Chapitre 16
Le ciel sombre recouvrit leur journée. Mais les nouveaux venus étaient rapides et efficaces; et la construction de ce village neutre avança bien rapidement. Bientôt, l'habitation qu'il partageait avec Uruha fut entourée de constructions similaires. Il avait parlé de son idée aux autres, et leur première réaction fut d'être étonnés avant de rire de bon coeur - sauf Kai, qui leur en avait expliqué les avantages, ce qui avait mené à une petite réunion.
"D'autres murs ? Mais
où... ?" demanda l'un des nouveaux, un grand blond au
regard mystérieux.
"Ils séparaient
le foyer et le lit," expliqua Aoi. "Ainsi que ces deux
pièces et l'atelier."
"Séparer lit
et foyer," expliqua le druide, "c'est éviter les
odeurs - et les bruits."
Les autres acquiescèrent, semblant réfléchir à l'idée; après s'être concertés, ils optèrent pour l'appliquer. Alors, peu à peu, de nouveaux murs s'élevèrent, et les huttes devinrent maisons, leur paraissant grandes, immense... Pour eux tous, c'était une vraie merveille. Ils se réjouirent, burent de l'hydromel, et fêtèrent leurs nouvelles créations... La nuit, pour Aoi et son amant, se termina au bord de la rivière, dans l'herbe humide et douce. La main d'Uruha était dans son dos, le faisant frissoner de toute part.
"Le ciel est
magnifique, ce soir..." murmura le blond.
"Oui..."
"Toi aussi tu es
magnifique."
"Je te renvoie le
compliment..."
Le brun avait roulé sur lui-même pour faire face à son aimé, dont les lèvres se posèrent tendrement sur les siennes.
"Je suis saoul,"
fit Aoi en riant bêtement.
"Moi aussi,"
rétorqua son compagnon et amant de la même manière.
L'un se pencha sur l'autre, et ils s'embrassèrent à nouveau. Gloussant ridiculement sous l'effet de l'alcool, il défit peu à peu le haut d'un Uruha qui ne bronchait pas le moins du monde; au contraire, il ne put réprimer un soupir de désir alors que le brun parcourait amoureusement sa peau de ses mains et de ses lèvres... L'androgyne se détendit, et son amant lui adressa un sourire saoul et amoureux; mais il refusait de se contenter de celà, et tous deux se retrouvèrent bientôt entièrement nus, l'un face à l'autre. Ils s'admiraient, hésitant presque. D'un coup, le blond se tendit.
"Aoi-chan..."
Ledit Aoi se plaça doucement et tendrement au-dessus de son amant, le regardant toujours dans les yeux, et lui donna un baiser des plus chastes.
"Tu as peur ?"
"Oui..."
"Moi aussi, tu
sais..."
Ils se regardèrent encore, et rirent bêtement. Quelques caresses plus tard, ils prirent finalement une décision.
"On n'a pas à
avoir peur..."
"Non..."
Un nouveau baiser, de nouvelles caresses, et finalement, avec toute la douceur du monde, Aoi entra amoureusement en son amant. Allongé gracieusement sur lui, il poussa un premier gémissement de plaisir dans un coup de hanche, se retrouvant ainsi entièrement dans la chaleur rassurante du corps de son aimé. Il déposa un léger baiser sur la peau diaphane qui s'offrait à lui, et alors que son androgyne l'embrassait, il commença à bouger tendrement en lui, pas trop vite tout d'abord, puis, poussé par ses gémissements, de plus en plus rapidement, s'enivrant de chaque instant, de chaque sensation qui venait à lui. Des déhanchés graciles lui faisaient perdre pieds comme il sentait Uruha perdre pieds, et l'un contre l'autre, l'un en l'autre, ils montaient vers le plus grand des bonheurs; loin du monde, loin des autres, loin de tout, Aoi fit sien de celui qu'il aimait tant, alors que derrière ses yeux explosaient les astres en étoiles de couleurs.
