Chapitre 9
Sans répondre, Reita surplomba Ruki en souriant calmement.
"Euh... Reita," souffla le plus petit, "attends..."
L'autre se résigna, s'asseyant en face de son ami.
"Je plaisante," fit-il en riant, "je ne suis pas un violeur..."
Le plus jeune des deux sourit, soupirant de soulagement.
"Je dois avouer que j'ai eu peur un instant..."
"Ne t'en fais pas," souriait Reita. "Nous sommes amis, non ?"
"Amis ?" L'homme aux yeux bleus sembla réfléchir un instant. "Oui, c'est vrai."
Rassuré, il continua sa discussion avec Reita jusqu'à la nuit. Ensemble, ils se sentaient bien, largement mieux que dans leurs clans respectifs. Ils discutaient de tout, de rien, d'eux-même, de leurs amis, alliés et ennemis, de la bataille de la veille, de leurs morts et du Torque.
"Notre chef l'avait hérité de sa famille, il s'y transmet depuis plusieurs générations..."
"Et le nôtre le lui a volé un jour où il était saoûl..."
Ils éclatèrent de rire.
"Franchement, ils sont nuls !" riait l'Ocillien.
"Là je suis d'accord !" renchérit l'autre, en tombant sur son ami.
"Ah..."
"Ouh, désolé..." Il se releva. "Je suis fatigué..."
"Moi aussi. On devrait rentrer chez nous, non ?"
"Je n'ai pas très envie de revoir ma hutte et ma fiancée..."
Reita regardait le vide, effectivement peu désireux de retrouver cette femme qu'il n'aimait pas et cette habitation inconfortable. Il préférait être ici, sous cet arbre, avec cet homme si différent, à discuter de tout et de rien, à parler de lui à cet inconnu comme il n'avait jamais, jamais parlé de lui-même à qui que ce soit...
"Finalement..." reprit Ruki après qu'un grand silence se soit installé entre eux, "J'aimerais bien que tu m'aides à savoir si je suis doué ou non."
Le guerrier se releva, fixant son ami dans les yeux, incrédule : l'homme aux yeux bleus lui offrait son coeur et son corps alors qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques heures...
"Tu es sûr ?"
"Sûr et certain. Je veux que ce soit... Avec toi."
Obéissant avec tendresse, l'Amacan se pencha à nouveau sur lui, tout doucement comme pour ne pas l'effrayer, approchant son visage de celui de son vis-à-vis. Leurs lèvres se touchèrent un instant, leurs corps se rapprochaient. Bientôt, leurs deux souffles n'en firent plus qu'un, leurs lèvres s'entrechoquèrent encore et encore, leurs langues se livraient un combat sans merci. Leurs torses se rapprochaient indéniablement et se touchèrent bientôt, et lorsque le baiser prit fin, on ne savait où finissait le corps de l'un et terminait celui de l'autre. Les vêtements qui auparavant les recouvraient avaient préféré faire un tour dans les herbes de la clairière, et les lèvres de Ruki ne touchaient plus celles de Reita : elles étaient descendues le long de son cou pour arriver jusqu'à son torse, où elles s'amusaient à glisser, à faire des allers-retours, à déposer des baisers par endroit. Puis elles descendirent encore, pour s'arrêter encore une fois au niveau du nombril du guerrier le plus grand, le titillant et l'embrassant. Une dernière fois elles descendirent, atteignant l'entrejambe de Reita, le caressant et l'embrassant avec tendresse et douceur, avant de se refermer autour de celui-ci, arrachant au blond aux yeux marrons un gémissement. Ruki executa de lents va-et-vient le long du membre de son amant, accélérant sous les gémissement excitants que poussait celui-ci au contact chaud et humide de la bouche de l'Ocillien. Ruki accélérait encore et toujours, menant à ses limites l'Amacan qui s'étouffait sous son désir. Ce dernier se sentit monter et atteindre les étoiles inaccessibles, avant de s'écrouler sur le sol pour reprendre son souffle.
"Alors ?" demanda Ruki, s'allongeant sur son amant.
"Alors j'ai vu les étoiles les plus jolies grâce à toi... Tu vois, tu ne te débrouilles absolument pas plus mal qu'un autre !"
Le guerrier aux yeux bleus détourna le regard.
"Ce n'est pas sur ce plan-là que je l'ai déçu..."
"Alors racontes-moi."
"Eh bien il m'a mené jusqu'à sa couche..."
Reita emmena Ruki près d'un lit de feuilles encore vertes, probablement amassées là par un animal.
"Et il m'y a allongé..."
L'homme aux cheveux couleur des blés fut allongé avec douceur sur le lit de feuilles par son amant.
"Et ensuite ?"
