaître l'instant d'après. De revenir en maître et de s'asservir à l'homme qui de, toute sa splendeur, me dominait majestueusement.
Je sentais ses doigts parcoururent mes fesses, évitant soigneusement mon anus. Il savait l'ampleur de son attitude, de sa proximité pourtant si éloigné, de l'atrocité de ses gestes. Je souffrais de plaisir, brûlais d'envie, criais de besoin.
-David.. Murmurais-je alors
Je me relevai, cherchant à croiser ses yeux. Il se contenta de me sourire, restant aussi énigmatique qu'il m'avait toujours paru. Je soupirais. Soupir chargé d'indignation mais qui se traduisit en soupir de bien-être quand son index, parfaitement dans les temps, se glissa mesquinement en moi. Une douce chaleur tiède explosa en mon sein même, se répandant à une allure folle dans toutes mes cellules. Mon épiderme frissonnait, comme ne m'appartenant plus et mes cheveux se hérissèrent sur le sommet de mon crâne. Je plantais mes ongles dans les draps et les serrais de toute ma force. Mon dieu j'allais déjà succomber et ça venait seulement de commencer.
-Doucement Gamine. Décontracte-toi, je ne veux pas risquer de te voir jouir dès maintenant. Je veux que l'orgasme qui te foudroiera soit le plus beau que tu n'aies jamais eu.
Mon corps était contracté, cambré, ma tête basculée en arrière s'enfonçait dans l'oreiller moelleux. Et j'avoue que ça aurait pu être de la pierre, rien n'aurait pu rivaliser avec ce qui se propageait en moi à cet instant là. Un mélange de bonbon sucré et de senteur poivrée
+ qui s'insinuait dans mes veines. Le plaisir n'a pas d'odeur je sais bien, mais celui qu'il était en train de me donner par ses simples doigts semblait contenir bien plus qu'un simple parfum. Une rose séchée, de l'herbe fraîchement coupée, la peau de l'être aimé. Je ne sais pas. Tout changeait, apparaissait et disparaissait à sa guise. A chaque va et vient, il m'ouvrait une nouvelle voie. Et plus j'en découvrais, plus j'avais envie d'explorer ces chemins.
Je serrais les dents, me mordais les lèvres. Si je m'étais fié à ce que je ressentais, j'aurais pu croire déceler un semblant d'amour dans les gestes de mon manager. Au grand dam mes pensées, une illusion mal placée qui m'encombre la vue. Rien de plus.
-Cesse de te poser des questions. Ferme les yeux et savoure. me dit David en se plaçant au-dessus de moi.
Son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien et je sentais son souffle venir s'écraser sur le mien. Une source de chaleur de plus qui montait la température en moi. Ses doigts cessèrent de remuer et se retirèrent de mon antre, m'arrachant une plainte langoureuse.
-Ne te plains pas, Ce n'est pas fini!
J'ouvris les yeux et le regardai. Je cherchais à comprendre ce que j'avais inconsciemment déjà assimilé. J'avais comme refusé de penser à la suite, pour m'empêcher de m'imaginer la scène, pour me retenir de me jeter sur lui. Je n'étais pas celle qui commandait. Je n'avais pas ce droit, je ne voulais pas ce droit. C'était tellement plus beau quand il s'appliquait lentement à redessiner les courbes de mon corps, à peindre des paysages imaginaires et à dépeindre mon plaisir. Mon corps était telle une toile vierge où il laissait gentiment sa trace à coups de baisers langoureux et de caresses sensuelles. Mélange explosif qui se diffusait bien trop facilement dans les sillons de ma peau. Une peinture invisible découlait de son souffle et s'étalait insidieusement autour de moi, dessinant un halo doré, nous constituant une bulle imperméable dont je n'osais sortir. Ces sensations si réconfortantes m'ont convaincues de ne plus les laisser partir et je savais qu'elles m'avaient déjà rendu accro. Accro à son corps ou bien juste à ce qu'il déclenchait en moi. Une avalanche de fourmillements que je pouvais à peine distinguer mais qui restait tout de même tellement présentes.
Mes mains toujours fermement accrochées aux draps, il vint les saisir et leur faisant lâcher prise, il les plaqua au-dessus de ma tête. L'atmosphère changeait peu à peu. Cette douceur infime qui nous envahissait se métamorphosait lentement. Je ne saurais donner un qualificatif à ce qui se passait autour de nous. C'était juste incroyable, indéfinissable.
Je le vois s'approcher de moi, centimètre par centimètre, venant poser ses lèvres charnues sur les miennes. Sa peau se collait à la mienne, absorbant mon épiderme. Je me sentais revivre, me sentais puissante mais à la fois si faible.
Un regard détaché, une prise appuyée.
Son bassin vint se sceller au mien.
Un regard chaleureux, une question silencieuse.
Je ne pris pas la peine de prononcer un quelconque mot. J'ai juste fixé ses iris brillantes et les laissaient s'enfoncer gentiment en moi. Sa bouche n'a parcouru qu'un seul et unique chemin, délaissant mes lèvres contre une contrée non loin de là, une parcelle de mon cou qu'il marqua de son sceau. J'étais juste absente. J'étais les sensations qu'il me procurait, les frissons que je lui transmettais. Je n'étais plus moi. Le monde n'était plus rond et ne tournait plus. Le monde était l'homme qui entrait et ressortait de moi. La Terre était les billes de plaisir qui planaient dans ses yeux. La planète était la chaleur de ses paumes de mains sur mon ventre.
Je perdais peu à peu mon souffle. N'ayant aucunement peur de mes suffocations, David m'assena un violent coup de bassin.
Profondément touché, violemment frappé.
J'eu une montée d'adrénaline qui me fit expirer une plainte aussitôt étouffée par les lèvres de mon amant. Sa joue se plaqua à la mienne, son souffle percutait mon tympan et je me surpris à trouver cela agréable, même excitant. D'avoir ce débit de plaisir, de jouissance pénétrant chacun de mes sens. Par le toucher de son corps, l'écoute de ses émotions, le goût de ses lèvres, la vue de sa peau en ébullition et l'odeur alléchante qu'il dégageait.
Je ne sentais rien d'autre que sa chair s'agitant en moi, sachant que je lui étais maintenant relié. Je n'avais pas le temps de réaliser ce qui se passait. Je savourais, je subissais avec une ivresse inconnue. Je grognais quand il ralentissait le rythme. Je souriais d'aise et de plaisir quand son bassin percutait mes fesses un peu plus violemment, lui permettant d'atteindre ce petit point au creux de moi qui fait voir les étoiles, de faire naître en moi une nouvelle vague de frissons insurmontables. Sa voix suave et rauque me parvenait de loin maintenant. Il me semblait être monté trop haut pour entendre quoi que ce soit. Je ne sentais plus la caresse des draps collés à ma peau. Je n'avais sous les doigts que le grain si fin de sa peau, que la courbe de ses muscles que je parcourais avec délectation. Puis il cesse tout mouvement, me surprenant, me coupant dans mon plaisir. Et pourtant comme entraîné dans un courant sans fin, je le sentais encore monter en moi. Quel était ce maléfice dont il m'avait fait la victime ?
-Tu es prête ? me murmura-t-il
-oui..Répondis-je simplement le plus normalement possible
Il suffoquait aussi. J'attendis qu'il reprenne son souffle un instant, qu'il m'embrasse la tempe avant qu'il ne reprenne ses coups de reins.
Bestialement, fougueusement, il s'insinuait dans mon être.
Je gémissais, j'haletais. Il me semblait m'effacer tant le plaisir étant intense. Il me semblait délaisser ce corps et devenir son cœur. Il me semblait battre dans sa poitrine, y marquer à blanc son appartenance. Il me semblait mourir, me semblait dériver, me semblait voler bien trop haut pour mes ailes. Il me semblait qu'à tout moment, j'allais m'écraser mais cette sensation extrême me retenait encore un peu dans les airs.
Je le sentais se contracter au-dessus de moi, pousser des plaintes plus sincères, plus puissantes. C'était bientôt la fin. J'allais bientôt chuter.
-Encore..encore.., murmurais-je pour l'encourager.
Et il redoublait de vitesse. Je ne pouvais plus suivre le rythme. Mon bassin que j'agitais dans le tempo ne savait plus faire aucun autre mouvement que de recueillir ce membre si désiré.
Un souffle nouveau naquit dans les profondeurs de mon ventre, un ouragan qui se fraya un passage, transpirant hors de ma peau, se libérant dans mes souffles et mes gémissements. Un orgasme foudroyant qui me fit embrasser une chute époustouflante. Une longue descente entre les bras de mon amant. David. Il se laissa retomber sur mon corps en sueur.
J'étais encore en transe quand il s'endormit, la main reposant sur mon torse. J'étais tout émoustillé par sa simple proximité, par la présence de ce corps capable de me faire ressentir tellement de choses. Mais il me l'avait bien fait comprendre, Une seule et unique fois. Une seule et unique fois s'appelant vendredi.
Maintenant, je cherche désespérément à croiser le regard de David, serrant les doigts de mon jumeau dans ma main. Paradoxal quand on sait qu'il drague la fille d'à côté et que moi, j'aguiche à nouveau notre manager. Dans quelques heures, je m'envolerai à nouveau. Dans quelques heures, notre seul et unique fois reprendra vie dans les mêmes circonstances, la même intensité. Rien ne change, la vie reste toujours cette vaste mélodie monotone que nous égayons à notre guise. Moi, j'ai choisi ce corps là et ce soir encore, il fera partie de moi. Comme chaque vendredi, comme à chaque fois..
8
ans ont passé. 8 années de haut et de bas, d'évolutions
personnelles et artistiques, de remue ménage, de concerts
aussi.
Car oui notre groupe: Tokio Hotel existe encore et a
toujours du succès, ce qui fait bien déprimer nos
détracteurs.
Ceux qui nous qualifiaient de pur produit
marketing calibré pour des ados en chaleur et les pré-ados
boutonneuses. Ils nous considéraient comme un phénomène
de mode qui retomberait comme un soufflé, disparaissant aussi
vite qu'il était apparu. L'Amour et l'intérêt du
public étant si volage. Nous le savions, en avions
parfaitement conscience.
A cause de cela ou plutôt grâce
à cela, nous avons su nous renouveler. Assez pour attirer de
nouveaux fans dans une autre tranche d'âge tout en réussissant
à conserver les anciennes. Normal, elles avaient grandi, vécu,
mûri avec nous. Nous étions comme un membre de leurs
familles.
Nous en avons réellement pris conscience lors du
mariage de Georg & Sarah, lorsque nous les avons vu toutes de
blanc vêtues, amassées devant l'Eglise: chantant,
criant, pleurant, riant, inondant de bouquets et de grains de riz
l'heureux couple.
En parlant d'heureux couple, Tom & moi étions toujours ensemble. Mais pour être honnête on ne pouvait pas dire que nous étions heureux, mais loin d'être malheureux cependant. Bref un couple! Notre relation était cachée, Tom avait moult aventures, faisant défiler les conquêtes tandis que moi je n'étais sorti qu'avec une ou deux personnes. Histoire de sauver les apparences. De garder le masque de l'hypocrisie et du mensonge sur nos visages et nos vies. Après tout, cette histoire ne concernait que Tom et moi. Même si nombre de satellites sexo-amoureux gravitaient autour de nous. Relation ö combien complexe et compliquée. Mais sur ce point là, il est clair que rien n'avait évolué. Incapables l'un comme l'autre de mettre fin à cette histoire.
Ce soir,
nous sommes à Paris. Capitale de nos amours, capital dans
notre amour. Je soupire. Nous devions aller chanter dans une émission
musicale dans le genre de celle à laquelle j'avais participé
lorsque j'avais 13 ans environ. Je devais interpréter en
avant-première une chanson que j'avais écrite en
Français : " Mes
Yeux dans ton regard"
Hey oui, j'avais fait des progrès considérables dans la
langue de Molière. Après tout, ce n'était que
légitime. En dehors de notre Allemagne natale, c'était
le premier pays à nous avoir accepté, accueilli, fait
un triomphe. Et cette chanson, que je devais interpréter
n'était qu'un cri d'amour et un message de remerciements. Une
fois parvenus sur le plateau TV notre nouveau manager -enfin nouveau
est un peu fort car il l'est depuis 7 ans maintenant, depuis le
départ de David- nous appris que David justement faisait
partie des membres du jury.
Mon cœur rata un battement et c'est
dans un état second partagé entre l'euphorie et la peur
que me parvenaient les cris de joie des gars. Ils étaient
contents de le revoir car suite à son mariage et la naissance
de sa petite fille, il avait du faire des choix de vie aussi bien
personnels que professionnels. Et notre groupe était passé
à la trappe. Je me souviens encore de ma détresse
lorsque nous nous sommes serrés dans les bras l'un de l'autre
à l'aéroport le jour de son départ. En guise
d'adieu. Mes yeux brillent anormalement.. David. Je vais enfin le
revoir...
Les lumières s'éteignent et nous entamons notre chanson
Quand
tu veux tu m'appelles
Tu
connais mon numéro
45
12 20 00
Quand
tu veux tu m'entraînes
En
face de toi dans un bar
Comme
autrefois j'ai envie de te voir
De
voir, de voir
Mes
yeux dans ton regard
Ma bouche susurre ces mots d'amour que je lui ai destinés
Mais
s'il faut pour te plaire
Devenir
presque un idiot
Je
ne suis pas celui qu'il te faut
Laisse
tomber ce qui pèse
Oublie
les adieux dans les gares
Laisse-moi
seulement l'envie de revoir, revoir
Mon corps se presse sensuellement contre le micro comme je le ferais sur le sien si seulement je le pouvais
Quand
tu veux tu m'appelles
Tu
connais mon numéro
45
12 20 00
Ma bouche se colle au micro comme pour lui donner des baisers langoureux. Je ne suis qu'envie et désir.
Et
quand les années qui viennent
Te
feront casser les miroirs
Garderas-tu
l'envie de revoir, revoir...
Nos
yeux se cherchent, se trouvent, se connectent, se dévorent.
Nos
lèvres se sourient.
On a compris.
Il a compris
Revoir,
revoir
Mes
yeux dans ton regard
Sous un tonnerre d'applaudissement nous saluons les fans avant de nous jeter tous dans les bras de David, l'étouffant à moitié. Il s'approche enfin de moi, me serre très fort dans ses bras et me glisse un papier dans la main. Je souris, salue le public une dernière fois dans un français toujours teinté d'un zeste d'accent et cours vers les toilettes. Une fois seul je lis le message : Hôtel New Hamsphire. Zimmer 483. Minuit.
Taxi. Je file. Je vole, je cours, je fonce
dans la nuit.
Je l'ai retrouvé à l'hôtel.
8
ans ont passé depuis la dernière fois ou nous avons
fait l'amour à Salamanque.
Les nuits Allemandes sous le
soleil d'Espagne.
8 années sans le voir, sans savoir.
8
années et rien n'avait changé ou presque.
Mêmes
cheveux bruns, coupés courts, même yeux bleus
océan.
Bleu des mers du Sud.
Ma couleur préférée
et j'allais m'y noyer avec délices.
Toute une nuit à
s'aimer.
En souvenir de toutes ces nuits et de notre dernier
week-end de 2 jours et trois nuits.
Pygmalion et son œuvre.
Il
me trouvait sublime
Je le fus
Il me voulait tout entier, tout
de moi
Je lui appartins.
Même douceur tentatrice
Même
douleurs du plaisir
Même douleur
Redécouverte de
mon corps sous sa bouche, sous ses doigts
Ses doigts qu'il agitait
frénétiquement ou doucement en moi , changeant la
cadence , touchant ma prostate à chaque fois me rendant encore
un peu plus fou et délirant à chaque seconde.
Et sa
voix. Sa voix, si lointaine si proche qui me supplie, ordonne,
rassure
-
laisse toi faire, donne toi à moi. Suce moi. Ecarte tes
cuisses, plus encore. Lèche . Lèche moi.
Use
me when you wanna cum. I've bled just to have your touch when I'm in
you I wanna die.
Et
la flamme au creux de mes reins s'est réveillée. Je me
sentais revivre. Cœur et corps tremblants
Excité par son
propre désir. J'avais oublié les mèches blondes
dans lesquelles je passais mes mains avec délices
Revoir,
revoir
Mes
yeux dans ton regard
J'y
étais alors pourquoi. Pourquoi cette douleur ? Pourquoi
toujours rêver d'ailleurs les yeux rivés sur l'horizon ?
Tu veux un homme qui t'adore et te révèle. Et il est
LA. LA au plus profond de toi. Tu es un emmerdeur.
Certes
c'est éphémère, il est marié et vit loin
de toi.
Cesse
de te prendre la tête Bill. Tu penses trop me rappela
la
voix de David.
Il gémit : tellement
étroit, tu es tellement étroit. Oh Dieu mais co-comment
fais-tu ?
Ses
coups de boutoir s'accéléraient et mes jambes
positionnées sur ses épaules lui donnaient libre accès
à ma prostate qu'il touchait à chaque fois de plein
fouet. J'allais mourir. Je voulais mourir. Mourir dans ses bras.
J'avais chaud, suant de partout mais j'en voulais plus encore et
encore tel une drogué en manque, un assoiffée dans le
désert.
Ma main est venue se perdre sur mon sexe et
j'ai commencé à me masturber d'une main tandis que de
l'autre je tentai d'attraper ses testicules.
La sienne grande et
puissante est venue se refermer sur moi et c'est ensemble que l'on
m'a branlé.
Mon corps se crispait, mes genoux tremblaient
de plus en plus à chacune de ses entrées en moi. Je me
sentais venir. Je le sentais venir. Et cette pensée même
me rendit heureux mais moins que son cri lorsqu'il commença à
jouir en moi . Il se retira rapidement m'arrachant un gémissement
de protestation étalant sa semence sur mon ventre et ma verge qu'il masturba avec encore plus de vigueur me faisant avoir un
orgasme d'une telle violence que je ne pus que crier à m'en
déchirer les cordes vocales.
Epuisé, je retombais
sur le lit, secouée de spasmes ; languissant contre lui tandis
qu'il poursuivait sa masturbation sur mon sexe douloureux à
présent, mélangeant nos liquides.
-Comment
ais-je pu me passer de toi durant 8 années
demanda t-il ?
Mais je savais cette question purement rhétorique
et une onde de tristesse s'abattit sur moi. Il allait me quitter.
Encore une fois. Et m'oublier. Oui il avait sa vie à présent.
Une vie dont je ne faisais plus partie même pour des instants
fugaces. Oui il m'oublierait.
Il embrassa ma tempe, me tourna et pris mon visage entre ses mains.
Ses yeux, ses yeux myosotis me scrutèrent, il me dévorait de l'intérieur par ce simple regard.
Je me sentais si vulnérable et exposée avec lui..
Mais impossible d'échapper à ce sortilège.
Doucement, avec la tendresse d'une plume ses lèvres sont venues me rassurer…comme s'il avait lu dans mes pensées.
Qu'il y avait-il d'étonnant à cela ?
Il avait toujours lu en moi comme dans un livre ouvert.
Incapable
de lui cacher mes mystères. Pour d'autres j'étais
sombre, pour lui j'étais lumineux.
-
Jamais Bill.. Jamais . Et jamais est aussi une promesse.
Chanson : « Mes Yeux dans ton regard » de Nilda Fernandez
