Chapitre 15
"Kai," fit Aoi
en se réveillant, "je croyais qu'on ne risquait rien, ici
?"
"C'est la vérité,"
répondit le druide. "J'ai simplement oublié de
vous préciser que c'était aussi un lieu de passage et
de repos..."
Le brun crut qu'il allait l'assassiner, mais les bruits de sabots s'arrêtèrent, et quelqu'un frappa à la porte. Ce fut Reita qui alla ouvrir.
"Bonsoir," murmura un jeune homme qui semblait essouflé. "Je suis ici avec quelques uns de mes compagnons... Je viens d'un clan lointain et nous sommes en fuite..." Il prit une pause pour reprendre son souffle. "Auriez-vous moyen de nous héberger pour quelques heures ?"
Le blond jeta un oeil à l'intérieur, considérant ses amis encore endormis.
"Si vous arrivez à trouver de la place, vous serez les bienvenus... Faites attention, certains dorment encore."
L'homme acquiesca, et fit un signe de tête aux hommes qui l'accompagnaient... Ils dépassèrent les autres, et s'installèrent dans un coin encore vide, enjambant quelques uns des endormis, pour se placer tranquillement.
"Au fait,"
commença celui qui les avait présentés. "Quel
est cet endroit ?"
"Un futur village,"
répondit Kai. "Du moins je l'espère."
"Un futur village..."
répéta l'un des étrangers en murmurant. "Y
aurait-il moyen..."
"Que vous restiez ?"
demanda Aoi avec douceur. "Bien entendu... Je ne pense pas que
ça dérange ?" demanda-t-il, regardant
sucessivement Kai et Reita, les deux autres dormant toujours.
La nuit se termina tranquillement, et le jour ne tarda pas à poindre. Une odeur délicieuse régnait dans toute la maison, réveillant peu à peu le brun, qui découvrit Kai en train de préparer un repas. Aoi baissa légèrement les yeux en souriant, sentant les mains de son amant remonter le long de son corps; il s'éveillait, tout doucement...
"Bonjour..."
"Bonjour,"
répondit le jeune guerrier en embrassant celui qu'il aimait.
Ils s'habillèrent tous deux correctement, et rejoignirent Kai autour du foyer.
"Déjà
levé ?"
"Je vous retourne la
question... Le soleil est à peine levé."
Aoi se leva, se dirigea la vers la porte et l'ouvrit légèrement.
"Il fait sombre..." murmura-t-il. "On dirait que la pluie s'annonce..."
Il fronça tristement les sourcils et retourna auprès d'Uruha, posant sa main glacée sur la cuisse de son amant, puis près du feu pour la réchauffer. Kai prit trois bols et servit une soupe chaude, contrastant agréablement avec le froid qui avait en grande partie envahi l'habitation. Un ou deux soupirs de soulagement se firent entendre du côté de ceux qui dormaient, arrachant un petit rire à Kai. Uruha tentait tant bien que mal de réchauffer Aoi, qui le remercia d'un baiser à peine appuyé. Ils se blottirent l'un contre l'autre, s'offrant mutuellement la chaleur de leurs corps.
"Ne vous endormez pas, on a du travail..."
