Titre : L'Héritage, saison 1 - Un printemps gâché
Auteur : Kanjiro
Base : Naruto
Genre : Pas de genre défini. Si je devrais en donner un, ce serait chronique d'un personnage.
Disclaimer : Je me demande s'il y a vraiment une formule consacrée précise pour le disclaimer. Un de mes amis auteurs précise que "Le manga Naruto appartient à Masashi Kishimoto et à la Shueisha corp." Peut-être ai-je fait une erreur terrible en oubliant la Shueisha, et peut-être la Ligue des Droits de l'Auteur et de l'Editeur va-t-elle venir m'arrêter ? Enfin je suppose qu'avec le nombre de trucs que j'ai téléchargé illégalement, les disclaimers de mes fics seraient le cadet de mes soucis...
Chapitre 07 - Réunion au sommet
A Konoha, le coucher de soleil valait toujours qu'on lui consacre un moment. Akodo ne fit pas exception, d'autant que c'était le premier qu'il pouvait contempler tranquillement ; sur le pas de sa porte, il s'arrêta pour regarder le disque ardent du soleil consumer ses dernières forces en un brasier gigantesque qui s'étendait sur l'horizon. Les yeux mordorés d'Akodo contemplèrent longtemps le déclin rougeoyant, comme si l'astre refusait de mourir sans un bûcher de roi ; c'était peut-être la première fois qu'il prenait le temps d'admirer un coucher de soleil… Il préféra rompre la contemplation et rentrer avant de commencer à fouiller dans ses souvenirs.
La journée avait été fatigante, mais il se sentait encore en forme. Il avait pourtant passé l'après-midi à faire des achats et à les ramener ici : meubles, tatamis, et enfin, plusieurs cibles rondes en bois. Il profita de ce qu'il lui restait des forces pour déplacer ses meubles et aménager sa chambre en petit stand de tir. Il s'équipa comme il avait vu la plupart des ninja le faire : fourre-tout dans le dos, à la ceinture, et étuis à shuriken sur la cuisse droite. Se remémorant ses exercices, il se concentra sur les cibles ; pendant quelques instants, il fit jouer ses doigts à proximité de l'étui, pour les habituer à dégainer rapidement. Il respira profondément pendant quelques secondes, puis commença.
Son premier saut l'amena sur la table de nuit, qu'il utilisa comme appui pour sauter plus haut. Trois shuriken étaient déjà dans sa main ; ils volèrent vers trois des six cibles trop vite pour qu'Akodo ait le temps de s'en préoccuper. Il prit appui des deux pieds sur le plafond et tira trois autres shuriken de l'étui ; le geste fut trop lent, et il dut se reconcentrer sur sa chute, lâchant les étoiles d'acier. Lorsqu'il retomba, accroupi, il vit que seulement deux shuriken avaient atteint leur cible. L'origine de cet échec était évident : il avait beaucoup de mal à atteindre l'étui, et ça se répercutait sur la fluidité de ses mouvements. Hors de question de viser correctement en plein combat s'il devait se soucier de l'étui… De plus, le fourre-tout gênait ses mouvements : il ne s'était pas entraîné comme les autres, autant continuer comme il l'avait toujours fait. Il décala le fourre-tout vers son ventre et plaça l'étui sur son avant-bras gauche. Quelques tirs plus tard, c'était 4 cibles qui étaient atteintes avec précision, dans les mêmes conditions. Sa main gauche s'agitait inconsciemment : il lui faudrait un deuxième étui, apparemment. Mais la journée se terminait bien.
Soudain, il dégaina un kunai et le lança en direction de la fenêtre.
-Transformer la pièce en stand de tir est une bonne idée ainsi que ta façon de t'entraîner. Tu te débrouilles bien, et tes capacités de tir au jugé sont loin d'être mauvaises.
Le kunai s'était arrêté à quelques centimètres d'un œil gauche camouflé par une bande de tissu. Akodo sourit et s'inclina légèrement.
-Kakashi-sama. Vous m'observez depuis longtemps ?
Le kunai se planta dans la cinquième cible. Le ninja copieur s'était contenté de bouger le poignet.
-Juste ta dernière série. Et c'est pas la peine de me donner du sama.
-Et je peux savoir pourquoi vous êtes là ?
-Tu es attendu au bureau de Godaime-sama dans deux heures, pour une réunion de la plus haute importance.
Akodo poussa un gros soupir, puis répondit.
-Fallait m'y attendre après tout…Au moins ça me laisse le temps de manger. Et à part ça, autre chose ?
-Hmmm…non. Bon appétit, et soit à l'heure !, dit-il avant de disparaître.
Akodo se laissa tomber sur son lit…Cela faisait 2 jours qu'il était à Konoha, après 5 jours de marche éprouvante…et il n'avait pas eu beaucoup de temps à lui. Être ninja était un métier à plein temps, il le savait, mais il avait du mal à s'y habituer : après tout, même les meilleurs shinobi ne pouvaient servir sans arrêt… Une arme n'a pas à avoir de temps libre, fit une petite voix dans sa tête. Il se leva et rangea son appartement ; après un court repas, il se plaça devant la fenêtre et réfléchit encore… Les étoiles étaient magnifiques ce soir : pourquoi est-ce qu'il n'aurait pas droit à un peu de temps pour les admirer ? C'était donc ça être un ninja ? Renoncer à sa vie et à soi-même ? Le regret commençait presque à le gagner… Il se retourna et marcha vers l'autel funéraire. Sa mère était une kunoichi, et elle avait pourtant le temps de s'occuper de sa famille…Autre personne, autre nindô, pensa-t-il. Il avait choisi de suivre cette voie, s'en retirer maintenant n'aurait aucun sens. Il prit son bandeau et hésita : là encore, il ne savait pas trop quoi faire. Il finit par le nouer autour de son bras, et sortit, ruminant encore ses pensées maussades.
Il arriva au grand bâtiment en traînant les pieds : nindô ou pas, il était fatigué, et toutes ces discussions l'ennuyaient vraiment… Qu'est-ce qu'ils lui voulaient cette fois-ci ? En haut de l'escalier qui menait à l'étage du bureau l'attendaient Kakashi et Saito. A son arrivée, ils interrompirent leur conversation. Le Hyûga prit la parole.
-Akodo-kun, sur le conseil de Kakashi-san, j'aimerais vous examiner une seconde fois.
Akodo poussa un nouveau soupir.
-C'est l'affaire de quelques minutes, ne vous inquiétez pas, dit poliment Saito.
-Bon, d'accord. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
-Tout d'abord suivez-nous, répondit-il en lui indiquant une salle inoccupée.
Une fois entrés, Saito forma un signe qu'Akodo connaissait bien, les mains jointes et l'index droit dressé. Lorsque le Hyûga ouvrit les yeux, le chakra avait afflué à ses tempes et fait apparaître des traces d'iris dans l'immaculé de ses yeux.
-Maintenant je vous prierai de faire quelques passes avec Kakashi-san.
Après quelques minutes de taijutsu, Akodo dut refaire un exercice des bases, avant de faire circuler son chakra dans diverses parties de son corps. A la fin de toutes ces expérimentations, sa lassitude avait doublée, et il ne prit même pas la peine de retenir un large bâillement. Saito ne le remarqua pas : il semblait plongé en pleine réflexion, comme souvent. Après quelques secondes, il prit la parole alors que ses tempes revenaient à la normale.
-Finalement, il semblerait bien que ce soit vous qui aviez raison, Kakashi-san.
Kakashi fronça les sourcils.
-Et comment se fait-il que vous ne l'ayez pas vu ?
-Même l'œil le plus précis ne voit que ce qu'il veut bien voir, dit Saito d'un air inspiré.
Akodo en avait assez.
-Mais de quoi vous parlez, bordel ?
-De vos capacités de manipulation, Akodo-kun. Lors de mes premières observations, j'avais remarqué une perte assez significative de chakra qui était exactement semblable à une perte à la manipulation. Mais vous ayant vu vous battre dans des conditions de danger réel, Kakashi-san à remarqué que la précision de vos mouvements et leur coordination rendait caduque mon analyse. Il m'en a donc parlé et c'est pour cela que j'ai voulu vous examiner de nouveau.
Akodo n'avait compris que la moitié du quart, et ça n'était pas seulement à cause de la fatigue…
-Ok…Et c'est grave docteur ?
-Plutôt le contraire. Mettons que 1,00 soit une manipulation efficace à 100, la précision dans le dosage fait que la consommation de chakra n'excède pas le nécessaire. Au dessus de 1,00, la manipulation est plus ardue, et la consommation de chakra augmente. En dessous de 1,00, l'effet du chakra est diminué, ou cela signifie que la manipulation été volontairement amenée à ce stade pour donner plus de flexibilité dans la dépense. Sakura-san ainsi que nous autres Hyûga sommes entre 1,00 et 1,10. Vous, Akodo-kun, vous êtes à ce stade, voire même en dessous de 1,05.
Akodo mit une bonne vingtaine de secondes avant de parvenir à comprendre partiellement ce que Saito venait de lui débiter sans broncher.
-…Ah d'accord. Donc je suis plutôt bon ?
-Effectivement. Et maintenant que j'y pense, c'est assez logique : dès que vous faites un effort de manipulation, une partie de votre chakra s'échappe par les yabureme, lors de la circulation du chakra dans le keirakukei. Votre métabolisme cherchant à se protéger, il s'est efforcé de pouvoir annuler toutes les pertes supplémentaires : il y parvient en renforçant vos capacités de manipulation. Quoi qu'il en soit, c'est une très bonne nouvelle, je peux vous le garantir.
Soudainement, l'avis d'Akodo commença à changer au sujet de Saito et de cette réunion ; ses questions trouvaient enfin au moins une réponse, et ce soir se présenterait peut-être l'occasion d'en apprendre plus. Des perspectives s'ouvraient et il voyait des possibilités dans le charabia scientifique de Saito, qui lui paraissait maintenant plus sympathique.
-Ah, il est l'heure, fit Kakashi.
Rarement le bureau de l'Hokage avait connu une telle foule et une telle effervescence. Assis en tailleur devant le bureau se tenaient les jônin de Konoha : Gaï, Lee, Genma, Aoba, Raidô, Kurenaï, Asuma, Sakura, Naruto…tous étaient là. Derrière eux étaient rassemblés les chuunin les plus importants du village. Dans l'ombre, près du mur, se tenaient les ANBU. Enfin, les clans s'étaient regroupés sans distinction de grade : Akimichi, Yamanaka, Inuzuka, Nara, Hyûga…là encore, leurs principaux représentants avaient répondu à l'appel. Enfin, derrière le bureau, adossé à la fenêtre, était un grand homme à l'épaisse toison blanche portant un grand rouleau de parchemin dans le dos.
La porte s'ouvrit, Tsunade entra et le silence se fit. Derrière elle se pressaient Shizune, Izumo et Kotetsu. Les deux chuunin se postèrent à l'entrée, Godaime et Shizune rejoignirent le bureau, et l'Hokage prit la parole.
-Tout d'abord merci d'avoir tous répondu à l'appel : je sais qu'une telle réunion n'a pas été tenue depuis des décennies, mais croyez-moi, le problème requiert votre présence. Il en va de la sécurité de Konoha et de notre rôle dans la guerre, qui est maintenant assez probable.
-A vous entendre il s'agirait d'une arme, Tsunade-sama, fit remarquer Raidô.
-Pour l'instant il est préférable de le considérer ainsi. Il va bientôt nous rejoindre, avec Kakashi et Saito.
Beaucoup de sourcils se froncèrent dans l'assemblée. Tsunade poursuivit.
-En effet, il s'agit de quelqu'un et non pas de quelque chose, et il est aussi préférable de le considérer ainsi.
Un bon tiers des regards se tournèrent vers un des jônin assis devant le bureau.
-Quoi ? Qu'est-ce que vous regardez ?, fit Naruto, étonné et énervé.
Tsunade coupa court aux bavardages en faisant signe aux « portiers ». Izumo et Kotetsu ouvrirent la porte, et Akodo, Saito et Kakashi entrèrent. Le genin sentit qu'il avait soudainement du mal à bouger, alors qu'il entrait, comme s'il devait faire un effort pour pénétrer dans la salle. Une voix traînante le ramena à la réalité.
-C'est ça, faites entrer l'accusé.
La voix venait du seul fauteuil de la salle, à part celui de l'Hokage. Dans ce fauteuil était vautré un ninja portant une combinaison noire, la veste traditionnelle de Konoha, et la queue de cheval des Nara. Sur ses genoux était couché un chat…ou plutôt LE chat : le même matou qu'il avait rencontré auparavant. Il cru avoir enfin trouvé la réponse à cette question-là.
-Il est à toi ce chat ?
Shikamaru bâilla et prit son temps pour regarder le chat, puis Akodo.
-Non. Mais il a sauté sur mes genoux, c'était trop chiant de le faire partir, et avoir un chat sur les genoux c'est pas prise de tête…
Akodo était consterné : non seulement il ne savait toujours rien sur ce chat, mais en plus il était tombé sur…
-Mais c'est quoi cette loque ? ne put-il s'empêcher de penser.
Le chat tourna vers lui ses yeux perçants, et, pendant un instant, Akodo crut qu'il lui lançait un sourire malicieux…Naruto n'en menait pas plus large, pointant tour à tour Akodo, puis lui-même, puis Tsunade.
-Mais…lui…c'est pas…ataatattendez…vous…c'est…lui ?
Sakura posa sa main sur son épaule.
-Tu débarques mon vieux…
Tsunade coupa court aux rires qui animaient maintenant l'assemblée.
-Bien, puisque tout le monde est là, la séance peut commencer.
Akodo n'avait jamais vu autant de monde rassemblé en un seul endroit. Il n'y a pas de foule dans les forêts du Pays du Feu, et l'effet de cette assemblée n'en était que plus grand. Tant de shinobi célèbres, de prestigieux clans et d'impressionnants individus étaient assemblés ici, et il semblait bien que c'était lui qui était le sujet de toute leur attention. Inutile de dire qu'il se sentit un peu mal à l'aise, face aux regards de l'assemblée, qui s'étaient tous tournés vers lui. Kakashi et Saito allèrent s'asseoir chacun à leur place, et, sur un signe de main de Shizune, Akodo alla se placer à côté du bureau, devant le massif homme aux cheveux blancs.
Tsunade prit la parole pour couvrir les murmures qui commençaient à se répandre dans la salle.
-Voici le sujet de cette session extraordinaire : Asano Akodo, genin de Konoha depuis ce matin.
Les murmures enflèrent et Akodo les distingua clairement : « Alors c'est lui…Je me demande ce qu'elle est devenue…Je savais qu'elle avait eu un enfant…A priori il ne l'a
pas. » Beaucoup de ces paroles venaient des membres des Hyûga. Akodo sentit son malaise grandir. Godaime mit fin aux murmures d'un geste.
-Comme beaucoup le savent déjà, Akodo est le fils d'Asano Mayumi, plus connue sous le nom de Byakugan no Mayumi. Pour les plus jeunes d'entre vous, Mayumi était une villageoise du Pays du Feu qui a, par un hasard génétique, développé un Byakugan. Elle a été entraînée pendant 10 ans par le clan, avant d'être renvoyée dans son village pour y occuper la charge d'agent frontalier.
Tsunade fit une pause avant de reprendre.
-Elle est morte il y a à peu près un an, tuée avec la moitié de son village et son mari ; si on en croit les témoignages et les contes locaux, le responsable est un...
Godaime ferma les yeux un moment et se passa la main sur le front, comme si elle s'apprêtait à dire une énormité.
-...Un Yama-oni, autrement dit un démon des montagnes qui vous pétrifie d'un regard.
Un lourd silence tomba sur la salle, suivi par des regards incrédules et des murmures gênés. Akodo se sentait de plus en plus mal.
Un des jônin leva la main. Il portait la veste de Konoha, une vieille clope à la bouche, mais surtout, il avait une carrure aussi impressionnante que celle du père d'Akodo. Tsunade lui donna la parole.
-Asuma ?
Le jônin laissa échapper un rire nerveux.
-Hokage-sama, je pense que je parle pour tout le monde quand je dis que c'est un peu dur à croire…Je veux dire, je vais au temple et je brûle de l'encens de temps en temps, mais…un démon ?
-Pourquoi tant de surprise, Asuma-kun ?
Toujours adossé à la fenêtre, Jiraiya s'adressait à la salle d'une voix tranquille.
-Tous les gens dans cette salle peuvent cracher du feu après quelques gestes de la main, Kakashi peut invoquer un chien doué de parole, et on m'appelle bien l'ermite des crapauds. Est-il si difficile d'accepter que le monde est moins « normal » que tu le croyais ?
Akodo avait du mal à garder son calme : il avait l'impression que tout ces gens parlaient de la mort de sa mère comme d'un simple évènement. Plus la réunion avançait, plus il avait envie de sortir du bureau ; mais il savait qu'il devait attendre et endurer, s'il voulait obtenir les réponses qu'il cherchait. Tsunade reprit.
-C'est à la suite de cet évènement que le chef du village a jugé bon de nous envoyer Akodo : Mayumi avait déjà commencé à lui fournir un entraînement de shinobi, il semblait logique qu'il le poursuive. De plus, Akodo était devenu entre temps un danger. Son comportement avait changé après la mort de sa mère, et il lui arrivait de céder à des crises de violence : en un an, il a tué 5 membres de son village.
Le jeune homme chancela. Il avait l'impression d'avoir été frappé de plein fouet par une chose énorme et insupportablement douloureuse. Il bascula en arrière, mais fut rattrapé par l'homme aux cheveux blancs qui se tenait derrière lui. Ce dernier le confia à Shizune et s'adressa à Godaime.
-Tsunade, tu devrais ménager un peu plus ce gosse. Non seulement ce serait poli, mais ce serait aussi prudent : on ne sait pas jusqu'où il peut aller.
Tsunade fronça les sourcils et répondit.
-Si j'ai convoqué tout ce monde, c'est pour décider de son avenir, pas pour être polie. Et si nous voulons parler sérieusement, il va forcément falloir aborder ce genre de sujets.
Il était encore sous le choc et sur le moment, il ne sut donc pas s'il délirait, mais il crut voir le chat sur les genoux de Shikamaru adresser un léger signe de tête à l'Hokage. Le félin sauta des genoux du Nara et fit le tour de la pièce, s'arrêtant de temps à autre, comme s'il cherchait quelque chose, avant de revenir se rouler en boule sur le support qu'il venait de quitter. Shikamaru lui caressa tranquillement les oreilles : il n'avait rien remarqué, pas plus que le reste de la salle.
Un autre jônin leva la main. Son bandeau lui enveloppait la tête comme un bandana, et il mastiquait ce qui semblait être une brindille, mais était en réalité un long senbon. Tsunade lui donna la parole.
-Genma ?
-D'après ce que vous avez dit à Raidô, il faut considérer Akodo comme une arme. Ce que j'aimerais savoir, c'est à quel point il est proche de Naruto.
L'intéressé fit une petite moue : Naruto détestait qu'on s'intéresse plus à ce qu'il avait dans le ventre qu'à lui.
-Rassure-toi, Genma, Akodo ne porte pas de Bijû en lui. Son pouvoir, bien que moins dangereux, reste considérable, répondit Tsunade, avant de faire un signe en direction des Hyûga.
-Saito.
Le Hyûga médecin se leva et se plaça devant le bureau. Il sortit un rouleau de parchemin, et expliqua à l'assemblée l'origine des pouvoirs d'Akodo, qui se sentit étrangement observé, avant de remarquer que tous les Hyûga avaient activé leur Byakugan pour vérifier la véracité des dires de Saito. Une fois l'explication terminée, celui-ci ajouta quelque chose.
-Le pouvoir d'Akodo-kun n'est pas dangereux en lui-même. Le vrai danger vient d'une autre chose qui est apparue après l'incident. Auparavant, Akodo-kun était un garçon affable et sympathique ; mais son corps a maintenant besoin de chakra continuellement. Sa personnalité s'est donc modifiée d'elle-même pour s'adapter à ces nouveaux besoins : le chakra est bien plus façonné en situation de combat, et c'est pour cette raison qu'Akodo-kun a maintenant développé une personnalité provoquant les conflits.
Akodo savait déjà cela : il avait changé depuis l'incident, il en était le premier témoin. Saito poursuivit.
-D'après le témoignage de Kakashi-san, je sais maintenant que le vrai problème vient de ce qu'Akodo exploite parfois la seconde moitié de son être. C'est une sorte de plan de secours de son corps : en cas de situation trop dangereuse cette personnalité prend le dessus. Elle est entièrement tournée vers la survie du corps, c'est-à-dire le vol de chakra, et tout son caractère est orienté vers le conflit et ce que provoque le vol de chakra chez la cible. Pour résumer les choses, c'est un esprit avide et meurtrier, qui prend le dessus lorsque Akodo-kun est à cours de chakra ou que des sentiments violents le submergent. C'est là qu'est le vrai danger.
L'assemblée semblait avoir compris, et les discussions reprirent.
La voix de Naruto s'éleva et coupa court aux conversations.
-Dites, Ero-sennin. Il a pas l'air pire que moi : vous pourriez peut-être le former aussi ?
-Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça devant les gens ! Mon nom est Jiraiya ! Combien de fois devrais-je te le répéter, triple buse !
L'ermite des crapauds fulminait, et quelques sourires apparurent à la vue de cette dispute.
-De plus, je ne suis pas le mieux placé pour le former. Il faut éviter à tout prix que son existence s'ébruite, et je suis un peu trop célèbre pour qu'on ne remarque pas mon disciple.
Akodo n'en revenait pas : en trois jours, il avait déjà rencontré trois shinobi légendaires. Entre deux des Sannin et le Ninja Copieur…il ne manquait plus qu'Orochimaru, et ça serait le bouquet. Une fois de plus, Tsunade mit fin aux conversations et reprit.
-Merci Saito. J'espère qu'à part Naruto, tout le monde a compris qu'il est capital de garder secrète l'existence d'Akodo. La guerre est proche, et nombreux sont ceux qui voudraient mettre la main sur un tel pouvoir…
Elle tourna ses yeux sévères en direction Akodo.
-…Et pas forcément avec des intentions aussi louables que les nôtres. Je n'ose même pas imaginer ce qui pourrait germer dans la tête d'Orochimaru s'il l'apprenait.
Akodo essaya de se dérider, sans succès : si c'est le bouquet, c'est pas dans le bon sens…
-Par contre, Naruto a soulevé la bonne question : qui pourrait former Akodo ?
Sakura leva la main.
-Tsunade-sensei, pourquoi ne pas simplement prendre un volontaire ? Après tout, beaucoup de jônin, moi comprise, n'ont pas d'élèves en ce moment, et…
-Merci, Sakura, l'interrompit Tsunade, mais j'y ai déjà pensé, et ça n'est pas aussi simple, pour beaucoup de raisons. Jiraiya a déjà expliqué pourquoi il ne pouvait former Akodo, quant aux autres…Asuma, Gaï, Kurenaï ?
Trois jônin répondirent d'un signe de tête : le colosse à la cigarette, une femme aux cheveux noirs et aux yeux écarlates et un drôle d'hurluberlu avec une coupe au bol et d'épais sourcils.
- Avant même de se poser la question de vos compétences, il faut savoir que vous avez reçu la formation d'une team, et que vous entretenez encore beaucoup de liens avec vos anciens élèves : cela vous prend trop de temps pour pouvoir vous occuper d'Akodo. Genma, Anko, Raidô, Aoba ?
Le jônin au senbon, une jeune femme enveloppée dans un manteau beige, un jônin portant au visage des traces de brûlure et un autre arborant de curieuses lunettes de soleil répondirent.
-Vous, ainsi que la plupart des anciens jônin, êtes des ninja de terrain et si des combats venaient à éclater, il serait catastrophique de ne pas avoir toutes nos troupes prêtes : il est donc difficile de vous démobiliser. Ebisu, Ibiki ?
Un grand homme au visage couturé de cicatrices et un échalas affublé de lunettes noires et d'une combinaison bleue répondirent.
-Vous êtes des spécialistes : Ibiki, ton rôle n'est pas la formation de genin, et Ebisu, Akodo ne rentre pas dans vos qualifications.
Ebisu rajusta ses lunettes tout en répondant.
-Effectivement, je dois admettre que je ne suis pas qualifié.
-Maintenant je m'adresse aux jeunes jônin. C'est justement parce que vous êtes jeunes et que vous avez le même âge qu'Akodo que vous n'êtes pas qualifié. Et pour finir je m'adresse à tous les chefs de clan ; c'est justement parce que vous occupez une telle fonction qu'il me semble incorrect de vous imposer une tache supplémentaire. Il est donc très difficile de trouver quelqu'un à qui confier Akodo.
Un murmure d'approbation parcourut l'assistance et des discussions commencèrent à se faire entendre. Tsunade attendit que les débats cessent pour reprendre.
-Quelqu'un a une idée ? Kakashi ?
-Je veux bien continuer de m'occuper d'Akodo avec Naruto et Sakura, du moins en attendant qu'on trouve quelqu'un de plus qualifié que moi.
Akodo, Sakura et Naruto froncèrent les sourcils en même temps, mais Sakura fut la plus rapide à demander.
-Pourquoi personne ici n'est qualifié pour former Akodo ?
Iruka répondit.
-D'après ce que j'ai compris de l'explication de Saito-san, le keirakukei d'Akodo est très particulier, à un point tel qu'il lui sera très difficile, voire impossible, d'apprendre des techniques ordinaires. La solution la plus avantageuse pour lui est de développer son pouvoir particulier : or, comme il est le seul à posséder un tel pouvoir, il est difficile de trouver un sensei adéquat.
Saito enchaîna.
-A priori, le professeur idéal pour lui serait un expert dans la manipulation du chakra brut, aussi bien sur le plan pratique que théorique. Il faudrait aussi qu'il ait une bonne connaissance des pouvoirs d'Akodo, et qu'il soit capable de le maîtriser sans peine en cas de crise. Enfin, il serait préférable que ce soit une personne peu connue, voire extérieure au village, un peu comme Jiraiya-sama.
Alors que le reste de l'assemblée réfléchissait, Kakashi et Tsunade eurent une idée.
-Tsunade-sama, il serait possible de…
-Je sais, Kakashi, mais là aussi ça n'est pas aussi simple, même si ça me semble être la meilleure solution…
-Avant tout, il faudrait en parler à…
Le bruit d'une porte qu'on ouvre à la volée surprit une bonne partie de l'assemblée et interrompit Kakashi. Le nouvel arrivant était un colosse, avec une carrure à faire passer Jiraiya et Asuma en second plan, et avait pour trait très significatif d'être armuré : au dessus des sempiternelles sandales et au pantalon de toile forte était attachée une paire de grèves qui remontait jusqu'au genoux, eux-mêmes protégés par des genouillères ; un pagne de mailles cousu sur du cuir le protégeait, de la taille jusqu'à la fin des cuisses ; un plastron couvrant la cage thoracique achevait de protéger le haut de son corps ; des épaulières rattachées au plastron commençaient la protection de ses bras, qui continuait avec des coudières, et se terminait par deux imposants gantelets d'armes qui couvraient de métal ses avants bras, le dos de sa main ainsi que la première phalange de chaque doigt. Son unique arme à part le contenu d'un fourre tout était un imposant bâton de combat en métal accroché à son dos. Quand à son allégeance, elle était malgré tout cet attirail facilement identifiable : l'un des deux gantelets était frappé de la feuille de Konoha sur l'avant bras, et le symbole sur le plastron, ainsi que la courte queue de cheval qu'il arborait le désignaient comme faisant partie du clan Nara.
Son arrivée avait surpris tout le monde, sauf le chat, qui sauta des genoux de Shikamaru pour se précipiter vers le nouvel arrivant. Arrivé à ses pieds, il sauta sans effort jusque sur l'épaule du colosse et commença à ronronner bruyamment. Après quelques caresses, l'homme le prit et le déposa par terre.
-Désolé Fude, mais il n'est pas venu. Désolé pour le retard Tsunade-sama.
Godaime fronça dangereusement les sourcils, et la plupart des jônin assis devant le bureau reculèrent vivement. Mais elle finit par se dérider.
-Je passe l'éponge pour cette fois, Honshû. Tu ne changes pas : même à 12 ans, tu arrivais juste quand on avait besoin de toi.
-Désolé, désolé, mais vous savez bien que le pays n'est plus très sûr. Et comme je devais faire tout le voyage depuis la frontière nord…
Sans bouger de son fauteuil, Shikamaru bascula la tête pour regarder Honshû.
-Yô, oji.
-Toi non plus tu ne changes pas, Shika-kun…
Tsunade reprit.
-L'heure n'est pas aux retrouvailles. Honshû, tu l'as vu ?
-Oui, comme d'habitude…Mais pourquoi vous me demandez ça ?
-Nous étions en train d'aborder la question du futur sensei d'Akodo ici présent.
Honshû tourna ses yeux bruns vers le jeune genin.
-Ah oui…le fils de Mayumi.
Il se dirigea à grands pas vers le bureau et posa sa main sur l'épaule d'Akodo.
-Je suis désolé pour ta mère, petit.
Akodo ne sut que répondre : c'était la première fois dans toute la réunion que quelqu'un lui prêtait vraiment attention. Et cette insensibilité commençait à lui taper sur les nerfs…
Honshû se tourna vers Tsunade.
-Effectivement, je l'ai vu, et je lui ai parlé d'Akodo.
-Et ?
-Et il désirerait le voir…ainsi que toi, Kakashi.
Tsunade eut l'air soulagée, mais la réponse d'Honshû ne lui laissa pas le temps de souffler.
-Mais si vous comptez lui demander de le former, laissez tomber.
-Et pourquoi ça ?
-Tsunade-sama, vous savez mieux que moi qu'Akodo ne doit en aucun cas quitter le village, sauf en cas de force majeure : des informations à son sujet vont forcément filtrer, et seul le village est assez sûr.
-Oui, et alors ?
-Donc, ça signifie que sa formation se déroulera surtout dans l'enceinte du village, et que son sensei devra y rester la plupart du temps.
Tsunade comprit, et s'assit, déçue.
-Effectivement…maintenant que tu le dis, c'est peu probable qu'il accepte.
-Vous voulez dire impossible : il n'a jamais cédé en 6 ans.
-Mais c'est vraiment dommage : après tout il est le meilleur des…
-MAIS VOUS PARLEZ DE QUI BORDEL DE MERDE ?
Cette irruption venait d'Akodo : il s'était tu pendant tout ce temps mais il n'avait cessé d'encaisser l'ambiance pesante de cette réunion, et avait fini par exploser. Le chat, qui était toujours aux pieds de Honshû, feula en signe de protestation, et partit se réfugier dans l'ombre. Shizune fit de son mieux pour calmer Akodo.
-Calmez-vous Akodo-kun… Ils pensent qu'ils viennent de vous trouver un sensei, mais n'osent pas encore se prononcer car ce n'est pas encore certain. Ne vous inquiétez pas la réunion sera bientôt finie.
Le silence revint dans la salle, et Saito prit de nouveau la parole.
-Il semblerait qu'il n'y ait personne pour former Akodo.
Tsunade répliqua.
-Et toi, Saito ? Si je me rappelle bien des cours que je t'ai donnés il y a vingt ans, tu étais le meilleur médecin du clan Hyûga, qui est à priori un des meilleurs pour manipuler le chakra. Je ne vois personne de plus qualifié que toi dans cette assemblée.
-Il est vrai que je suis celui qui connaît le mieux les particularités d'Akodo-kun, mais je ne me sens pas à la hauteur d'une telle tâche.
Tsunade fit une moue emprunte de nostalgie, et Saito continua.
-Mais le fait que son sensei puisse être un membre de notre clan paraît évident, si toutefois votre idée échoue. Cependant, un problème se pose là aussi.
-Lequel ?
-Eh bien…la formation d'Akodo étant capitale pour le village, il paraît nécessaire que ce soit le meilleur des Hyûga qui le forme. Or, celui qui peut prétendre à ce titre est sans doute Hiashi-sama, et, étant le patriarche du clan, il a bien d'autres responsabilités. De plus, il s'occupe déjà de la formation de Neji-san.
Saito désignait deux Hyûga agenouillés côte à côte, comme un père et son fils. Comme tous les Hyûga présents à cette réunion, ils portaient le yukata et la coiffure traditionnelle de leur clan. Tous deux acquiescèrent silencieusement pour confirmer les paroles de Saito.
Kakashi prit la parole à son tour.
-Je pense que finalement, nous n'avons pas vraiment le choix, Tsunade-sama.
Godaime acquiesça.
-Soit. Akodo ?
-Quoi ?
Akodo n'avait plus aucune envie d'être poli ou respectueux. Tsunade n'y prêta pas attention et poursuivit.
-Tu ira le voir d'ici quelques jours. Kakashi, Naruto, Sakura !
Les trois jônin levèrent la tête.
-Vous l'accompagnerez. Kakashi, charge-toi de négocier s'il refuse, mais n'en fais pas trop : si je me souviens bien, il n'y a pas vraiment de négociations avec lui.
Honshû voulut parler, mais Tsunade le coupa.
-Non, Honshû, tu ne peux pas les accompagner : tu retournes sur la frontière de Kaminari no Kuni demain. Nos troupes ont besoin de toi là-bas.
-D'accord…
-S'il refuse, nous confierons Akodo au clan Hyûga, qui désignera un sensei issu de ses rangs.
L'assemblée répondit par un murmure d'approbation.
Tsunade se leva et conclut.
-Bien. Aucune question supplémentaire ?
Akodo ne se contint plus.
-Qui est ce mec qui doit devenir mon sensei ?
Seul le silence lui répondit. Tsunade ne le regarda même pas.
-Dans ce cas la séance est levée.
Le jeune genin était plus qu'énervé à présent, par cette froideur et cette hypocrisie, comme s'il n'avait aucune importance et ne pouvait donner son avis.
-Eh, répondez-m…
Honshû venait de lui couper le sifflet de sa large main.
-Demande pas petit : c'est un sujet qu'il ne vaut mieux pas aborder. Tu sauras bien assez vite.
La salle se vida petit à petit, alors qu'Akodo continuait de ruminer de sombres pensées. Lorsqu'il se décida à quitter le bureau de l'Hokage, seuls restaient quelques ninja en pleine discussion, et le chat, qui le fixait de ses yeux perçants. Akodo ne lui prêta pas attention : il était excédé, énervé, à bout. Mais il ne sentait pas l'autre remonter : au moins, il pourrait dormir tranquille cette nuit.
Lorsqu'il rentra chez lui, il ne prit pas le temps de regarder les étoiles, et se coucha, encore exaspéré. C'était bien dommage : les étoiles ne demandent qu'à être regardées…et au même moment, quelqu'un avait exaucé leur souhait. Ce soir-là, comme tant d'autres soirs, une jeune personne contemplait le ciel nocturne en rêvant…en se demandant si quelque part, quelqu'un d'autre admirait la voûte céleste…et si leurs pensées se rejoignaient au milieu de ces merveilleuses étoiles…
To be continued...
