Chapitre 3
"Qu'est-ce qui te-" Uruha s'interrompit. "Non, laisses tomber."
Il s'allongea dans son propre lit, bientôt imité par son ami qui refusait de le regarder. Que pouvait bien avoir Aoi pour lui en vouloir à ce point ? Il ne se posa pas plus longtemps la question, envoyé dans les bras de celui qu'on appelait 'Morphée' par ses ébats et sa journée. Ce fut son ami qui le réveilla le lendemain matin, un sourire malicieux aux lèvres.
"Bonjour le jour !" avait-il hurlé, effrayant par la même occasion un Uruha déjà troublé par son cauchemard.
"Aoiiii," avait grogné l'autre, "tu pourrais faire moins de bruit…"
"On n'a pas le temps, Uruha," rétorqua le brun, "le chef nous appelle. S'il t'a épuisé, toi tu l'a remis en forme…"
"Arrête de te foutre de moi, Aoi. On croirait que tu es jaloux."
"Moi ?!" cria presque l'interessé, "Jaloux ? Tu plaisantes ?"
Le blond eut un sourire carnassier.
"Ouais, on dirait vraiment que tu es jaloux."
Il soupira, puis se leva, laissant là l'autre encore interloqué. Peut-être avait-il raison ? Non, impossible, évidemment. Il s'habilla, et sortit, rejoignant le reste de l'armée. Aoi ne fut pas long à arriver à son tour. L'artillerie fut distribuée, les plans d'attaque décidés, les rôles attribués. Le grand combat allait commencer.
"Bonne chance," souhaita Uruha au brun dans un souffle.
"Bonne chance à toi," répondit l'autre.
Ils partirent chacun de leur côté. Le blond devait servir d'appât; ses traits plutôt féminins allaient lui servir. Déguisé en femme, il attirerait le chef ennemi dans un piège. Sans lui, le village serait désorganisé, et leur chef pourrait récupérer l'objet de la dispute des deux clans : le torque d'or dont il avait hérité, et qui lui avait été volé. Caché des yeux des autres, il se changea, un regard triste émanant des yeux d'Aoi. Voyant l'expression de celui-ci, il alla le rassurer.
"Ne t'en fais pas," chuchotta-t-il à l'oreille du jeune homme brun, "j'ai connu pire..."
"Tu n'as pas à te rabaisser comme ça juste pour une victoire !" rétorqua son ami.
"Si, Aoi. Il le faut."
Sur ces mots, prononcés d'une voix fataliste, il partit en avant, sous les regards moqueurs de la plupart de ses compagnons. Arrivant au clan voisin, il s'avança avec grâce et délicatesse, comme une femme. Les hommes s'approchèrent de lui, discutèrent, et enfin décidèrent de l'ammener à leur chef, qui se devait d'être le premier à goûter aux plaisirs des jolies femmes. Le plan avait fonctionné. Lorsqu'il fut ammené dans la hutte du chef de clans, il entendit des cris tout autour : les autres étaient sortis de leurs cachettes, et assaillaient le village.
"Qu'est-ce qui se passe ?!" s'enquit le vieil homme.
"Pas d'inquiétude," le rassura Uruha, "donnez-moi plutôt... Le torque."
"Le torque ? Vous êtes de..."
"Chut... Donnez-le moi, sans faire d'histoire. A moins que vous ne vouliez subir le même sort que le reste de votre clan ?"
