Titre : L'Héritage, saison 1 - Un printemps gâché
Auteur : Kanjiro
Base : Naruto
Genre : Pas de genre défini. Si je devrais en donner un, ce serait chronique d'un personnage.
Disclaimer : mode Guignols ON Il est une heure du matin, les droits du manga Naruto et de tous ses personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, et vous croyez toujours ce qu'on vous raconte dans les disclaimers, bonsoir !
Chapitre 09 - La demeure blanche
La nuit était silencieuse…et Akodo ne vit bientôt plus que ces deux yeux blancs, jusqu'à ce que le monde entier prenne leur couleur. Il baignait dans une douce lumière blanche, une chaleur bienveillante, comme s'il était enveloppé de coton. Il ferma les yeux et se laissa aller…
Ce fut un bruit tout aussi doux qui le réveilla : le chant délicat de l'eau qui coule. Akodo n'ouvrit pas les yeux, préférant baigner dans cette lumière, et se laisser bercer par cette mélodie relaxante. Il se sentait si bien…un tel bonheur ne pouvait être trouvé dans le monde des vivants…tous ses sens étaient emplis de cette sérénité si parfaite qu'elle en semblait inconcevable…
TOC.
Un bruit sec le tira de sa torpeur bienheureuse. Il ouvrit les yeux et vit un assemblage de poutres formant un plafond. Il ferma les yeux et les rouvrit, juste pour être sûr qu'il ne rêvait pas…curieusement, il était déçu de revenir à la réalité. Ne faisant que bouger la tête, il vit qu'il était allongé sur un futon et recouvert par une couverture ; il s'assit et cligna à nouveau des yeux…il avait beaucoup de mal à accepter que cette merveilleuse sensation n'était qu'un rêve, et souhaitait pouvoir la retrouver. Il se décida enfin à examiner l'endroit où il était ; il s'agissait d'une pièce ancienne, délimitée par des shôji, dont le sol était fait de tatami. Cet endroit dégageait une impression d'ancienneté, sans pour autant être vétuste : Akodo avait l'impression d'avoir remonté le temps et de s'être réveillé quelques siècles plus tôt, à l'époque féodale. Il s'examina, et vit qu'il était vêtu à l'ancienne également, d'un simple yukata noir ; ses mains étaient propres, et son corps frais et intact. Il ne réfléchit pas, mais son intuition lui dit qu'il se trouvait certainement dans l'antichambre du paradis.
TOC.
Intrigué par ce bruit, il décida de sortir. Repérant un shôji qui laissait passer plus de lumière que les autres, il repoussa la couverture d'un geste mesuré, presque cérémonieux, se leva doucement et marcha d'un pas tranquille vers le panneau : inexplicablement, il savait que cet endroit, quel qu'il puisse être, appelait à la déférence et au cérémonial. Il ouvrit le panneau et contempla calmement le spectacle qui s'offrait à lui. Entouré par une galerie était un jardin de méditation, à la fois simple et indescriptible. Le sol de gravier avait été ratissé pour que se forment des sillons symétriques, représentant l'océan ; des pierres plates traversaient le jardin comme un chemin, placé là pour que des pieds profanes ne perturbent pas le troublant agencement de cette mer grise et immuable ; quelques rochers étaient disposés : ils arrivaient à peine au genou, et pourtant, en les regardant, Akodo eut l'impression de contempler des montagnes millénaires et patientes, comme s'il chevauchait un nuage et avait une vue imprenable sur le monde ; un étang miniature s'étendait, imperturbable ; sur la berge de ce lac minuscule et pourtant si imposant, avait été installée une bascule faite d'un bambou creux, qui se remplissait au fur et à mesure de l'eau acheminée par un petit viaduc de bambou : lorsqu'il était rempli, il descendait lentement vers la berge de pierre, se vidant de son contenu liquide, avant de remonter, pour revenir à sa position de départ en heurtant un butoir, produisant ainsi ce bruit sec qui avait réveillé Akodo.
TOC.
Ce cycle semblait rythmer le silence, faisant respirer ce monde miniature en une répétition infinie et sereine. Akodo s'appuya sur la rambarde de la galerie et s'efforça de s'unir à ce rythme, pour rejoindre sa sérénité. Il fut interrompu dans sa tentative de méditation par le grincement du plancher, sous les pas d'un visiteur. Sans pouvoir expliquer pourquoi, Akodo sut de qui il s'agissait.
-Donc je ne suis pas mort, et je n'ai pas la chance d'être au paradis.
-Non, vous êtes vivant et vous avez l'honneur d'être l'hôte de la demeure des Hyûga, répondit Saito avec un petit rire.
-Ah…et c'est loin du village ?
-Non, à peine.
Saito redevint sérieux.
-Est-ce que vous vous souvenez de ce qui s'est passé la nuit dernière ?
Akodo devint pensif, et se palpa le menton.
-Bon…voyons voir…hier soir, vers 9h, je suis sorti de chez moi, en passant par la fenêtre fermée…ensuite, noir complet jusqu'à mon réveil, il y a dix minutes. Au fait, quelle heure est-il ?
-Près de 10 heures du matin.
-Tout de même…J'espère que je ne vous ai pas causé trop de soucis ? …Je n'ai tué personne ?
TOC.
Sa voix était devenue nettement plus tendue : dans cette demeure si sereine, il avait complètement oublié sa crise d'hier soir. Saito s'empressa de le rassurer.
-Non, ne vous en faites pas, vous n'avez tué personne. Par contre vous nous avez causé quelques soucis…Quoi qu'il en soit, plus de peur que de mal, donc ne vous inquiétez pas à ce sujet.
Akodo n'était pas rassuré, malgré le ton tranquille de Saito et sa recommandation.
-Racontez-moi, Saito-san.
-Eh bien…il semblerait qu'après être sorti de chez vous, vous vous soyez aventuré dans la forêt. Une fois là, vous avez…dérangé des animaux.
-Des animaux ?
-Une meute de grands tigres, pour être précis.
Akodo déglutit avec difficulté et Saito poursuivit.
-Voyez-vous, avec l'âge, certains animaux apprennent à maîtriser leur chakra instinctivement : les grands tigres du Pays du Feu atteignent des dimensions colossales, et les plus anciens possèdent des pouvoirs similaires au Katon. Lorsque vous êtes arrivé devant la demeure, en plein orage, vous étiez poursuivis par un très vieux tigre, de près de 5 mètres de long, qui a déclenché un feu de forêt.
-Et vous avez dû me sauver ?
Il était presque soulagé.
-Non. En fait, avant que nous n'ayons pu faire quoi que ce soit, vous l'aviez déjà vidé de sa vie, intégralement.
Akodo poursuivit d'une voix hésitante.
-Et…que s'est-il passé ensuite ?
-Nous avons dû vous neutraliser. Neji-san et moi avons dû vous affronter et vous assommer. Je me suis porté garant de vous auprès de Hiashi-sama, patriarche du clan, et vous avez ensuite été conduit ici pour vous reposer.
TOC.
Akodo vacilla et prit appui sur la rambarde. Il se passa la main sur le front. Il était en sueur.
-Vous avez réussi à me neutraliser sans qu'il y ait de blessés ?
Il avait déjà vécu ce genre de crises, et savait que son village ne s'en tirait jamais indemne.
-Il n'y a pas eu de blessés, pas même vous.
Akodo avait mal au crâne, mais ce n'était pas dû au choc.
-Comment vous avez fait ?
-Neji-san a employé une attaque de ma conception : c'est une frappe jûken au front, qui est censée détruire le keirakukei du crâne, et donc tuer.
-Et j'étais trop solide pour en mourir, c'est ça ?
Il savait que ces crises lui conféraient une puissance souvent terrifiante : les gens de son village en étaient venus à le comparer au démon qu'il avait vaincu autrefois.
-Non. Si Neji-san ne s'était pas retenu, nous serions en train de préparer vos funérailles.
TOC.
Il ferma les yeux et tenta de se calmer, de se focaliser sur une image apaisante. Mais le souvenir de ce paradis immaculé était entaché de visions douloureuses et confuses, des souvenirs de la nuit…un faible sifflement se fit entendre dans son esprit…
-Vous devriez aller vous reposer…Vous avez mangé hier soir ?
-Non…
Akodo se massa la gorge doucement.
-Je meurs de soif aussi…
-Le sang est loin d'être désaltérant.
TOC.
Akodo avait l'air paniqué, mais Saito n'était pas surpris. Ce ne fut que lorsqu'il se mit à regarder autour de lui que le Hyûga s'inquiéta.
-Qu'y a-t-il ?
-La bourse que je portais au cou…
-Juste à côté de votre futon, avec votre bandeau.
Le genin poussa un soupir de soulagement.
-Reposez-vous maitenant. Je vais vous faire porter à manger.
Ils se saluèrent et Saito repartit tranquillement. Malgré la panique, Akodo ne se précipita pas ; ou plutôt il n'y arriva pas. Il ne savait pas pourquoi, peut-être était-ce son intuition qui semblait affinée, mais ce lieu lui imposait la retenue, la politesse, la bienséance. A côté du futon avaient bien été déposés son bandeau de ninja et la petite bourse qui contenait les yeux de sa mère. Un peu à l'écart avaient été déposés ses vêtements, ou plutôt ce qu'il en restait : ils portaient des traces de sang, de boue, de coupures et de brûlures…de brûlures ?
TOC.
Akodo préféra ne pas se rappeler. Il s'agenouilla et prit la bourse, qu'il passa délicatement à son cou ; il ramassa le bandeau, l'éleva et inclina la tête, avant d'en ceindre son front cérémonieusement. Il entendit de nouveau le bois de la galerie grincer, et vit une ombre s'agenouiller derrière le shôji, déposer quelque chose, frapper deux coups avant de se relever et de repartir. Akodo se leva, s'agenouilla et ouvrit le shôji. Un plateau lui avait été porté, un repas simple et sobre. Il sortit pour déjeuner sur la galerie, prit les baguettes et s'apprêta à manger, mais se retint avant de prendre une bouchée de riz.
-Itadakimasu.
Tout en mangeant lentement, Akodo laissa son regard se perdre dans la contemplation. Mais sa méditation fut à nouveau interrompue par ces bribes de souvenir désagréables, qui semblaient graviter dans son esprit comme autant de mouches agaçantes. Après quelques instants d'hésitation, il se décida enfin à remettre ses souvenirs en place.
S'asseyant en tailleur, il ferma les yeux et se concentra sur ce sifflement qui avait tourmenté son âme le jour précédent. Il s'efforça de surpasser sa peur de la douleur et de forcer sa mémoire à lui raconter les évènements qui l'avaient amenés jusqu'ici. Il commença à bâtir la voie du souvenir avec ce qu'il savait déjà : la matinée si agréable qu'il avait passé avec ceux qui étaient maintenant ses amis ; à cette pensée son cœur se réchauffa. Mais Akodo se concentra et se détourna à contrecoeur de cet heureux souvenir pour dévoiler la suite. Il avait ensuite suivi le conseil de Sakura et s'était promené dans le village ; et là avait commencé la dépression : Akodo avait plongé dans les souvenirs de l'époque la plus noire de sa vie, cette année qui lui avait fait l'effet d'une éternité en enfer. Il avait sombré, et la rancœur terrible que ce souvenir avait réveillé avait pris le contrôle, et menaçait tout le village de sa rage vengeresse. Akodo eut du mal à se souvenir de la suite, mais se fit violence pour continuer et creuser plus profond dans sa mémoire, comme s'il devait se meurtrir pour réussir. Il se rappela d'un visage, le visage d'une jeune fille qui avait failli être la victime de sa rage…mais il n'avait pas frappé…et n'en avait été que plus énervé. Akodo s'arrêta à ce moment, et tenta de se remémorer l'évènement, pour comprendre ce qui avait arrêté sa main…c'était quelque chose à propos de cette fille…mais Akodo ne parvint pas à se souvenir de son visage, malgré tous ses efforts, il restait flou…
Replongeant dans sa mémoire, il se vit entrer chez lui et s'asseoir, immobile, sur une chaise, fixant le vide comme si ses yeux essayaient désespérément de s'ancrer au monde pour échapper à l'horreur qui le dévorait inexorablement. Des heures passèrent alors qu'il restait figé dans un silence de mort, uniquement troublé par les faibles gémissements qui s'échappaient de ses mâchoires tétanisées. Puis il se leva, avec des mouvements saccadés qui devinrent de plus en plus souples au fur et à mesure qu'il s'approchait de la fenêtre ; se voûtant comme une bête, il sauta et brisa la fenêtre avec aisance, avant de parcourir les toits en direction de la forêt. Alors qu'il se contemplait sauter et bouger avec une agilité inhumaine, Akodo eut une sensation familière : il était observé à ce moment. Il vit la cime des arbres se rapprocher à toute vitesse, et le noir recouvrit ses yeux alors qu'il plongeait dans l'océan d'émeraude.
TOC.
C'était à ce moment que sa conscience s'était effacée. Mais Akodo savait qu'il pouvait en apprendre plus…à un prix : il lui fallait se rapprocher de l'autre pour accéder à ses souvenirs. Il craignait d'y céder une fois de plus…mais il sentit que cela n'arriverait pas s'il gardait le contrôle de lui-même, s'il ne cédait pas à la colère…et ce lieu l'y aiderait : Akodo ressentait de plus en plus le pouvoir apaisant de cette demeure, et de l'état méditatif qu'elle permettait. Il commençait à entrevoir que le calme et la retenue qu'il cherchait dans son caractère passait par tous les aspects de la vie : rien qu'en s'efforçant d'agir et de parler de façon mesurée, il avait apaisé son esprit et ses inquiétudes. Il ne cèderait pas, pas tant qu'il serait ici et qu'il respecterait ce lieu.
Il ferma les yeux et se focalisa sur cette rancœur qu'il avait ressentie ; il tenta d'en percevoir le cœur sans se laisser influencer, de voir ce qu'elle recelait tout en restant hors de sa portée. Et il y parvint. Il commença à percevoir des fragments d'images et de sensations, des images soudaines, violentes ; et il sentit le sifflement reprendre, ce grésillement entêtant qui l'avait entraîné dans la crise. Mais il ferma ses oreilles à ce bruit et focalisa ses sens sur les images qui lui parvenaient.
…les feuilles fouettant son visage alors qu'il parcourrait la forêt…la faim grandissante…le bruit infime des gouttelettes de pluie martelant la végétation…l'odeur de l'orage se rapprochant…des rugissements, les siens et ceux de ses adversaires…la bataille confuse avec des fauves, ses frères qu'il tuait les uns après les autres, se repaissant de leurs vies…une silhouette titanesque l'écrasant de sa présence…la peur et la fuite…et cette colère ardente qui le poursuivait inlassablement pour venger le meurtre de ses enfants…
Le sifflement s'accentuait, et Akodo s'accrocha au souvenir plus proche du chant paisible de l'eau, qui l'apaisa une fois de plus. Les images et les sensations se firent plus douces, moins violentes, tandis qu'il sentait la pluie couler sur son visage et sa peau se hérisser sous le froid que cette nuit recelait. L'orage grondait et les éclairs illuminaient sa victoire, et la joie ignoble envahissait son âme tandis que l'immense vie ardente nourrissait son corps. Puis il y eut la menace, alors que les étoiles pleuraient sur les cadavres des arbres, qui laissaient à leur tour couler leurs larmes de fumée vers les cieux. La proie s'approchant, et la jubilation malsaine du prédateur repu ; mais la proie se défendait, et l'échec retentit dans son âme, tandis qu'il voyait une lumière bleutée repousser ses assauts ; cette lumière se fondit dans la nuit, pour revenir frapper son front et y entrer. Le monde se figea, et il n'y eut plus que le sifflement. Akodo n'en pouvait plus, mais il sentait qu'il lui manquait quelque chose. Au prix d'un effort immense et d'une douleur terrible, il parvint à arracher au néant ce souvenir.
-Des yeux !
TOC.
Et ses pupilles mordorées se retrouvèrent face à ces yeux dont il avait retrouvé le précieux souvenir. Devant lui se tenait deux membres du clan Hyûga, vêtu du yukata traditionnel. Un jeune homme de la taille d'Akodo, ses cheveux coiffés en catogan, selon la tradition, et une jeune fille aux cheveux longs, le visage encadré par deux mèches…cette même jeune fille qui avait arrêté son poing de ses yeux…ces mêmes yeux qui avaient emplis son sommeil. Le jeune homme s'était placé un pas devant la jeune fille, entre elle et Akodo, comme s'il voulait la protéger du jeune genin. Il se leva et s'inclina, ne sachant que faire d'autre.
-Neji-san. Et qui est votre protégée ?
-Hinata-sama, fille aînée de Hiashi-sama, et héritière de la Sôke.
-Hinata-sama, fit Akodo tout en s'inclinant profondément.
Elle lui rendit timidement son salut.
-Neji-san, j'ai appris par Saito-san que c'est vous qui m'aviez arrêté. J'espère ne pas vous avoir causé de soucis.
-Non, juste ce qu'il faut.
Neji n'avait pas souri et n'avait pas bougé, aussi hiératique qu'une statue gardienne. Son Byakugan fixait Akodo avec intensité, vigilant.
TOC.
Neji resta impassible ; Hinata se sentit un peu intimidée : après tout, Akodo avait failli la frapper, et elle l'avait vu à l'œuvre hier soir ; Akodo, quant à lui, était assez gêné : il était loin d'avoir fait bonne impression lors de leur première rencontre, que ce soit auprès de Neji ou de Hinata, qui avaient à priori un statut élevé dans une des plus respectables familles aristocratiques du Pays du Feu. Il finit par s'asseoir et par rediriger ses yeux sur le jardin, tentative de fuite lâche et inutile : il voulait à tout prix échapper au regard inquisiteur de Neji. Hinata s'assit à son tour sur la galerie, tandis que le jeune jônin se plaçait debout entre eux, un peu en retrait.
-Et vous, vous allez bien ? demanda-t-elle.
TOC.
Akodo était stupéfait et le laissa un peu transparaître : c'était bien la dernière question qu'il attendait. N'avait-il pas directement menacée et offensée l'héritière directe du clan ? Il tourna la tête pour pouvoir observer son visage, et lut dans ces yeux qu'il ne s'agissait pas d'une formalité imposée par la politesse et venant d'une personne de haut rang, mais bel et bien de l'inquiétude sincère d'une simple jeune fille de son âge. Confus, il la regarda pendant quelques secondes sans répondre. Elle semblait attendre la réponse, et Akodo sentait toujours le regard de Neji dans son dos. Il se sentit de plus en plus gêné, mais était incapable d'articuler un seul mot…
TOC.
Un miaulement joyeux se fit entendre, et Akodo tourna les yeux vers le jardin. C'était bien la première fois qu'il était content de voir ce chat…Il vint vers eux en faisant crisser le gravier sous ses pattes…ce chat semblait pouvoir attirer les regards par sa simple présence. Il put observer l'animal en détail, et remarqua à quel point il était étrange…En plus de la petite tache noire sur son museau, son dos était marqué par une autre tache de la même couleur, mais bien plus grosse, comme si quelqu'un s'était amusé à répandre de l'encre sur lui. Son pelage était d'un blanc immaculé, à part le bout de sa queue et de ses pattes, qui étaient eux aussi noirs, comme s'il les avait trempé dans un flacon d'encre, un peu comme on y tremperait un pinceau. A ce moment, Akodo se rappela que Honshû avait mentionné son nom : Fude, comme le nom d'un petit pinceau de calligraphie…Un chat calligraphe.
Le félin regarda les trois personnes de ses yeux perçants, et Akodo eut l'impression qu'il arborait un sourire amusé…il se débarrassa de cette pensée en pensant qu'un chat étant incapable de genre d'expression. Fude sauta sur les genoux d'Hinata, qui commença à le caresser doucement, avec un sourire. Akodo saisit l'occasion, et tenta une nouvelle fois de résoudre le mystère du matou.
-Vous connaissez ce chat ?
-Très peu…il n'est pas à nous, mais c'est un habitué : il vient souvent ici.
-Hinata-sama.
TOC.
La voix tranquille de Neji semblait la rappeler doucement à l'ordre. Elle déposa Fude, qui ronronnait bruyamment, et se leva.
-Akodo-kun, je suis soulagée de voir que vous allez bien.
Akodo se leva et s'inclina de nouveau. Les deux Hyûga s'en allèrent après l'avoir salué. Le jeune genin hésita pendant un moment, puis se ravisa. Il baissait les yeux vers Fude, et crut voir le chat lui adresser un regard réprobateur.
-Quoi ? fit Akodo avant de réaliser qu'il parlait avec un chat.
Il tourna la tête et vit que Hinata et Neji allaient bientôt s'effacer derrière un shôji.
-Excusez-moi !
Ils se retournèrent.
-J'aimerais présenter mes excuses à Hiashi-sama pour ce qui s'est passé hier soir.
Hinata eut l'air surprise, Neji se contenta de hausser légèrement les sourcils. Akodo se dit qu'il n'aurait pas dû faire cette requête. L'héritière de la Sôke regarda son Kagemusha qui fit oui de la tête. Elle se tourna vers Akodo en souriant.
-Nous allions justement voir mon père.
TOC.
A quelques salles de là, Hiashi était en pleine discussion avec Saito, lorsqu'ils furent interrompus par trois coups discrets sur le shôji.
-Entrez, fit Hiashi de sa voix calme.
Neji ouvrit le shôji et entra à genoux. Il se décala pour laisser l'entrée libre et invita Hinata puis Akodo à entrer.
-Akodo-kun souhaiterait vous parler un moment, Hiashi-sama.
S'ils furent surpris à cette nouvelle, rien ne le laissa deviner sur le visage de Saito et Hiashi, qui acquiesça. Hinata entra à genoux et s'inclina pour saluer son père, puis partit se placer à ses côtés, à la place de la Sôke, tandis que Saito s'inclinait devant elle, à la droite de Hiashi, contre le mur de la salle. Lorsque Akodo entra, tous se turent et même le patriarche ne put étouffer totalement sa surprise : entrait à genoux un jeune homme arborant le bandeau de Konoha et un yukata immuable, ses cheveux roux reflétant la lumière du soleil comme un feu captif. Il posa ses paumes sur le tatami et son front toucha le sol en signe de respect. Neji referma le shôji et se plaça entre Saito et Hiashi.
-Je vous prie, dit le patriarche du clan en faisant signe à Akodo, qui se redressa et fit face à cette assemblée.
Hiashi avait retrouvé un visage de marbre, mais Saito ne pouvait cacher son étonnement.
Un peu plus tard, Akodo franchissait le portail de la demeure, toujours vêtu de son yukata et portant un sac qui contenait les restes de ses vêtements. Saito l'attendait à l'extérieur.
-Je suis prêt, fit Akodo.
-Bien. Cela ne nous prendra qu'un quart d'heure pour rejoindre le centre-ville…vous avez fait forte impression tout à l'heure, Akodo-kun.
Le genin eut un regard interrogateur, estimant cette réaction plus polie qu'une question directe.
-Eh bien, vous étiez l'image même de votre mère. Je pense que Hiashi-sama et moi-même nous faisions exactement cette idée du fils que Mayumi aurait eu au sein du clan. Il n'y a que vos yeux qui vous trahissent.
Saito prit alors une mine pensive, comme souvent, avant de remarquer quelque chose.
-Qu'y a-t-il ? demanda Akodo.
Saito lui indiqua le portail du doigt. Hinata le franchissait en marchant vers eux. Akodo vint vers elle et s'inclina ; elle lui rendit son salut en souriant.
-Au revoir Akodo-kun…J'espère que vous irez mieux maintenant.
Une fois de plus, Akodo ne sut que répondre à tant de sollicitudes et à ces yeux immaculés.
-Merci beaucoup, Hinata-sama, finit-il par dire, avant de s'incliner.
Il repartit en direction du village, Saito l'accompagnant. Le Hyûga regarda Hinata puis Akodo et arbora un sourire amusé ; Hinata souriait elle aussi, mais son visage affichait aussi une gêne timide. Akodo, quant à lui, ne savait que dire ni que penser, et préféra se murer dans le calme et la bienséance qui l'avaient réconfortés ici…
Moins d'une heure plus tard, une goutte de sueur perlait au front d'Akodo. Saito parvenait à garder son calme, et Akodo l'enviait. Lorsqu'il avait quitté la demeure des Hyûga, il n'avait pas pensé qu'il finirait par se retrouver dans cette situation…comment avait-il pu être aussi naïf…mais rien que d'envisager une telle chose était effrayant…
-Compliments, fit Tsunade.
Dès que Kotetsu leur avait annoncé que l'Hokage voulait les voir, Akodo avait su que ça se passerait mal. Lui et Saito se tenaient devant le bureau, et tremblaient presque sous le regard sévère de la Sannin légendaire, attendant que sa colère explose.
Akodo tenta de rattraper la situation.
-Je suis vraiment désolé, Godaime-sama, mais je n'aucun contrôle sur mes crises.
-Alors c'est de ma faute peut-être ?
Tsunade n'avait pas haussé le ton, mais Akodo se tut immédiatement. Saito toussota avant de parler.
-Sauf votre respect, c'est en partie de votre faute.
-Ah oui ?
-Je pense que vous avez bien vu que la réunion n'a pas aidé Akodo à se contrôler.
Après quelques secondes de sourcils froncés, Tsunade fit oui de la tête : après tout, Saito était la référence lorsqu'il s'agissait d'Akodo. Elle poursuivit.
-Bon. Akodo, vu ce qu'il s'est passé hier soir, je pense qu'il n'est plus temps d'attendre. Demain, tu partiras avec la Kakashi, Naruto et Sakura pour une entrevue avec ton futur sensei…enfin du moins avec celui que nous vous avons choisi pour sensei.
Akodo avança la question qui lui venait à l'esprit.
-Où est la différence ?
-…Nous ne sommes absolument pas sûrs qu'il acceptera de te prendre comme élève.
Elle ne lui laissa pas le temps de poser une autre question.
-Vous partirez demain à 13 heures, ça te laisse à peu près 24 heures. Tu peux disposer.
Après avoir salué Tsunade, Akodo se retourna et s'en alla, un sourire aux lèvres : il allait enfin avoir une journée tranquille.
Godaime se tourna vers Saito.
-Dis-donc, Saito, tu as remarqué ?
-Oui…à part les yeux, c'est tout le portrait de Mayumi. Il a fait forte impression chez nous aussi, surtout quand il a demandé à présenter des excuses personnelles à Hiashi-sama.
Tsunade cilla trois fois très exactement.
-Alors là, il m'épate.
Saito se contenta de hocher la tête, avant de sortir de sa veste un parchemin scellé.
-Lorsque vous verrez Kakashi, remettez-lui ceci. C'est pour…
-Ce sera fait. Tu peux disposer.
Saito s'inclina profondément et disposa. Tsunade appela :
-Kotetsu, Izumo !
Les deux chuunin apparurent immédiatement.
-Je veux Kakashi dans mon bureau avant ce soir.
-A vos ordres ! firent-ils avant de repartir.
L'Hokage laissa échapper un gros soupir en regardant le parchemin toujours scellé : son intuition ne la trompait pas, c'était encore des ennuis en perspective…
En arrivant au pied de son bâtiment, Akodo s'aperçut que la fenêtre était toujours brisée : il faudrait la remplacer lui-même…Mais ce n'était pas ça qui allait entamer son moral. Par expérience, il savait qu'après une crise, il n'avait plus rien à craindre pendant un certain temps : cette journée s'annonçait vraiment bonne. Il riait encore en pensant aux mines surprises des passants qui se retournaient dans la rue pour le regarder : le yukata traditionnel des Hyûga combiné à ses cheveux roux devait donner un résultat assez surprenant. Arrivé devant sa porte, il porta sa main à sa cuisse, et s'aperçut bien vite qu'il n'y avait plus de poche, ni de clé à l'intérieur.
-Eh merde ! laissa-t-il échapper assez bruyamment.
BLAM !!
La porte de l'appartement de Naruto venait de s'ouvrir à la volée.
-Akodo ! Ca va ? Qu'est-ce qui s'est pass…êh ?!
Le jônin s'était tu lorsqu'il avait vu Akodo « déguisé » en Hyûga.
-C'est quoi aujourd'hui, bal costume ? dit-il avec un petit rire.
-Non. Hier soir, je suis tombé en état de crise, je suis passé par la fenêtre. Le lendemain matin, je me suis retrouvé dans la demeure du clan Hyûga, avec mes vêtements dans cet état.
Il ouvrit son sac, montrant les restes de ses habits.
-Et j'allais pas porter ça, ce ne serait pas correct.
Il fouilla dans son pantalon rapiécé, trempé et calciné, et finit par en ressortir ses clefs.
-Et t'as vu Hinata ?
-Hinata-sama, la fille de Hiashi-sama ?
-Heu…ouais.
Naruto semblait être gêné par quelque chose.
-Dans ce cas, oui, j'ai vu Hinata-sama.
-Pourquoi est-ce que tu…Retire ton bandeau.
Akodo s'exécuta. Après avoir examiné son front et n'y avoir pas trouvé le sceau de la Bunke, Naruto poursuivit.
-Ah ben non…mais alors pourquoi tu parle comme ça ?
-Plaît-il ?
-Ben pourquoi tu lui donnes du sama, pourquoi t'as l'air aussi sérieux et pourquoi t'es sapé comme ça ?!
-Premièrement je t'ai déjà expliqué pourquoi j'étais habillé ainsi. Deuxièmement je suis sérieux si je veux. Troisièmement, elle est la fille aînée du patriarche de la plus grande famille aristocratique du Pays du Feu, et moi je suis un roturier : je dois lui témoigner du respect. Et maintenant si tu veux bien m'excuser, j'aimerais prendre un peu de repos.
Il se retourna et ouvrit la porte.
-Elle est de mon année, et elle est chuunin, répliqua Naruto beaucoup plus calmement.
Akodo s'arrêta net dans l'encadrement de la porte.
-Tu la trouves comment ?
-…Gentille.
Il ferma la porte. La fenêtre brisée laissait la lumière du soleil éclairer et réchauffer doucement l'appartement…la chambre solitaire d'Akodo était soudain devenue un endroit ensoleillé, tout comme le nom de la princesse du clan Hyûga. Akodo laissa échapper un murmure pensif.
-Hinata…
Il se changea et rangea soigneusement le yukata. Après avoir salué respectueusement ses parents, il sortit.
Un ample pantalon de lin noir impeccable s'arrêtait au niveau de ses chevilles, lui laissant une parfaite liberté de mouvement ; il portait une veste de style chinois d'un noir d'encre. Le bandeau à motif de feuille de Konoha ceignait son front, sur lequel tombait ses mèches rousses flamboyantes et à son cou pendant la bourse de cuir contenant les yeux pétrifiés de sa mère. Peu de passants se retournèrent sur son chemin, mais Akodo n'y prêta pas attention. Même ceux qui le connaissaient auraient eu du mal à le reconnaître ; ni ses vêtements ni son apparence n'avaient changé. Mais ses manières étaient tout autres : Akodo était au départ un garçon sympathique et affable, qui se faisait des amis très facilement ; après la mort de ses parents, il était devenu aigri, cynique et agressif. Mais à présent, c'était un homme calme et posé, aux gestes lents et mesurés ; sa voix était calme et ses manières polies. Quelques heures passés dans la demeure ancestrale des Hyûga avaient suffi : il s'était rendu compte que seule une attitude posée pouvait l'aider à contrôler ses pulsions et à éviter les crises. Il trouvait dans cette voie une sérénité qu'il n'avait jamais trouvée ailleurs.
Après avoir commandé une nouvelle fenêtre chez le vitrier et acheté quelques dango, Akodo erra dans le village pendant des heures, sans penser à quoi que ce soit, et surtout pas à sa destination. Il était comme un somnambule, marchant presque sans conscience, sans sensations et sans pensées, perdu dans la sensation de vide relaxant que procurait la détente. Après ses crises, il avait d'habitude les nerfs à vif, il était nerveux et encore plus susceptible, mais trop épuisé pour s'énerver véritablement. Il semblait pourtant que son changement d'attitude lui ait permis d'atteindre le calme sur ce plan aussi ; Akodo découvrait, après des années d'ignorance, ce qu'était la maîtrise de soi : en quelques jours, il avait réussi à affuter sa sensibilité au chakra et à contrôler son esprit partiellement, et même à arracher des souvenirs à son autre aspect. Chaque jour, il avait l'impression de se rapprocher de l'état méditatif, cet état qui semblait lui offrir le contrôle total de lui-même.
Il sortit subitement de sa torpeur. L'endroit où il se trouvait dégageait quelque chose d'inhabituel, de plus puissant. Ouvrant les yeux, laissant ses sens revenir, il s'aperçut qu'il était devant une vieille maison, dans un grand parc, près des murs de Konoha. Une petite maison à un étage, délabrée, vermoulue et grinçante.
Sans réfléchir, Akodo s'en rapprocha. Ce n'était qu'une maison en ruine, mais elle dégageait quelque chose, comme une atmosphère que le jeune homme sentait, diffuse. Ses sens semblaient avoir acquis récemment une acuité supérieure, et l'impression se précisait au fur et à mesure qu'il approchait. Il franchit le seuil, et sentit : cette maison était en deuil. Akodo fut presque assailli par la tristesse qui émanait de cette ruine : il pouvait sentir les émotions qui l'habitaient encore, celles que les habitants y avaient déposées.
Il ôta respectueusement ses sandales avant d'entrer et de parcourir l'unique salle du rez-de-chaussée. La tristesse du deuil était toujours présente, elle semblait avoir envahi la maison depuis longtemps ; Akodo pouvait presque la voir former de sinistres volutes autour des meubles, et retomber comme une brume funeste sur les tatamis. Guidé par son intuition, il explora la pièce comme un aveugle, palpant les objets et s'ouvrant à ce qu'ils recelaient ; il restait un reliquat de vie et de chakra dans le bois de la charpente, et Akodo y sentit ce que le deuil avait recouvert : ici vivait une famille, autrefois.
Il y avait tellement d'amour dans cette maison…de la dévotion et de l'affection, l'amour d'un père, l'attention qu'il portait aux moindres détails de la vie quotidienne ; et la reconnaissance d'un enfant…mais cette tristesse diffuse était présent même dans les entrailles du bois, comme si les occupants de cette maison avaient été en deuil depuis le début. Cette famille devait éprouver des sentiments forts pour que la maison en soit imprégnée encore aujourd'hui…
Il monta lentement les escaliers, prudemment, en frissonnant à chaque grincement plaintif que le bois laissait entendre. A l'étage, un couloir s'ouvrait successivement sur deux chambres, puis sur la salle de bain. Il entra dans la première chambre, passant la porte à gauche. Il n'y avait rien là, à part quelques fils électriques. Mais cette pièce était chargée d'émotions : Akodo y sentit la tristesse toujours…tombant à genoux, il s'efforça de percer les secrets de la chambre, arc-boutant son esprit pour sentir plus précisément. Au deuil avait succédé la joie, l'amour, ce même amour paternel qu'il avait ressenti plus tôt. C'était la chambre du père. Ses mains tremblèrent et une larme coula sur sa joue lorsque ses sens poussés à bout lui révélèrent la fin : honte, échec, mort…quelque chose de terrible était arrivé, et le père ne l'avait pas supporté. Plus que le deuil, c'était la mort qui s'imposait avec une force terrible à l'âme d'Akodo. Le jeune genin recula involontairement, sortant de la pièce : il ne pouvait supporter cette pression.
Il se releva en tremblant, puis entra dans l'autre chambre. Mais ici il ne semblait y avoir aucune sensation…pourtant il distinguait des traces, trop diffuses pour qu'il puisse sentir précisément : elle avait été abandonnée il y a encore plus longtemps, laissée vide de tout occupant…avant qu'il ne puisse préciser son intuition, il sentit distinctement que quelqu'un approchait derrière lui, silencieusement. Il ne prit pas la peine de réfléchir.
La baguette de dango se planta dans le bois, à l'endroit où Fude s'apprêtait à poser la patte. Le chat et le genin se dévisagèrent. Akodo était à fleur de peau ; il ressentait tout avec une acuité inhumaine, et avait réagi sans voir ou entendre, sans même réfléchir, avant même que son esprit conscient ne réalise sa présence.
En regardant le chat, il prit conscience pleinement de l'anormalité de Fude : il le voyait sourire légèrement, les yeux plissés…comme un maître observant les progrès de son élève. Akodo sut alors que le chat l'avait constamment observé, depuis son arrivée à Konoha. Il eut même l'impression que le chat l'avait suivi depuis le début de son voyage vers Konoha…Qui était-il ? C'était un chat avec les traits et les yeux d'un homme…Akodo focalisa ses sens et scruta les yeux d'ambre du chat, tentant de saisir sa pensée…
Fude ronronna et se lécha la patte, avant de la passer derrière son oreille, faisant sa toilette comme n'importe quel chat. Akodo eut l'impression de tomber de haut : après un moment d'une telle intensité, alors qu'il était sur le point de percer le secret du félin…Akodo ne sentait plus rien. La maison ne dégageait aucun sentiment, et les yeux de Fude étaient désespérément ordinaires. Le jeune genin eut presque honte de lui-même : comment avait-il pu croire qu'un chat lui souriait ? Il enjamba Fude et descendit l'escalier avec la délicatesse d'un troupeau de bœufs.
-C'est bien. Très bien.
Akodo s'arrêta net sur la dernière marche. Il avait cru entendre quelqu'un dire cela d'un souffle, un peu comme si le vent lui-même avait murmuré. Il se retourna, parcourut la pièce des yeux, mais ne vit personne. Rien d'autre que lui, cette étrange maison, et cet idiot de chat, le museau fourrageant dans ses poils. Passablement énervé, il ne se fit pas prier plus longtemps et sortit.
Une fois chez lui, il trouva une enveloppe portant le symbole de Kakashi. Il lui donnait rendez-vous à 13 heures devant la grande porte du village. Akodo dîna rapidement, et, voyant que la nuit était tombée, monta sur le toit. Le ciel était dégagé, sans nuages, la lune était nouvelle et les lumières de la ville étaient faibles, laissant la lueur immaculée des étoiles visible.
Akodo s'assit et leva la tête, contemplant les astres nocturnes, usant de leur agencement complexe pour apaiser son esprit ; très vite, plus rien n'eut d'importance que de les regarder, sans rien faire ni penser. Une seule pensée resta et acheva de calmer son âme. Et la sérénité, comme toujours chez lui, appela le chant : il aimait chanter dans ces moments, quand rien ne pouvait le troubler.
Une chanson sur le soleil résonna dans la nuit…
To be concluded...
