Une explosion, de la fumée, des crissements de pneus, et de nombreuses sirènes chantant en cœurs, semblant lui fredonner une douce tirade qui résonnait mielleusement dans ses oreilles.

Mail Jeevas, aujourd'hui est venue ton heure …

Tu vas mourir Mail...

Tu vas mourir …

Oui.

La scène lui rappelait un des nombreux jeux vidéo auxquels il jouait si souvent, vous savez, ces jeux de courses-poursuites où l'on rentre dans la peau d'un tueur/voleur/espion. Ces jeux où, bien installé dans son canapé en fumant une cigarette, il nous est possible de conduire une super voiture de course en tentant de semer les flics qui nous collent aux basques. Matt était un pro de ce genre de divertissement. Mais malheureusement, aujourd'hui il ne jouait pas à un jeu, la voiture n'était pas une voiture de course, les balles étaient bien réelles et les agents de sécurité bien plus intelligents que les policiers de ce stupide jeu. Matt accéléra, mais lorsqu'il entreprit de tourner à droite, il fut stoppé net dans son élan. Une dizaine de voitures noires lui barraient la route. Il freina brusquement et tira le frein à main… Tout était fini. Game over, the end... Appelez cela comme vous le voulez.

Mail Jeevas posa le menton sur le volant en fumant sa dernière cigarette et en dévisageant les hommes qui le tenaient en joue. Il devait se calmer, analyser calmement la situation, peut être parviendrait-il à s'en sortir.

Mail Jeevas, aujourd'hui est venue ton heure …

Tu vas mourir Mail...

Tu vas mourir …

Oui.

Obéissant aux hommes en noirs, il sortit de la voiture, les mains en l'air, la cigarette à la bouche et les lunettes sur son nez. Un flot de paroles stupides sortirent de sa bouche et le força à adopter ce rictus déplaisant qui lui allait si bien… Il ne s'en sortirait pas. Alors à quoi bon ?

« Vous ne tirerez pas. » Avait-il dit, sur un ton las.

Il l'avait dit en ayant conscience qu'il n'y avait plus aucun espoir. Mais il aurait, au moins, essayé. Un visage lui souriait, ce visage si efféminé qui appartenait à Mello. Pourquoi dans un moment si critique pensait-il donc à cet être abject ?

Nous sommes en direct du lieu où l'agresseur de Miss Takada a stoppé sa course.

L'attention du geek, accro à la nicotine, fut détournée par l'équipe de télévision qui fixait une caméra sur lui. Puis, il y eut une détonation, puis des dizaines, peut être même des centaines . Son visage se raidît, son corps se cambra, son rictus l'abandonna, et, alors même que le dénommé Mail Jeevas s'éteignait, il pensa à Mello. Ce dernier n'allait pas tarder à le rejoindre, aucun doute n'était possible, et lui, il l'attendrait aux portes de la mort. Que ce soit pour l'enfer ou le paradis, il le suivrait. Rien ne pouvait être pire qu'une éternité sans Mello. Il pensa aussi à la réaction du blondinet, il devait sans doute regarder la télévision à l'avant de son camion. Pleurait-il ?

Et tandis que le rouquin glissait le long de la voiture, son corps taché par une multitude de taches (de grenades) ,il vit une dernière fois ce visage encadré de (long fil d')or avant de se diriger vers cette tache aveuglante qui se profilait aux loin. Matt était mort purifié par la poudre, purifié par la mort …

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Une foi de plus, merci à Erynn pour sa correction .
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