Chapitre 4
Le visage renfrogné, le chef de clan lança le torque a visage du blond.
"Pff. Vous avez besoin d'une pute, maintenant, pour faire le sale boulot ?"
Uruha fut incapable de contenir sa colère et l'envoya valser d'un coup de poing.
"La pute sait aussi se battre," vociféra-t-il.
L'androgyne alla rejoindre son chef de clan, cherchant à passer en dehors des combats, mais une flèche lui arracha la peau de l'épaule. Il poussa un gémissement de douleur avant de reprendre sa route jusqu'au campement; là-bas, il rendit le torque à son propriétaire d'origine, qui lui conseilla de se faire soigner.
"Tu te dois d'être en forme pour cette nuit," susurra-t-il à l'oreille du jeune homme blond.
Uruha acquiesca, puis alla voir le druide pour aller soigner ses blessures. La surprise fut de taille quand il y vit Aoi, le torse entouré d'un bandage sur lequel s'étalait une tâche de sang. Il s'en approcha doucement, le regard perdu, sa main prête à se poser sur le corps du brun
"Ne me touches pas," le repoussa Aoi.
"Mais..."
"Ne me touches pas..." reprit le brun, au bord des larmes, "c'est de ta faute, tout ça..."
Uruha eut un geste de recul. De sa faute ?
"C'est de ta faute, et en plus, tu trouves encore le moyen d'être blessé," soupira son ami. "Uruha, tu es..."
Aoi visiblement s'empêchait à tout prix de pleurer. De pleurer devant son meilleur ami. Pourquoi ?
"Aoi, explique-moi ! Qu'est-ce que j'ai fait pour que ce soit de ma faute ?"
"Tu..." Le brun lança un regard dégoûté à Uruha. "Tu couches avec... Avec lui... Et moi... Quand... Quand j'ai su ce que tu devais faire pour... pour la bataille... J'ai..."
Aoi hoquetait, laissant cette fois échapper sanglots et larmes.
"Calmes-toi..."
"NON, je ne me calmerais pas ! J'ai cru qu'il... Que tu allais... Enfin... "
Uruha le regarda, interloqué : pourquoi Aoi se faisait-il tant de soucis pour lui ?
"Shhht... Je vais bien, d'accord ?"
"Tu saignes. Beaucoup."
"Pas autant que toi."
"Idiot."
"Jaloux."
Le brun, outré, releva la tête vers son ami.
"Je ne suis..."
"Tu es complètement jaloux. De quoi, ou de qui, j'en sais fichtre rien. Mais tu es jaloux."
L'androgyne afficha un sourire victorieux, et l'autre se rallongea. Le blond s'installa au-dessus de lui et le fixa dans les yeux, une lueur perverse dans le regard.
"Tu veux que je sois tout à toi ? Je peux, si tu veux. Tu n'as qu'à le demander."
Aussitôt, son ami l'envoya par terre d'un coup de poing.
"Uruha," fit-il d'une voix glaciale. "Arrête de jouer les putes. J'ai horreur de ça, et puis ça ne te ressemble pas du tout. N'oublies pas que je te connais depuis toujours."
"Bien sûr que si, ça me ressemble. Je suis comme ça. Je ne te l'ai jamais montré, c'est tout. Je te dégoûte ?"
