Titre : L'Héritage, saison 1 - Un printemps gâché
Auteur : Kanjiro
Base : Naruto
Genre : Pas de genre défini. Si je devrais en donner un, ce serait chronique d'un personnage.
Disclaimer : Ca y est, je suis à court d'idées de formules originales pour le disclaimer...J'en suis réduit à simplement dire "Le manga Naruto et tous ses personnages appartiennent à Masashi Kishimoto". C'est la fin du monde...
Notes : Comme expliqué dans les notes du premier chapitre, c'est ici que s'arrêtent les réécritures ; autrement dit, à partir de ce chapitre et jusqu'à la fin de la première saison, les chapitres sont plus anciens en terme d'écriture et de style, et donc sans doute moins bons. Mais ne vous en faites pas, ça s'arrange peu à peu.
Chapitre 06 - Un très sale quart d'heure
Le vent était retombé, mais pas la tension, qui grandissait alors que les trois jeunes gens se fusillaient du regard. Brisant le silence, Akodo prit la parole :
-Eh ben, si je m'attendais… Mon voisin et la copine d'Ino-chan...
-J'ai mal entendu… Ino-CHAN ?! Sakura fulminait, et une veine saillit sur son large front alors qu'elle serrait nerveusement les poings.
-Ben ouais. Elle m'appelle Akodo-kun, faut bien que je sois poli avec les jeunes filles.
Sakura fit craquer ses phalanges en grinçant des dents.
-Jeune fille, jeune fille, espèce de… marmonna-t-elle.
-Dites, Kakashi-sensei… vous parliez d'un ninja, et j'en vois pas d'autre à part nous trois, demanda Naruto en fronçant les sourcils à l'adresse de son soi-disant voisin.
-Exact, Naruto, le ninja dont je vous parlais n'est pas encore là.
Kakashi s'avança alors vers Akodo et sorti de sa veste un bandeau, un étui à shurikens, et un fourre tout rempli, qu'il lui donna. Il repartit pour se planter en face de Naruto et Sakura puis reprit.
-Là il y est. Et maintenant écoutez-moi.
-Une seconde, une seconde dit précipitamment Naruto Deux jônin pour un seul genin ? C'est n'importe quoi !
-C'est peut-être un genin, mais si tu penses que c'est un simple élève de l'Académie, alors tu n'as beaucoup de jugeotte, pour un jônin.
Naruto ouvrit la bouche pour répondre, mais se tut finalement. Il savait que discuter avec Kakashi ne le mènerait pas à grand-chose. Ce dernier sourit légèrement, apparemment satisfait. Il poursuivit.
-Pour commencer, vous allez lui faire passer un test.
-Quel genre de test ? demanda Sakura entre ses dents, foudroyant Akodo du regard.
-Eh bien, pour l'évaluer un peu, vous allez vous battre contre lui. Naruto et Sakura haussèrent les sourcils, et sourirent légèrement. N'y allez pas trop franchement, mais n'ayez pas peur de lui faire mal. Ils échangèrent un regard complice qui déplut franchement à Akodo. De toute façon j'interviendrai pour vous arrêter si besoin est. De larges sourires presque sadiques ornèrent leurs visages. Des questions ?
-Non, c'est parfait… dit Sakura en enfilant ses gants.
-Ouais, quand est-ce qu'on commence ? fit Naruto en serrant son bandeau fermement.
-Tout de suite dit Kakashi, tout sourire, avant de disparaître, laissant Sakura et Naruto voir Akodo, bandeau au front, le bras tendu, et deux kunais fonçant vers eux. Leurs sourires carnassiers disparurent presque instantanément.
-Espèce de… dirent-ils à l'unisson avant d'esquiver d'un bond sur le côté.
Akodo eut un sourire satisfait.
-Très ingénieux de les attaquer alors que je leur bloquais encore la vue. Mais ne sourit pas encore : n'oublie pas à qui tu as affaire.
Surpris de voir Kakashi apparaître à ses côtés, il se reprit et répliqua.
-De toute façon ils ont l'air de me détester cordialement, je vois pas pourquoi je devrais être poli.
Le ninja copieur disparut et le combat commença véritablement.
Les deux jônins, campés sur leurs jambes, allaient attaquer d'un moment à l'autre. Akodo avait du mal à dissimuler sa peur.
-« Un shinobi ne doit laisser transparaître aucun sentiment », je veux bien, mais face à eux deux, je le sens assez mal… pensa-t-il.
-Sakura-chan, laisse-le moi. Dit Naruto.Sakura fit la moue en fronçant les sourcils. S'il te plaît ? Ca fait longtemps que j'ai pas remis quelqu'un à sa place.
-Bon d'accord… mais je te laisse deux minutes, après on y va ensemble !
Naruto eut un sourire carnassier.
-Allez !!
Il fonça tête baissée vers Akodo, qui paraissait soulagé de n'en avoir qu'un sur le dos ; de plus, il s'était ménagé suffisamment d'espace : Naruto était obligé de charger, et Akodo put s'accroupir à temps et éviter de justesse le poing qui se dirigeait rapidement vers sa mâchoire. Il fit un bond en arrière, lâchant un fumigène pour couvrir sa retraite. Il se mit en garde, sachant que le prochain coup serait plus précis.
Comme un diable sortant de sa boîte, Naruto jaillit du nuage de fumée avec un rugissement ; Akodo eut à peine le temps de croiser les bras devant son visage : au lieu de son nez, ce furent ses poignets qui prirent le coup. Et quel coup ! Sentant un élancement dans ses bras, le jeune genin laissa échapper un gémissement de douleur ; mais la souffrance s'effaça rapidement, et il se sentit soudainement dans une forme terrible. Frappant de toutes ses forces, il enfonça son poing dans le ventre de Naruto. Il sentit les abdominaux se relâcher, et… POUF ! Un nuage de fumée blanche l'enveloppa. Akodo était stupéfait : un Bunshin n'aurait pas pu vraiment le frapper. Et cette sensation...Malgré la confusion, il entendit distinctement Naruto hurler rageusement
-Fils de...
Jaillissant dans la fumée de son Kage Bunshin, Naruto lança son pied en avant vers le torse d'Akodo, et le heurta violemment. Naruto se demanda s'il n'en avait pas fait trop, alors que retentit un sinistre craquement d'os brisé…ou plutôt de bois brisé. Akodo laissa échapper un sonore soupir de soulagement avant de frémir en voyant le rondin à moitié brisé en deux tomber : sans ce Kawarimi de dernière minute, il aura fini dans le même état. En comparaison, son Taijutsu était ridicule.
-Où t'es, trouillard ? dit Naruto en balayant les lieux du regard.
-Mieux vaut rester caché, pensa Akodo. La force formidable de tout à l'heure avait disparu, et il respirait bruyamment.
-Trouvé !
-Merde !
Un peu trop bruyamment en fait. Ce n'était pas la voix de Naruto, ça venait de derrière lui, ça l'avait agrippé et ça le lançait avec une force colossale en direction de son collègue.
-Attrape Naruto! Cria Sakura.
-Il reste encore une minute, lui répondit Naruto se préparant à réceptionner le ninja volant.
Akodo tenta alors une nouvelle manœuvre désespérée : en plein vol, il rassembla le maximum de concentration qu'il put, forma le sceau de la Chèvre, et pria pour ne pas arriver trop vite sur Naruto.
Bunshin no Jutsu!!
Deux images de lui-même apparurent, et la chance lui sourit : Naruto ne s'était pas préparé à réceptionner trois personnes, dut en choisir une à frapper, et ne choisit pas la bonne. Akodo termina son vol plané dans l'herbe et ses clones disparurent. Il se releva et se remit en garde. Naruto fulminait : se faire avoir par des techniques de base, lui, un jônin !
-T'aimes faire mumuse avec ça, hein ! Je t'en foutrais moi du Bunshin !!
Sans changer de stratégie, il chargea Akodo, qui sourit légèrement, se préparant à esquiver de nouveau.
-T'es assez basique finalement… dit-il en se penchant sur la gauche pour éviter le coup de poing.
…Naruto sourit de toutes ses dents.
Kage Bunshin no Jutsu!!
Un deuxième Naruto apparut poing devant, juste devant le nez d'Akodo, qui se retrouva jeté sur le côté… pour être réceptionné par un uppercut d'un troisième Naruto ! Ahuri par cet improbable enchaînement, il se reprit suffisamment pour esquiver d'un saut périlleux le coup de pied d'un quatrième ; enragé de s'être fait battre aussi facilement, il envoya un uppercut vers son réceptionniste. A sa grande surprise il vit le Kage Bunshin disparaître dans un nuage de fumée. Il n'aperçut le cinquième Naruto que de justesse ; ne pouvant se défendre, il tendit ses mains devant lui en un geste futile pour tenter de le repousser. En une fraction de seconde quelque chose vint à son esprit : cette étrange sensation revenait progressivement. Il avait l'étrange impression qu'il aspirait lentement le Kage Bunshin, comme si son simple contact le désagrégeait pour rendre Akodo plus fort...Il comprit sur le coup : ce n'étaient pas des illusions, mais des corps concrets, faits de chakra complet.
Akodo se concentra de toutes ses forces sur ses paumes : le poing du Kage Bunshin parti en fumée avant d'atteindre ses mains, suivi par le reste de son corps. Se sentant à nouveau en pleine forme, il sourit, et attaqua ceux qui restaient, se focalisant sur la précision de ses coups. Voulant tromper Naruto, il fit semblant d'attaquer de manière conventionnelle. Après quelques échanges, la fumée se dissipa : les clones avaient tous disparu. Se sentant plus fort que jamais, Akodo chargea Naruto tête baissée. Mais celui-ci l'avait vu venir et d'un habile coup de coude le stoppa net : le genin s'affala juste à ses pieds, avant de faire POUF ! et de laisser la place à du bois. Naruto se tourna vers la forêt et cria.
-Espèce de sale petite fouine ! Où tu te caches ?
Un nouveau POUF ! retentit derrière lui, là où gisait ce qu'il avait pris pour un rondin. Avant d'avoir pu réagir, Naruto sentit Akodo le ceinturer.
-Ici.
Il voulut se dégager, mais ses forces s'amenuisaient déjà ; Naruto avait déjà connu cette sensation auparavant, mais Akodo n'était qu'un genin, rien de comparable à Jirôbô. Alors comment avait-il pu se faire avoir aussi facilement ?
-Je n'ai pas bougé d'un iota. Mais j'ai surtout eu beaucoup de chance, tu aurais mieux fait de frapper plus fort, et ensuite de bouger au lieu de rester planté là. Se faire avoir par un Henge, c'est stupide de la part d'un jônin.
Naruto n'avait plus la force de protester. Ce mec lui rappelait sa jeunesse : est-ce qu'il était devenu aussi idiot que Kiba, lorsque Naruto enchaînait métamorphoses sur clonages pendant l'examen chûnin ? C'était ça son niveau de jônin ? Si Akodo voulait une démonstration, il n'avait qu'à demander : le Jinchûriki n'aurait pas besoin de pousser très loin...
-Me sous-estime pas, enfoiré !
Akodo était plus que surpris, il était effrayé : alors qu'il paralysait toujours Naruto, il sentit quelque chose… quelque chose dont l'ampleur inimaginable le paralysa à son tour… Comment quelque chose de si puissant et de si haineux pouvait émaner du corps de Naruto ? Ce n'était pas du chakra, c'était différent, c'était bien pire, comme si le cœur de Naruto était assoiffé de sang et de mort… Pendant un court instant, Akodo eut l'impression que Naruto allait le tuer et déchirer son corps en morceaux de ses mains nues s'il ne le lâchait pas tout de suite.
-Lâche-le, salopard ! retentit la voix rageuse de Sakura dans son dos.
Ce moment d'hésitation allait lui coûter très cher. Il sentit qu'elle le tirait inexorablement en arrière. La suite fut douloureuse : un, deux, puis trois coups d'une extrême violence s'abattirent sur lui, brisant au moins trois de ses côtes et lui faisant cracher plusieurs gerbes de sang. Pour finir, alors qu'il était à moitié inconscient, il fut soulevé du sol et projeté vers la forêt, finissant sa course au pied d'un arbre. Sakura se précipita alors vers Naruto.
-Naruto ça va?
-Euh oui… Il était en train d'aspirer mon chakra, ce connard ! Je pouvais presque plus bouger ! Quel enf…
Il se calma en voyant l'inquiétude marquer le visage de Sakura.
-Mais ça va maintenant, t'en fais pas. Il m'en a aspiré très peu, à peine assez pour me fatiguer.
-Tant mieux. A mon avis là il doit avoir son compte. J'espère que…
Mais elle ne finit pas sa phrase. Un vent glacial s'était à nouveau levé, mais il était très différent de cette brise qu'ils avaient ressentie lors de l'arrivée d'Akodo : cette puissante bourraque était chargée de silencieuses promesses de mort et de souffrance. Les deux ninjas se tournèrent alors vers la forêt, et virent Akodo debout en train d'essuyer le sang qui coulait le long de sa bouche ; le mordoré de ses yeux recommençait à briller d'une inquiétante couleur airain…
Quelque secondes plus tôt, Akodo venait de rencontrer violemment le sol de la forêt. Sakura n'y était pas allé de main morte ; malgré ses pensées confuses, il sentait clairement qu'il avait quatre côtes brisées comme des allumettes : la douleur lancinante ne laissait guère le doute planer sur son état. Il était mal : Akodo avait l'impression qu'une maison lui était tombée dessus, avec toute la délicatesse du béton. Il en était même à se demander pourquoi il n'était pas mort : ç'aurait été un soulagement, comparé à ce qu'il ressentait.
-Bon sang, c'est même pas la peine d'essayer : je ne peux pas continuer dans cet état.
-Oh que si mon mignon, tu vas continuer.
Dans sa tête avait résonné une voix doucereuse et enjôleuse, mais qui le dégoûtait au plus haut point : il ne sut pas si c'était la douleur ou ses pensées qui lui donnaient la nausée.
-Sors de moi, sale monstre !
-Monstre ? Qui est le monstre ici, mon petit Akodo ?
La voix éclata d'un rire cruel et sans joie.
-Ne sois pas si méchant Akodo-chan…Tu ne vas pas bouder alors que je t'ai
sauvé la vie ?
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Tu ne crois tout de même pas que tu aurais pu survivre à ça si je ne t'avais pas aidé ? Tout ce délicieux chakra m'a mis de bonne humeur, alors je t'en ai accordé un petit peu…pour te défendre.
-Qu'est-ce que tu veux, pourriture ?
-Nous en voulons plus voyons ! Ne me dis que ça ne t'a pas plu…
Akodo geignit sous la douleur et grogna sous la colère.
-Oh, ne te fâche pas encore. Tiens, je vais te laisse faire, si ça peux te faire
plaisir, petit capricieux.
Il sentit quelque chose emplir son corps pour en chasser la douleur ; dans ses veines il sentit couler une force formidable, délectable… Il se releva et se demanda ce que lui ferait plus de chakra. C'était si agréable, toute douleur et toute appréhension disparues… Il en voulait un peu plus… Juste un petit peu plus.
Naruto et Sakura se retournèrent en sentant de nouveau ce vent glacial et malsain. Akodo plaqua ses mains sur les deux arbres qui l'encadraient et prit une grande inspiration : les troncs se racornirent, les feuilles tombèrent et les deux arbres ne furent bientôt que poussière. Un frisson de plaisir anima son corps, il leva ses yeux d'airain et dit :
-Et maintenant allons-y…
Sans crier gare il chargea, poussant de toutes ses forces sur ses jambes qui creusèrent un sillon dans le sol, tant le chakra qui les imprégnait était puissant. Naruto n'eut pas le temps de réagir et fut percuté comme par un bélier, alors qu'Akodo redirigeait sa force vers son épaule. Il se jeta sur son adversaire terrassé, mais fut repoussé par un violent coup de coude dans le ventre. Il s'écroula, le souffle coupé, tandis que Sakura emmenait Naruto à l'abri, dans les arbres.
-Je sais pas ce qui lui arrive mais va falloir se mettre à se battre sérieusement.
-Ouais. Répondit Naruto. Je commence vraiment à me demander qui c'est ce type.
-On y va?
-Ouais ! Et sérieux cette fois.
Sautant à terre, les deux jônin se précipitèrent sur leur adversaire, qui les sépara d'une salve de shurikens. Akodo savait parfaitement que contre eux deux, il n'avait aucune chance. Même en un contre un, il ne ferait probablement pas le poids, d'autant plus qu'ils semblaient bien décidés à lui faire mal, cette fois.
Le poing de Sakura creusa un cratère à l'endroit où se trouvait Akodo quelques secondes plus tôt ; voyant cela, ce dernier eut une idée.
-Je ne pourrai pas les esquiver bien longtemps… Mais je ne peux pas les mettre au tapis moi-même… Donc il faudra qu'un autre s'en charge pour moi, ou plutôt une autre.
Restant à bonne distance, il lança d'un ton moqueur à Sakura :
-En fait, si je dis Ino-chan, c'est un peu plus que par politesse si tu vois ce que je veux dire.
-ENFOIRE !!
Mais le poing de Sakura ne parvint pas jusqu'à sa cible : Akodo s'était déjà replié de manière à mettre Sakura entre lui et Naruto. Quand elle ne fut plus qu'à quelques mètres, POUF ! un Naruto remplaça l'Akodo.
-Tu crois m'avoir avec ça ?
-Non Sakura-chan fais pas…! Cria le Naruto.
Un direct à fendre un roc projeta le Naruto à une bonne dizaine de mètres.
-Si tu veux m'avoir, utilise autre chose que les trucs qu'on apprend à l'académie.
Le silence fut sa seule réponse. Naruto restait étendu par terre.
-Ca devrait faire pouf là. Une seconde…Me dites pas que…
Elle se senti alors agrippée par quelque chose qui venait de derrière elle, de l'endroit où aurait du être Naruto, puis entendit.
-Primo je t'ai eu, et deusio désolé de te décevoir mais je ne connais pas d'autres jutsu que ce que vous apprenez à l'académie. Tu t'es faite avoir par un bête Kawarimi.
Bientôt, Sakura se sentit si épuisée qu'elle ne put plus bouger ; Akodo la tenait enlacée, serrant de toutes ses forces pour l'empêcher de s'échapper. Sa dernière manœuvre lui avait coûté, et il se reprit d'une grande inspiration. Il sentit alors le parfum des cheveux de Sakura ; sans réfléchir, il dit d'une voix douce :
-Tu n'es pas mal non plus, tu sais… Tu n'as rien à envier à Ino.
Sakura ouvrit les yeux et sentit une bouffée de rage monter en elle, alors qu'un visage envahissait ses pensées, un visage auquel elle n'avait pas songé depuis longtemps.
-Je suis PRISE !! hurla-t-elle de toutes ses forces.
Lançant sa tête en arrière, elle heurta la mâchoire d'Akodo.
Même affaiblie, sa puissance était terrible. Son adversaire sentit sa mâchoire puis tout son crâne vibrer sous l'impact, ses dents trembler dans ses gencives, et il fut projeté en arrière. A genoux, il cracha un peu de sang et gémit de douleur.
-Ca fait mal ?
La voix de Sakura vibrait de rage. Akodo se retourna et la vit se tenir droite et roide devant lui, tâtant son poing. Son regard aurait percé une plaque de fonte.
-T'as encore rien vu.
Instinctivement, il se releva et fit quelques pas en arrière : il le sentait, elle allait le tuer. Elle s'élança à une vitesse folle et son poing ganté de noir heurta sa poitrine tandis qu'un cri rauque montait de sa gorge en prenant toujours plus d'ampleur :
-SHANNARO !!
Akodo sentit avec une clarté horrible son sternum plier comme du caoutchouc sous la pression formidable du coup. Sa respiration s'arrêta pendant quelques instants, et il tomba à terre, quelques vingt mètres plus loin. La douleur atroce le fit se replier sur lui-même ; sa bouche était pleine de sang, sa respiration sifflante et saccadée, et sa poitrine lui faisait un mal de chien. Des étoiles dansaient devant ses yeux tandis qu'il essayait désespérément de reprendre son souffle. Et une pensée terrible résonnait dans son esprit embrumé par la souffrance.
-Je vais mourir…je vais mourir…
-T'as de la chance que je ne me sois pas donnée à fond, sinon tu serais mort.
La voix encore vibrante de colère de Sakura le ramena à la réalité pendant un court instant ; et dire qu'elle n'y avait pas mis toute sa force… Akodo se sentit complètement dépassé : c'était ça le niveau d'un jônin ? Depuis le début, il n'avait aucune chance : leur force était si immense, et si injuste… Ils auraient pu le tuer aisément s'ils l'avaient voulu… Il ferma les yeux, espérant sombrer dans l'inconscience plutôt que de continuer à souffrir ce calvaire. C'était terminé, maintenant il ne pouvait plus rien faire. Mais alors qu'il s'évanouissait, il sentit que quelque chose remontait des profondeurs de son esprit pour se diriger avidement vers la conscience…
...Akodo s'écroula au sol, inconscient, et Sakura se précipita vers Naruto. Elle s'agenouilla près de lui et colla son oreille à sa poitrine. Après quelques secondes, elle laissa échapper un soupir de soulagement. Elle forma le sceau du Tigre et ses mains se nimbèrent d'une flamme de jade. Elle posa ses paumes sur la poitrine de Naruto et attendit.
-Je suis vraiment désolée, Naruto-kun. Vraiment.
Malgré ses blessures, il ne mit que quelques secondes à rouvrir les yeux et à se relever instantanément. Et à se mettre à crier.
-Où est cette ENFLURE ?!
Il balaya la clairière d'un regard furieux. Lorsqu'il arrêta ses yeux sur l'objet de sa fureur, ils étaient bien moins confiants.
L'enflure en question n'avait pas l'air dans son assiette : il titubait et se tenait la tête à deux mains, la lâchant parfois pour agiter les bras, comme s'il essayait de chasser des insectes imaginaires. Dans le crâne d'Akodo avait lieu une lutte inégale.
-Allons, lâche prise, Akodo-chan.
-Mais qu'est-ce que tu es, bon sang ! Qu'est-ce que tu veux ?!
Il y eut un surprenant silence de quelque secondes.
-Qui sait ? Peut-être que je suis cette chose que tu as tué il y a un an ? Peut-être que je suis toi ? En tout cas, j'ai aussi droit à mes caprices, mon mignon. Maintenant c'est à mon tour de m'amuser. Endors-toi… Car la suite risque de te déplaire…
Naruto ne se posa pas trop de questions. Même si Akodo semblait plus bizarre qu'à l'accoutumée, le tourbillonnant shinobi n'était pas du genre à hésiter.
-TU VAS ME LE PAYER, SALOPARD !!
Il s'élança vers Akodo et dans sa course, forma de ses mains une croix.
Bunshintai Atari !! (Le Lancer du clone)
4 Kage Bunshin apparurent dans les airs, fonçant vers leur cible en une attaque aérienne surprenante. Mais la cible ne fit que ricaner d'une voix réjouie et malsaine.
Naruto se propulsa dans les airs, prêt à écraser Akodo de tout son poids dès que ses clones l'auraient plaqué au sol. Mais, de sa position surélevée, il assista à un tout autre spectacle.
Akodo ouvrit des yeux qui n'étaient plus que deux disques d'airain sans pupilles dans du blanc injecté de sang, dans lesquels Naruto pouvait sentir une malice sans pareille. Une tornade de vent se forma ; l'herbe se coucha en spirale et ternit ; les feuilles des arbres environnants voletèrent vers Akodo et tombèrent en poussière à son contact ; il était comme le centre d'un siphon qui aspirait à lui toute la vie aux alentours. L'air s'assembla en une sphère autour de son poing, et il s'élança dans les airs à une vitesse inhumaine. Les clones se dissipèrent avant même de l'atteindre, et Naruto, ses membres transis de froid, ne put esquiver le coup de poing qui s'enfonça dans son ventre. Naruto eut l'impression d'être heurté par un énorme rocher, puis il s'évanouit et les deux adversaires retombèrent à terre.
Le corps inanimé de Naruto fut rejeté comme une poupée de chiffons aux pieds de Sakura, qui frissonna puis trembla pour de bon lorsqu'Akodo parla d'une voix qui n'était pas la sienne : une voix froide, métallique, cruelle et pourtant terriblement doucereuse.
-Un garçon…exquis, vraiment. Quel dommage que le combat l'ait déjà épuisé…Je pense que j'ai encore assez d'appétit pour te faire honneur.
Il se lécha les lèvres et ricana. Sakura ne prit pas la peine de répondre.
-Akodo-chan avait l'air de t'apprécier… Je me demande si ce sera le cas pour moi aussi…Il n'y a qu'un moyen de savoir après tout…n'est-ce pas ma petite?…
Il s'avança d'un pas lourd et posé, le dos voûté et les bras ballants ; l'herbe se flétrissait sous ses pas.
Sakura ne recula pas. Elle se campa sur ses jambes et serra les poings de toutes ses forces ; le sol de la forêt commença à céder sous ses pieds alors qu'elle concentrait son chakra. Sa main droite se nimba d'une flamme bleutée. Mais alors qu'Akodo s'avançait vers elle et qu'elle se préparait à livrer bataille, elle sentit son dos frissonner. Son estomac se noua alors que du chakra se déversait de la cicatrice qui ornait la joue de ce qui avait été Asano Akodo, pour lentement envelopper son visage, et prendre une forme de plus en plus précise, celle de ce même visage auquel elle avait pensé il y a quelques instants. Un visage aux traits fins et sévères, aux profonds yeux noirs, encadré de cheveux de jais. Sakura laissa échapper un murmure.
-Sasuke-kun…
Le visage se déforma, ses pupilles s'étrécirent et ses iris prirent une couleur jaune malsaine, tandis que ses traits changeaient. Les lèvres de Sakura tremblèrent d'horreur tandis que le visage de Sasuke se corrompait sous ses yeux. Une larme coula sur sa joue… Ses mains se levèrent lentement vers son visage tandis que ses genoux tremblaient. Akodo approchait toujours… Une voix forte retentit alors que Sakura formait le sceau du Tigre, sa volonté reprenant le dessus.
Kai !
-Inutile !
La voix d'Akodo se déformait de plus en plus tandis que le froid envahissait les membres de Sakura : elle avait échappé au genjutsu, mais le pire arrivait…
Soudain, Akodo s'arrêta, et l'étrange voix résonna dans la clairière.
-Qu'est-ce que…
Contre toute attente, Naruto se relevait ; il essuya le sang qui coulait de sa bouche en grinçant des dents.
-Ne la touche pas, pourriture…
Akodo sourit.
-Quel festin cela va être…
Il prit une grande inspiration, et le vent se leva à nouveau. L'herbe se coucha, flétrit et disparu en cendres, l'air se déforma autour d'Akodo tandis que Naruto levait la main, paume vers l'ennemi. Il écarta lentement les doigts ; ses os craquèrent alors qu'il serrait le poing en un effort colossal, comme si l'air résista à sa poigne ; à l'intérieur, l'énergie tourbillonna de plus en plus vite, avant de se résorber en une sphère parfaite, où semblait se déchaîner un typhon.
Rasengan…
L'air glacial rassemblé autour de lui déformait la silhouette d'Akodo, mais Sakura vit distinctement ses épaules s'agiter d'un rire franc. Un sourire de prédateur orna son visage aux traits déformés par le chakra, et son dos se voûta lentement ; l'énergie imprégnait chaque fibre de son corps ; chaque muscle était tendu à se rompre ; chaque nerf était à vif ; chaque veine pulsait de combativité. Ses jambes s'arquèrent alors qu'il se préparait à bondir.
Mais il ne fit pas un pas, et s'effondra inconscient. Kakashi était debout derrière lui, Sharingan dévoilé, index et majeur de la main droite tendus à la hauteur des cervicales d'Akodo. Il afficha son habituel petit sourire.
-Bon, test terminé.
Le corps inanimé du jeune homme tomba en avant. Le ninja copieur l'attrapa prestement par le col et l'allongea au sol. Sakura poussa un soupir de soulagement, tandis que le Rasengan se dissipait ; Naruto resta un instant interdit, puis s'écria :
-Gagné !! Haha, qu'est-ce qu'on lui a mis, hein Sakura-chan ?
Kakashi fixa le corps d'Akodo pendant quelques secondes, puis se tourna vers Sakura :
-Tu pourrais me faire un diagnostic ? Vite.
Elle se précipita vers le blessé et s'agenouilla ; une fois le sceau du Tigre formé, elle passa ses mains au dessus de la poitrine d'Akodo : ses sourcils se froncèrent.
-Il a huit côtes brisées, un rein perforé, le myocarde froissé, le sternum déformé et les poumons collapsés…
-Eh ben on l'a pas raté ! Sakura lança un regard noir à Naruto.
-C'est un miracle qu'il soit vivant, alors ferme-la.
-Mais, mais… beuh…
Naruto se leva et partit bouder dans son coin. La jeune jônin secoua la tête tout en formant une nouvelle série de sceaux : alors que le jutsu de soin faisait lentement effet, elle se dit qu'il était presque suspect, et bizarrement rassurant, de penser que Naruto n'avait pas du tout changé en 3 ans.
Quelques minutes plus tard, Sakura en avait terminé.
-Bon, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Normalement il ne risque plus rien, mais il restera en état de choc pendant au moins quelques heures.
-Dites, dites, Kakashi-sensei ?
Naruto était revenu de sa séance de grommelage.
-Qu'est-ce qu'il y a Naruto ?
-Comment vous avez fait pour le mettre ko si vite ?
Le jônin eut ce sourire typique, qu'on ne repérait qu'à son oeil droit.
-Il a beau être très endurant, il a toujours un système nerveux.
Naruto croisa les bras et approuva du chef, prenant un air inspiré, avant de poser une autre question.
-On en a pas trop fait ?
-Hmmm…Si.
-Maieuh…
-Je vous avais dit de le tester, pas de le démolir.
-Mais c'est lui qui a commencé !
-Je ne pouvais pas savoir que tu allais te comporter comme un genin.
Naruto baissait la tête en soupirant de dépit.
-Et maintenant rends-toi utile, emmène-le à l'hôpital.
-Quoi ! Mais vous pouvez pas le faire vous-même ?
-Non, moi je vais faire mon rapport.
Kakashi referma son livre et disparut sans laisser à Naruto le temps de protester. Sakura se releva et enleva ses gants.
-Je viens avec toi.
-Fais chier, ça va prendre trois plombes, l'hosto est super loin… et avec un boulet comme lui à porter…
-Naruto ! C'est de notre faute s'il est dans cet état.
-C'est pas une raison !
Sakura grinça des dents ; d'un coup, l'énergie de Naruto lui paraissait beaucoup moins agréable… Elle l'agrippa par le col et lui dit d'une voix sans équivoque :
-Ecoute-moi bien, Naruto : tu vas mettre Akodo sur tes épaules, et tu vas l'emmener jusqu'à l'hôpital, ou sinon je te mets dans le même état que lui. Ca te suffit comme raison ?
-Euh… eh… d'accord. Mais on va pas y aller à pied.
Elle le lâcha et prit un air interloqué.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
Naruto eut un rire satisfait et porta son pouce droit à ses dents…
Les employés de l'hôpital de Konoha commençaient maintenant à avoir l'habitude d'entendre un bruit assourdissant, signe de l'atterrissage d'un batracien colossal, suivi de l'apparition d'un vieil homme massif aux cheveux blancs. Mais cette fois-ci, ce n'était pas Jiraiya qui était sur le crapaud, mais trois jeunes gens. Plus exactement un jeune garçon blond hyperactif, portant sur ses épaules un autre jeune garçon inconscient aux longs cheveux bruns, et la disciple de Godaime-sama. L'animal de près de 2 mètres se dissipa dans un nuage de fumée ; Sakura se précipita vers l'entrée, en ramena un brancard, et Naruto y déposa Akodo avant de se masser le dos.
-Bon sang ce qu'il est lourd ce mec…
-Oh ça va hein ! lui lança Sakura, exaspérée, avant de foncer, brancard devant, dans l'hôpital, en bousculant médecins et visiteurs au passage.
-Dégagez, blessé grave ! Une équipe médicale avec moi !
4 médecins se précipitèrent à sa suite.
Akodo sentit qu'il était dans quelque chose de doux et de chaud ; il ouvrit les yeux, et le grand flou noir laissa la place à un grand flou lumineux. Il essaya de se relever, et la réalité redevint douloureusement claire ; il se laissa retomber dans ses draps et essaya de se dire que tout allait pour le mieux. Ce ne fut pas facile.
-Bon, au moins je suis pas mort… pensa-t-il.
-Non vous n'êtes pas mort, ne vous en faites pas.
Il avait dû penser un peu haut. Ses yeux s'habituèrent peu à peu à la lumière et il distingua le visage de l'infirmière.
-Vous savez où vous êtes ?
-Ben… j'dirais à l'hôpital…
-Bien. Vous souvenez vous de ce qui vous est arrivé ?
-Heu… quelque chose de très lourd a dû me tomber dessus…
-Tu peux répéter ?! fit une voix familière qui lui fit mal aux côtes.
-Oh non… Sakura ?
-Oui ?
-Je me souviens pas exactement… mais on peut oublier ?
-De toute façon j'allais pas te tabasser dans un hôpital.
Akodo poussa un soupir de soulagement.
-J'attendrais que tu sois sorti.
Il releva la tête : le sourire de Sakura le rassura. Heureusement, elle plaisantait.
-Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
-Repose-toi pour l'instant. Quand tu seras sur pied, je t'expliquerai.
Il laissa sa tête retomber dans l'oreiller et ferma les yeux.
Il les rouvrit aussitôt. Puis il se rendit compte que quelque chose clochait ; un gargouillis au niveau de son ventre confirma ses soupçons.
-Quelle heure il est ?
La voix de Sakura lui répondit.
-Pas loin de 18 heures.
-J'ai faim.
Elle rit doucement : cet estomac lui en rappelait un autre…
-Désolé, on a dû oublier de te mettre une perfusion.
-Je peux manger.
-D'accord, mais viens pas te plaindre si ton ventre te fait souffrir.
Elle lui tendit une pomme tandis qu'il se redressait. Il la prit et la porta vers sa bouche, mais se ravisa. Il baissa le bras et se concentra sur le peu d'énergie qu'il restait dans le fruit frais. La pomme se flétrit, racornit, avant de tomber d'être réduite à l'état de trognon rabougri.
-Wow…
Il parvint à se rasseoir sans trop de difficultés.
-Je peux avoir quelque chose de plus consistant ?
Sakura avait l'air à la fois consternée et nerveuse.
-Je pense que je vais aller chercher Kakashi-sensei.
-Trop gros. Rapporte plutôt des nouilles. Dit-il en souriant largement.
Sakura se dérida immédiatement.
Deux heures plus tard, Akodo prenait son dîner, de la même façon que précédemment : il faudrait vraiment qu'il demande à Sakura où elle avait trouvé ces râmens… En parlant de Sakura, elle était très sympa, finalement… quand elle ne lui brisait pas les os à coups de poings… Alors qu'il buvait le bouillon, tout en pensant à sa sortie prochaine, il eut l'impression d'être observé. Il reposa le bol et regarda autour de lui. De la fenêtre ouverte lui parvint un faible miaulement. Sur le rebord extérieur, un chat était assis ; sa tête était toute blanche, à l'exception d'une petite tache noire sur le museau. Ils se dévisagèrent pendant quelques secondes, puis le félin s'éclipsa, sans qu'Akodo s'en rende compte. Haussant les épaules, il repoussa la tablette et se laissa tomber dans son lit. Quelque chose le tracassait : le regard de ce chat était aussi perçant que…
Et puis après tout, mieux valait dormir.
To be continued...
