PARTIE II : Entre Enfer et Paradis
Disclaimer : Oyez oyez…TOUS les personnages de cette fanfiction sont à leurs propriétaires. Autrement dis, tout personnage d'FF est à Square Enix, tout personnage que vous ne connaissez pas avec des noms bizarres est à moi Tout autant que l'univers d'FF7 appartient à SE, tout autant que notre monde nous appartient (--' j'suis vachement logique, hein ? Digne d'une philosophe vous ne croyez pas ?)
Avant-propos : Je tiens à préciser, avant que vous commenciez à lire, cette fic est la suite logique d'une autre fanfic nommée « Les rêves des XIII tatoués » qui elle-même était la suite d'une oneshot de ma création nommée « The End of Death and Tears » (cherchez dans Fanfiction d'FF7 ) Si vous ne les avez pas lu, il serait dommage de commencer cette fic, vu que tout est basé dessus. Voilà, bonne lecture, et n'hésitez pas à appuyer sur le petit bouton nommé « review » en bas de la page…ça fait toujours TRES plaisir à l'auteur Oo sisi, j'vous promets !
Chapitre dix (fin) :
Le jeune homme arpentait le laboratoire perdu de Kalm. Cela faisait une semaine qu'il n'y avait pas pénétré.
Ce qu'il cherchait ? Toutes les données de ce fou. Toutes les données pour comprendre enfin.
De son naturel pas souple de chat, il parvient sans mal à retrouver la salle d'informatique. Des dossiers traînaient encore en masse sur le bureau. Pendant longtemps, il avait cru que certains de ces dossiers ne servaient strictement à rien.
Au final, il y avait bien là, sur un coin du bureau, un dossier intitulé « Entre Enfer et Paradis ». Le dossier était signé par une ancienne scientifique. Pour être plus précis, par la grand-mère elle-même de l'ancienne ange de la mort. Lucrecia Crescent.
« C'était sous mon nez depuis le début. Mais quel titre ! Comment aurais-je pu deviner ? »
Il l'ouvrit. Il tenait entre ses dents une petite lampe de poche, comme à sa première venue. Tout un tas de fiche traînaient à l'intérieur. Ce n'était pas l'écriture d'Hojo, mais bien celle de quelqu'un d'autre. Le projet Eden ne venait donc pas de lui.
Une étrange feuille attira l'attention du jeune homme. Elle était écrite à la plume, comme un poème en prose. Ce n'était pourtant que des notes. Il les lut à voix haute.
«Rapport du projet Iris numéro I : les Armes
Les Armes funestes qui modélisent la terre, seules capables de déterminer du futur de nos êtres errants. Chaos le sombre et son antithèse Omega ne sont pas les seuls à demeurer pour exécuter cette terre. La rivière de la vie, notre mère, les a façonnés pour se protéger. Certains pour que la vie ère de planète en planète. D'autres pour empêcher les massacres. Divers pour détruire toute forme de vie. Et pour finir, celles qui n'ont d'autres buts que supprimer tout danger. Fin du premier rapport. »
Hyle tourna la page, et tomba sur un nouveau rapport de la scientifique. De même que le précédent, il le lut à voix haute.
« Rapport du projet Iris numéro II : Des dieux.
J'ai découvert, selon certaines données extraites de la Cetra trouvée dans une strate géologique, que ses pouvoirs avaient été égal à ceux des dieux. Les Cetras étaient-ils des dieux ? Ce n'est qu'une théorie, comme celle de Chaos et d'Omega, mais je suis certaine que si elle était vivante, elle ne serait plus qu'une entité dominatrice. Peut être qu'en recréant un être semblable, portant ses cellules, une partie de ses pouvoirs renaîtrait. Fin du second rapport. »
Troisième page.
« Rapport du projet Iris numéro III : L'ange de la mort.
Luisant comme une âme perdue, l'ange de la mort sévit, tuant et désordonnant tout être. Lorsqu'il disparaîtra, entraînant dans un autre monde pouvoirs et passions, toute son humanité il regagnera. Iris, messagère des dieux, partira en quête des pouvoirs perdus. Un ange de la mort qui sera capable d'offrir le paradis sur terre, portant en elle un monstre à la cruauté sans limite. Elle-même l'Arme préservatrice de l'ascension des dieux, elle sera apte à mettre fin à toute chose. Le Zéphyr, seconde Arme gardienne de la vie, sera la clef pour ouvrir un enfer, ou peut être un paradis. La terre mère, leur terrain de jeu, un dieu naîtra. Fin du troisième rapport. »
Il venait de terminer le troisième rapport lorsqu'il s'assit sur une chaise. Le projet Iris venait donc des données collectées parmi les Cetras par Lucrécia.
Il se sentit retourné. Ils avaient été des Armes, sans le savoir. Des produits de la rivière de la vie. Il commença à lire la quatrième page.
« Rapport du projet Iris numéro IV : Le projet
Le professeur Hojo a décidé de décimer les pouvoirs de la Cetra parmi treize corps qu'il tracera par ADN. Je serai l'un de ces corps, et l'enfant que je porte recevra ses pouvoirs dès sa naissance. Les autres les recevront uniquement que lorsqu'il les perdra. Il a décidé d'en faire l'ange de la mort dont parle certains textes Cétras retrouvés et que j'ai transcris dans mon dernier rapport. Je ne sais pas ce qu'il a en tête. J'ai l'impression qu'il souhaite voir la Cetra revivre à l'aide de cette vieille légende. S'il arrivait à la faire revivre avec ses pouvoirs au grand complet, à l'aide de l'ange de la mort et le Zephyr réunis, alors les possibilités scientifiques ne seraient qu'amplifiées. Il dit qu'il y a deux solutions pour réussir ce projet. Soit concevoir un être capable de recevoir tous les pouvoirs et faire renaître la cetra. Soit associer l'ange et le Zephyr. J'ai…peu confiance en sa théorie. Fin du quatrième rapport. »
Le jeune lecteur en herbe fit glisser la page, et en trouva une cinquième. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un rapport, simplement de quelques lignes.
« Treize rapports…quatre en ce carnet. Cinq dans le D36 ; G10 ; D59 ; D97. L'endroit où se trouvent les quatre derniers est en ce lieu. »
Il resta ébahi. Une chasse au trésor maintenant ! Il rageait contre lui-même, et contre la scientifique. Hojo n'avait pas du trouver les rapports suivants, sinon ils se seraient trouvés dans ce dossier. Mais rien. Il n'y avait rien d'autres, à par quelques notes du scientifique fou sur les premiers rapports de Lucrecia.
« Théorie confirmée sur le spécimen I. Attente d'une seconde génération plus stable pour commencer les expériences : pour l'instant le I est incapable de trouver le Zephyr, et ses pouvoirs sont bloqués par moi-même. Il aurait trouvé un troisième moyen de devenir un dieu et de faire renaître Jenova dans sa totalité. Cette dernière subsiste par fragments. Lucrécia faisait erreur. »
En lisant les dernières lignes, il se mit à faire demi tour, sortant de la pièce. Il avait le nez plongé sur sa copie, lorsqu'un béhémot sortit de l'ombre. Il avait une large entaille à l'œil droit.
« Tiens, tu tombes bien toi. »
Le béhémot tomba inerte sur le sol quelques instants plus tard, avalé par une tornade de faible intensité.
« Tu fais moins le malin, toi aussi, sans tes pouvoirs. »
Et l'homme sortit à l'air libre. Cela paraissait étrange, mais il savait où se trouvaient les derniers rapports du projet. S'il n'avait pas vécu plus de cinq années sur la Terre, il aurait été incapable de trouver la solution.
Ces cinq années. Il s'en souvenait. Il passait son temps à l'épier et à l'aider, sans jamais la rencontrer. Il passait régulièrement d'un monde à l'autre. Il avait l'impression que c'était grâce à la dimension parallèle qui les reliait ensembles qu'il avait réussi ce tour de magie. Parfois dans un monde, parfois dans l'autre. Comme s'ils étaient liés. Les Armes en eux y étaient-ils pour quelque chose ?
Mais dans ce monde, il se souvenait. Il l'avait observée jouer à ce jeu à de nombreuses reprises. Chanter aussi. Et dans ce jeu, il se souvenait.
« D36 ; G10 ; D59 ; D97…ce sont les codes pour ouvrir le coffre à Nibelheim, afin de trouver la clef qui mène à Vincent. Cloud l'avait ouvert pourtant. N'a-t-il pris que ce qu'il l'intéressait ? »
Il ne fallut pas le redire deux fois. Hyle était déjà en route…
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Cloud était assis sur une chaise, silencieux, dans le bar-café de Tifa. Cette dernière s'occupait de servir des clients. Plus loin, Denzel et Marlène discutaient ensemble autour d'un café.
L'ancien Soldat eut un soupir mélancolique. Le monde avait reprit vit depuis les trois derniers jours. On avait informé les gens du monde entier des derniers évènements. Et tous idolâtrait une femme qu'il ne connaissait même pas. Qu'il n'avait jamais rencontré. Dont personne ne se doutait qui elle était réellement.
Lui, il le savait. Pour l'avoir vu en face à face une fois, il savait qui elle était. Il l'avait haï et détestée. La fille du Sephiroth.
Elle avait du mérite, et maintenant, il se sentait coupable. Mais il n'était pas le seul dans ce cas. Son propre fils refusait de sortir de sa chambre. Hannah restait la plupart du temps à ses côtés, mais quelque chose ne tournait pas rond.
Peut être parce qu'il ne s'était pas excusé lui non plus pour son comportement.
Mais que voulez-vous ? Ce jour-là, Sylvain pensait qu'il avait perdu contre une fille. Son meilleur ami la considérait plus importante que lui au point d'en donner sa vie. Il se sentait exclu.
Elle lui avait volé Hyle. Et même morte, elle le lui volait. Il était jaloux de cette fille.
Le jeune garçon était allongé sur son lit. Hannah était assise sur le bord. Ni l'un ni l'autre ne parlait depuis qu'Iris n'était plus là.
Jusqu'à ce moment là.
« Tu sais, moi aussi je suis jalouse de cette fille.
-Pardon ? Je ne vois pas en quoi tu devrais être jalouse ?
-Bien sûr que si. Elle t'obnubile encore plus qu'Hyle.
-Hein ?! »
Sylvain se releva, reprenant du poil de la bête d'un coup. Il était contrarié par les propos d'Hannah, mais il devait admettre qu'elle avait raison.
Et puis, d'un côté, il se sentait revivre. Un doute lui vint.
« Pourquoi tu es jalouse ? »
Pas un mot, juste un regard. Elle l'embrassa en silence, et lui ordonna de se reposer.
Le jeune blondinet resta allongé sur son lit, un doux sourire aux lèvres, comme si ses soucis venaient de s'envoler momentanément.
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Nibelheim n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'Hyle s'y était rendu. Des maisons tristes, sans joie de vivre. Une ville laissait entrevoir par son aspect les horreurs du passé. Tout avait commencé par là. Ou plus exactement par la Grotte Nord, mais le projet Eden avait débuté dans cet endroit. C'était à la fois magique et morbide. Tant de morts. Tant de massacres.
Hyle pénétra dans la ville fantôme. Elle était presque devenue inhabitée avec le temps. Ce fut donc dans le silence le plus total qui traversa la petite ville jusqu'à l'immense bâtisse qui surplombait tout. Le Manoir Shin-Ra.
« Nous y voilà… »
Mais il faisait nuit. Il ne passerait que quelques instants dans le manoir, afin de récupérer tout ce qu'il voulait. Il irait faire un tour dans le sous-sol. Un passé sombre planait sur le bâtiment. Après avoir fini tout ce qu'il souhaitait, il irait dormir à l'auberge.
Ses pas le conduisirent donc jusqu'au palier. Suivant quelques vagues souvenirs, il monta à l'étage, en prenant le couloir de gauche. Tout était calme et silencieux. Cela en devenait presque angoissant.
Hyle rentra dans la petite pièce sur la droite. Le coffre se trouvait là, juste en face de la porte. En quelques instants, il rentra le code.
Clic.
La petite porte blanchâtre du coffre s'ouvrit. Vingt ans s'étaient écoulés depuis la dernière fois où elle avait été ouverte. A l'intérieur…il n'y avait rien.
« RAHHH ! Et merde ! »
Hyle frappa de toutes ses forces le coffre, frustré. L'idiot. S'il avait réfléchi un seul instant, il se serait souvenu que c'était Hojo lui-même qui avait enfermé la clef qui menait jusqu'à Vincent à l'intérieur de ce coffre. Il avait déjà du trouver depuis longtemps les rapports suivants.
Le jeune homme se laissa glisser contre le mur adjacent, dépité. Il se sentit mal d'un coup. Il s'était longtemps dis qu'en partant sur les traces du projet, il en apprendrait plus sur Iris et lui-même.
Iris.
S'il n'y avait pas eu sa fierté, il se serait déjà mit à pleurer, seul dans cette pièce, livré aux souvenirs. A de très douloureux souvenirs. Jamais il n'avait imaginé ressentir une si grande peine. Il se sentait perdu et désemparé, comme si un maillon de son cœur était absent.
Non.
Comme si son cœur entier ne répondait plus.
Pas étonnant qu'elle s'était mise à le détester. Il comprenait les dires de Nanaki, à présent. Il s'en voulait. Il s'en voulait tellement. Peut être que s'il n'avait jamais usé de cette mascarade, il aurait pu profiter plus pleinement et plus longtemps de la présence d'Iris.
Peut être même ne serait-elle jamais morte ? Elle n'aurait pas rompu sa promesse. Elle serait là, à rire de lui. Là, à manger des chichis à ses côtés…
« …Iris… »
Il la connaissait depuis toujours. Il lui avait toujours couru après, attiré par elle. Mais il avait toujours agis dans l'ombre. Il avait toujours voulu se faire pardonner pour la chute qui avait failli être mortelle pour tous les deux. Il l'admirait.
A quel moment ce sentiment d'admiration s'était-il changé en amour ? Il ne savait pas. Mais il ne pourrait plus jamais lui faire partager désormais.
Hyle se releva, abattu. Le coffre restait ouvert. Il posa la main sur la poignée et s'apprêta à le fermer. Il stoppa son geste en pleine action. A l'intérieur de la porte du coffre se trouvait écrit, gravé dans le métal, des notes de musique et quelques mots.
« Les oiseaux aiment le chant et la musique. »
Le voici, le nouvel indice. Le cœur d'Hyle fit un bon dans sa poitrine. Il devait maintenant en trouver la signification. Cela se trouvait dans cet endroit, suivant l'indice trouvé dans les premiers rapports.
Dans cet endroit…de la musique…
L'ancien VII sortit à toute vitesse de la pièce, sauta de l'étage pour atterrir trois mètres plus bas, dans le hall, et fila sans demander son reste dans la salle du fond, derrière les escaliers. Il ouvrit la porte, et se retrouva dans une petite pièce.
Là, se trouvait le piano, une partition sur son pupitre. Il s'assit donc sur le petit tabouret poussiéreux, et s'amusa à décrypter la musique.
Au bout de quelques minutes, il s'élança sur le clavier du piano, et une douce mélodie enveloppa la pièce. Il ne jouait pas aussi bien qu'elle, il le savait, mais il ne se débrouillait pas si mal.
Lorsqu'il arriva à la dernière note de la partition, le piano fit une fausse note. Au même instant, un petit placard s'ouvrit sur le côté.
« Bingo ! »
Hyle attrapa les feuilles volantes qui s'y trouvaient. Il lut rapidement leurs intitulés.
« Rapport du projet Eden. »
Il les avait trouvés ! Enfin. Il allait avancer un peu plus sur cette mystérieuse histoire.
--
Hyle était allongé sur son lit, dans l'auberge de Nibelheim.
Un bras casé sous sa nuque, une main tenant la liasse de documents. Il était le premier à les lire, sans doute.
« Rapport du projet Iris numéro V : mots au lecteur.
Qui que vous soyez, vous avez entre vos mains les cinq rapports supplémentaires que j'ai caché en ce lieu. Selon ma théorie sur l'ange de la mort, celui-ci à une attirance pour la musique. Seul lui, ou quelqu'un doué dans ce domaine pourra composer la musique. Je sais qu'Hojo n'est pas un fan de mélodies. Et de toute manière, il considère mes rapports comme inutiles, il ne les cherchera pas. Seule sa théorie est exacte selon lui. Toujours est-il que vous avez dans vos mains une partie de mon héritage. Ce sont les seuls rapports que j'ai caché ainsi. Sans doute parce qu'il s'agissait des plus dangereuses découvertes.
Je ne sais pas à quelle époque vous lisez ces mots. Peut être quelques années après ma mort, peut être deux cents ans après. Il est impossible de savoir quand l'évènement se produira. Le professeur Hojo parlait d'utiliser la seconde génération de mon futur enfant pour mener à bien son projet. Et quel projet ! L'un des plus sombres. J'ai découvert, à l'aide d'anciens textes Cetras, que l'ange de la mort était capable, une fois devenu un dieu, d'éradiquer toutes formes de vie sur terre en transformant cette dernière en une sorte de Terre Promise. Ou plutôt, en LA Terre Promise que les Cetras ont cherché en vain. Sur cette terre, il s'agit de la rivière de la vie, mais à une plus grande envergure, il pourrait s'agir d'une planète.
Si une telle Terre venait à être crée, toute forme de vie serait réduite à…Néant…
Fin du cinquième rapport. »
Pour le moment, Hyle connaissait toutes ses infos. Il avait réussi à les déduire avec le temps, et les rêves qu'il faisait en compagnie de la jeune argentée.
Il tourna la page, continuant ses recherches.
« Rapport du projet Iris numéro VI : Redemption (Texte Cetra trouvé sur une pierre du passé, traduite par Mademoiselle Ilfana)
Ton âme retourne gentiment au ciel. Que puis-je faire pour te venger ? Je l'ai longtemps observé afin de faire sécher mes larmes. La douleur gît sur une plaie qui ne peut se refermer. J'ai juré de ne jamais l'oublier. J'agiterai mes ailes brisées. J'effacerai tout cela un jour, vous verrez. Jusqu'à ce que la dernière cloche, encerclant ce chant funèbre, cesse.
Tu m'as dit, vit ceci comme si tu devais mourir demain. Sent ceci comme si tu devais être réincarné maintenant. Fais face à ceci comme si tu devais vivre éternellement.
Larmes rouge vives tracées par un doigt tremblant. Je n'avais rien à perdre, rien de réel. Tout ceci s'effondre parmi de sombres souvenirs.
Le dernier sourire hésite, puis disparaît, et la chaleur est tout ce qui reste.
Ton type de mots doux ne peut pas me guérir maintenant, ce corps seul consacré à des combats incessants.
Tout
le monde retourne au ciel un jour. Vous ne devriez jamais dire au
revoir.
J'agiterai mes ailes brisées, j'effacerai cela un
jour, vous verrez. Jusqu'à ce que la dernière cloche encerclant
le chant funèbre, cesse.
Ton type de mots doux ne peut pas guérir maintenant, ce corps seul consacré à des combats incessants…
Redemption.
Chant Cetra
Fin du sixième rapport. »
Hyle eut un petit sourire. Ces paroles lui disaient bien quelque chose. Mais impossible de savoir où il les avait déjà entendues. Dans ce monde, ou peut être celui d'Iris. Il ne savait plus. Où les deux peut-être ?
Il passa au rapport suivant.
« Rapport du projet Iris numéro VII : Le Zéphyr.
Qu'est-ce qu'exactement le Zephyr ? Une arme, telle Chaos ? Pas exactement. Il ne s'agit pas du bras droit d'une autre arme, bien au contraire. Si l'ange est le gardien de la mort, alors le Zephyr est le gardien de la vie. Deux Armes très différentes, aux caractères opposés, qui se rejètent. Il est logiquement impossible que les deux Armes s'allient, et cela me confère un point par rapport à Hojo, retardant l'inévitable.
Pourtant, je ne peux m'empêcher d'être anxieuse. Et si le Zephyr était un être humain, tout comme l'ange ? Que se passerait-il ? Serait-il possible que ces deux êtres se rapprochent ? Non, il y a peu de chance. Du moins, je l'espère…
D'après quelques informations obtenues grâce à une jeune femme de Canyon Cosmos, nommée Ilfana, le Zephyr serait une Arme représentée par un ange aux ailes blanches. Une véritable antithèse de l'ange de la mort en quelque sorte. Il a pour mission de garder l'équilibre de vie. Cette femme m'a dit qu'elle savait où il se trouvait le Zephyr en ce moment. Mais lorsque je lui ai demandé où, elle ne m'a pas répondu…
Fin du Septième rapport. »
La pendule de l'auberge indiquait minuit moins le quart. Hyle resta planché sur les feuilles. La dernière qu'il avait lue l'avait fait sourire. Si Lucrécia avait su. A l'époque, il s'agissait d'Ilfana qui portait en elle le Zephyr. Puis, cette dernière la légué à sa fille, en toute logique. Et puis, la marchande de fleur, n'ayant pas eu le temps de le donner à quelqu'un d'autre, l'avait offert à lui, le numéro VII. Pourquoi ?
Il se souvenait vaguement à l'époque…seul et perdu au milieu de tout, sans parent. Il était jeune, il n'en avait que de maigres souvenirs. C'était Hojo lui même qui les avait tué, et Aerith avait fait en sorte de sauver le jeune garçon qui s'était enfui en volant, alors qu'il ne contrôlait pas encore ses pouvoirs.
Maintenant, il comprenait. Ce n'était pas ses pouvoirs, mais ceux du Zéphyr en lui. Ce fut à partir de cet instant, que les rêves avec Iris avaient commencé.
Ces Armes étaient le lien qui les unissait, même s'ils étaient censés se détester.
La lune était pleine ce soir là. Hyle ne se rendit pas bien compte, mais il devait avoir commencé le huitième rapport lorsqu'il se sentit emporté par la fatigue, s'écroulant sur son lit…
Etrange. Depuis trois jours, il n'avait pas réussi à revenir dans cette étrange dimension qui l'avait vu grandir. Et là…
Hyle était allongé dans les plantes hautes du petit coin de paradis. L'endroit demeurait inchangé, pareil à lui-même. Au dessus de lui, se trouvait les branches de l'arbre millénaire. Il était doux de s'endormir à cet endroit.
Sous ses doigts, il serra quelques herbes. Tout semblait si réel, pourtant. D'ailleurs, tout ce qui s'y passait était à la fois réel et irréel.
« Tiens, tu es là, toi ? » s'étonna une douce voix.
Un sursaut. Le jeune homme se retourna d'un coup, arrêtant de scruter l'endroit.
Mais rien. La voix était sortie de nulle part, et ne résonnait plus qu'en écho dans son esprit. C'était la voix de son amie. Il avait du rêver. Le mal qu'il ressentait depuis sa mort s'accentua d'un coup. Il voulait quitter cet endroit.
Il ne pouvait plus supporter de voir ce paysage qui ne restera qu'utopique, après tous les évènements. Tout était fini, certes. Plus de pouvoir. Hojo était mort. Le Zephyr avait disparu, tout comme l'ange d'ailleurs.
….tout comme l'ange…
"IRIS !! TU ME LE PAYERAS !"
Hyle venait d'hurler à plein poumons, faisant ressortir toute la tristesse et la mélancolie qui lui tenaillaient le cœur.
Le décor disparut alors, le laissant retourner à ses propres rêves.
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Le rêve qu'il fit avait été étrange. A son réveil, Hyle se sentit bizarre, un peu désorienté. Un mal de crane aussi, mais rien de bien méchant.
En fait, il avait eu l'impression que quelqu'un d'autre était dans sa chambre, à l'auberge. Mais en ouvrant les yeux, rien du tout. Juste les feuilles volantes des rapports de Lucrecia étaient étalées sur le sol. Par réflexe, il attrapa les derniers et finit sa lecture qu'il avait commencée la veille.
"Rapport du Projet Iris numéro VIII : Comptine.
« Et lorsque le Zephyr apparaîtra, la messagère et lui formeront plus qu'une seule et même entité, un dieu de vie et de mort. »
Comme lors de mes recherches précédentes, chaque texte que j'ai réussi à trouver me fourni cet information. Le Zephyr et l'ange finiront pas s'unir pour devenir un sorte d'être tout puissant. Tout comme dans la théorie d'Hojo sur les futurs tatoués. Je ne sais pas comment il va procéder pour créer ces créatures. Sûrement pas des humains. Du moins…je l'espère.
Jusqu'où la folie d'Hojo le mènera ?
Ai-je fais une erreur en acceptant de recevoir des cellules de Jenova ? Il s'agit d'une Cetra, alors je ne vois pas où est le problème. C'est sans danger.
Et
une fois les pouvoirs de cette Cetra réunis, alors, une sorte de
dieu serait créé ?
Je ne comprends pas. Un détail m'échappe.
Après tout, les Cetras n'ont jamais été des dieux, selon les textes retrouvés…alors pourquoi ? Et…si elle n'était pas une Cetra ? Et si nous nous trompions ?
Qu'ai-je fais ?
Fin du huitième rapport."
Ce qu'elle avait fait ? La pauvre. Si elle savait. Ce n'était pas entièrement de sa faute. Quelqu'un d'autre aurait été le cobaye d'Hojo de toute manière. Mais, il était vrai qu'elle avait laissé la pire des expériences commencer.
Désormais, elle pouvait certainement se rassurer. Après tout, tout était fini.
"Rapport du projet Iris numéro IX : Mon fils.
Mon fils est né depuis quelques jours déjà. Je n'ai pas le droit de le voir. Pas le droit de le prendre dans mes bras. Je n'ai pas le droit d'être une mère. Je l'ai nommé Sephiroth. Mais je n'ai même pas l'occasion de l'appeler par son prénom. J'ai l'impression que l'on m'a une fois de plus retiré une partie de mon cœur. Après Vincent, notre fils.
Il est donc le numéro I. Il porte en lui le pouvoir de l'ange, et tous les autres pouvoirs qu'Hojo voudra décimer par la suite dans treize corps. Cependant, Hojo a fait en sorte de ne pas activer totalement ses pouvoirs. Il lui a retiré le moyen de commencer la "réunion" pour devenir lui-même dieu. Je ne sais pas exactement de quoi il s'agit, mais, je n'aime pas ça. D'un côté, il préserve la vie de cet enfant. Il veut réellement une seconde génération pour avoir un humain assez stable pour tout commencer.
Mais je crois qu'Hojo fait erreur sur toute la ligne…
Il ne parviendra pas à obtenir le dieu qu'il souhaite. Pas avec l'une de ces manières. Je pense qu'il s'agit plutôt d'un…tout.
Fin du neuvième rapport."
Un tout. Oui, c'était cela. Lucrecia venait d'arriver à la même conclusion de Hyle. Au fond de lui, il savait qu'Iris connaissait aussi ce détail, lorsqu'elle lui avait demandé d'invoquer l'Arme en lui.
Elle le savait parfaitement. Elle s'était préparée depuis le départ à cette finalité. Et Hyle se sentait coupable. Après, n'était-ce pas de sa faute ?Ne pas avoir pu réfléchir à tout ceci avant d'invoquer le Zephyr. Ne pas avoir pu la sauver. Ne pas avoir réussi à l'en empêcher. Il n'avait été que l'instrument de sa mort.
Mais pourquoi ? Il le savait pas bien, pourtant. Elle n'était ni sotte, ni naïve. Elle agissait simplement de manière différente avec lui, comme s'il l'obligeait à faire d'autres choix. Elle avait du y penser pendant longtemps.
Depuis combien de temps savait-elle pour le Zephyr ? Plus longtemps que lui en tout cas. Assez pour réfléchir à tout ceci. Assez pour trouver le moyen de piéger Hojo.
Trop longtemps, en définitive.
D'un air las, Hyle se mit à chercher la feuille qui contenait le dernier indice de l'histoire. Une fois les derniers rapports entre ses mains, alors tous les morceaux du puzzle seront réunis.
Il frémit soudain, affolé. La dernière feuille où se trouvait l'indice n'était pas là. Il commença à paniquer, certain de l'avoir vu la veille. D'un mouvement souple, il se leva du lit et chercha autour.
Finalement, il retrouva la dernière feuille sous son lit. Etrange. Avait-il autant bougé durant la nuit ? Il ne chercha pas plus loin, et lut l'indice.
« Neuf en votre possession. Les quatre derniers se trouvent entre les mains de la véritable Cetra. Pas la calamité des cieux. »
Plutôt simple pour Hyle. Il s'agissait d'Ilfana. Cette dernière était cependant morte, et Hyle doutait qu'Aerith ait hérité des rapports. Cela voudrait dire qu'ils étaient restés au dernier endroit habité par la mère d'Aerith.
« Je crois que je vais devoir sortir la polaire… »
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Icicle Inn restait inchangée, pareille à elle même. Couverte de neige…de neige…et encore de neige.
Hyle frémit sous son long manteau noir. Il aurait vraiment du prendre quelque chose de plus chaud. Après tout, la température ne change pas d'une année à une autre.
A petits pas feutrés, il se rendit dans la vieille maison abandonné. Cela faisait des années qu'elle était restée là, sans habitant. Ces derniers la laissait tel quel, comme par souvenirs.
Ce fut donc dans le silence le plus total qu'il y pénétra. Il dut forcer légèrement la porte. Cela devait faire quelques temps que personne n'y était entré. D'un côté, c'était rassurant. Un courant d'air s'engouffra à l'intérieur à son arrivé. Une fenêtre était ouverte, laissant entrer quelques flocons de neiges, qui fondaient aussitôt. Une atmosphère douce et calme y régnait. Agréable. Remplie de souvenirs.
Hyle procéda à quelques recherches. Par déduction, il se rendit à l'étage du dessous, la chambre. Il se mit alors à fouiller dans les tiroirs. Cela dura quelques temps. Au bout d'une bonne demi-heure, ses recherches aboutirent. Là, dans un petit tiroir caché du bas de la bibliothèque, il venait de les trouver. Les derniers rapports. Les clefs manquantes. Il se mit à les lire sur place, malgré la froideur des lieux.
« Rapport du projet Iris numéro X : L'EDEN. (texte Cetra)
L'endroit sacré, dénué de toute nuisance.
L'harmonie suprême, oubliée de toute connaissance.
Il s'agit d'un paradis terrestre. Les un le nomment Eden,
D'autres la Terre Promise, et d'autres encore les Champs Elysées.
Divers noms pour une unique Utopie.
Terre des dieux et porteuses des âmes humaines,
Mais aussi socle des esprits de tout être vivant, animaux et verdures.
Chaque âme sur un unique pied d'égalité.
Parfois aussi la place et le lien entre mort et vivant.
L'ange, grand gardien des défunts. Le Zephyr, souffle de toute vie.
Armes nées de la planète, âme et déesse suprême, Gaia.
Habituellement suspendus dans ce monde chimérique,
Un jour en humains se personnifieront, souhaitant créer de la matière même, cet espace,
Passant de rêverie…à vie.
Fin du dixième rapport. »
Les mains gelées, Hyle continua de lire les rapports, avec une certaine euphorie. La réponse était si près.
« Rapport du projet Iris numéro XI : Ilfana et mon erreur.
Voilà un mois que mon fils est né, et c'est uniquement maintenant que je me rends compte des conséquences de mes actes. Cette femme, Ilfana, que j'ai rencontré, m'a aujourd'hui confirmée mes soupçons.
Et quels soupçons ! Je me sens si mal. Hojo m'a leurrée depuis le début. Il n'y a plus d'intérêt scientifique dans ses recherches sur les tatoués et l'ange de la mort.
Qu'ai-je laissé faire ? Que va-t-il arriver ?
Hojo va commencer le recrutement des humains qui vont servir de cobayes, de porteur des pouvoir de Jenova. Et cette dernière…n'est pas une Cetra.
Les Cetras sont le peuple qui naviguait de planète en planète pour trouver la terre promise de leurs contes et légendes. Ils étaient des humains qui avaient une connaissance illimitée sur le monde qui nous entoure, et qui obtenait la communion avec la nature, et surtout avec la rivière de la vie, l'âme de notre terre.
Nous avons commis une énorme erreur. Jenova n'était pas l'une d'entre eux. Les textes parlaient d'une calamité des cieux qui contaminait les Anciens, les décimant. C'était elle. Elle n'est rien d'autre que cette calamité ignoble.
Et j'ai ses cellules dans mon corps. Mon fils aussi.
J'ai peur. Peur de l'avenir.
Ce ne sera pas un dieu qui sera créé à ce moment là.
Mais deux…
Fin du onzième rapport. »
Au bout du compte, Lucrecia avait fini par connaître la vérité. Sûrement en est-elle morte de culpabilité, ou bien Jenova elle-même qui avait décidé de mettre fin à sa vie. Pourtant, Hyle savait que son âme subsistait quelque part, raccrochée à la vie, à la fois inquiète et coupable.
"Rapport du projet Iris numéro XII : l'union.
Mes recherches ont été plus loin que prévu. Parfois, je souhaiterai ne jamais avoir découvert certaines choses.
Celle-ci par exemple. Mon petit fils ou ma petite fille mourra s'il est victime de son destin.
Après quelques jours de recherches, j'ai pu finaliser mon hypothèse. L'union entre le Zephyr et l'Ange n'engendrera qu'une entité éphémère qui disparaîtra par la suite. Surpuissante cependant. Quasi l'équivalent d'une sorte de dieu de vie et de mort.
Ephémère, oui. Les deux Armes ont été bridées par la rivière de la vie, la terre elle-même, de sorte qu'elle ne puisse en rien outrepasser leurs fonctions assignées.
Cependant, si jamais un être tel que Jenova venait à créer un lien avec les deux, si les pouvoirs de cette entité déchue et les armes venaient à se confondre, alors à cet instant, un être de toute puissance serait créé, et pourrait ainsi ressusciter la calamité des cieux pour régner en couple divin sur les hommes, et les réduire à une mort certaine par le biais de ce paradis qui deviendrait réel, écrasant toute vie de cette planète.
Hojo veut l'immortalité. Il veut ce pouvoir. Il veut aussi contrôler, tout comme Jenova, l'univers.
Dans les mythes et légendes, on parle d'Iris, la déesse arc-en-ciel, messagère des dieux. L'Iris serait-elle donc l'ange de la mort souhaitée par Hojo, et la messagère qui appellera Zephyr pour conclure la destruction de cette planète ?
J'ai fait d'autres recherches sur le devenir de cet être éphémère créé par l'union du Zephyr et de l'ange, mais je noterai ceci dans le prochain rapport.
Il s'agit certainement d'une punition pire que la mort, qui attend cet être…
Fin du douzième rapport."
Une punition pire que la mort. Hyle frémit. A la fois par peur et angoisse, mais aussi par folie. Lire ces rapports le rendait fou. Peu à peu, il s'approchait de la finalité.
Ce qui était arrivé à Iris serait inscrit dans le prochain rapport. Il appréhendait le moment où il lirait les lignes annonçant le verdict de son amie. Il avait peur.
Fébrilement, il tourna alors la page, pour accéder au dernier rapport.
Son cœur se stoppa.
Le dernier rapport n'était pas là…
Juste une unique feuille notée récemment, comme si une personne était passée avant lui. Quelques mots étaient griffonnés à l'encre noire, avec une écriture différente de Lucrecia.
"Ton soi-disant double détient le treizième rapport."
Et c'était tout. Les jambes d'Hyle cédèrent sous lui, le laissant s'écrouler dans la pièce glaciale. Il devait encore attendre d'avoir résolu cette dernière énigme pour avoir la fin.
Certes, l'énigme n'était pas compliquée, mais il se sentait fatigué. Il ne savait plus s'il avait envie de connaitre la vérité. Une punition pire que la mort.
De plus, quelqu'un était passé avant lui dans cet endroit. Comment était-ce possible ?
La fenêtre cassée. Hyle eut un soupire. Qui s'amusait ainsi ?
Doucement, il se releva. Il devait désormais aller à Mideel, pour trouver le rapport numéro XIII.
--
"Grand-frère, que fais-tu là ?"
Il n'était pas bien grand, ce petit garçon de six ans. Pas plus haut que trois pommes, et assis sur un petit banc d'un parc de la ville de Mideel, ses cheveux châtains volant au vent. Ses deux yeux verts, qui avait perdu leurs aspects mutants depuis peu, fixait l'homme essoufflé qui venait d'arriver devant lui.
Ce garçon gardait une cicatrice étrange dans sa nuque. Une cicatrice en forme de VI effacé.
Il s'affola lorsqu'il vit la personne, qu'il avait appelé grand frère, tomber à genoux devant lui.
"Grand frère ! Grand-frère Hyle ! Tu vas bien ?
-…oui…ne t'inquiète pas…je suis juste fatigué, et légèrement sur les nerfs. Comment vas-tu, Ley ?"
Le véritable VI n'était d'autre que ce garçon de six ans, abandonné à lui-même jusqu'à ce qu'Hyle ne le trouve et le cache.
Le garçon lui-même avait consentit à donner ses pouvoirs à son tuteur, une semaine et demie auparavant.
Hyle passa une main dans les cheveux du jeune Ley, les ébouriffant.
"Je vais bien. Tu es revenu, une fois de plus. Tu es là pour longtemps ?
-Je ne sais pas. Dis-moi, Ley, est-ce que quelqu'un t'a donné quelque chose récemment ?"
Il retint son souffle, attendant patiemment la réponse. Le jeune garçon sembla réfléchir un instant, puis lui annonça la triste nouvelle.
"Non. Personne."
Un long silence s'imposa. Finalement, Hyle tomba en arrière, le dos sur l'herbe du parc, abattu.
"On s'est foutu de moi…
-Hyle ! Pourquoi tu es allongé ? Dis ? Quelque chose ne va pas ? J'ai dis quelque chose de mal ? Je suis désolé, ne sois pas comme ça…dis, Hyle ?
-Hum ?
-…pour…pourquoi tu pleures ? Cela ne te ressemble pas…"
Le cœur serré, le jeune adulte céda à la pression. Les larmes coulèrent toutes seules sur son visage. On se moquait de lui, et malgré toutes la fierté qu'il avait gardé pour cacher ses faiblesses, cette fois-ci, il craquait.
Il voulait la revoir. L'engueuler, la haïr tel qu'il se doit.
Il voulait aussi s'endormir à ses côtés à nouveaux, malgré tout, l'embêter un peu, la charrier, mais surtout la voir sourire, rayonnante. L'entendre chanter aussi, et jouer.
Le jeune enfant s'en alla quelque instant, laissant Hyle seul en compagnie de ses pensées. Il avait le cœur déchiré en lambeaux. Il ne saurait jamais, en fin de compte. Il savait bien qu'elle était morte, mais comment, il voulait le savoir.
Car après tout, si l'on arrivait à ressusciter des monstres tel Jenova, pourquoi pas une simple humaine ?
Au dessus de lui, le soleil miroitait, narguant de sa splendeur son état. Au loin, des nuages apparaissaient. Il allait bientôt pleuvoir.
« Hyle ? Grand-frère ? »
Séchant ses larmes, le VII se releva avec lenteur, las de tout. Pour le réconforter, Ley lui tendit un petit paquet.
Un emballage blanc, qui contenait de délicieuses pâtes fris et saupoudrée de sucre. Hyle les accepta sans rechigner. Cela l'aiderait à calmer sa mélancolie quelques instants. Il croqua l'un des chichis, silencieux. La douce pâte chaude lui brûla les lèvres, sans prévenir. Il fit un bond sur ses pieds, réagissant soudain de la stupidité monumentale de la scène.
« LEY ! Où as-tu eu ça ?! D'où viennent ces sucreries ?
-Hein ? Mais, c'est la dame, elle me les a donné pour toi. »
Le manipulateur de vent sentit sa colonne vertébrale frémir. L'idiot, il savait pourtant bien que les chichis n'existaient pas dans son monde.
« La dame t'a dit quelque chose ?
-Non. Mais elle m'a donnée ça. »
Le petite garçon tendit un petit dossier qu'il tenait depuis le début dans ses mains. Il donna le carnet à Hyle, à la fois anxieux, mais avide de savoir ce qu'il se passait.
Le brun ouvrit le carnet et lu alors, avec bonheur, ces mots : « Rapport du projet Iris numéro XIII ».
Il sauta de joie, tellement heureux. Finalement, le rapport était bien là. On avait simplement patienté qu'il arrive.
Sans attendre d'avantage, il lu le verdict :
« Rapport du projet Iris numéro XIII : Punition.
La punition de l'Ange associé au Zephyr, pour avoir voulu transformer le rêve en réalité, ainsi que créer une entité suprême à ce monde, est sans doute la pire de toutes les sentences pour une Arme telle que elle.
Il s'agit de redevenir qu'un être sans aucun pouvoir…ni force…
…un humain.
Fin du Treizième rapport. »
Le petit coin tranquille du parc se fit soudain plus silencieux, à l'instant même où Hyle finissait de lire à voix haute le rapport.
Il restait muet, estomaqué.
Un humain…
Et derrière le rapport, se trouvaient d'autres mots. Fébrilement, il les lut.
« Mêmes humains, les arc-en-ciel apparaissent.
Pour découvrir leurs vrais visages d'ange,
Il suffit uniquement de leur courir après…
O.W.A »
L'eau commença à tomber, sur le visage marqué par la stupéfaction d'Hyle. Les gouttes ruisselèrent sur le morceau de papier.
Doucement, il leva les yeux au ciel. Malgré la pluie, le soleil continuait à briller sur un coin de l'horizon. Là-bas, un magnifique arc-en-ciel se dessinait, comme sur une toile, magique et captivant toute l'attention.
Les jambes d'Hyle bougèrent toutes seules, sans prendre le temps de réfléchir.
« Ley, rentre à la maison, je te rejoins d'ici quelques minutes. »
L'ancien porteur du Zephyr commença alors une course contre la montre, ayant pour unique but de rattraper cet arc-en-ciel qui marquait d'une extrême beauté le paysage.
--
Il pleuvait à torrent. Et lui, il courrait toujours. Les forets de Mideel étaient remplies de monstres étranges, qui voyaient passer devant eux un homme essoufflé qui avait pour but chimérique d'attraper une vision non matériel.
Il n'avait plus de souffle. Ses jambes lui faisaient mal, et il se doutait qu'il ne pourrait pas continuer ainsi éternellement.
Il restait pourtant dans un état d'euphorie total.
Il fallait qu'il attrape cet arc-en-ciel. A chaque fois qu'il avait l'impression de s'en rapprocher, il s'éloignait.
Il traversa des clairières, puis des forêts, et encore des clairières.
Enfin, l'arc-en-ciel lui sembla tout proche. Pas plus d'une centaine de mètres. Il accéléra le rythme, et s'engouffra dans des buissons feuillus.
Soudain, il se stoppa net. Là, devant lui, un océan s'ouvrait à ses yeux, en dessous d'une immense falaise qui se trouvait à ses pieds. Il s'était arrêté à temps avant de tomber tête baissée pour faire un joli plongeon.
Silencieux, il regarda au dessus de lui.
Plus rien. L'arc-en-ciel avait disparu, laissant un homme désemparé et meurtri.
« IRIS !! REVIENS !! C'EST UN ORDRE !! JE T'INTERDIS DE PARTIR AINSI ! EST-CE QUE C'EST CLAIR ?!
-Ai-je des ordres à recevoir de toi ? » grogna une voix féminine qui semblait outrée.
Choc. La voix venait de derrière lui. Et quelle voix ! Celle de la personne qu'il avait vu disparaître à l'instant où il l'avait touchée, dans les ruines de Midgar.
Là, sur la branche d'un arbre, assise comme une enfant, une jeune fille aux cheveux argentés, mais plutôt courts, le fixait, impassible et totalement indifférente.
Hyle comprit alors. Elle ne lui avait toujours pas pardonné.
Et lui non plus d'ailleurs.
« Peut-on dire que l'on est en ce moment même à égalité ? Après tout, je pense que tu t'es déjà assez moquée de moi, non ?
-Non, si moi j'ai fais croire à ma mort une fois, tout comme toi, il n'en demeure pas moins que toi, tu m'aies menti sur toute la ligne depuis notre première rencontre, sans me faire confiance. Nous ne sommes pas à égalité.
-Je te déteste, Iris.
-Nous sommes deux à nous détester, mon cher. »
Iris descendit de son perchoir en un saut, et vint se poser sur le sol. Tout démarra en un instant. Hyle fila sur elle, pour l'attraper. Elle se baissa juste à temps pour le frapper au ventre et se retrouva en un instant derrière le jeune homme, lui tenant le bras droit dans le dos.
« Saleté… » grogna le félin.
« Je te renvoie le compliment.
-Je ne te comprends pas. Toi qui était une douce source de chaleur depuis notre première rencontre, tu n'es plus la même.
-Tu es cruel.
-Et toi, aussi froide que de la glace… »
Les rôles furent inversés en quelques secondes. Hyle recula sans prévenir, surprenant la jeune argentée, qui dût relâcher la pression quelques instants. Il en profita pour l'attraper à son tour, et la plaquer contre le tronc de l'arbre voisin, violemment. La I grimaça de douleur. Ce fut les larmes aux yeux qu'elle lâcha tout ce qu'elle avait à lui dire :
« Fais-moi confiance par-ci ! Fais-moi confiance par-là ! Je découvre que l'on se connaît depuis des années, parce que tu me l'as caché ! Tu m'as menti, me faisant croire que tu étais mort ! Tu m'as trompée en faisant croire que tu étais un ennemi. Et tu oses me reprocher que je sois morte ! Car j'ai bel et bien perdu la vie, sombre idiot de chat ! »
Silence. Hyle la fixa de ses deux yeux makos, sans comprendre.
« Morte ? » répéta-t-il, hébété.
« Oui. Jusqu'à ce que je me réveille dans l'église d'Aerith, subissant la punition. J'ai erré dans cette rivière où je n'avais pas ma place. Je n'avais pas le choix de toute manière, c'était le seul moyen de piéger Hojo !
-Il existait sûrement d'autres, idiote de fille !
-Moi, ma mort a été réelle !
-Et tu en es fière ?
-Je le disais dans le sens où moi j'ai réfléchi avant d'agir !
-Je n'avais pas le choix à cet instant !
-ET MOI ?! TU PENSAIS QUE J'AVAIS LE CHOIX ?! »
Ils se disputaient pour la même chose, se haïssant l'un l'autre pour une même faute, tels des enfants.
Essoufflée, Iris se stoppa dans sa colère, reprenant ses esprits. Hyle aussi. Ce fut ce dernier qui repartit cependant à la charge.
« Je te déteste, Iris. Moi, tout ce que je voulais, c'était te protéger.
-Tu te cherches des excuses.
-Tu es cruelle. Horriblement cruelle. Tu te venges en me faisant subir mes propres erreurs.
-Oui, je suis cruelle ! Tu es celui qui m'a rendue froide et cruelle, si tu veux savoir ! Tu es celui qui m'a déchiré le cœur en fragments, celui qui m'a fait changer. Non, qu'est-ce que je raconte…je suis un monstre depuis le début ! Un monstre qui avait le pouvoir de détruire une planète entière ! »
Ce fut soudain comme un déclic, dans l'esprit d'Hyle.
Ce n'était pas qu'Iris lui en voulait plus qu'il y a trois jours. En fait, il avait même l'impression que ce n'était pas du tout ça.
Iris…était simplement blessée.
Blessée, d'avoir été un instrument d'Hojo.
Blessée d'avoir été créée intermédiairement par la rivière de la vie. De n'avoir été qu'une Arme, que l'on croyait destructrice et sans pitié.
« Tu es humaine, Iris. Un monstre ne serait pas en train de pleurer comme tu le fais à présent, essayant de se convaincre soi-même de sa culpabilité. »
De douces larmes coulaient sur les joues de la jeune fille. Elle avait perdu les pédales pendant les trois derniers jours.
« Et puis, un monstre n'aurait jamais laissé d'indices pour que je puisse le revoir. » rajouta Hyle.
Toujours le dos contre l'arbre, Iris éclata en sanglots, se débattant telle une furie.
« Je te déteste ! Je te déteste ! » hurla-t-elle.
« Moi aussi, je te déteste, Iris. »
Leurs regards se croisèrent.
« Prouve-le--moi. »
Etrange. Les deux semblaient se parler avec les mauvais mots, mais pourtant se comprenaient sans l'ombre d'un doute.
Poussé par le défi, Hyle resserra un peu ses mains autour des poignets d'Iris, l'empêchant de bouger, plaquée ainsi contre l'arbre. Il avait les cheveux encore trempés à cause de la pluie.
« D'accord, je vais te le prouver. Je vais te prouver que je te déteste réellement. »
D'une extrême délicatesse, il attrapa le menton de la jeune fille, et s'approcha de son visage. Pas plus d'une seconde plus tard, il attrapait ses lèvres avec les siennes et l'embrassa tendrement, sans rien rajouter d'autre. Il avait lâché ses poignets, la bloquant uniquement qu'avec son corps qui était à moitié allongé sur elle.
Il sentit juste les petites mains froides se glisser à l'intérieur de sa chemise, comme pour acquiescer en silence aux évènements.
La tension formée depuis le début de leur rencontre s'estompa. Hyle cessa doucement l'étreinte, et Iris tourna le visage sur le côté.
« …pourquoi fais-tu ça ? Je suis un monstre, non ?
-Un monstre aurait-il sacrifié sa vie pour sauver la mienne, et toutes les autres ? Et est-ce qu'un monstre aurait été si heureux des dix dernières secondes au point de renforcer l'étreinte ? »
Silence. Le visage d'Iris vira au cramoisi, gênée par la dernière explication d'Hyle.
« Bouh…dans ce cas, si je suis un monstre, tu es un véritable démon, Hyle. »
Elle lui tira la langue comme une enfant. Le jeune homme fit une moue, et elle éclata de rire. Un doux rire franc et rassuré. Un peu aussi un rire nerveux.
Combien de temps s'était-il passé depuis la dernière fois où elle avait ri ?
Trop longtemps.
Il l'attrapa doucement dans ses bras, la rassurant une dernière fois :
« Tout est fini, Iris. Tout le monde est vivant. Et nous aussi… »
--
Lorsqu'Iris se réveilla, elle était allongée dans un lit. Habillée de ses vêtements, une couverture sur elle, elle mit quelques temps à réagir face à la réalité. Un détail clochait, sans savoir quoi. Elle fit le tour de la pièce d'un regard. C'était une chambre. Une chambre qu'elle ne connaissait pas. Et elle était seule à l'intérieur.
« Hyle ? »
Prise de panique, la demoiselle argentée se releva, et fit quelques pas sur le parquet pour se prendre les pieds dans quelques choses de dur. Sans avoir eu le temps de comprendre, le monde bascula devant ses yeux, et elle tomba par terre.
« Aie…qu'est-ce que ? »
Elle se retourna vers ce qui l'avait fait tomber, et trouver le corps réveillé en sursaut de son ami, allongé sur le tapis de la chambre, dans une couverture. La chute de la I avait du lui faire peur, vu ses yeux peu réveillés.
« Hyle ? Qu'est-ce que tu fais par terre ? On est où ?
-Tu ne te souviens pas ?
-Heuu…non, et ça me fait peur.
-Et bien hier soir on a fait la fête avec Sylvain, Hannah, Marlène, Denzel, leurs parents, et aussi Red XIII. Et puis tu as bu un peu, et je t'ai ramenée chez moi, et tu t'es endormie. Tu ne tiens vraiment pas l'alcool. C'était une très mauvaise idée de ma part de te faire boire.
-Et pourquoi tu es sur le tapis ?
-Ah ? Ca ? Heu…ça c'était une précaution. J'aurai pas supporté dormir avec toi.
-Qu'est-ce que tu sous-entends ? Toi qui t'endormais toujours dans mon lit au lieu du tiens avant ?
-La donne a changé depuis hier, Miss Arc-en-Ciel. Je suis un homme, ne l'oublie pas. »
Iris lui tira la langue, pour se venger des propos déplacés d'Hyle, et l'aida à se relever.
« Merci. »
Hyle haussa les épaules, comme à son habitude, l'air de rien. Iris remarqua soudain qu'il avait des cernes très marqués sur le visage.
« Tu n'as pas bien dormi ?
-Pas des masses. Il…y a quelque chose qui me fait peur.
-Du genre ? »
Les rayons du soleil filtraient à travers les volets, éclairant les deux anciens tatoués. Hyle tourna le visage, l'air un peu perdu. Il ne savait pas s'il devait confier à Iris ce qu'il l'avait travaillé toute la nuit. Mais devant l'air inquiet de son amie, il céda.
« Iris. Tu vas devoir retourner dans ton monde natal, tu le sais ? »
Les
yeux verts mako de l'argenté s'ouvrirent, surpris. Elle n'y
pensait plus. Pendant des semaines, elle avait pensé à sauver cette
planète, et avait oublié la part de sa famille dans
l'histoire.
Elle pensa soudain à son père et sa mère. Sa
tante Ayu et son Oncle Ven. Sa cousine Siri qui devait avoir un peu
grandi. Un mal au cœur la prit, tandis que deux bras l'entourèrent.
« Et moi je dois rester ici, auprès de tous les autres. Je ne peux pas abandonner Ley. Je suis celui qui l'a recueilli, je suis son unique famille. Nos vies se trouvent dans deux mondes différents. »
Déchiré par l'espace qui séparait leurs deux planètes.
« Nous pourrons toujours nous voir dans notre rêve. »
Un rêve. Oui, mais ce n'était pas réel aux yeux d'Iris. Elle ne dit rien, et s'abandonna aux bras d'Hyle qui la reconfortait.
Pour le moment, elle voulait profiter de ce moment présent…juste être avec lui…
--
Cela faisait six mois qu'Iris avait disparu.
Sephiroth se leva, comme tous les matins, le visage fatigué. Il ne savait pas. Il ne savait rien de ce qu'il se passait, ou qu'il s'était passé du côté de sa fille disparue. Etait-elle vivante ? Ou bien morte ? Les Tatoués l'avaient-elle retrouvée ? Impossible de savoir.
Sur la petite table du salon, il trouva le bol encore intouché de sa femme Isia. Cette dernière était assise sur le canapé, comme chaque matin, à regarder les infos.
Elle savait pourtant bien que sa fille n'était plus dans ce monde, mais elle regardait toujours s'il y avait des événements étranges.
L'argenté vint s'asseoir aux côtés de sa femme, et l'entoura de ses bras, rassurant.
« Elle va bien…elle ne peut pas mourir…
-Tu te persuades toi-même. »
Et c'était vrai. Sephiroth demeurait impuissant. Plus de pouvoir, son unique soutient aurait pu être Ayuna et Ven, mais ces derniers étaient désormais parents.
Et pui quand bien même, il ne pouvait pas leur demander d'aller à la mort.
Ce jour-là, il avait demandé à Aerith d'emmener Iris dans un autre monde, en sécurité. Il espérait que tout s'était bien passé, et que les tatoués ne l'avaient pas retrouvée. Mais c'était peut probable.
On sonna à la porte, et l'autre petite famille arriva, comme chaque matin, pour prendre des nouvelles. Siri se mit à courir dans la maison, excitée.
« Iris ?! Iris ! Où es-tu ? »
Pas d'Iris. Pas de cousine, pas de bras qui l'attrapaient pour lui dire bonjour.
« Seph'…Aerith ne t'a pas contactée ?
-Elle ne peut certainement pas. Et toi, Ayu ?
-Rien non plus. Pas plus que Zack. »
Silence. Isia but son bol de café sans rien dire. Un cri la fit sursauter.
« Iris ! Iris ! » hurlait la petite fille dans le couloir adjacent au salon.
« Siri, cesse de l'appeler. Elle ne viendra pas. » gronda Ven sans plus de fermeté.
Sephiroth fixait la petite fille dans le couloir, qui venait de disparaître derrière la porte ouverte de la chambre de sa fille. Il frémit en la voyant revenir en tirant quelque chose.
Ou plutôt quelqu'un.
Quelqu'un enveloppée dans un immense manteau noir, visage caché.
« Que ?!
-Un…un tatoué ? ! » s'affola Ayu.
« Non. Tous les tatoués sont morts. » fit la voix du nouveau venu.
Siri courait tout autour de la personne en manteau noir. Et juste derrière, une autre personne, habillée de la même manière, venait d'apparaître.
L'ancien I resta bouche bé.
« Morts ?
-Ou, enfin, les tatoués sont morts, pas les personnes. Enfin, il en reste quelques uns. Je voulais dire par là, que les pouvoirs de Jenova dispersés dans les corps des XIII cobayes ont définitivement disparus.
-Iris ?
-Bonjour, Papa. »
La première personne fit tomber la capuche de son manteau, dévoilant le visage d'une jeune fille argenté aux cheveux courts. Le père attrapa sa fille dans ses bras, tout comme sa mère. Ayu et Ven se laissèrent tomber sur le canapé, rassurés.
« Tout est fini, n'est-ce pas ? » demanda Sephiroth au bout d'un temps.
« Tout est fini. Hojo est mort. Il ne reste plus que quatre anciens tatoués encore en vie par contre. L'ange de la mort n'existe plus non plus. Pas plus que le Zephyr.
-Zephyr ? Qu'est-ce que c'est ?
-Je vais tout vous expliquer. »
--
Il était tard lorsqu'elle finit les explications. Hyle avait lui aussi enlevé sa capuche, et s'était présenté. Tout avait été dis.
« Donc, Hyle va revenir dans son monde maintenant ? » demanda Ayu.
Il y eut un long silence. Hyle détourna le visage. Il s'avait qu'au fond de lui, les moments des adieux allaient arriver. Il se leva, comme pour partir sans faire de bruit, mais se retrouva face à la petite gamine de six ans, pas plus haute que trois pommes, qui lui barra le passage.
Et derrière lui, Iris prit la parole.
« Hyle va retourner dans son monde. Oui. »
Il se sentit mal. Il voulut partir tout de suite, en passant inaperçu, mais la petite ne semblait pas vouloir bouger.
« Mais… »
Mais quoi ? La tête du jeune tatoué fit un quart de tour pour voir Iris qui faisait face à ses parents. Sephiroth avait un sourire doux aux lèvres. Sa mère soupira, mais semblait aussi heureuse. Ayu et Ven se regardèrent avec un sourire.
« Mais…je repars avec lui. Je suis désolée. »
Silence.
Hyle réagit deux secondes plus tard.
« QUOI ?! MAIS C'EST HORS DE QUESTION ?! Ta vie est ici, Iris ! Auprès de ta famille et…
-Ma vie est dans ce monde auquel j'appartiens vraiment. Celui qui m'a créée, qui m'a lié à ce destin. Qui m'a vu mourir, puis renaître. Ma vie est auprès des autres tatoués restants, des êtres qui ont vu mon père grandir. Le véritable monde auquel j'appartiens, c'est le tien, Hyle. Je suis comme toi. Et puis, je ne veux pas te voir qu'à travers qu'un simple rêve chimérique. »
Les arguments d'Iris laissèrent Hyle silencieux. Il se reprit aussitôt qu'il le put :
« Et ta famille ?
-Je pourrai toujours la voir de temps en temps, non ? Et puis je suis grande, j'ai mon indépendance.
-Tu avais préparé tous tes arguments et tes contre arguments à l'avance, avoue-le.
-Oui. »
Hyle eut un sourire. Elle l'avait vaincu. Il l'attrapa alors par la main, et l'emmena hors de la pièce.
« A la revoyure, beau-papa et belle-maman. »
Puis il se stoppa, et jeta un coup d'œil à Ayu et Ven.
« Et aussi, au revoir, vous deux qui avez tués Jenova. Car je suppose, qu'il s'agit de vous, non ? »
Un sourire s'étira sur les lèvres d'Ayu. Ven fixa le plafond. Iris ouvrit grand les yeux.
« Alors c'était ça la relation avec Papa ?
-On est parti ! »
Hyle l'emmena alors jusqu'à la pendule, tandis qu'elle entendait quelques au revoir derrière elle.
« Tu as fais ton choix, n'est-ce pas ?
-Oui. »
Et la pendule les enveloppa d'une douce lumière blanche.
« Merci, Aerith. »
--
Le jeune garçon se réveilla doucement. Il avait les cheveux châtains, et une multitude de tatouage sur le visage. Il devait avoir dix neuf ans.
Sur le coin de l'œil, jusqu'au milieu de la joue, une longue rose s'étirait, et autour de son coup, un serpent s'enroulait.
Dans sa nuque, une cicatrice presque effacée, mais pourtant bel et bien visible. Un chiffre romain signifiant le VI.
« Ley !! Tu es levé ? »
Le jeune homme leva la tête, souriant et plein de vie. Il fit un bond sur ses deux pieds, et sortit de sa chambre. En bas, une femme âgée d'entre vingt cinq et trente ans se tenait là, une enfant de six ans en train de fureter autour de la table du petit déjeuné.
« Bonjour, Iris. Le frangin n'est pas là ?
-Non, Hyle s'est absenté.
-Où est Papa ? » demanda la petite fille.
« Parti faire les courses. » répondit la voix d'un fauve qui venait d'entrer dans la petite maison située près de Midgar.
Red regarda les habitants de la maison qu'il était venu voir ce jour là, pour leurs dire bonjour.
Et plus le temps passait, plus il se disait qu'il s'agissait d'une bien drôle de famille. »
/ / / / /
NOTES DE L'AUTEUR :
Et bien ! Quel retard. J'avais dis mercredi, et nous voici samedi. Désolée d'avoir fait patienter tous les lecteurs, mais j'ai eu quelques petits problèmes avec les ordis, et puis les révisions du bac de français et…
Ouais, je me cherche des excuses là XD
Donc, voilà. C'est la fin de la partie II de ma petite série. J'ai trouvé le nom de la série d'ailleurs : « Life, Death and Rebirth » (Tout simple hein --)
Cette dernière partie est plutôt imposante, car c'est les explications de tout. Les rapports déjà, qui reprennent tous ce qu'il s'est passé, et les suppositions de Lucrecia. Ils m'ont demandé beaucoup de mal.
D'ailleurs, le rapport VI nommé Redemption est simplement la traduction remaniée de la chanson de FF7 dirge of Cerberus du même nom. Je la trouvais très bien, je l'ai gardée. Après c'est moi qui ai fait mumuse.
Huumm sinon, et bien comme d'habitude, j'ai pas réussi à faire mourir mes personnages que j'adore. (enfin, je l'avais prévu depuis le départ à vrai dire). Ni Iris, ni Hyle. (je suis trop attachée à mes persos. Soit je les tue tous, soit je les sauve tous. Un jour j'arriverai à vraiment tuer un de mes persos, mais…j'vais en pleurer.)
Je remercie sincèrement les personnes qui m'envoient régulièrement des reviews. Surtout Melior qui me suit chapitre par chapitre. Je te rassure, je lirai ta dernière fic dès le bac passé.
De
même que je remercie Ysa666 aussi pour ses reviews
Ca me fait
vraiment plaisir.
La dernière partie de la série sortira après mon bac, désolée, faute de temps. Mais il s'agira d'une one-shot nommée « L'oubli » (-- ça annonce la couleur) et qui clôtura la série.
J'espère que cela vous plait. Si non, n'hésitez pas à me le dire (critique, siouplait ! Oo ça permet de m'améliorer vous savez)
Je vous dis à bientôt. Si vous avez des questions, envoyez les moi par MP, je serai ravie d'y répondre.
Vala.
Atchefêtedepaques !
Kity (Naucika) Mihina, Tarée pro (et aussi sadique d'après certains XD)
See ya !
